15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 17:54
Quiz : devinez le nom de cet écrivain ?
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Mercredi 9 avril 2014, j'ai pris quelques photographies au pays d'un auteur très connu, un écrivain qui publie dans divers genres littéraires (dont le polar) depuis bientôt cinquante ans. D'ailleurs, sa région natale sert de décor à bon nombre de ses romans. Ses plus récents livres sont publiés chez Fayard, Héloïse d'Ormesson, Rivages, etc. N'hésitez pas à proposer un nom dans les commentaires...

Quiz : devinez le nom de cet écrivain ?
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Un quizz pour le plaisir : proposez un nom d'écrivain ci-dessous dans les commentaires !

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 05:55

Probablement pas le titre le plus connu de Didier Daeninckx, ce noir suspense est de très bon niveau. Outre l’intrigue criminelle, l'auteur nous promène dans Le Havre. Bien sûr, il aborde aussi des sujets sociaux et historiques, qui lui sont chers. Surtout, ce texte est construit autour des photos de Cyrille Derouineau. Ces images en noir et blanc contribuent à l’ambiance de l’histoire. Belle harmonie entre le texte et les illustrations, ce qui donne un excellent résultat. Un livre à redécouvrir.

Didier Daeninckx : Le crime de Sainte-Adresse  (Terre de Brume, 2004)

Le Havre est la ville natale de Céline. La jeune femme y est aujourd’hui policière. Son collègue Julien est aussi son meilleur ami. Une nuit, on les appelle dans le quartier des Neiges. Un homme d’une vingtaine d’années vient d’être tué rue Cuvier. Céline se lance à la poursuite d’une fuyarde, qu’elle ne peut rattraper. Le lendemain, une Golf abandonnée est remarquée rue de l’aviateur Guérin. Cette voiture belge est celle de la victime. Selon un témoin, l’homme était accompagné d’une jolie femme rousse. Quand Céline la repère, la rousse est pourchassée en voiture et plonge à l’eau, échappant à tout le monde.

Les flics belges qui la traquaient affirment qu’elle est dangereuse. Des renseignements en provenance de Belgique ne prouvent guère que ce couple soit suspect. Rien n’indique que Judith ait tué son compagnon Jean-Loup. Qu’ils aient acheté leur voiture à un minable truand est sans rapport avec l’affaire actuelle. Judith a été vue chez un coiffeur. Céline et Julien interviennent. La rousse s’enfuit encore. Plus tard, elle s’arrange pour que Céline l’écoute. Elle parle d’une précieuse cassette audio, cachée dans la Golf. Quand Judith est abattue par les flics belges, Céline récupère l’enregistrement. C’est cette preuve contre eux que recherchaient ceux qui ont éliminé ces deux témoins gênants...

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 05:55

Écrit en 1969, "Meurtre en 3D" est l’un des ultimes Perry Mason (le 80e sur 82) d'Erle Stanley Gardner, décédé en 1970. Une intrigue du même niveau que d’habitude, avec des rebondissements qui restent nombreux et captivants, jusqu’au dénouement. Un roman captivant, traduit par Maurice-Bernard Endrèbe.

Erle Stanley Gardner : Meurtre en 3 D (Un Mystère, 1970)

Ce n’est pas la première fois qu’une cliente s’adressant à l’avocat Perry Mason refusait de lui donner son identité. Il est habitué à ce qu’on lui mente ou qu’on ne lui livre qu’une partie des faits. Pourtant, cette fois il s'en veut de ne pas avoir été assez ferme avec la jeune femme venue le consulter. Aussi charge-t-il le détective Paul Drake de découvrir qui elle était. Pourquoi Diana Douglas transportait-elle dans une mallette une forte somme en billets (cinq mille dollars) ? L’avocat se doute bien qu’il s’agissait d’un chantage, que le code 92-60-92 est destiné à la prise de contact avec le maître-chanteur. Diana venait de San Francisco à la place de son frère, récemment victime d’un accident.

 

Perry Mason remplace à l’hôtel Diana par Stella, employée de Paul Drake. Le maître-chanteur, Cassel, se manifeste. Perry refuse de payer, gagne du temps, trouve l’adresse de cet homme. Deux policiers recherchant Diana veulent l’interroger sur la disparition de vingt mille dollars au siège de la société qui l’emploie. L’avocat doit une fois de plus ruser. Diana Douglas n’a pu prendre le même avion que Perry Mason pour regagner San Francisco. Mais il l’y retrouve le lundi. Il apprend la mort du frère de la jeune femme. Il rencontre ses patrons, Franklin Gage et Homer Gage, l’oncle et le neveu. Le premier est plutôt hypocrite, le second assez sec. L’affaire s’arrangera-t-elle avec le retour de la moitié de la somme disparue ? Des indices concordants désignent Diana comme l’auteur du meurtre de Cassel : elle possédait un mobile, l’arme appartenait à son frère. Sans oublier la carte de crédit perdue. L’avocat ne sera pas moins combatif que d’ordinaire...

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 05:55

Les enquêtes de l'avocat Perry Mason, il est bon d'y revenir de temps à autres. Et celle-là fait partie des plus captivantes. Une affaire aussi compliquée que d’habitude. Elle peut sembler assez claire, mais l'auteur était habile. L’intrigue, la narration et le suspense sont de très bon niveau. Le dénouement mérite d’être bien lu, pour apprécier. Un Perry Mason de fort belle qualité, dont la traduction est due à Henri Thyès. À noter que ce livre fut présenté sous deux couvertures différentes.

Erle Stanley Gardner : Le bigame innocent (Un Mystère, 1950)

En pleine nuit, une blonde sur l’escalier de secours est repérée par l’avocat Perry Mason. Cet objet métallique qu’elle avait en main, était-ce une arme ? Où est-elle passée ? Mason l’invite à entrer dans son bureau. Elle explique qu’elle est employée de la société Garvin, qu’elle attendait son patron, qu’elle a dû s’éclipser. Quand l’avocat sort avec elle de l’immeuble, voulant vérifier son identité, elle s’arrange pour filer. M.Garvin s’adresse à Perry Mason, car sa position est délicate. Il a divorcé d’Ethel Carter pour épouser la belle Lorraine, au Mexique. Or, aucune pièce officielle n’atteste du divorce. Il se demande si son ex-femme a fait semblant d’accepter, et dans quel but elle aurait agi ainsi. Mason découvre bientôt que M.Garvin risque de perdre son poste à la prochaine réunion de sa propre société, sa femme en étant la cause.

L’avocat met son client et Lorraine à l’abri au Mexique, où il ne risque pas d’être poursuivi pour bigamie. Mais le détective Paul Drake lui apprend que ses hommes ont perdu de vue Ethel Carter. Le lendemain, on la retrouve assassinée dans sa voiture à Oceanside. Mason se demande si elle y a rejoint cet homme qu’elle a connu dans le Nevada ? Heureusement, M.Garvin possède un bon alibi, puisqu’il se trouvait au Mexique. La police réussit à faire revenir M.Garvin aux États-Unis, où il sera accusé du meurtre de son ex-épouse. Mais Perry Mason aimerait en savoir plus sur le rôle de plusieurs personnes dans cette affaire. En particulier, celui de la belle blonde prénommée Virginia. La nuit du crime, elle se trouvait encore sur l’escalier de secours. Quant à identifier une des voitures venues sur les lieux cette nuit-là, ça peut entraîner des ennuis pour l’avocat. D’autant que l’accusation paraît prête, et ne fera pas de cadeau. Mason sauvera-t-il son client, cette fois ?

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 05:55

Aliona Ivanovitch est un jeune médecin et un fervent religieux. De retour d’un congrès le jour du Yom Kippour, une macabre surprise l’attend chez lui. Léopoldine, la 2e épouse de son père Jakob, gît sur le lit d’Aliona. Elle est morte, une étoile de David ensanglantée dans le cœur. Il reconnaît un pendentif appartenant à son épouse Rebecca. Jakob Ivanovitch se trouvait à New York. Une expo photo insolite lui offre une notoriété tardive, qu’il savoure. Ignorant le drame, il rentre à Paris. Il arrose seul son brillant succès, peu étonné de l’absence de sa femme : Léo est une publicitaire connue, très occupée.

Le commissaire Foular aime bien les Juifs du Sentier, qu’il essaie vainement de comprendre. Quand il interroge Aliona, Foular éprouve une certaine sympathie pour lui. Mais la piété obsessionnelle du médecin ne fait pas l’unanimité chez les siens, dont beaucoup n’oublient pas l’époque nazie. Foular est séduit par Salomé, la sœur rondouillarde d’Aliona, qui n’a pas un caractère facile. La seule personne respectée par Salomé, c’est la vieille tante Alice. Le passé reste très présent pour cette rescapée des camps de la mort, mémoire de leur famille.

Rebecca, l’épouse d’Aliona, séjourne chez son père, le rabbin Mardochée. Foular les interroge. Bien qu’elle ne possède pas d’alibi, Rebecca lui semble innocente. Par contre, il est évident qu’elle ne supporte plus la vie commune avec son mari. Salomé rompt avec son amant Théodore, qui fut autrefois celui de sa mère. La défunte a émis le vœu d’être incinérée. Aliona voudrait s’y opposer, par conviction religieuse. Quand tous se réunissent, tante Alice évoque l’enfance de Léopoldine, née Marushka Litvak...

Laura Conti : Le crime parfait (2001)

Publié en 2001 aux éditions Julliard, ce roman est disponible chez Pocket depuis 2003. Un polar, certes, mais agrémenté de nombreuses scènes souriantes. Les notes explicatives en fin de volume sont souvent amusantes. Le sujet toujours sensible de l’identité Juive est donc traité avec légèreté. Toutefois, l’histoire tragique de ce peuple reste présente dans le récit. La narration se veut vive, enjouée, volontairement brouillonne ou imprécise. C'est que, à l'instar du policier Foular, il n'est pas toujours aisé de s'y retrouver dans certaines familles juives. Un roman plutôt drôle et sympathique, tout en rappelant l’importance du passé.

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 05:55

Dernière partie de cette sélection de romans sur le thème des conséquences de la guerre.

Valentin Musso : Les cendres froides (Les Nouveaux Auteurs, 2011)

En 1999, Aurélien Cochet est enseignant, tandis que sœur Anna termine ses études. Leur grand-père Henri reste leur dernière attache familiale. Il vit avec sa compagne Alice, du côté de Châlons-en-Champagne. Au décès de leur aïeul, Aurélien doit faire le tri dans sa collection de films anciens et rares. Il découvre une bobine aux images surprenantes. Dans ce film amateur, on voit son grand-père dans une maternité, auprès du personnel, des patientes, et d’un officier SS. Aurélien admet en savoir peu sur l’histoire ancienne de sa famille. Le voir dans ce qui est visiblement un lebensborn, parait déroutant. Aurélien contacte l'universitaire Héloïse Tournier, qui avait rencontré son grand-père. Sa thèse porte sur les enfants franco-allemands illégitimes durant la guerre, et en particulier sur les lebensborn... À Châlons-en-Champagne, le lieutenant de gendarmerie Franck Launay et sa collègue Émilie Duhamel enquêtent sur le meurtre d’une octogénaire. La mort de Nicole Brachet ressemble à un home jacking qui aurait mal tourné. Certes, le domicile de la victime est en désordre, mais qu’aurait-on volé chez cette dame vivant modestement ?Retour sur la Première Guerre Mondiale...

Michel Quint : Veuve noire (Éd.L'Archipel, 2013)

1918. Âgée de trente ans, Léonie Rivière est veuve de guerre. Mort sur le front, son mari Antoine avait déjà perdu sa fortune par des investissements douteux. Léonie vit seule à Paris, dans ce quartier de Montparnasse où elle croise des artistes tels Modigliani ou Cendrars. Elle survit en écrivant quelques piges pour les journaux. En ce 11 novembre, règne partout une excitation particulière, symbole du conflit terminé. Léonie rencontre Edgar Prouville, séduisant ancien combattant. Celui-ci a vécu un épisode sanglant au printemps 1917, non loin du Chemin des Dames. Bien que sur ses gardes, il est légèrement blessé par un coup de poignard, qui ne s'explique guère. Se disant marchand d'art, Edgar est devenu l'amant de Léonie. Celle-ci préfèrent ne pas s'arrêter à ses idéaux réactionnaires et à sa conception cynique du marché de l'art. Elle accepte de stocker dans son appartement les toiles achetées par Edgar. Elle ignore comment il se procure ces tableaux, dont l'un est signé Modigliani. Finalement, Léonie est engagée par les journaux L'Excelsior et Le Petit Parisien. Elle enquête sur les agences matrimoniales, florissantes avec tant de veuves. En catalogue, l'agence dispose d'une photo appât du sémillant Edgar. Qui se fait appeler dans ce cas Arthur Séverin. Quand Edgar disparait, des traces de sang chez Léonie s'avèrent inquiétantes.

La guerre et ses conséquences (3/3)

Guillaume Prévost : La valse des gueules cassées (10-18)

Printemps 1919. Blessé durant la guerre, François a suivi une formation à l’école de police. Âgé de vingt-six ans, il intègre aujourd’hui la Brigade Criminelle, Quai des Orfèvres. Il est affecté dans le service de l’inspecteur principal Robineau, une figure de la police, proche de Clemenceau et des Anciens Combattants. S’il garde quelques traumatismes, François n’en montre rien. Il est très vite plongé dans une enquête, au côté de son supérieur. Un cadavre est retrouvé dans un atelier vide de la gare Montparnasse. Robineau et François s’aperçoivent bientôt que des travaux souterrains ont été effectués sous le bâtiment en question. Grâce à une facture de quincaillier, François essaie d’identifier la victime. Une autre affaire met à l’épreuve la sagacité du jeune policier. Un vol de diamants a été commis au domicile du couple Maupin, qui rentre d’un voyage en Afrique. Le seul suspect est leur domestique Noir. François ne tarde pas à le disculper. Il trouve le chemin emprunté par les voleurs, établissant un rapport avec le crime de Montparnasse. Un autre meurtre est commis dans un garni, rue de Montmorency. Là encore, l’homme a subi des mutilations au visage qui rappellent celles des soldats blessés, les gueules cassées.

Benoît Séverac : Rendez-vous au 10 avril (Éd. TME, 2009)

Toulouse, au tout début des années 1920. Encore récente, la Grande Guerre a profondément marqué cet inspecteur de police. Sans doute parce qu’on lui confia des missions hors normes. Il ne soigne guère son aspect, ne cherche pas à sympathiser avec ses collègues, abuse des boissons alcoolisées, et c’est un habitué du bordel de chez Lulu. Il a besoin de morphine pour effacer les visions d’horreur qui le hantent. L’école vétérinaire est une des institutions toulousaines. Le Pr Chervin, un des enseignants, vient de s’y suicider dans son bureau. Guignard, le directeur de l’école vétérinaire, est peu coopératif, pressé que le policier boucle une enquête inutile. Rue Monplaisir, la mort de l’huissier Raynal apparaît suspecte. Des voisins ont signalé des cris, et vu une silhouette s’enfuir. Pourtant, le Dr Millot n’a constaté qu’une crise cardiaque, et signé le certificat de décès. Pas insensible à la veuve Raynal, l’inspecteur est prêt à relativiser l’affaire, si le Dr Millot lui fournit de la morphine. A l’école vétérinaire, l’adjoint de Chervin masque mal l’antipathie que lui inspirait son collègue. Cavaignac jalousait sa carrière, car il était aussi compétent que lui.

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 05:55

En trois parties, une sélection de romans sur le thème des conséquences de la guerre.

Jean-François Coatmeur : On l'appelait Johnny (Denoël, 1979)

Le cargo du commandant Berthier va bientôt quitter la rade d'Abidjan. Avec l'accord du second, le capitaine Marzin, il accepte un passager clandestin, Blanck. Mêlé à un complot, ce Français pas très clair doit fuir le pays. De nuit, il embarque avec trois amis : Petrovian, sa sensuelle maîtresse métisse Ina Desroze, et Charles, le frère d'Ina. Malgré cet imprévu, le commandant s'arrange pour les loger à bord. La compagnie impose un autre passager, officiel celui-là : Lagouge, comédien en tournée. Situation difficile à gérer, d'autant que Blanck donne des ordres, et qu'Ina s'exhibe sous les yeux de l'équipage. Charles sympathise avec le comédien. Pétrovian se méfie de tous. On découvre Blanck pendu dans sa cabine. L'assassin est un certain Johnny, rôdant sur le navire. Des indices laissent à penser que ce meurtre est en rapport avec une affaire datant de 1943. Près de la Pointe du Raz, un groupe de résistants fut victime des nazis. Seuls Blanck et Johnny en réchappèrent.

Sylvie Rouch : Corps-mort (Après la Lune, 2006)

François Laguigne est de passage du côté de Granville, dans le Cotentin. Son père, qui l'avait abandonné en bas âge, y est mort voici quelques jours, à l'hospice. Natif d'ici, ce père absent fut marqué par de sombres origines familiales. En juin 1940, le grand-père de François tenta de passer en Angleterre. Mais il échoua à Guernesey. A son retour en 1945, Charcot et Taupin dominaient la région. Ces deux-là étaient des trafiquants et des collabos, il pouvait le prouver. Quand il fut tué par Charcot, on ne condamna pas l'assassin. Aujourd'hui, les fils de ces profiteurs sont toujours puissants dans le secteur.
Caïn, ivrogne local, a repéré une tête empalée sur un pieu dans les moulières. On la retrouve bientôt. Le lieutenant de police Laroche enquête. L'aide de la gendarme Coisel, connue pour son caractère affirmé, lui semble utile. Depuis qu'il a lu les carnets de son grand-père, François Laguigne veut lui rendre justice.

Christine Desrousseaux : Drame au Cap Gris-Nez (Ravet-Anceau, 2006)

Lucette habite Wimereux, station balnéaire ancienne. Cette jeune fille, pas laide mais sans grâce, issue d'une famille de bistrotiers, est aide-jardinière au Parc du Moulin… Étudiante en astronomie, fille d'un pianiste réputé, la jolie Gaëlle séjourne dans cette région qu'elle connut étant enfant. Dès leur rencontre due au hasard, Lucette est attirée par Gaëlle. Une relation trouble s'installe entre elles. Ce qui suscite des jalousies. Née dans un milieu aisé, méprisant ouvertement Lucette, Irène Botz entend accaparer Gaëlle. Bien que gênée par la différence sociale, Lucette reste proche de son amie - ce qui agace Irène. La grand-mère et la mère de Gaëlle sont toutes deux mortes à l'âge de 24 ans, similitude qui intrigue Lucette. Propriétaire de l'ex-villa de la famille de Gaëlle, Mme Blanche confie une boite de souvenirs à Lucette. Celle-ci examine les objets, les photos, s'intéressant au cas de l'aïeule de Gaëlle. D'origine Russe, Anna se maria avant-guerre à un Français. Son mari fut tué au début du conflit. On interna bientôt la jeune veuve en hôpital psychiatrique, et on en profita pour la spolier.

La guerre et ses conséquences (2/3)

Hugo Buan : Cézembre noire (Pascal Galodé Éd., 2009)

Cézembre est une île de la baie de Saint-Malo. En cette veille de week-end du 11 novembre, elle est quasiment inaccessible à cause d’une violente tempête. Ceux qui s’y trouvent sont réfugiés dans la barge-hôtel de la famille Darec (Léon, le grand-père ; Marie-Line, sa fille, la gérante ; Noël, le fils de celle-ci). Outre deux scientifiques américains, les Monsiret et consorts sont des dirigeants de société en séminaire. Berthy, un malchanceux congénital, est obligé de se rendre sur Cézembre. Pour rembourser une dette de poker, il doit jouer au tueur à gages. Exécuter le contrat devient un vrai enfer pour cet amateur. À part Hale-la-patte, ancien para d’Indochine muni d’une jambe artificielle, personne n’oserait braver les éléments. C’est ainsi que le duo échoue sur l’île. Dans le même temps, le commissaire Lucien Workan (du SRPJ de Rennes) est chargé d’une mission à Cézembre. Les deux Américains sont bien des scientifiques, mais surtout des agents de la CIA. Workan doit essayer de savoir ce qu’ils font là. C’est sans doute en rapport avec le fait que l’île fut bombardée au napalm à la fin de la 2e Guerre. Sous la tempête, Workan embarque pour un séjour agité en rapport avec l'Histoire.

Sylvain Pettinotti : Les oubliés du Vercors (Éditions L'Ecir, 2006)

Juillet 2004, à Saint-François-en-Vercors. Léo, 14 ans, est en vacances avec sa jeune sœur et leur père instituteur. Lors d'une sortie VTT, Léo et ses copains (Michael et Antoine) trouvent dans une cache la sacoche d'un soldat allemand de la seconde guerre mondiale. L'objet rejoint l'exposition sur la Résistance organisée par son père dans l'école. Cette nuit-là, l'église est cambriolée, l'expo vandalisée, et la sacoche volée. Léo pense que le site historique d'une ruine autrefois incendiée a été aussi visité. Il mène sa petite enquête avec ses amis. Ingrid, jeune et belle Alsacienne logeant à l'hôtel, sympathise avec eux.
Plusieurs personnes ont des comportements suspects, que ces jeunes vont surveiller.

Jean-Luc et Didier Arlotti : Nous ne nous verrons plus sur terre (Éd.du Valhermeil, 2005)

A Versailles, le commissaire Sivincci dirige une bonne équipe d'enquêteurs. Le suicide d'un retraité, Albert Magenaud, semble incontestable. Il s'est asphyxié avec les gaz d'échappement de sa voiture. Quant à la mort de Georges Landrageon, elle paraît accidentelle. Dans les deux cas, on relève sur les lieux des traces de fuel et de salpêtre. Ces hommes du même âge étaient tous deux natifs de La Roche-Guyon. On interroge le vieux curé local. Georges et Albert étaient adolescents durant la 2e Guerre Mondiale. Ils avaient un autre copain, Louis. La région abritait des gens recherchés, se cachant dans des boves, grottes bien dissimulées. Quand Rommel s'installa en avril 1944 au château de La Roche-Guyon, la situation se compliqua. Louis Pélardin, l'ami des défunts, est bientôt retrouvé dans la luxueuse maison de retraite où il s'est retiré.

- Ce dossier comportera une dernière partie -

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 05:55

Aucune guerre n'est propre. Toutes causent des victimes. Parmi les soldats au combat, mais aussi dans la population civile. Durant la Seconde Guerre Mondiale, nombre de morts dans les familles juives déportées et chez les Résistants les plus actifs. Chaque guerre se termine un jour, suscitant généralement la liesse de ceux qui ont enduré l'époque noire. Le conflit est terminé. On efface l'ardoise, sans autre répercussion, ni effet secondaire ? Des périodes comme l'Épuration montrent qu'il y eût forcément le besoin d'une contrepartie féroce, violente. Et ensuite, tout est oublié dans un tranquille retour à la normale ? Non, les romanciers savent que l'esprit de vengeance n'est jamais éteint par le temps. En voici quelques exemples, des histoires s'étalant dans le temps, toutes liées à la guerre...

Joseph Bialot : La station Saint-Martin est fermée au public (Fayard, 2004)

Début mai 1945, des soldats américains sauvent la vie d’un déporté, véritable zombie agonisant sur les routes allemandes. L’inconnu ayant perdu la mémoire, ils le baptisent Alex. Le jeune homme amnésique est hospitalisé à Metz. Jeune veuve âgée de trente ans, l’infirmière Agnès veille tout particulièrement sur lui. Alex comprend et parle le français, mais son esprit occulte le passé. Le numéro matricule tatoué sur sa peau montre qu’il fut prisonnier à Auschwitz. Sans doute retrouverait-on son nom dans les archives nazies, mais la pagaille qui règne ne le permettra pas avant longtemps. Dans le même service neurologique, Alex fait la connaissance de la suicidaire Clotilde. Le traitement sous narcose lui apporte des bribes de souvenirs. Il fut enfermé dans des camps français, à Gurs puis à Drancy, avant d’être envoyé avec tant d’autres en Pologne. Des images du camp de Majdanek s’imposent bientôt. Tel ce jour de représailles pour les nazis, où il faillit mourir par pendaison. Épargné par les circonstances ou un peu de chance. Alex se souvient encore d’avoir fait partie de ces animaux humains voués à l’abattage, qu’on transféra finalement à Auschwitz Birkenau en cet été 1943.

Pierre d’Ovidio : L’ingratitude des fils (10-18, Grands Détectives, 2011)

Mi-janvier 1945, des gamins jouant dans les ruines d’un immeuble de Malakoff trouvent un cadavre dans les décombres. C’est à l’inspecteur Maurice Clavault, du commissariat de Vanves, qu'est confiée l’enquête. Le jeune policier est peu apprécié de son chef. Si Maurice a été libéré prématurément du stalag où il fut prisonnier, et s'il entré dans la police, c’est grâce à sa mère Réjane qui a fait intervenir ses relations. Toutefois, on ne peut lui reprocher d’avoir collaboré avec l’occupant... Après la première guerre mondiale, les frères Samuel et Lev Litvak ont fuit la Lituanie. Ces Juifs s’installèrent en France. Ils créèrent un commerce de pièces automobiles d’occasion. Lev partit en Amérique. Samuel poursuivit leur activité, se maria avec Irène, qui lui donna deux enfants. Ayant échappé à la Rafle du Vel d’Hiv, Samuel mit sa famille à l’abri dans un village de la Creuse... Maurice dispose de fort peu d’indices. Un corps partiellement brûlé, la main noire du cadavre, un message mal déchiffrable laissé dans sa bouche : A PARM. Aucun témoin ne s’est manifesté.

La guerre et ses conséquences (1/3)

Hubert Monteilhet : Choc en retour (Éditions de Fallois, 2009)

À Vaison-la-Romaine peu avant la Seconde Guerre Mondiale, “Le Mas des Sources” est devenu une référence gastronomique grâce à la passion du cuisinier Urbain Desgenettes. En juin 1944, alors qu’il vient de se marier avec Irène, Urbain est dénoncé à la Gestapo. Déporté en Allemagne, puis prisonnier des Russes, il n’est de retour dans son restaurant que fin 1948. C’est aujourd’hui son cousin Gustave qui est chef de cuisine au “Mas”, toujours dirigé par Irène. Tant qu’il s’occupait de sa propre auberge, Gustave n’était qu’un piètre cuisinier, mais il s’est amélioré. Sœur de celui-ci et ex-amante d’Urbain, Angélique est toujours employée ici. Urbain découvre qu’Irène aurait eu deux filles jumelles, dont le père serait Gustave. Étonnant pour lui qui connaît la froideur sexuelle de son épouse. Le commissaire Amédée Fontanège s’interroge toujours sur la dénonciation qui envoya Urbain en déportation. Suspecter Irène n’aurait pas de sens, puisque la jeune mariée s’est retrouvée dans l’embarras. Accompagné d’Angélique, Urbain s’accorde des vacances pour un safari au Ruanda. Là-bas, il en apprendra plus sur le passé.

Alain Emery : Le clan des ogres (Astoure Éditions, 2009)

Mai 1951. Fidèle adjoint du capitaine de gendarmerie Fabre, ancien résistant dont la prestance en impose à tous, le brigadier Craspin est le témoin de sa nouvelle enquête. Les quatre membres de la famille Barallon ont été massacrés chez eux, à la Maison Noire. L’assassin attend les gendarmes, mais refuse de s‘expliquer. Il s’agit de César Gavilli, un Italien installé de longue date dans la région, un colosse surnommé l’Enclume. Il semble éprouver une certaine sérénité, comme s’il avait fait justice. Bientôt, Fabre et Craspin reconstituent l’ensemble des faits. Dénoncé en 1943 pour le STO, le fils de César fut arrêté par la gendarmerie, puis abattu alors qu’il tentait de s’enfuir. Toutefois, en consultant les archives, on s’aperçoit que le rapport officiel est vraiment douteux. Devenu aubergiste, un des anciens gendarmes concernés confirme que lui-même ignore une partie des faits. C’est l’adjudant Merlot, toujours en poste, qui connaît la vérité. Pourtant, il est probable que le coupable ait été manipulé. L'affaire n'en restera pas là.

Bernard Morin : Trahison à Guerlédan (Ed.Alain Bargain, 2006)

Automne 1962. Quinquagénaire ayant besoin de repos, Edgar Morn séjourne au cœur de la Bretagne, non loin du lac de Guerlédan. Sa logeuse s'occupe de Pierre et Gaëlle, neveu et nièce orphelins. Gaëlle, 17 ans, est comme Edgar passionnée d'histoire et de littérature. Elle prend plaisir à en débattre avec lui, qui est plus expérimenté. La seconde Guerre Mondiale date d'à peine vingt ans. Elle laisse encore ici de douloureux souvenirs. Un groupe de maquisards fut abattu dans les gorges du Daoulas, trahis par le résistant Job Thoraval. Celui-ci est mort, mais sa famille est toujours détestée de la population.
Ancien de la Résistance, Edgar Morn est convaincu de l'innocence de Thoraval. C'est la vraie raison de sa présence à Lannérec. Il s'informe auprès de ceux qui vécurent le maquis. Si certains doutent de la trahison de Job, d'autres confirment. Pourtant, Job semblait se méfier de ce rendez-vous dans les gorges.

- Ce dossier comportera deux autres parties -

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 05:55

Voilà plus de deux ans et demi que le commissaire parisien Georges Dupin est en poste à Concarneau. Il commence à s'adapter au sud-Finistère, à en apprécier les charmes. En ce début d'été, un meurtre vient d'avoir lieu non loin de là, à Pont-Aven. Dupin n'ignore pas que cette bourgade est connue pour avoir autrefois abrité une grande colonie d'artistes, dont Paul Gauguin. Justement, c'est à l'hôtel Central, qui fut le repaire des peintres, qu'on a assassiné le patron. Âgé de quatre-vingt-onze ans, Pierre-Louis Pennec était un homme de haute taille au corps mince musclé et aux cheveux gris. Il était le descendant de Marie-Jeanne Pennec, qui hébergea jadis les artistes. Veuf depuis vingt ans, Pennec a un demi-frère, André, ancien indépendantiste parti faire de la politique sur la Côte d'Azur. Il a aussi un fils, Loïc, qui est marié et qui doit diriger l'hôtel à son décès.

Patron du Central depuis 1947, c'était une vocation pour Pierre-Louis Pennec. Toujours assisté par Francine Lajoux, à son service depuis trente-sept ans, il continuait à s'occuper de la bonne marche de son établissement. Il avait des habitudes régulières, comme le montre son emploi du temps des derniers jours. À part quelques appels téléphoniques vers Paris, et une discussion animée avec un inconnu, rien à signaler. Selon son médecin traitant, qui est également celui du policier, Pennec souffrait d'un sérieux problème cardiaque. Loïc Pennec affirme que son père était un homme d'affaires avisé, mais certes pas avide de richesses. Une de ses maisons est occupée par Fragan Delon, son ami de toujours, et l'autre par Francine Lajoux. La notaire confirme que, dans son testament, il a aussi été généreux envers d'autres personnes que sa famille.

Entre son adjoint l'inspecteur Le Ber assisté des autres policiers locaux, et Nolwenn qui gère le secrétariat du commissariat, Georges Dupin peut faire évoluer l'enquête à sa guise. Il fait davantage confiance à Francine Lajoux, qu'à André Pennec ou qu'à Frédéric Beauvois, directeur de l'association s'occupant du musée de Pont-Aven. Ce dernier a lancé plusieurs initiatives destinées à valoriser le souvenir des peintres ayant vécu ici. Pennec a financé tout ou partie de ces projets, parfois coûteux comme la climatisation des salles d'exposition. La nuit suivant celle du crime, on a fracturé un accès pour y entrer sans rien emporter. Dupin a besoin d'un expert extérieur à la ville, connaissant en détails l'histoire des artistes passés à Pont-Aven. En effet, il serait surprenant que le meurtre soit sans lien avec la peinture. C'est Marie Morgane Cassel qui va jeter un regard de pro sur cet aspect de l'affaire...

Jean-Luc Bannalec : Un été à Pont-Aven (Presses de la Cité, 2014)

Nombre d'auteurs bretons ont déjà écrit des polars dont les intrigues se placent dans cette région, en particulier du pays bigouden aux confins morbihannais. On compte quelques romans, enquêtes actuelles ou contextes historiques, s'inspirant des peintres qui jadis s'installèrent à Pont-Aven. Outre Gauguin, c'est là que beaucoup d'artistes (y compris des Impressionnistes et certains Américains) affirmèrent leur style, leur touche personnelle, on le sait.

Ce qui fait d'abord la singularité de ce livre, c'est que l'auteur n'est pas Breton, mais Allemand. Jean-Luc Bannalec est un pseudonyme (Bannalec est une commune à une douzaine de kilomètres de Pont-Aven). Néanmoins, l'auteur fréquente le secteur depuis assez longtemps, pour en connaître les lieux, les paysages, les ambiances. D'ailleurs, le récit débute à Concarneau, au café de l'Arsenal, qui garde la mémoire du nommé Maigret.

Si son patronyme vient du chevalier Auguste Dupin, le détective créé par Edgar Poe, il n'est pas douteux que Georges Dupin tienne son prénom de Simenon, ni que sa méthode soit très proche de celle du commissaire Maigret. L'enquête se déroule sur quatre jours, avec interrogatoires en bonne et due forme, pistes qui se dessinent progressivement, et personnages aisément identifiables grâce à des portraits nuancés. Sans être hautement comiques, certains passages nous permettent de sourire. C'est surtout la véracité des décors, et du passé de cet endroit, qui offre un charme supplémentaire au sujet policier. L'auteur s'inscrit dans la belle tradition classique du roman d'investigation, et nous offre un joli séjour du côté de Pont-Aven.

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 05:55

Suite à un incendie criminel visant sa maison, Didier Daeninckx déménage quelques objets collectés ces dernières années. Parmi eux, une œuvre du peintre expressionniste allemand Heinz von Furlau. Il s'agit d'un dessin à l'encre de Chine, sur support imprimé. Daeninckx se souvient l'avoir acheté à Port-Vila, au Vanuatu. Il se remémore le voyage qu'il fit avec son épouse dans l'Océan Pacifique, de l'Australie et de Nouméa à cet archipel indépendant autrefois appelé les Nouvelles-Hébrides. Il y prit goût au kava, fort breuvage rituel obtenu par macération d'une racine de poivrier. Fureteurs, son épouse et lui visitèrent un entrepôt exposant des choses hétéroclites. C'est là que Daeninckx dénicha ce petit tableau insolite, une vue d'un port d'Allemagne, vaguement signé d'un artiste oublié.

Les Archives nationales du Vanuatu ont été détruites par un séisme, phénomène fréquent sur ces îlots volcaniques. Mais leur directeur connaissait bien le cas d'Heinz von Furlau, né en 1889 à Berlin. Le peintre participa à une mission d'exploration sur un navire militaire, en 1912. Bien que sous tutelle allemande, l'archipel restait mal connu, autant d'un point de vue racial que religieux. D'ailleurs, le médecin du bord en profita pour pratiquer des expériences préfigurant les futures théories nazies. Von Furlau observait les peuplades locales ainsi que la vie sur le navire. Lors d'une sortie à terre, le peintre fut fait prisonnier par un groupe de papous. Plusieurs mois durant, il utilisa un livre de classe afin de faire le portrait de ces autochtones. La plupart de ces dessins ont disparu, hélas.

Daeninckx et son épouse ont poursuivi leur périple exotique de Nouméa au Viêt Nam, avant de rentrer en France. Pourtant, l'écrivain continua ponctuellement à s'intéresser à Heinz von Furlau. Grâce aux travaux d'universitaires, on savait de lui qu'il participa à la Grande Boucherie de 1914-1918. Peut-être même croisa-t-il Apollinaire sur les champs de bataille. Il peignit les visages tourmentés et les scènes de guerre, toujours témoin de son époque. En 1919, l'Allemagne d'après-guerre était au comble de l'instabilité. Von Furlau se réfugia en Suisse, chez Rainer Maria Rilke. À l'automne 1924, ayant vendu l'appartement familial, le peintre retourna en Océanie. Pour découvrir les ultimes détails concernant cet artiste, c'est en Belgique que Didier Daeninckx devra s'adresser...

Didier Daeninckx – Joe G.Pinelli : Le tableau papou de Port-Vila (Cherche Midi Éd, 2014)

On connaît le principe de l'auto-fiction, où un auteur se met en scène dans des situations inventées ou inspirées d'un épisode de sa vie. C'est un peu ce que fait ici Daeninckx, mais l'exercice est plus complexe. En effet, à l'origine de ce livre, il y a cette magnifique série d'illustrations de Joe G.Pinelli, qui sont attribuées à un peintre méconnu, Les carnets Von Furnau. L'artiste en question “pourrait” avoir existé. Il se peut qu'on découvre parfois, en déblayant un vieux grenier ou chez un brocanteur, des œuvrettes d'apparence sans valeur. En y regardant de plus près, se dégage néanmoins un effort de style qui donnera envie de se pencher sur le cas du peintre inconnu. Telle est la démarche supposée par Daeninckx, le postulat de cette histoire. Que les travaux de l'artiste datant d'une période tumultueuse se soient éparpillés ou perdus, ça ne nous étonnera donc pas.

On n'a plus à vanter le talent narratif de Didier Daeninckx, écrivain chevronné. Belle idée de situer la base du récit au Vanuatu, cet archipel si singulier où l'on parle le bichlamar, improbable jargon pourtant compréhensible. Quant à Joe G.Pinelli, c'est avant tout un personnage fort attachant. Même dans des festivals du livre toujours assez animés, rien ne semble déranger sa quiétude : il continue à dessiner au gré de son inspiration. Pinelli est un véritable illustrateur, de ceux qui savent transcrire en image ce que le lecteur a pu imaginer. Oui, le faciès de tel portrait, on le voyait ainsi. Oui, le décor du village ou ce sombre port germanique, c'est tout-à-fait ça. On ne se lasse pas d'admirer encore et encore les remarquables tableaux de cet ouvrage. Un livre différent et enthousiasmant.

- “Le tableau papou de Port-Vila” est disponible dès le 10 avril 2014 -

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