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8 décembre 2018 6 08 /12 /décembre /2018 05:55

C’est le mois d’août à Isola, métropole américaine. Au commissariat du 87e, il ne reste plus guère que Steve Carella et Cotton Hawes pour enquêter. Récemment, l’entrepôt de Roger Grimm a été incendié. Mais les assurances refusent de payer tant que la police n’a pas bouclé le dossier. C’était l’inspecteur Andy Parker qui en était chargé. Il est parti en vacances sans conclure le cas. Ce qui ne surprend pas Carella, qui connaît le caractère paresseux et négligé de son collègue qu’il n’aime pas du tout. Grimm risque fort de ne plus pouvoir poursuivre son activité d’importation. Il faisait venir d’Allemagne des petits jouets en bois, de petits animaux qui se vendent semble-t-il très bien. Faute de capitaux, si les assurances ne remboursent pas, c’est la ruine pour lui.

Tandis que la maison de Roger Grimm est, à son tour, victime d’un incendie, Steve Carella n’exclut aucune hypothèse. Est-ce l’œuvre d’un pyromane, ou une escroquerie aux assurances ? Pour le policier Parker, il n’y a pas à soupçonner Grimm. Carella se rend à l’entrepôt, et ne tarde pas à comprendre le système de mise à feu. L’acte criminel ne fait pas de doute, d’autant qu’on a endormi les deux gardiens de nuit – que Carella interroge. Entre-temps, Frank Readon – le gardien de jour, est assassiné. C’est Cotton Hawes qui va visiter l’appartement de ce dernier. Selon des témoignages, Reardon a reçu ces temps-ci plusieurs fois la visite amicale de deux Noirs et d’une jeune femme, Noire aussi, aux allures de prostituée. Cotton Hawes est un policier efficace : il identifie rapidement un des Noirs en question.

Ce Charles Harrod habite Diamondback, le ghetto de la ville. Il n’est pas chez lui, mais Hawes tombe sur sa compagne, Elisabeth Benjamin. Il est curieux que cet appartement soit truffé de micros, ce que Harrod et la jeune femme n’ignorent pas. Toutefois, Elisabeth prétend ne rien savoir de plus. Après le départ de Hawes, elle tente pourtant d’avertir Charles Harrod. Celui-ci est bientôt retrouvé mort, après avoir été sauvagement agressé, dans l’immeuble où se situe la société qui l’employait. Il s’agit d’une agence immobilière, des investisseurs noirs ayant pour projet de réhabiliter le quartier décrépi de ghetto de Diamondback. Néanmoins, le train de vie luxueux de Harrod ne pouvait se financer avec le maigre salaire qu’il percevait de cette agence immobilière. Ce que pense aussi l’inspecteur raciste Oliver Weeks, chargé d’enquêter sur ce meurtre-là.

Tandis que Steve Carella examine de près les comptes de Roger Grimm, son collègue Hawes perquisitionne méthodiquement l’appartement de Charles Harrod. Il finit par dénicher un Smith & Wesson 9mm planqué dans le réfrigérateur. C’est probablement l’arme qui a servi à abattre Reardon, le gardien de jour de l’entrepôt. L’inspecteur Weeks n’est pas convaincu de la parfaite légalité de la société immobilière, bien qu’elle mène effectivement des projets à Diamondback. Elisabeth Benjamin appelle au secours Cotton Hawes quand elle est agressée chez Harrod. S’il intervient trop tard, la jeune femme étant grièvement blessée avant d’être hospitalisée, Hawes va disposer de très bons indices sur l’identité des brutes… grâce aux micros "cachés" dans le logement. Cette fois, il est sur la bonne voie. Carella et l’inspecteur Weeks progressent eux aussi…

Ed McBain : Flouze (Série Noire, 1975)

Tout d’abord, il supposa que Reardon avait ouvert la porte à son assassin et qu’il avait été surpris par une fusillade rapide et mortelle. Mais ça n’expliquait pas la grille ouverte. Elle était fermée au cadenas quand Carella avait visité l’entrepôt au début de l’après-midi, et Reardon l’avait ouverte de l’intérieur avec une clé de son trousseau. Il avait refermé la grille à clé avant de faire visiter l’entrepôt à Carella et, après la visite, il était retourné avec lui à la grille, il avait rouvert le cadenas, il avait fait sortir Carella et refermé immédiatement derrière lui. Alors comment l’assassin était-il parvenu derrière la grille ? Il n’aurait pas risqué de passer par-dessus en plein jour. La seule réponse, c’était que Readon l’avait fait entrer.

Ed McBain faisait partager à ses lecteurs les enquêtes du 87e District depuis 1956 quand il écrivit ce “Flouze” en 1974. C’est dire qu’il maîtrisait parfaitement ses intrigues et l’univers de son commissariat. Pas de déception à craindre donc, bien au contraire. Avec toujours un regard lucide sur la société américaine de son temps. Oui, certains flics comme Andy Parker manquent de conscience professionnelle. Et d’autres tel Oliver Weeks ne masquent guère leur racisme, alors que banditisme et criminalité ne touchent pas que les Afro-Américains. Oui, à l’image des “Vénérables Crânes”, des gangs de Noirs existent, montrant une image plutôt positive éloignée des réalités. Steve Carella et Cotton Hawes sont des policiers de base, mais qui possèdent autant d’intuition que de persévérance, sans préjugés. Ils en apportent la démonstration dans cet épisode, d’excellent niveau.

Ed McBain : Flouze (Série Noire, 1975)

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 04:55

C’est l’hiver à Isola, et il fait sacrément froid dans cette métropole américaine. Lors de la nuit du 18 décembre, un agent de police découvre un jeune suicidé dans une cave. Steve Carella, policier au commissariat du 87e, et son jeune collègue Bert Kling (alors âgé de vingt-quatre ans), se chargent de l’enquête. Carella ne croit pas une seconde à la thèse du suicide. Âgé d’une quinzaine d’années, Annibal Hernandez avait récemment rejoint sa famille portoricaine ici. Il a une sœur, Maria, son aînée de quelques années. La mère de l’adolescent ne croit nullement au suicide, elle non plus. Elle sait qu’Annibal se droguait depuis son arrivée à Isola, sous l’influence de sa sœur, une camée qui tapine pour se payer sa consommation de stupéfiants. 

Qui fournissait la drogue à Annibal ? Voilà ce que doit trouver Carella. Tandis que Bert Kling va s’adresser au légiste Soames, qui lui confirme que le jeune homme n’est pas mort par strangulation, mais d’une overdose. Carella cherche des infos au club El Centro, un boui-boui où Maria passe très souvent. Elle prétend ne rien savoir sur le fournisseur de son frère. Carella ne comptait pas vraiment sur sa coopération. Il repère près de Grover Park un jeune dealer et ses deux complices. Bien qu’interrogé avec rudesse, le suspect ne livre aucune piste valable. Quant aux empreintes sur le lieu du crime, elles ne sont pas répertoriées dans les fichiers de police. Le lieutenant Peter Byrnes, qui dirige à cette époque le commissariat du 87e, suit de près cette affaire. Pour des raisons privées.

En effet, Byrnes a deviné que son fils Larry se droguait depuis quelques temps. Sans doute est-ce le fournisseur de celui-ci qui téléphone anonymement à Byrnes pour faire monter la pression. Ce dealer a également incité Maria a faire, le moment venu, un faux témoignage contre Larry – qui semblait connaître Annibal. Si Maria n’accepte plus de jouer le jeu, le dealer n’hésitera pas à la poignarder. Peter Byrnes et son épouse Harriet vont tenter de désintoxiquer leur fils, avant qu’il ne soit trop accro. Les inspecteurs Meyer Meyer (trente-sept ans) et Hal Willis vont bientôt participer à cette enquête. Mais c’est Carella qui tient déjà la meilleure piste, un certain Gonzo, intermédiaire du fournisseur de drogue. Ce qui ne sera pas sans danger pour Carella, car ce jeune type ne craint pas de tirer sur un flic. L’équipe du 87e doit donc identifier le fameux Gonzo, ce qui peut les mener au commanditaire. Possible que l’affaire trouve son épilogue avant Noël…

Ed McBain : Le fourgue (Série Noire, 1957)

Cette triple séance avait pour but de découvrir l’individu qui avait fourni de la drogue aux jeunes gens. L’arrestation d’un camé ne présente pas d’intérêt. On le fourre au placard et c’est à la municipalité de faire alors les frais d’une cure de désintoxication d’un mois. Le personnage important dans l’affaire, c’est le revendeur. Si les flics du 87e avaient voulu coincer chaque jour une centaine de camés s’adonnant à toutes les variétés possibles de stupéfiants, il leur aurait suffi de se balader dans les rues de leur secteur. La détention illicite d’une quelconque quantité de drogue tombe sous le coup de la loi sur l’hygiène publique. Le délinquant se fait obligatoirement octroyer une peine de prison d’un mois ou plus. Une fois rendu à la circulation, il ne lui reste plus qu’à se remettre en quête de came.
Le gamin ramassé à la sortie de Grover Park avait été trouvé porteur de deux grammes d’héroïne, qu’il avait probablement payés cinq dollars. Sa capture était négligeable, et seul son fournisseur intéressait le flics du 87e.

Il s’agit d’une des premières enquêtes de la série du 87e district, la troisième. Ce qui explique que l’auteur nous donne quelques descriptions physiques (Meyer Meyer), professionnelles (Bert Kling, tout juste promu inspecteur) ou personnelles (Carella est jeune marié, sa femme Teddy apparaissant en filigrane) sur les policiers du commissariat. Il évoque aussi une famille venue de Porto Rico, où la mère est consciente que le confort dont ils disposent en Amérique a une contrepartie plus sordide.

Le thème, c’est la consommation de drogue. Bien que l’histoire se passe dans les années 1950, le sujet n’est pas du tout éculé, puisque le processus d’intoxication des junkies n’a guère changé depuis ce temps-là. La lutte contre les trafics continue, encore plus compliquée à cause des drogues de synthèse qui se sont banalisées (méthamphétamines), pas moins destructrices que l’héroïne. Les injections (dont on nous parle ici sans faux-semblants) comportaient des risques supplémentaires. Ed McBain ayant déjà plusieurs romans à son actif quand il écrit en 1956 “Le fourgue”, on sent une belle maîtrise de l’intrigue, et du dosage de la noirceur, avec cette fluidité narrative qui le caractérise dès cette époque. Sombre affaire oui, mais pas la moindre lourdeur dans le récit. Il est bon de lire et de relire les romans d’Ed McBain, en particulier cette série.

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28 août 2018 2 28 /08 /août /2018 04:55

À Isola, grande agglomération de l’est des États-Unis, au tout début des années 1960, vers la mi-octobre. Parmi les forces de police, le commissariat du 87e district – dirigé par le lieutenant Peter Byrnes – est un des plus actifs, avec seize inspecteurs et cent quatre-vingt-six agents. Ce vendredi-là, le 87e est alerté qu’une fusillade vient de se produire dans une librairie de Culver Avenue, causant plusieurs morts. Les policiers Steve Carella et Meyer Meyer sont bientôt sur place, ainsi que le jeune inspecteur Bert Kling. Trois victimes sont identifiées : Herbert Lang, Anthony La Scala, et Claire Townsend. Cette dernière n’est autre que la petite amie de Bert Kling. Si le jeune policier est sous le choc, Steve Carella est aussi démoralisé que son collègue. Pour tous les flics du quartier, la solidarité va rapidement jouer dans cette enquête, vite baptisée "l’affaire Kling".

Les inspecteurs ne pensent pas que le tueur ait été un dingue. Il visait quelqu’un en particulier. Claire Townsend, assistante sociale en milieu médical, quasiment fiancée d’un policier ? Son père Ralph Townsend envisage cette explication. Tandis qu’un quatrième client de la librairie, le quincaillier juif Joseph Wechsler, décède à l’hôpital des suites de ses blessures, Meyer et Carella entament leurs investigations en rencontrant la jeune veuve (enceinte) d’Herbert Land. Professeur à l’Université, il a récemment eu un problème avec un étudiant, le jeune sportif Barney Robinson. Une piste à vérifier pour les policiers. Bert Kling participe à l’enquête, rendant visite à la veuve de Joseph Wechsler. Blessé, celui-ci prononça un mot : Karachi. Mais son épouse ne voit pas ce qu’il a voulu dire.

Outre Carella et Meyer, les inspecteurs Hal Willis et Arthur Brown (le Noir de l’équipe) ne ménagent pas leurs efforts non plus. Quelques questions à Fred Batista, patron d’un garage des environs, ne sont pas inutiles. Meyer Meyer, lui, s’intéresse à Mrs Glennon et à sa famille, un cas social dont s’est occupée Claire Townsend. La mère est souffrante, la fille Eileen est censée séjourner chez sa tante. Quant au fils, Terry Glennon, c’est un petit voyou. D’ailleurs, à peine Meyer a-t-il quitté Mrs Glennon qu’il est agressé par Terry et sa bande. Concernant Eileen, il y aura des suites, tristement dramatiques – la loi d’alors étant ce qu’elle est. À quel point la consciencieuse Claire Townsend fut-elle mêlée, voire très impliquée, dans la situation de cette jeune fille ? Steve Carella bute toujours sur la signification du mot Karachi, clé de cette affaire…

Ed McBain : Le dément à lunettes (Presses de la Cité, 1962)

[Mrs Wechsler] parlait avec un effroyable accent yiddish, qui surprit Kling au début, parce qu’elle paraissait si jeune et que cet accent seyait mal à la jeunesse, semblait-il. Et puis, en la regardant de plus près dans la pénombre du salon, il s’aperçut qu’elle avait largement dépassé la quarantaine, qu’elle avait peut-être même plus de cinquante ans, et qu’elle avait un de ces rares types sémites qui ne vieillissent pas vraiment, avec des cheveux d’un noir de jais et de grands yeux bruns lumineux, plus lumineux encore car ils brillaient de larmes. Elle lui tendit la main et il la serra maladroitement, sans savoir que dire, sa propre douleur soudain effacée, noyée dans les yeux de cette belle femme blême sans âge.
— Voulez-vous me suivre, s’il vous plaît ?
Son accent était véritablement atroce, un accent de vaudeville, d’histoires de Moïse et Lévy, dénué de tout comique à cause de l’incommensurable tristesse de la malheureuse. Kling ajusta automatiquement son ouïe, rejeta l’épais dialecte, traduisit mentalement pour n’entendre que la signification des mots sous l’accent et derrière la mauvaise construction des phrases.

Écrit en 1961, traduit l’année suivante par Louis Saurin pour la collection Un Mystère des Presses de la Cité, “Le dément à lunettes” est le sixième opus de la série des enquêtes du 87e district (disponibles en intégralité chez Omnibus). Comme toujours, l’auteur présente l’action des policiers de ce commissariat, qui nous deviennent familiers au fil des romans. Il ne néglige pas leur vie privée, certains étant mariés et parents. Ici, c’est même la fiancée de Bert Kling qui fait partie des victimes.

Ces histoires comportent à chaque épisode un aspect sociétal, une image de l’Amérique selon les époques (des années 1950 aux années 2000). Sans trop en dévoiler, “Le dément à lunettes” n’y échappe pas. Quelques pages sont, par exemple, consacrées à Arthur Brown, inspecteur Noir. “Quand [il] se regardait dans la glace, il se voyait lui”, sa couleur de peau ou son statut de policier n’y changeant rien. Que l’on ne compte pas sur Ed McBain pour banaliser ou justifier le moindre racisme. Pas de sexisme non plus (Eileen Burke, n'appartient pas au 87e District, mais cette policière y effectue des missions ponctuelles). Ed McBain (1926-2005) est un maître de la Littérature Policière, un incontournable du polar, du roman noir. 

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 04:55

C’est le printemps à Isola, la métropole américaine. Âgé de quarante-cinq ans, l’homme d’affaires Anthony Forrest est abattu en pleine rue à la sortie de son bureau. Ce meurtre ayant été commis dans le 87e district, l’inspecteur Steve Carella est chargé d’enquêter. Il sera assisté par le lieutenant Meyer Meyer, du même commissariat. Selon les témoins, Anthony Forrest était unanimement apprécié, ce qui rend ce crime surprenant. Peu après, c’est au tour de Randolph Norden, quarante-six ans, d’être éliminé dans des conditions identiques. Pour le policier Carella, pas de doute : le tueur est un "canardeur" supprimant presque impunément qui bon lui semble – puisque apparaissant anonyme dans la ville.

La troisième victime est Blanche Lettiger, une prostituée alcoolique. Son proxénète Harry Wallach est cuisiné par Steve Carella et Meyer Meyer, mais il n’a pas un profil d’assassin. Blanche fut jadis étudiante, elle joua dans une pièce de théâtre semi-amateur. Le duo de policiers reste en contact avec l’Université, au cas où les archives révéleraient quelque chose. Le marchand de fruits et légumes Salvatore Palumbo et l’attorney adjoint Andrew Mulligan sont les victimes suivantes. La théorie initiale de Meyer Meyer – le tueur viserait des quadras ayant obtenu une belle réussite sociale – tombe à l’eau. Cindy Forrest, fille du premier mort, suit le dossier. Pour elle, le mobile du tueur est psychologique.

Tandis qu’un sixième meurtre est commis, le jeune policier Bert Kling est de retour de vacances. Il pourrait avoir un œil neuf sur cette suite criminelle. Deux personnes vont tant soit peu éclairer Steve Carella et Meyer Meyer. Thomas di Pasquale et David Arthur Cohen se souviennent d’un épisode datant de plus de vingt ans, qui justifierait peut-être une vengeance. Entre-temps, à Minneapolis, un certain Peter Kelby a été supprimé, septième victime du même tueur… Aujourd’hui, Helen Vale (ex-Struthers) est devenue une actrice connue. Elle contacte Steve Carella, au sujet de l’épisode déjà évoqué par Di Pasquale. Le plus suspect est Cohen. Durant la guerre, qu’il passa dans le Pacifique, il était tireur d’élite et parmi les plus efficaces. Mais le tueur se manifestera encore, même s’il rate sa victime suivante qui n’est que blessée…

Ed McBain : Dix plus un (Série Noire, 1964)

Le canardeur appartient à une race peu commune de meurtriers, qui n’a de commun avec son homologue du temps de guerre, le tireur d’élite, que la méthode employée. Ce peut être un gosse qui étrenne sa nouvelle carabine en tirant sur les passants, de la fenêtre de sa chambre. Ce peut être un monsieur qui a décidé de tirer sur tout ce qui porte du rouge. Ce peut être une sorte de Jack l’Éventreur qui tire sur toute blonde bien balancée qui passe dans la rue. Ce peut être un anticlérical, un anti-végétarien, un anti-octogénaire, un antisémite, un anti-pacifiste, un anti-tout.
Le canardeur qui œuvre en temps de paix a tout le loisir de tuer et de disparaître. Il est tranquille parce que ses victimes ne sont presque jamais armées et ne s’attendent pas à un acte de violence. L’affolement suit en général le coup de feu et lui permet de disparaître. Personne ne risque de riposter. Il laisse derrière lui un cadavre et il pourra se balader tranquillement dans les rues comme un paisible citoyen.
Carella et Meyer ne tenaient pas à avoir affaire à un canardeur.

Les amateurs de polars ont plaisir à lire ou relire, de temps en temps, une aventure des policiers du 87e district d’Isola. Steve Carella, Meyer Meyer et Bert Kling sont à l’honneur cette fois. “Dix plus un” fait partie des très bons titres de la série. Dès la page 92, l’auteur nous offre la principale clé de cette suite de meurtres. Si le tireur vise depuis des toits, utilisant des cartouches Remington 308, l’essentiel reste de comprendre ce qui motive ses actes… et de l’identifier. Une intrigue fort bien pensée.

Ce roman fut adapté au cinéma en 1971 sous le titre “Sans mobile apparent”, avec Jean-Louis Trintignant (Carella), Dominique Sanda, Sacha Distel, Carla Gravina. L’action se déroulait à Nice, dans ce film.

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 04:55

Bingo Riggs et Handsome Kusak forment un duo de ringards new-yorkais, qui a migré en Californie. En cette seconde moitié des années 1950, Hollywood est un endroit où tout semble possible. Bingo se croit doué pour les affaires, tandis qu'Handsome possède une mémoire exceptionnelle et un talent de photographe. Ils séjournent au Skylight Motel tenu par Mme Mariposa de Lee, mais visent mieux. Courtney Budlong, agent immobilier rusé, leur fait visiter une grande demeure, Damascus Drive. Bien qu'assez délabrée, elle séduit le duo. Elle aurait appartenu à Avril Robin, une star d'antan dont personne ne se souvient vraiment. M.Lattimer, le dernier propriétaire, en demande une somme presque dérisoire. Bingo et Handsome signent illico, emménageant le jour même. Ça manque de confort, mais le mobilier est censé être livré dès le lendemain.

Certes, la vieille gardienne Pearl Durzy est plutôt effrayante, mais ils comptent la virer au plus tôt. La riche voisine évoque “le cadavre ou l'argent” qu'ils pourraient découvrir ici. En creusant sa mémoire, Handsome se souvient de l'affaire. Julien Lattimer disparut un jour sans laisser de traces, quatre ans plus tôt. Servant aux enquêteurs des versions douteuses, son épouse Lois parut suspecte, avant de prendre la fuite. Bingo s'interroge : leur acte de vente étant signé Lattimer, la transaction est-elle réellement légale ? Quand le duo regagne la demeure, Pearl Durzy a été victime d'un grave malaise provoqué par du tétrachlorure de carbone. Heureusement, l'ambulance arrive assez tôt pour l'hospitaliser. Deux braves agents de police n'ont aucune raison d'inquiéter Bingo et Handsome. Adèle, l'ex-Mrs Lattimer avant Lois, héritière potentielle, rend visite aux deux New-Yorkais.

Accompagné de son adjoint Horace Hendenfelder, l'inspecteur Perroni suit l'affaire depuis la disparition de Julien Lattimer. Il apprend au duo la mort de Pearl Durzy, qui s'avère être un meurtre. On s'aperçoit enfin que Courtney Budlong n'existe pas, c'était un escroc. Le vrai agent immobilier Budlong loue à Bingo et Handsome des bureaux pour leur activité, qu'il pense sérieuse. On leur conseille aussi de s'adresser à l'avocat Arthur Schlee, ce qui leur coûte cinq cent dollars supplémentaires. Leur pécule baisse sévèrement, mais l'optimisme reste de mise pour le duo. Le crime dans la maison d'April Robin ayant été médiatisé, ils se font un peu de fric. Comment le soi-disant Courtney Budlong possédait-il la signature de Lattimer ? Et pourquoi la police n'obtient-elle aucune information concernant Pearl Durzy ? Telles sont les questions qui, quand même, tracassent Bingo.

Bien qu'un peu grassouillette, Janesse Budlong (la fille du vrai agent immobilier) tente sa chance auprès de Bingo et Handsome, les croyant de puissants producteurs. Il faudra bien que Mariposa de Lee s'explique face au duo de New-Yorkais, sur la combine dont elle fut complice. Adèle Lattimer ne renonce pas à faire valoir ses droits. Tandis que William Willis, le demi-frère de Lois Lattimer se manifeste, un nouveau meurtre est commis. Il serait temps que Bingo et Handome se renseignent sur Avril Robin, toute jeune star du cinéma d'autrefois, décédée prématurément…

Craig Rice et Ed McBain : Cinéma et duplicité (Un Mystère, 1959)

Il est coutumier d'affirmer qu'Ed McBain a "terminé" ou "complété" le livre de Craig Rice, romancière décédée brusquement en août 1957, à quarante-neuf ans. À cette époque, Ed McBain est déjà (à trente-deux ans) un auteur chevronné, publiant sous plusieurs noms depuis 1952. Il est fort probable qu'il ait "corsé" l'intrigue imaginée par Craig Rice, la succession vive des scènes correspondant à la manière rythmée d'Ed McBain. Si la base criminelle du sujet doit être sûrement attribuée à l'une, on peut logiquement penser que le tempo et l'imbroglio souriant est largement l'œuvre de son successeur. Celui-ci glisse des allusions à (son) New York, même si nous sommes au cœur du mythique Hollywood.

Comédie à suspense, oui. Toutefois, il ne faudrait pas mal traduire cette formule, n'y voir qu'une histoire rigolarde avec deux gugusses crédules en guise de risibles héros. Nous avons là une merveilleuse galerie de personnages, toute la faune qui hors des studios de cinéma profitaient alors du système hollywoodien. Au duo Bingo-Handsome, répond celui des enquêteurs : l'adjoint Hendenfelder est présenté plus positivement que l'opiniâtre inspecteur Perroni. Quand vient l'explication de l'énigme, force est d'admettre que c'est un roman très bien pensé.

Craig Rice et Ed McBain : Cinéma et duplicité (Un Mystère, 1959)

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 04:55

Au début des années 1950, âgé de vingt-sept ans, Steve Richmond est associé avec deux amis dans une petite agence de publicité new-yorkaise. À la mi-août, il décide de prendre quinze jours de vacances sur le Lake George, dans la campagne de l’État de New York. Le budget de Steve est vite entamé, car le propriétaire Mark Gandler facture tout. Il s'installe à Little Harbour, une des multiples petites îles du lac. L'autre logement de l'île est occupé par Sam Fowler et sa blonde épouse Joan, bijoutiers new-yorkais. La jalousie de Sam, un colosse auquel on hésite à se frotter, apparaît assez évidente. C'est la baigneuse Loïs que Steve rencontre en premier. Jolie brune peu farouche, elle est la sœur de Joan. L'attirance immédiate entre elle et Steve laisse augurer de futures relations plus intimes.

Pete, vieil alcoolo rendant des services avec son bateau, a laissé entendre à Steve qu'il y avait ici du danger. C'est probablement vrai, car il découvre bientôt le cadavre de Johnny Aurori, un vacancier présent depuis un mois, censé être sur le départ. Le temps d'avertir le garde du lac, et le corps a disparu. Pour Steve, il vaut mieux taire cette histoire. Il a dû se tromper, puisque Mark Gandler a ramené Johnny Aurori au port de Lake George, d'où il est rentré chez lui. Quand Steve retrouve le vieux Pete au bar local, celui-ci nie lui avoir parlé de menace. Peu après avoir été agressé dans le même bistrot, Steve est la cible de tirs. Le soir, Loïs et lui se joignent à une fête amicale sur l'île Big Burnt. Autour du feu de camp, l'ambiance tourne à la bagarre quand Sam Fowler veut lutiner Loïs.

La jeune brune trouve naturellement refuge auprès de Steve. Durant plusieurs jours, Loïs et lui vont se livrer à de chauds ébats. Le New-yorkais se rend au port afin de téléphoner, pour se renseigner au sujet de Johnny, mais n'a pas de monnaie pour ce faire. Au retour sur Little Harbor, il trouve le cadavre de Loïs. Il est perplexe quant au bilan de ces derniers jours : “Trois faits demeuraient. Primo, Johnny avait été tué et on avait fait disparaître son corps. Secundo, Loïs avait été tuée un crayon à la main. Tertio, quelqu'un avait tenté de me tuer quand j'avais fouillé la cabine de Johnny. En additionnant le tout, on obtenait zéro. Un beau zéro tout rond.”

Cette fois, Steeve avertit la police. Le shérif Owens s'occupe de l'enquête. Sam Fowler a un bon alibi, avec témoins. Joan Fowler en fournit un à Steeve. Si ce dernier ne parle toujours pas du cas Johnny au shérif, il parvient à joindre par téléphone la mère du jeune homme. Steve reçoit la visite nocturne de Joan, plus alcoolisée qu'il ne faudrait, qui ne se montre guère prude avec lui. Le lendemain, le shérif Owens apprend à Steve que le vieux Pete a disparu. Profite-t-il simplement du petit pactole dont il disposait pour se saouler quelque part ? Tandis que Steve est de nouveau cible de tirs, un second alibi permet à Owens de ne pas vraiment le considérer comme suspect…

[ pin-ups de Joyce Ballantyne et de Gil Elvgren ]

[ pin-ups de Joyce Ballantyne et de Gil Elvgren ]

Publié en 1953 aux États-Unis, “Don't Crowd Me” est le troisième roman d'Ed McBain, paru sous le pseudo d'Evan Hunter. Traduit en français sous le titre “Alerte aux baigneurs !” en 1959, il sera réédité en Grande-Bretagne avec l'intitulé “The Paradise Party” en 1968. Si l'on retient le nom d'Evan Hunter, c'est plutôt pour “Graine de violence” (The blackboard jungle) qui sera publié en 1954. Roman sociétal sur l'éducation, transposé au cinéma par Richard Brooks, avec Glenn Ford, Anne Francis, Sidney Poitier, en 1955. Ed McBain réserva ensuite ce pseudo d'Evan Hunter pour des ouvrages qualifiés de plus littéraires.

Une question se pose : pourquoi “Alerte aux baigneurs !” a-t-il été occulté de toutes les rééditions d'Ed McBain en France ? Sauf erreur, la version 1959 semble la seule disponible. C'est absolument scandaleux, car il s'agit là d'un très bon petit suspense. La construction de l'intrigue s'avère impeccable : des crimes sont commis, le mystère plane sur le Lake George, avec çà et là des détails faits soit pour inquiéter (“Tirez vous. Aussi vite que vous pourrez”), soit pour crédibiliser le récit et son dénouement.

Quant au contexte, la méthode Ed McBain est déjà à l'œuvre. Il évoque avec précision les décors et les ambiances du site. “Les bruits de la nuit s'installaient : la chanson monotone des criquets, le ronflement de myriades d'insectes tâtant l'obscurité, la plainte aiguë d'un hors-bord sur le miroir sombre du lac, des voix lointaines...” On ne peut vraiment pas estimer que, même si c'est un de ses tous premiers livres, ce polar soit un titre mineur de l'auteur. S'il n'est pas encore un virtuose, Ed McBain se montre déjà diablement doué.

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 04:55

À Isola, métropole à l'Est des États-Unis, le 6 janvier. Dans la fosse d'un chantier, on vient de découvrir six cadavres : trois hommes (un Blanc, deux Portoricains), deux adolescentes et un bébé. Leurs corps étant dénudés, ils ne sont pas identifiables. Aucun signe distinctif, hormis leur probable origine ethnique. Les inspecteurs Steve Carella et Bertram Kling, du 87e commissariat, sont chargés de l'affaire. La seule piste leur est offerte par la sœur d'Andrew Kingsley, le Blanc. Il espérait faire du social auprès des populations pauvres de la ville. Il semble avoir été mêlé involontairement à un règlement de comptes entre gangs. Grâce à une certaine Midge, qui téléphone à Carella, les policiers apprennent l'identité des autres victimes. Toutes appartenaient au gang des Têtes de Morts. L'un des tués, Eduardo Portoles, en était le chef, le "Président".

Le territoire des Têtes de Morts, c'est le quartier déshérité de West Riverside, un secteur aux immeubles dégradés envahis de graffitis. Quand Carella et Kling y mettent les pieds, peu importe qu'ils soient de la police. Après avoir trouvé l'appartement du chef du gang, où la petite Maria Lucia attendait vainement sa famille morte, le duo de flics est guidé par le jeune Pacho vers le "Président" par intérim du gang. Il n'est pas coopératif, l'omerta étant de mise. Cette exécution sans pitié n'est pas l'œuvre des Vengeurs Écarlates, gang régnant sur le quartier de Gateside, les adversaires habituels des Têtes de Morts. Carella et Kling ne peuvent espérer de renseignements chez eux non plus. Quand on va découvrir le cadavre de Midge, fouettée avant d'être égorgée, près de la petite ville de Turman, les policiers pourront nettement progresser dans leur enquête.

Derrière ce règlement de compte meurtrier, il y a un troisième gang, les Yankees Rebels, dont l'emblème est le drapeau des Confédérés. Le "Président" en est Randy Nesbitt, un type qui estime avoir de la morale et le sens des responsabilités. N'est-t-il pas élu pour savoir ce qui est bon pour son "peuple" ? Il écoute ses conseillers, mais prend seul les décisions. Certes, il se produit des dérapages : si la mort du chef des Têtes de Mort était programmée, il n'était pas prévu que son complice Chingo (Charles Ingersol) abatte aussi le bébé et le Blanc. Quand ça mitraille dur, ce genre d'accident peut arriver.

Quant à Midge, il était conscient depuis longtemps que c'était une sacrée perturbatrice. Il sut vite qu'elle avait téléphoné aux flics. Il fallait donc une sanction, sévère mais juste. Cette fois, c'est Big Anthony Sutherland qui a mal rempli sa mission. Lorsque Carella et Kling entrent en contact avec lui, Nesbitt nie connaître Midge. Il garde son image de propreté et de sérieux. Néanmoins, la police de Turman retrouve dans un étang une camionnette immergée, qui appartient au gang des Yankees Rebels. Insuffisant pour qu'on arrête qui ce se soit, mais les policiers se savent sur la bonne piste…

Ed McBain : Branle-bas au 87 (Série Noire, 1974)

Dans sa série consacrée au 87e district d'Isola, Ed McBain nous montre autant le quotidien de ses policiers que la sociologie d'une grande ville américaine. Par exemple, on apprend quelques détails sur le jeune Bertie Kling, depuis plus de treize ans dans l'équipe. Meyer Meyer est, lui, confronté à un journaliste insistant. Mais le thème principal n'est autre que le développement des gangs depuis la fin des années 1960 et au début de la décennie 1970. Ici, il ne s'agit pas de mafia, mais de bande s'appropriant un territoire. Introduisant ses codes, y compris sur les murs : “Carella n'arrivait pas à comprendre ce qui motivait les auteurs des graffitis. C'était là peut-être une nouvelle forme du pop art, où la signature du peintre devenait le tableau lui-même, le moyen devenant le message.”

Dans certains passages, la traductrice se permet des libertés : “Qui es-tu ? ─ Caporal Bleu. ─ Ravi de te connaître, dit Carella. Où est Gitane Filtre ?” Par contre, la construction narrative d'Ed McBain est remarquable. En parallèle de l'enquête policière, nous avons les "aveux" de Randy Nesbitt. Progressivement, il révèle les détails des meurtres et, surtout, l'état d'esprit qui l'anime. Par exemple, il exige que la vulgarité et les jurons n'aient pas cours dans son gang. Et se prend pour un vrai petit chef d’État, autoritaire mais pas cruel. Sauf qu'il décrète la mort d'adversaires, selon un douteux "plan de paix". On éprouve le sentiment que ça témoigne d'une époque, et des méthodes de ces petits gangs. Ici, Ed McBain ne mise pas sur le suspense, mais sur l'ambiance. Et c'est vraiment convaincant.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 06:40

Février, à l'époque de la Saint-Valentin. Roger Broome est un gros costaud de vingt-six ans passés. Il habite Carey, un village de la montagne, avec son frère Buddy, vingt-deux ans, et leur mère Dorothy. Ils y fabriquent des bibelots en bois, des ustensiles de cuisine. Plusieurs fois par an, Roger Broome parcourt deux cent quatre-vingt kilomètres de Carey jusqu'ici, pour venir les vendre en ville. Cette fois, il a loué une chambre meublée pas chère chez l'aimable Mme Dougherty. Ce matin, Roger compte s'adresser aux policiers du 87e District d'Isola. Devant le commissariat, il hésite. Il croise le repris de justice Clyde, qui lui explique les pratiques des flics. Ce qui fait encore reculer Roger.

Quand il fait la connaissance de Ralph, un drogué traficoteur récidiviste, ça ne s'arrange pas. Ils tombent sur l'inspecteur Andy Parker, du 87e. Ce que préférerait Roger, c'est de discuter avec un flic plus sympa que celui-là. Auquel il parlerait de la rousse Molly Nolan, âgée de trente-trois ans, originaire de Sacramento. Une femme pas si attirante au départ, à vrai dire, qu'il a rencontrée dans un bar. Téléphoner à la police ? Pour leur dire quoi, finalement ? Il vaut mieux que Roger passe du bon temps avec la jolie vendeuse noire du drugstore, Amelia Perez. À vingt-deux ans, Amelia a déjà une maturité certaine. Flâner ensemble et s'embrasser sur la Promenade au bord de l'eau, une parenthèse agréable.

Malgré tout, il faut bien que Roger retourne sur Grover Avenue, au 87e. Il y remarque un inspecteur qui a l'air ouvert, un prénommé Steve. Roger l'observe dans ce restaurant français, ou Steve déjeune avec son épouse pas causante. De retour à sa chambre meublée, Roger constate que sa logeuse a appelé la police pour un cambriolage. On lui a volé un vieux réfrigérateur poussiéreux remisé à la cave. Les inspecteurs Hal Willis et Cotton Hawes interrogent les clients de Mme Dougherty, y compris Roger. Ce montagnard n'a pas le profil pour commettre ce genre de larcin. Quand même, il est prudent que Roger brûle un foulard compromettant, avant de retrouver la jolie Amelia…

Ed McBain : Entre deux chaises (Série Noire, 1965)

Il s'agit du dix-neuvième titre de la série consacrée au commissariat du 87e District. Peut-être un des plus originaux, car Steve Carella et ses collègues policiers n'y apparaissent qu'en tant que seconds rôles. C'est Roger Broome, brave jeune campagnard, candide car peu habitué à cette liberté que lui offre son séjour en ville, qui est le héros de l'affaire. On comprend bien que ce garçon soit si hésitant pour contacter la police, lui dont la place est dans son petit village, auprès de sa mère et de son frère.

À l'opposé de ce côté naïf, Ed McBain témoigne d'une autre réalité : la relation entre un homme blanc et une femme noire. À l'époque, au milieu des années 1960, c'est encore très inconvenant. La jolie Amelia confie même à Roger un épisode malsain de sa prime adolescence. C'est là tout le charme des romans de cet auteur, approcher les réalités de son temps, montrer de vraies facettes de l'Amérique. Cette histoire ne manque pas d'une ironie bienvenue. Un des excellents suspenses de cette série.

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