Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 08:25

 

Hervé Jaouen est un écrivain reconnu. Il a été récompensé par de nombreux prix littéraires, qui témoignent de la qualité de son œuvre. Les amateurs de suspense se souviennent en particulier de son Grand prix de Littérature policière 1990, pour le magistral "Hôpital souterrain". Il est probable que "Flora des Embruns" ne soit pas son roman le plus connu. Pourtant, c’est assurément un des plus marquants. Grâce à son ambiance, bien sûr, dans la lignée des grands auteurs ayant décrit le monde côtier et maritime.

JAOUEN-PC1Le décor, qu’on imagine entre Pays Bigouden et Pointe du Raz, n’est pas celui des vacanciers. C’est le contexte quotidien des natifs, de ceux qui y vivent vraiment. Hommes et femmes, les héros sont rudes, secrets et volontaires, capables d’affrontement. Une force qui peut les conduire à une forme de folie, car les sentiments enfouis jouent également leur rôle. Des personnages fatalement complexes, on le comprend vite en les côtoyant, et c’est ce qui suscite une réelle empathie à leur égard.

L’autre atout majeur, c’est la construction du récit. Remarquable, le mot n’est pas exagéré. Passé et présent qui s’entremêlent, ce n’est pas ici qu’une technique narrative. L’auteur en joue avec une rare maestria. Peut-être parce qu’il ne cherche jamais à égarer le lecteur, mais à rassembler les faits d’hier et d’aujourd’hui. "Flora des Embruns" est absolument un roman à redécouvrir. (Disponible dès le 7 juin 2012).

 

Retour sur l’intrigue de "Flora des Embruns" :

Ce port de pêche breton reste marqué par une affaire remontant à près de vingt ans. Flora était serveuse au "Café des Embruns", le bistrot de la vieille Maria. Îlienne d'origine, la jeune femme ne manquait pas de caractère. Vinoc, son fiancé marin-pêcheur obtint le commandement d'un chalutier neuf. Il le devait à ses seules capacités, chacun l’admettait ici.

Riche armateur de 50 ans, Nonna avait la réputation de collectionner les aventures sexuelles. Il ne souciait guère des rumeurs, s’affichant en maître du secteur. Le Nabot, fils de son employée Maine, le suivait partout. Patron de Vinoc, Nonna était amoureux de la belle Flora. Elle ne lui céda qu'une fois. Au lendemain de leur mariage, Flora étant enceinte de lui, Vinoc partit en pêche. Son bateau dut s'abriter de la tempête dans un port écossais. C’est là qu'un marin jaloux affirma à Vinoc qu'il était cocu, se basant sur une rumeur malsaine colportée par Le Nabot. Désespéré, Vinoc prit la mer avec son équipage, malgré les conditions météo. Il provoqua le naufrage du chalutier, et disparut.

L’affaire entraîna le déclin de Nonna. Flora affronta les médisances. Elle racheta le "Café des Embruns", éleva sa fille Viviane et adopta un autre enfant, le petit Clet. Nonna resta proche d'elle. Par un signe du destin, Flora retrouva la carte d'identité de son mari. Depuis, elle va prier chaque jour Notre-Dame des péris en mer, pour que Vinoc ne revienne jamais vivant. Hans Rosen, un marin danois à l'allure fatiguée s'installe à l'hôtel, face au "Café des Embruns". Il observe Flora, à l’heure où sa fille Viviane rentre au pays pour les vacances scolaires. D’un caractère affirmé, elle revendique une indépendance qui risque d’alimenter un nouveau drame.

(Disponible dès le 7 juin 2012).

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Livres et auteurs - Communauté : Culture Polar
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 06:50

 

Le qualificatif de roman noir est parfois galvaudé, englobant de bons romans d’enquête ou des aventures à suspense. À ces histoires-là, aussi sympathiques et convaincantes soient-elles, il manque un élément crucial. Car un véritable roman noir comporte une vision sociétale, un regard sur la réalité du monde. L’intrigue criminelle, plus ou moins présente, est liée au contexte social. Parmi les nouveautés en format poche, deux titres répondent impeccablement à cette idée.

 

Marin Ledun : "Les visages écrasés"

LEDUN-Points12À Valence, dans la vallée du Rhône, cette plate-forme d’appels conseille et vend des produits téléphoniques et des forfaits Internet. Une forte pression s’exerce ici sur les salariés, dans ce secteur économique très concurrentiel. Âgée de quarante-deux ans, le docteur Carole Matthieu est le médecin du travail intégré à cette société. Chaque jour, elle reçoit des employés surmenés, des patients au bout du rouleau. Elle suit de près chaque cas, mais n’a pas empêcher plusieurs tentatives de suicide, ainsi qu’une mort par pendaison. Fragilisée elle-même par cet univers sous tension, Carole Matthieu se gave de pilules sédatives. Sauver ces gens est devenu une mission sans fin, au détriment de sa relation avec sa fille. Elle doit souvent s’opposer à l’intransigeante direction de la plate-forme, ainsi qu’aux représentants syndicaux, trop dans la négociation à son avis.

Vincent Fournier était exemplaire de l’incapacité des salariés à surmonter leur stress. Rétrogradé dans ses fonctions, il devint suicidaire. Tenter de soutenir le moral de Fournier ne servait plus à rien, il était fichu. Ce vendredi soir, Carole l’a abattu par arme à feu. Pour le soulager définitivement, comme pour dénoncer les méthodes de management de l’entreprise. Le vigile Patrick Soulier n’a trouvé le cadavre que dans la journée de dimanche. Le lundi s’annonce particulièrement difficile pour Carole. Elle a bien songé à avouer le crime, avec ses motivations. Elle doit encore tenir, grâce aux pilules, pour aider les autres employés. Pour la direction pas question de stopper l’activité de la plate-forme. Le policier Richard Revel est chargé de l’enquête sur le meurtre de Vincent Fournier. Il ne cache pas son attirance envers Carole. Celle-ci en joue pour ne pas être inquiétée, puis pour qu’il prenne connaissance des dossiers médicaux des employés les plus touchés. Également proche du suicide, Hervé Sartis fait partie de ceux que Carole tente de sauver. Une solution trop tardive sans doute, car il risque fort de récidiver…

Ce roman a été récompensé en 2011 par le Trophée 813 et par le Grand Prix du roman noir de Beaune.

 

Eric Miles Williamson : "Bienvenue à Oakland"

WILLAMSON-Points12Pourquoi T-Bird Murphy végète-t-il dans un garage individuel de Warrensburg, Missouri, planqué au milieu de nulle part ? Ça ne vous regarde pas. À travers cette histoire, il vient vous raconter son existence et celle du petit peuple d’Oakland. D’origine irlandaise, né entre les Noirs et les Mexicains des pires quartiers de la ville, il revendique cette promiscuité. Jouer de la trompette avec un orchestre mexicain lors d’un quinceanera, voilà un aspect qu’il aimait à Oakland. Et la solidarité entre pauvres quand, alors gamin, il se fit arnaquer par FatDaddy Slattern, ça c’était quelque chose.

Les privilégiés de l’Amérique idéale, T-Bird leur crie sa rage. Sa détestation de leur conformisme, de leur décor trop propre, de la certitude de leur puissance. Ça le met en colère de savoir qu’ils liront ce livre. Ces lecteurs érudits vont-ils percevoir ce qu’est la dureté de la vraie vie d’en bas ? Où les salaires minables ne satisfont les besoins qu’au jour le jour. Peuvent-ils comprendre pourquoi on a le droit à la vulgarité, quand on trime dans les plus sales boulots et, qu’après, on se réunit pour se saouler dans le bar de Dick ? Tout est si parfait dans les Etats-Unis de l’élite. Sauf qu’aucune vie de couple n’est plus possible, estime T-Bird. Il a bien tenté d’accéder à la supposée normalité, métier stable, gentille petite famille, maison proprette, et tout ça. Mais autour de lui, rien que des épouses n’ayant d’autre but que de gruger les maris. L’exemple le plus éloquent, ce fut Blaise et Ashley. En le quittant, Lashley ruiné tout espoir chez leur pote Blaise. T-Bird et ses amis de chez Dick ont fait appel à Jorgensen, pour savoir ce qui n’allait pas avec Blaise. Une mission menée avec la rigueur militaire indispensable, mais Jorgensen a quand même échoué.

T-Bird ne garde que bons souvenirs des Hell’s Angels. Faut dire que sa mère était diablement accueillante avec ces motards. Donc, lui, il était un peu leur fils, à tous. Les Mexicains aussi, ils ont toujours été amicaux avec T-Bird. Il respecte avant tout leur tradition musicale : Leur musique, c’est pas un truc qu’ils ressortent une fois par an des archives ou d’un musée, non, elle est vivante, là, à notre époque, et elle fait absolument partie de leur vie. Il évoque encore le vieux Duke Hammerback, septuagénaire comme Myrtle. Si elle s’est réfugiée dans les croyances religieuses, l’ironique Duke a une conception plus personnelle d’une heureuse fin de vie. T-Bird a également été conducteur de camion-poubelle, un job très chic. C’est encombrant comme engin, mais ça peut servir de domicile…

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 08:26

 

Aux Éditions de l’Aube, Quand les vautours approchent de Miguel Miranda nous entraîne au Portugal. Mário França est un détective expérimenté de Porto. Il lui arrive d’être sollicité par des clients fortunés. Tel cet industriel recherchant sa maîtresse, Paula Dagostine. La jeune femme est une peintre au talent prometteur, ex-petite amie du boxeur réputé Roque Daciano. Elle a disparu, alors qu’une expo de ses œuvres va débuter. MIRANDA-2012Mário França assiste au vernissage, s’avouant fasciné par les toiles de Paula. En parallèle de l’expo, se réunit le Conseil des Sages. Les plus éminents scientifiques du pays sont présents. Mário França est témoin quand leur Président, le Pr.Avelar Dias Matos, est publiquement empoisonné. Pas de lien apparent entre ce décès spectaculaire et la disparition de Paula Dagostine ? Selon le détective, il y a forcément un rapport puisque lui-même se trouvait là.

Il est temps pour Mário França de contacter ses acolytes, un trio d’informateurs. Dédos (Doigts d’Or), Kit Cobra (passionné de serpents) et Cotos (pas si diminué qu’il y parait) lui offriront sans doute peu d’indices, mais peut-être une ou deux pistes à suivre. Le policier Téofilo Cortignasse ne suspecte pas Mário França, il a plutôt besoin de son aide pour résoudre cette affaire. Le détective rencontre successivement les huit autres membres du Conseil des Sages. Des témoignages utiles, pour lui qui ne connaît guère le monde des scientifiques. Si les relations au sein du Conseil semblaient bonnes, des rivalités larvées agitaient le groupe. Il est vrai que la carrière et les mérites du Pr.Avelar Dias Matos étaient entachés de quelques doutes. Personne n’admet l’avoir détesté, mais on l’appréciait peu.

Le détective comprend que le système permettant de parvenir au sommet, à la direction du Conseil des Sages, n’est pas des plus honnêtes. Celui qui succédera à la victime n’est pas obligatoirement ni suspect, ni le meilleur. Mário França s’offre un voyage au Brésil, à Salvador de Bahia, sur les traces de Paula Dagostine. Un pays où il se sent comme dans les films, cultivant son esprit imaginatif. S’il doit rentrer au Portugal pour l’enquête, il y reviendra, du côté de Copacabana et Rio. L’uranium appauvri ou la vie privée du Pr.Avelar Dias Matos, quel est le secret de ce meurtre ? Ce n’est pas le Pr.Avincula, chimiste ne répondant que par des Non qui l’aidera beaucoup. Quand il fait le bilan des témoignages, Mário França n’a pas le sentiment d’avoir tellement avancé. Quant à la peintre, il est plus sûr de retrouver Paula Dagostine dans ses fantasmes que dans la réalité…

 

Ce roman, que l’on peut qualifier de polar décalé, est véritablement délicieux. Assassinat, disparition, enquête double, minces indices, les ingrédients ordinaires d’une nébuleuse affaire sont bien présents. Est-ce tant ce qui importe ? On retient d’abord un humour subtil, autour de ce personnage du détective. Ce n’est pas que sa méthode soit brouillonne, mais c’est un instinctif qui compte beaucoup sur le hasard, les circonstances. Il en vient souvent à douter de lui-même : Mário França, un des meilleurs détectives du monde, vit à l’intérieur de ma tête. C’est une vérité difficile à regarder en face, à me représenter. La réalité est quelque chose de plus flou et de plus modeste, de beaucoup plus terre à terre, dépassant à peine le niveau du sol. Je ne suis qu’un détective de troisième ordre qui délire, qui souffre de la folie des grandeurs. J’entre en profonde dépression à chaque fois que j’y pense.

Les portraits de ses acolytes et des dignes membres du Conseil des Sages ne sont pas moins savoureux. L’auteur pointe ici une fumisterie concernant les thèses scientifiques. Ce qu’il décrit est plus que crédible… L’autre atout majeur, c’est la fantaisie poétique d’une grande part du récit. Car notre héros tout en nuances est sensible et rêveur, parfois nonchalant ou mélancolique. Ce qui ne l’empêchera pas de désigner un ou des coupables, qu’on se rassure. Très bien écrite, cette première enquête est vraiment à découvrir. On espère en lire d’autres…

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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 06:38

 

Après Retour à la nuit (Éd.Écorce, Prix lycéen du Polar d’Aubusson, 2011) c’est dans la collection Polars & Grimoires qu’est publié le nouveau roman d’Éric Maneval. Rennes-le-Château Tome Sang (Éd.Terre de Brume) mérite un sincère Coup de Cœur.

Jean-Pierre Lamasse (dit Jipé) est bouquiniste à Quillan, dans l’Aude. Son associé Stéphane, qui fait les marchés de la région, a un passé judiciaire. Leur copain gay Charlène leur rend quelques services, en particulier pour le ménage. MANEVAL-2012Récemment, Jipé a sympathisé avec Luc et sa compagne Aurore, jeune couple habitant Bursac. Luc est un ancien pompier ayant baroudé à travers le monde, qui avait besoin de s’isoler quelque peu. Il est plus âgé qu’Aurore. D’origine Bretonne, celle-ci a suivi diverses études, notamment littéraires. C’est un incident en forêt de Brocéliande qui les a réunis. Ils ont décidé de filer ensemble vers le Sud, aboutissant dans ce petit village proche de Quillan, de Bugarach et de Rennes-le-Château, terre de légendes. Jipé vient d’acheter à Luc, qu’il surnomme le Chevalier, l’ensemble de ses livres. La plupart traitent des mystères locaux et d’ésotérisme.

Aurore et Luc ont vécu une relation amoureuse très charnelle. Dahu, marginal qui les hébergea un temps, n’était pas insensible à la sensualité de la jeune femme. C’est parce qu’Aurore a disparu, que Luc s’est séparé de sa bibliothèque. Sans doute parce qu’il compte retrouver sa belle, peut-être enlevée par des personnes malveillantes, il se cache maintenant. Propriétaire de la maison louée par le couple, le comte de Brigoles semble s’intéresser aux croyances nées du mystère de Rennes-le-Château et autres fadaises ésotériques. Charlène connaît bien la véritable histoire de Gilles Debrigoles, pas un aristocrate mais un homme restant inquiétant. Recherchant Luc, Jipé croise un curieux couple, Solange et André. Elle se prétend astrologue, et connaît des remèdes secrets contre certains maux. C’est Stéphane qui retrouve bientôt Luc, toujours en quête de son Aurore.

La boutique de Jipé a été cambriolée, ou plutôt vandalisée. Menaçante mise en scène satanique et culotte d’Aurore, des signes énigmatiques. Au fil du temps, Jipé est victime de fièvres hallucinatoires, que le Dr Pujol ne peut guérir. Dans la région, en particulier à Bugarach, on continue à cultiver des mythes qui attirent des pèlerins. À leur installation ici, Luc et Aurore furent très impressionnés par le site de Rennes-le-Château, et par sa légende. La jeune femme étudia des auteurs de la veine satanique tels que Huysmans, qui l’ont beaucoup marqué. De Brigoles, le Dahu, Luc et Aurore, Solange et André : Jipé ne parvient pas vraiment à faire le lien, ni a établir le rôle de chacune de ces personnes. Quand arrivera la vérité, elle risque pourtant d’être explosive…

 

C’est l’abbé Bérenger Saunière qui, dans des intermèdes, sert de fil conducteur à cette affaire. L’auteur nous rappelle astucieusement l’origine et l’exploitation des prétendus mystères autour de Rennes-le-Château. Si ce curé avait effectivement des secrets, il est amusant de suivre l’évolution de la fabrication du mythe, de Noël Corbu au Da Vinci Code de Dan Brown, en passant par l’incontournable Gérard de Sède et autres extrapolations farfelues. N’importe quelle spéculation a du sens, et la crédulité entretient de vaines questions théologiques ou autour d’un illusoire trésor.

Le couple Luc et Aurore est au centre du récit qui, lui, se passe à notre époque. Encore qu’ils apparaissent quelque peu magnétisés par l’étrange région où ils ont débarqué. Le bouquiniste Jipé est le témoin, le candide de cette aventure. Car il s’agit bel et bien d’un roman fourmillant de péripéties à suspense. Sans oublier une psychologie, tourmentée chez certains personnages, de bon aloi. Loin de la lourdeur de thrillers dédiés aux mêmes thèmes, soulignons surtout la manière narrative très fluide d’Éric Maneval, qui rend la lecture fort agréable. Une histoire captivante et bien racontée, du plaisir garanti.

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 17:40

 

Hélas, je n’ai pas le temps de tout lire. Toutefois, il y a des infos que j’ai plaisir à transmettre. En effet, il s’agit d’un auteur mexicain dont j’avais apprécié le précédent roman, "Martini shoot" (Denoël). Voici ce que nous dit la présentation sur "Le jour des morts" de F.G.Hagenbeck, qui vient de paraître aux Éditions de l’Herne.Haghenbeck-2012

Cette biographie romancée de l’artiste mexicaine Frida Kahlo prend comme fil d’Ariane un cahier de recettes culinaires que la peintre gardait toujours par devers elle et qui disparut mystérieusement à l’heure de sa mort. Il s’agit donc d’une pièce imaginaire que la romancier mexicain compose, avec un plaisir évident. Chacun des 24 chapitres s’achève sur une ou plusieurs recettes. Quant à la vie de Frida, elle suit dans ses péripéties la célèbre biographie de H. Herrera, à l’origine du film Frida.

Sans la fantasmagorie, et un style qui se prête volontiers aux incursions dans la pensée magique et la mythologie mexicaine, sans les multiples recettes de cuisine, ce titre pourrait être sans surprise, car nous savons déjà tout de cette vie de Frida Kahlo, et par sa belle biographie de Herrera et par le beau film qui en a été tiré ; et aussi par les nombreux articles sur l’artiste (dont celui de Vargas Llosa dans son Cahier de l’Herne). Mais voilà, on lit ce livre avec intérêt, avec plaisir, et même jubilation. Et pour les plus mordus, on court à sa cuisine, à ses casseroles et on se lance dans la savante et savoureuse alchimie de la hierba santa et de ses sortilèges.

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 08:01

 

La Bibliothèque des littératures policières (48 rue du Cardinal Lemoine Paris5e) présente du 25 mai au 13 octobre 2012 Meckert-Amila : de la Blanche à la Série Noire.

meckert-amilaUne exposition autour d'un écrivain aux multiples facettes qui a consacré sa vie entière à l'écriture. Jean Meckert (1910-1995) est l'une des figures majeures du roman noir français. Il marque de son empreinte les premières décennies de la collection "Série Noire" avec plus d'une vingtaine de romans, dont plusieurs ont été adaptés pour le cinéma ou la télévision.

On peut recommander la collection Arcanes des éditions Joëlle Losfeld, qui a réédité dès 2005 les romans de Jean Meckert.

A la BiLiPo, du mardi au vendredi, 14h-18h, samedi 10h-17h. Entrée libre.

J'ai rendu hommage à Jean Amila, à travers trois de ses romans, ici.

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 08:44

 

Les 26, 27 et 28 mai, 12e rendez-vous à Penmarch (salle Cap Caval et dans les bistrots des alentours) pour le Festival du Goéland Masqué. 2012, pour le Goéland Masqué, c’est l’année de l’Irlande. Un pays tout entier à l’honneur, pour célébrer une grande littérature d’Europe, encore trop mal connue. La littérature noire y trouve toute sa place, et fleurit sur les décombres de l’histoire chaotique et douloureuse d’une société en plein bouleversement.

GOELAND-2012Les deux auteurs invités du Goéland Masqué sont Sam Millar et Seamus Smyth. Sam Millar est né à Belfast en 1958 et com­pose une oeuvre puissante et trouble, for­tement marquée par l’histoire tragique de l’Irlande. Son passé militant dans les rangs de l’IRA lui vaudra de passer quatorze ans dans les geôles thatchériennes, et c’est ce pan sombre de sa vie qui lui apporte l’inspiration et la rage d’écrire.

Seamus Smyth est né à Belfast en 1952. Quelques années d’errance, des petits boulots, puis un accident de parachute qui le cloue sur un lit : l’occasion rêvée pour commencer à écrire. Ce seront deux romans, faits d’humour noir et de vengeance glaciale ! On attend la suite !

Seront aussi présents les auteurs espagnols :

Carlos SALEM • Lorenzo SILVA.

Tous les auteurs annoncés :

Mouloud AKKOUCHEGérard ALLE • Hafed BENOTMAN • Bernard BERROU • Christian BLANCHARDJean-François COATMEURThierry CRIFOBernard ENJOLRASJean FAILLERStéphane JAFFREZIC • Bernard LARHANT • Firmin LE BOURHISMarin LEDUNSerge LE GALL • Françoise LE MER • Philippe MARLU • Claude MESPLÈDE • Nadine MONFILSJean-Hugues OPPELJean-Bernard POUY • Patrick RAYNAL • Sébastien RUTÉS • Barouk SALAMÉ • Laurent SEGALEN • Gérard STREIFF • Antonin VARENNE

Auteurs jeunesse : Françoise GRARD • Yveline MÉHAT

Auteurs bédé : Catherine BEAUNEZ • Juliette FOURNIER • Thierry GROENSTEEN • Manu LARCENET • Laureline MATTIUSSI • Chantal MONTELLIER

Auteurs en langue bretonne : Yann BIGER • Erwan EVENOU • Riwal HUON • Bernez TANGI

À noter aussi : Exposition « Polar et musique » par l’association FONDU AU NOIR. Présence de Caroline de BENEDETTI et d’Émeric CLOCHE de la revue L’Indic.

- Cliquez sur les liens pour plus d'infos sur les auteurs -

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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 06:47

 

Aux Éditions Métailié, direction Bologne, capitale de la région d’Émilie-Romagne, grosse agglomération du Nord-Est de l’Italie, avec le roman de Grazia Verasani “À tous et à personne”. Fille d’un ex-adjudant de gendarmerie, Giorgia Cantini est détective privé dans cette ville. Quadragénaire célibataire ne croyant guère en l’amour, elle vivote de ce métier peu passionnant. Parfois, du sexe hygiénique, mais aucune liaison amoureuse durable. VERASANI-2012Elle entretient une relation amicale avec le policier Luca Bruni, marié, et fréquente une poignée d’amis. Son père insiste pour qu’elle prenne une assistante, Genzianella Serafini, une étudiante âgée de vingt-six ans qui se cherche un but dans la vie. Peut-être sera-t-elle finalement, malgré son impossible prénom, un atout utile dans l’affaire en cours.

Une cliente vient de s’adresser à Giorgia. Cette femme de caractère voudrait comprendre pourquoi sa fille Barbara, dix-sept ans, sèche les cours depuis quelques semaines. Giorgia rencontre aussi le père de la jeune fille, un cinéaste narcissique. Moins alarmiste que son ex-épouse, celui-ci s’inquiète un peu aussi. La détective prend Barbara en filature durant plusieurs jours, se pensant discrète. La jeune fille entre en contact avec sa suiveuse, via une conversation autour de l’art, ce qui passionne Barbara. Elle invite bientôt Giorgia dans une soirée de la bourgeoisie locale. Absente de cette fête, l’adolescente n’a pas pris l’avion pour Londres, comme Giorgia pouvait le penser. Avec Barbara, “Où est le problème?” s’interroge la détective. La militante associative Maria Laura Draghi lui apporte l’esquisse d’un début de réponse.

Par ailleurs, Luca Bruni enquête sur le meurtre de Franca Palmieri, assassinée d’un coup de couteau dans le parc d’un quartier modeste. Ce femme mûre traînait régulièrement dans un des bistrots du secteur, où elle aurait été maltraitée par un nommé Manuel Ferri. Son activité de cartomancienne semblait correspondre à sa personnalité instable. Giorgia se souvient très bien d’elle, car toutes deux vivaient jadis dans le même quartier. La détective appelait Franca “La fille aux crapauds”. Non pas pour son physique ingrat, mais parce qu’elle recevait chez elle tous les jeunots des environs. Sans se prostituer, juste par goût de la chair fraîche. Pour Giorgia, c’est l’occasion de revoir des copains de jeunesse. Davide Melloni, dit Mel, ou Nino Savelli, devenu carreleur, ont bien connu Franca autrefois. Mais le monde a tant changé depuis cette époque où tous étaient plus insouciants…

 

C’est un bon roman, sans nul doute. Néanmoins, il peut susciter de nombreuses réserves. À travers ce personnage de Giorgia, l’auteure semble s’adresser à une génération désabusée, dont elle fait partie. L’héroïne a fait le choix d’une certaine marginalité, peut-être inhérente à l’époque qu’elle a connu plus jeune. C’est flagrant en ce qui concerne les références musicales et culturelles, dont elle nous abreuve plus que nécessaire. La nostalgie n’est agréable qu’à doses mesurées.

Quant au regard qu’elle porte sur l’évolution de la société, il n’est pas ironique mais assez dur. On cherche vainement une trace d’humour dans sa vision de notre temps. Certes, l’Italie n’est pas plus exemplaire qu’un autre pays, mais est-ce si invivable ? La tonalité générale est empreinte de beaucoup d’amertume. Trop, nettement trop, pour rendre le récit vraiment captivant. Cela dit, n’oublions pas le positif. Autour du cas de Barbara, l’auteure évoque un sérieux problème de société. Et dans l’affaire de “La fille aux crapauds”, on pourra apprécier les deux étapes du dénouement, très réussi. D’autres auront probablement une opinion plus enthousiaste. Si je ne regrette pas de l’avoir lu, ce roman noir pessimiste ne m’a pas totalement convaincu.

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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 07:56

 

Depuis une semaine, un livre surclasse tous les autres, chez Action-Suspense et ailleurs. S’agit-il d’une production de Guillaume Musso ou Marc Levy, de Katherine Pancoll ou d’une réédition attendue en format poche, d’un roman jeunesse des séries Eragon ou Hunger Games, d’un des multiples livres consacrés à la politique pour les élections présidentielles ? Absolument pas. C’est un roman paru fin août 2011 qui est plébiscité par les lecteurs. SLOCOMBE-2011L’auteur a été interviewé dans l’émission "On n’est pas couché", du samedi 12 mai. Passé tardivement, c’était déjà le 13 mai, ce qui a pu lu porter chance. Oui, je veux parler de Romain Slocombe pour son livre "Monsieur le Commandant", publié chez Nil Éditions.

J’avais consacré dès le 29 août dernier une chronique Coup de Cœur à ce titre. Avant qu’il se soit sélectionné pour le premier tour du Prix Goncourt (il a fini 3e au Goncourt des Lycéens). Avant qu’il ne passe dans "La grande libraire" de François Busnel. Avant qu’il ne soit récompensé par le Prix Calibre47 du festival de Bon-Encontre (Agen). Depuis sa prestation dans l’émission de Laurent Ruquier, ma chronique bat des records de fréquentation : 659 visites en une semaine, dont plus de trois cent dès le dimanche. Autant de consultations en peu de temps sur un seul article, c’est un véritable record.

Ce passage à la télé a donc propulsé Romain Slocombe en tête des ventes durant cette semaine. Mais aussi, très largement, en tête sur ce blog. Pour cela, je dis avec respect : "Merci Romain !"

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 06:52

 

Après "La ronde des innocents", un nouveau suspense de Valentin Musso est disponible en version poche, chez Points : "Les cendres froides".

En 1999, Aurélien Cochet est enseignant, tandis que sœur Anna termine ses études. Marquée par le décès de leur père douze ans plus tôt, le jeune femme est une dépressive chronique. Leur grand-père Henri reste leur dernière attache familiale. MUSSO-2012-PointsIl vit avec sa compagne Alice, dans une belle demeure du côté de Châlons-en-Champagne. Au décès de leur aïeul, Aurélien doit faire le tri dans la grande collection de films anciens et rares appartenant à Henri. C’est ainsi qu’il découvre une bobine aux images surprenantes. Dans ce film amateur, on voit son grand-père dans une maternité, auprès du personnel, des patientes, et d’un officier SS. Aurélien admet en savoir peu sur l’histoire ancienne de sa famille, à part qu’Henri alla soigner les réfugiés de la Retirada, après la Guerre d’Espagne. Le voir dans ce qui est visiblement un lebensborn, parait plus que déroutant.

À Châlons-en-Champagne, le lieutenant de gendarmerie Franck Launay et sa collègue Émilie Duhamel enquêtent sur le meurtre d’une octogénaire. La mort de Nicole Brachet ressemble à un home jacking qui aurait mal tourné. Certes, le domicile de la victime est en désordre, mais qu’aurait-on volé chez cette dame vivant modestement ? Il est souhaitable de reprendre l’affaire à la base, même si les voisins de Mme Brachet se montrent hostiles et taisent ce qu’ils ont vu. Quand des malfaiteurs soupçonnés de home jacking sont arrêtés, il est évident qu’ils n’ont rien à voir avec ce cas-là. La voisine peu coopérative finit par donner son témoignage aux enquêteurs. Une piste utile s’annonce enfin. Plus tard, grâce à une jeune amie de Nicole, ils vont s’interroger sur la disparition du répertoire d’adresses de la victime. Peut-être le nom du coupable y figure-t-il.

Aurélien contacte la jeune universitaire Héloïse Tournier, qui avait rencontré son grand-père. Sa thèse porte sur les enfants franco-allemands illégitimes durant la guerre, et en particulier sur les lebensborn. Si celui de Lamorlaye est connu des historiens, on sait peu de choses sur la maternité de Cernancourt où officia le grand-père d’Aurélien. Henri n’y exerçait plus, quand l’endroit fut détruit par un incendie en 1942 après quelques mois d’activité…

Les lebensborn constituent l’élément historique de ce roman. Mais c’est principalement sur les secrets familiaux que s’appuie le récit. Pas seulement ceux de ce grand-père admiré par Aurélien et sa sœur. Fut-il un pur salaud, ou bien joua-t-il un rôle plus nuancé, voire positif ? L’état psychologique d’Anna et le rôle d’Alice, la compagne d’Henri, ont aussi leur part dans le mystère. Quant au lien entre l’octogénaire assassinée et l’aïeul, il reste longtemps énigmatique. On nous parle encore d’une certaine Rachel, jeune juive enceinte durant la guerre. Autant de personnages et de signes participant aux questionnements du lecteur. MUSSO-2011-PointsOn aurait sans doute pu souhaiter un rythme plus vif. Néanmoins, solidement construite, l’intrigue reste plutôt captivante. Un bon suspense psychologique.

 

En poche depuis 2011, le précédent roman de Valentin Musso, "La ronde des innocents", est toujours disponible chez Points. «Raphaël est assassiné dans les montagnes pyrénéennes : on le retrouve torturé, les mains liées, au bord d’un sentier. Son frère Vincent reçoit peu de temps après une mystérieuse vidéo et découvre, stupéfait, que l’ancien rebelle, apparemment assagi, cachait une épouse et un fils. La voix de Raphaël, inquiète et oppressée, donne un éclat étrange à ces images. Il supplie : «Protège-les.» (présentation éditeur).

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Livres et auteurs - Communauté : Culture Polar
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 06:37

 

Un parfum de vacances estivales, voilà ce que nous propose Nelly Bridenne avec son nouvel opus, L’effet mer (Éd.Confessions d’un polisson, 2012)

BRIDENNE-2012C’est une petite station balnéaire du Bassin d’Arcachon, au début des années 2000. L’agent immobilier Henri-Louis Maigret s’occupe des locations de la Rue des Mouettes. Indépendant, il avoue : Je préfère gagner moins, mais connaître tous mes clients pour les conseiller au mieux de leurs intérêts. Il est vrai qu’Henri est proche de ces familles, qui reviennent d’années en années. Nous suivons avec lui leurs cinq étés en bord de mer, jusqu’en 2004.

Il y a le policier quinquagénaire Antoine, avec son épouse Félicie et leur fils Alex, âgé de quatorze ans. Valérie, la sœur d’Antoine, vient avec son mari Michel et leur fille Élodie. Plus loin, on trouve Jean-Philippe, quadra infidèle à son épouse Martine, randonneuse. Et puis Léon, sans emploi proche de la retraite, et sa femme Édith, collègue de Martine, avec leur chien Popeye. À côté, Adrien est un octogénaire argentin très argenté, qui a acheté une maison de vacances. Il y séjourne avec son épouse Hortense, née Ginette Bouville, d’une cinquantaine d’années, son ancienne infirmière. Si Adrien vient à décéder, nul doute qu’Hortense le remplacera, mais vainement. Enfin, il y a Pierre et Ben, un couple homo, avec leur chat persan. Pierre a hérité de la villa de sa Tatie Charlotte, à laquelle il rend visite au cimetière. Ben, lui, ferait bien d’oublier son ex, Philou.

L’été 2000 se passe pour le mieux, même pour le jeune Alex qui finit par bien s’amuser. Sa cousine Élodie est sur le chemin de l’anorexie, ce que personne ne détecte encore. Jean-Philippe guette les proies féminines, et Léon songe que l’inactivité a de bons côtés. Le riche Adrien est le papy heureux de ce groupe d’amis, la tendresse d’Hortense lui convenant pour sa fin de vie. Couple bien accepté, Pierre et Ben s’entendent fort bien avec l’agent immobilier. Dès l’été 2001, quelques tracas perturbent chacune des familles. Autour des étés suivants, toutes sortes de séparations, dramatiques dans certains cas, sont à prévoir…

 

Si l’espiègle Nelly Bridenne a choisi des noms à ces familles, qui font référence à des auteurs de polars, c’est pour le sourire. Toutefois, ne nous y trompons pas, ce court roman n’est pas un recueil humoristique. Il s’agit de la chronique toute en finesse d’un échantillon de personnages. On ne traverse pas les années sans être confrontés aux aléas de la vie. Petits soucis ou graves problèmes, que chacun surmonte à sa manière. Voilà ce que, par petites touches, nous raconte l’auteure. La psychologie n’est donc pas oubliée, révélant le caractère profond de certains héros de l’histoire. Quelques maux actuels sont aussi évoqués. L’individualisme rend d’ailleurs ce type de villégiature de plus en plus rare, ce qui est souligné au final. Hier, les vacances étaient fête et insouciance; aujourd’hui, ce sont des dates propices à l’égoïsme. Profitons encore un peu de ces vacances décrites par Nelly Bridenne, non pas idéales, mais d’une vraie humanité.

On commande ce livre chez l'auteure, en cliquant ici.

Ses autres titres disponibles :

"Le monde est plein de polissons"

"Sur un petit air de requiem"

"Kit de survie dans le milieu (confus) de l'édition"

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Livres et auteurs - Communauté : Culture Polar
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 06:00

 

15e édition de la Rencontre autour du polar d'Eaubonne, le samedi 26 mai 2012, de 15h à 20h, à l'Orangerie. Cette année encore, une dizaine d'auteurs sont annoncés, confirmés ou néophytes, du Val d'Oise ou d'ailleurs. Certains se consacrent également à la musique, à la peinture, à l'édition. Côté musique, est invité le collectif d'Eubonne Jazz pour un mini-concert à l'heure de l'apéro. Côté peinture, a été invité un artiste peintre d'Ermont, Régis Lefumat, pour venir exposer ses tableauxEAUBONNE.

Côté polar, ces rencontres accueillent Christian Roux, Jacques Mondoloni, John-Erich Nielsen et Roland Sadaune, ainsi que Anita Banos-Dudouit, Pierre Brasseur, Christophe Costantini, Claudie Lecoeur, Philippe Muller, Hervé Sard et Danièle Thiéry. Sont aussi conviées les éditions Après La Lune et la revue 813, consacrée à la littérature policière. Avec peut-être une ou deux autres surprises...

Salle de l'Orangerie, avenue de l'Europe, 95 600 Eaubonne

Toutes les infos, ici.

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 11:30

 

FEREY-2009Le Prix Landerneau Polar revient au livre d’un auteur francophone publié entre février et mai, dont le sujet et la qualité du style sont à même de rassembler un large public. La première sélection de huit ouvrages a été établie par l’ensemble des libraires des Espaces Culturels E.Leclerc.

Étaient sélectionnés pour le Prix Landerneau Polar 2012 :

- Olivier Barde-Cabuçon, Casanova ou la femme sans visage (Actes Noirs)

- Fabrice Colin, Blue jay way (Sonatine)

- Caryl Férey, Mapuche (Gallimard)

- Elsa Marpeau, Black Block (Gallimard)

- Karim Miské, Arab jazz (Viviane Hamy)

- Colin Niel, Les hamacs de carton (Le Rouergue noir)

- Gilda Piersanti, Wonderland (Le Passage)

- Dominique Sylvain, Le roi Lézard (Viviane Hamy) FEREY-2012

 

Un jury restreint composé de libraires réunis autours de Franck Thilliez et de Michel-Edouard Leclerc a désigné le lauréat dont le nom a été révélé le 3 mai dernier.

Il s'agit de Caryl FEREY pour "Mapuche" (Série Noire-Gallimard). Il bénéficiera d’une campagne de publicité dans la presse offerte par les Espaces Culturels E.Leclerc et recevra une dotation de 6.000 €.

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 08:29

 

Le Grand Prix du Livre "Produit en Bretagne" est ouvert à tous types d’ouvrages (Roman, Livre en breton, Beaux livres et Inclassables). Son but est de mettre en valeur la littérature éditée en Bretagne par une maison d’édition située dans un des cinq départements bretons. Ces auteurs sont choisis par un jury expérimenté. En 2012, quatre catégories sont primées Coup de Cœur, Prix jeunesse, Roman et Beau Livre. Pour cette édition, le jury était composé de treize membres (neuf libraires indépendants, un journaliste, un documentaliste, un bénévole au sein d’une association de lecture) qui ont lu avec attention la petite trentaine d’ouvrage d’ouvrages.

Le Prix du Roman 2012 est attribué au polar de Frédérick Rapilly Le chant des âmes, publié aux éditions Critic. RAPILLY-2011

Marc Torkan vit aujourd’hui auprès du Golfe du Morbihan. Veuf encore jeune, il tient une boutique d’antiquités et s’adonne au surf. Cinq ans plus tôt, il a quitté le magazine Paris Flash, pour lequel il fut un des reporters attitrés. Le rédacteur en chef le contacte pour une étrange affaire criminelle. Au Val-Sans-Retour, dans la Forêt de Brocéliande, on a découvert le cadavre mutilé d’une jeune femme. Le corps de Clara Riopelle était crucifié sur l’Arbre d’Or, œuvre d’art symbolique. On a arrêté des suspects, les Sons of Gaël, un groupe dans la mouvance gothique black metal. Sur place, Marc entre en contact avec Katie Jeckson, photographe black originaire des Etats-Unis qui fut la première à prendre une série de clichés du cadavre. Elle suivait le Teknival organisé dans la région vannetaise quand le meurtre a été découvert.

Même si le reportage de Marc provoque quelques remous à la rédaction de Paris Flash, Katie Jeckson et lui poursuivent l’enquête. Ils recherchent d’autres faits divers similaires à travers le monde. Détail important, la victime doit avoir eu la langue tranchée, comme Clara. Certes, des cas mortels de mutilations sur des jeunes femmes, on en repère dans de nombreux pays. Mais l’affaire concernant une Israélienne tuée en Thaïlande semble quasiment identique à celle de la Forêt de Brocéliande. Le couple se rend sur l’île thaïlandaise où s’est déroulé le meurtre. Contre un peu d’argent, un policier local leur offre des détails et leur montre le lieu du crime. Les grandes soirées techno ne sont pas rares ici, telle cette Sexy Beach Party à laquelle assistent Marc et Katie. Ils n’y glanent guère d’indices. Médecin légiste retraité, Michel de Ray analyse le rapport d’autopsie de Clara. On a trouvé des traces de GHB, drogue du viol. Néanmoins, il pense que l’assassin a laissé une certaine lucidité à sa victime, pour l’entendre crier…

Variation sur le thème du serial killer, c’est par son contexte que l’histoire devient fort intéressante. L’univers de la musique techno, du son apprécié par les amateurs de rave-parties, des nuits festives animées par de prestigieux Djs, tout cela n’est probablement pas si familier pour la plupart des lecteurs. Ce type d’ambiances étant propice aux excès, on peut imaginer des dérapages criminels. Le tempo du récit avance à son rythme, sans précipitation mais sans temps mort. Les chapitres sont introduits par les Murder ballads de Nick Cave. Climat musical, mais l’auteur n’oublie pas le vécu des personnages, leur psychologie, lors de cette chasse au psychopathe qui les transporte à travers le monde.

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Livres et auteurs - Communauté : Culture Polar
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 06:30

 

ANCRES NOIRES-2012Pour ses 10 ans, ce festival des amoureux du polar et du roman noir vous donne rendez-vous au Havre pour une expérience unique ! Partagez votre passion avec des auteurs, des illustrateurs, des comédiens, des musiciens, rencontre singulière entre la littérature et la musique. L’association Les Ancres Noires propose des activités variées telles que des conférences, des débats, des pièces de théâtre, des concerts, des concours ou encore un prix littéraire. 13e Rue est partenaire de la 10e édition du festival Polar à la Plage, du 14 au 17 juin 2012.

L'évènement se déroule sur la digue promenade du Havre l’après-midi, au Magic Mirrors (quai des Antilles) et au Sirius (hébergé aux Clubs) le soir. Les auteurs annoncés : Mouloud Akkouche, Louise Balem, Patrick Bard, Laurence Biberfield, Thierry Crifo, Dominique Delahaye, Pascal Dessaint, Caryl Ferey, Sébastien Gendron, Sylvie Granotier, Philippe Huet, Graham Hurley, Joseph Incardona, Jean-Paul Jody, Dominique Manotti, Roger Martin, Peter May, Pascal Millet, Jean-Hugues Oppel, Anne Perry, Jean-Bernard Pouy, Sylvie Rouch, Christian Roux, Insa Sané, Romain Slocombe, Marc Villard, Lalie Walker.

Les dessinateurs : Sébastien Corbet – Li An – Mako - Joe Pinelli.

 

Quelques-unes des animations :
-Jeudi 14 juin

18h-19H30: Agora des Gaumont, bassin Paul Vatine : accueil en musique de la péniche Andante.

20H-22H: Théâtre - Embarquement pour le noir à 20h15 et 22h15 avec le Théâtre de l’Impossible (au Magic Mirrors) "Fantastik!!!" Billetterie dès 19h.

20H30: « PK 355 » spectacle de lectures, théâtre, musique

-Vendredi 15 juin

Au Magic Mirrors à 18H: remise des prix des lycéens en présence des auteurs Insa Sané et Dominique Delahaye

20h15 et 22h15: Embarquement avec le Théâtre de l’Impossible ("Fantastik!!!")

20H30 Cinéma :"Les Beaux mecs" en présence de la scénariste Virginie Brac. Débat animé par Pierre Charrel

-Samedi 16 juin

Au bout de la digue-promenade - De 14h à 19h - Dédicaces et rencontres avec les auteurs, et animations diverses.

Conférences/débats dans le bus Dell’Arte

15h: "Les Éditions Fleuve noir" par Pierre Dieulafait

17h: "De l’écriture du roman au scénario TV" avec G.Hurley, Peter May, Sylvie Granotier, J.H.Oppel.

Au Magic Mirrors, à 21h concert gratuit Polaroïds Rock en présence des auteurs et des groupes - Fresque de Joe Pinelli en live. Théâtre: Billetterie dès 19h. Embarquement avec le Théâtre de l’Impossible à 20h15 et 22h15 pour le spectacle "Fantastik!!!"

-Dimanche 17 juin

11h30 - Au restaurant "Les Régates" Port de plaisance - Remise des prix du concours de nouvelles et du prix "Ancres Noires" 2012 - Déjeuner avec les auteurs, inscription indispensable.

Au bout de la digue promenade, des dédicaces et des animations toute la journée.

Conférences/débats dans le bus Dell’Arte.

15h: "Slam et écriture" avec Insa Sané

17h: "Le Polar au fil de l’eau - Déambulation littéraire" avec D.Delahaye.

Toutes les infos sont ici...

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