Hervé Jaouen est un écrivain reconnu. Il a été récompensé par de nombreux prix littéraires, qui témoignent de la qualité de son œuvre. Les amateurs de suspense se souviennent en particulier de son Grand prix de Littérature policière 1990, pour le magistral "Hôpital souterrain". Il est probable que "Flora des Embruns" ne soit pas son roman le plus connu. Pourtant, c’est assurément un des plus marquants. Grâce à son ambiance, bien sûr, dans la lignée des grands auteurs ayant décrit le monde côtier et maritime.
Le décor, qu’on imagine entre Pays Bigouden et Pointe du Raz, n’est pas celui des vacanciers. C’est le contexte quotidien des natifs, de ceux qui y vivent vraiment.
Hommes et femmes, les héros sont rudes, secrets et volontaires, capables d’affrontement. Une force qui peut les conduire à une forme de folie, car les sentiments enfouis jouent également leur
rôle. Des personnages fatalement complexes, on le comprend vite en les côtoyant, et c’est ce qui suscite une réelle empathie à leur égard.
L’autre atout majeur, c’est la construction du récit. Remarquable, le mot n’est pas exagéré. Passé et présent qui s’entremêlent, ce n’est pas ici qu’une technique narrative. L’auteur en joue avec une rare maestria. Peut-être parce qu’il ne cherche jamais à égarer le lecteur, mais à rassembler les faits d’hier et d’aujourd’hui. "Flora des Embruns" est absolument un roman à redécouvrir. (Disponible dès le 7 juin 2012).
Retour sur l’intrigue de "Flora des Embruns" :
Ce port de pêche breton reste marqué par une affaire remontant à près de vingt ans. Flora était serveuse au "Café des Embruns", le bistrot de la vieille Maria. Îlienne d'origine, la jeune femme ne manquait pas de caractère. Vinoc, son fiancé marin-pêcheur obtint le commandement d'un chalutier neuf. Il le devait à ses seules capacités, chacun l’admettait ici.
Riche armateur de 50 ans, Nonna avait la réputation de collectionner les aventures sexuelles. Il ne souciait guère des rumeurs, s’affichant en maître du secteur. Le Nabot, fils de son employée Maine, le suivait partout. Patron de Vinoc, Nonna était amoureux de la belle Flora. Elle ne lui céda qu'une fois. Au lendemain de leur mariage, Flora étant enceinte de lui, Vinoc partit en pêche. Son bateau dut s'abriter de la tempête dans un port écossais. C’est là qu'un marin jaloux affirma à Vinoc qu'il était cocu, se basant sur une rumeur malsaine colportée par Le Nabot. Désespéré, Vinoc prit la mer avec son équipage, malgré les conditions météo. Il provoqua le naufrage du chalutier, et disparut.
L’affaire entraîna le déclin de Nonna. Flora affronta les médisances. Elle racheta le "Café des Embruns", éleva sa fille Viviane et adopta un autre enfant, le petit Clet. Nonna resta proche d'elle. Par un signe du destin, Flora retrouva la carte d'identité de son mari. Depuis, elle va prier chaque jour Notre-Dame des péris en mer, pour que Vinoc ne revienne jamais vivant. Hans Rosen, un marin danois à l'allure fatiguée s'installe à l'hôtel, face au "Café des Embruns". Il observe Flora, à l’heure où sa fille Viviane rentre au pays pour les vacances scolaires. D’un caractère affirmé, elle revendique une indépendance qui risque d’alimenter un nouveau drame.
(Disponible dès le 7 juin 2012).
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Mouettes. Indépendant, il avoue : 




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