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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 05:55

En France, fin de l’année 2012. Trois exemples de personnes dont les vies ont sombré dans la noirceur. Les séparations parentales peuvent entraîner des conséquences bien plus insurmontables qu’on l’imagine. Si son frère aîné Rémy semble avoir plus facilement admis la situation, Matilda continue à en souffrir, bien qu’âgée désormais d’une petite trentaine d’années. Parce que, suite au départ brutal de son père quand elle était enfant, sa mère perdit tout repère, végétant en se réfugiant dans l’alcoolisme, hospitalisée quand se produisaient des crises. Matilda était bien seule pour endurer cette explosion familiale, et elle reste marquée – malgré ses tentatives de sociabilisation.

Boubacar Cissé fut "importé" d’Afrique par son père alors qu’il était enfant, pour former une nouvelle famille en France. Bouba subit bien vite les maltraitances de sa marâtre. Il tâcha de s’endurcir pour l’affronter en grandissant. Pour autant, le garçon fut livré à lui-même. À l’automne 2005, des émeutes éclatèrent à Clichy-sous-Bois, suite à la mort de deux ados, Bouna Traoré et Zyed Benna, électrocutés dans un poste électrique alors qu'ils cherchaient à échapper à la police. Bouba Cissé avait alors vingt-cinq ans. Ces faits, auxquels il était parfaitement étranger, furent l’occasion de se défouler pour lui. Mais on ne fit pas de cadeau aux délinquants : Bouba fut condamné à plusieurs années de prison.

Une chance se présenta quand il rencontra Louis, éducateur en centre de prévention. À sa sortie, Bouba fut engagé par une unité du Samu social. Si cela ne l’empêcha pas de continuer à fumer des joints, il admit devoir faire évoluer son comportement. Du moins en apparence, car il n’en avait rien à faire de ces clodos crasseux qu’il fallait bien traiter. Et puis l’atelier d’initiation informatique qu’il était censé animer n’intéressait personne. L’hypocrisie n’a qu’un temps, même s’il faisait bonne figure à la responsable de cette unité. Jusqu’au jour où arriva un SDF, muet après être devenu aphone, qui n’avait pas besoin d’être initié aux ordinateurs. Une drôle de relation s’installa entre eux.

Ce clochard particulier, c’était Franck. Lui-aussi fut, d’une certaine façon, victime des émeutes de 2005. Il était alors journaliste de presse, spécialiste des faits divers. Avec déjà une forte tendance à l’alcoolisme. Il essaya de poursuivre son métier, mais Franck ne maîtrisait plus grand-chose de sa vie. C’est là que débuta son errance. Selon les lieux où il prit ses habitudes, on le considéra comme un "clodo sympa" dont la passivité n’était guère dérangeante. Mitch, Nono, Karim, il se fit vaguement quelques amis dans la rue, tout en était conscient que ce n’était pas son univers de solitaire baignant dans l’ivresse. Quand Bouba lit la "confession" écrite sur ordinateur par Franck, cela pourrait l’émouvoir. Mais il y a longtemps qu’il n’éprouve plus aucun sentiment. Même si se croisent les chemins de Matilda, Franck et Bouba, peu d’espoir d’amélioration dans le parcours de chacun d’eux…

Jean-Christophe Perriau : Un monde trop petit (Éd.Inédits, 2018)

Avec ces trois cas, Jean-Christophe Perriau explore la déchéance sociale de personnes qui ont été, comme on le dit par commodité, victimes d’"accidents de la vie". En réalité, leurs problèmes prennent racine tôt pour Bouba ou Matida. Si Franck est tombé lui aussi, c’est pour d’autres causes. Que peut-on pour eux, puisque c’est le Destin qui est à l’œuvre ? Quand on décrit de tels personnages, on en vient vite à parler de "misérabilisme". Ce n’est pas ce que nous transmet l’auteur. Ces laissés-pour-compte, il ne les juge pas, et nous n’avons pas envie de le faire non plus.

Avec ses codes de banlieusard racaille, Bouba a-t-il la moindre chance de changer ? Si un léger mieux se produit pour la mère de Matilda, un autre drame viendra assombrir leurs vies. Quant à Franck, il n’y a plus d’envie en lui, un moteur qui l’a quitté depuis des années. Non, ces trois-là ne sont pas pitoyables.Ce qu’ils ont raté est largement dû aux circonstances. Voilà un roman noir psychologique de bon aloi, qui peut nous aider à réfléchir au sort des autres.

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 05:55

Châtignes, c’est la province éternelle, une petite ville d’hier et d’aujourd’hui, où rien n’évoluera jamais vraiment. Endormie, sombre et humide, une bourgade triste. “Il pleuvait depuis quatre jours. Sous un ciel d’un gris fade dont rien ne parvenait à entamer l’uniformité, Châtignes respirait la mélancolie. À midi, les petites villes de province sont mornes, et Châtignes n’échappait pas à la règle. Seul le gargouillis de l’eau dans les caniveaux engorgés troublait le silence, car le bruit de la pluie était devenu si habituel qu’on ne le remarquait plus.” Quant à "L’actualité locale", elle n’est guère basée que sur des commérages, des racontars. Si une tête nouvelle s’y installe, même quelques jours, on voudra savoir. Rien d’excitant pour une population s’encroûtant dans sa routine lassante. Heureusement, le mystère n’y est pas toujours absent.

Des crimes — des soupçons de crimes ou de morts énigmatiques — s’y produisent quelquefois. Grâce à Jean-Pierre Ferrière, qui en a fait le décor de plusieurs de ses suspenses. “Vétéran du polar” né en 1933, auteur de soixante-quinze romans en soixante ans, Ferrière a séduit le public par ses histoires captivantes, racontées avec une certaine malice, souplesse narrative et fluidité étant ses meilleurs atouts. Si la manière apparaît sans agressivité, il s’agit bien d’affaires criminelles, de meurtres et de mystères. Et la population de Châtignes existe assurément encore de nos jours, avec ses états d’âmes et, pour partie, sa méchanceté. Les générations de commères s’éteindront-elles un jour ? Rien n’est moins sûr. Les Éditions Campanile ont l’excellente idée de rééditer trois de ces titres en un seul volume. Explorons ces savoureuses intrigues provinciales, parmi les meilleures de l’auteur.

- Crimes autorisés : Malgré les années qui passent, la petite ville de Châtignes reste parfaitement ennuyeuse. Si le très parisien Stéphane y séjourne quelques jours, c’est pour assister aux obsèques d’Alexandre, qui fut un de ses proches, un intime. Il espère surtout que son vieil ami ne l’a pas oublié dans son testament. Stéphane se demande comment, même souffrant, Alexandre supportait de vivre à Châtignes.

Le jour de l’enterrement, on découvre un drame dans la maison qu’habitait pour moitié Alexandre. Jeanne s’est suicidée. En effet, cette jeune femme semblait ne pas s’intéresser à grand-chose dans la vie. Toutefois, sa sœur Hélène émet des doutes quant à un suicide. Face à l’inspecteur Vialles, elle accuse presque son beau-frère Étienne. Il est vrai que ces deux-là n’ont pas l’air de s’apprécier. Quant à Mathieu, le meilleur ami d’Étienne, il voudrait se rapprocher d’Hélène, plutôt que de se contenter de la serveuse de l’hôtel, Nelly. Mais Hélène est une femme au caractère affirmé. Le journal intime de Jeanne ne permet guère de douter du suicide. Tragique histoire d’amour ? Stéphane n’y croit pas, ayant d’excellentes raisons de penser que la vérité est nettement moins limpide. Désormais, Hélène admet le suicide, alors que Stéphane est sûr du meurtre…

Jean-Pierre Ferrière : Le charme mortel de la province (Éd.Campanile, 2018)

- Marie-Meurtre : Marie, bientôt quarante ans, est bibliothécaire à Châtignes. Cette célibataire est assistée dans son travail par la jeune Joëlle, éprise d’un fils de notaire. Marie a connu l’amour vingt ans plus tôt avec Daniel, qu’elle aime encore, mais qui épousa la riche Irène. La vie de Marie est bousculée par l’arrivée de son frère Gérard. Celui-ci meurt chez elle d’une attaque cardiaque. Peu après, un truand parisien nommé Clarence apparaît, cherchant des bijoux volés. Marie voit là l’opportunité de se venger d’Irène. Elle oblige Clarence à la supprimer.

Le plan de Marie fonctionne, même s’il s’agit réellement d’un accident. Elle va pouvoir enfin récupérer Daniel, ce qui épatera les commères locales. Suite à la mort de son épouse, Daniel estime avoir besoin de s’éloigner un peu. Il part en vacances sur la Côte d’Azur. Ce contretemps cache un gros problème : Daniel a choisi une autre femme. Marie recontacte le truand Clarence. Elle concocte un nouveau plan afin d’éliminer sa rivale. Hélas, si celle-ci est tuée, tout ne se passe pas comme l’a prévu Marie…

- Un climat mortel : Entre ragots et météo pluvieuse, on s'ennuie beaucoup à Châtignes. Telle Marceline Loubet, vieille dame aveugle qui croit au retour prochain de sa petite fille qu'elle ne connaît pas. Telle Simone, sa garde-malade, une rêveuse invétérée. Tel Axel, un jeune homme un peu dérangé, qui espère que sa Denise lui reviendra. Telle la serveuse Yvette, qui ne pense qu'au cinéma. Ceux-là sont à ranger parmi les sympathiques. D'autres s'avèrent plus détestables. Comme la mère d'Axel, une femme cruelle, ou Mme Cochart, la patronne du Grand Hôtel. Avec M.Chandernont et le maire, elle fait partie des personnes influentes de Châtignes. Toujours à l'affût des racontars, elle traque les petits et grands secrets supposés de chacun. Avec une méchanceté à peine dissimulée.

L'arrivée à Châtignes d'Irène Monestier apporte un peu d'animation supplémentaire à ce petit monde. Les questions que se posent Mme Cochart sur sa cliente, et sur son fils (souffrant) qui l'accompagne, restent sans réponse précise. Axel vérifie qu'il ne s'agit pas de sa Denise. Yvette voudrait que Mme Monestier lui parle de Paris et de la vie d'artiste. L'inspecteur de police Vialles tombe vite sous le charme de la nouvelle venue. Quant à Simone, elle ne peut guère transmettre d'infos sur Irène Monestier à Marceline Loubet. Il faut avouer que cette femme est fort étrange. Difficile de croire qu'elle ne connaisse personne ici, qu'elle soit arrivée là par hasard. Mme Cochart est furieuse de ne rien savoir à leur sujet. Un meurtre et un enlèvement se produisent la même nuit au Grand Hôtel. Quelques heures plus tard, un automobiliste est assassiné. Le policier Vialles ne peut évidemment pas être totalement objectif. Malgré les journalistes et la prochaine arrivée de ses collègues, il tente néanmoins d'approcher la vérité…

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 05:55

Au nord de Bastia, le Cap Corse (surnommé l’Île dans l’île) fait partie des magnifiques sites de la région. Si l’un des versants est très apprécié par le pinzutu en vacances, l’autre est en proie à la désertification. Dans quelques villages oubliés subsistent une poignée d’habitants vieillissants. L’apiculteur Ange-Étienne est l’un d’eux. S’il participa au combat nationaliste d’autrefois, voilà vingt ans qu’il a rompu avec ces milieux devenus trop violents, jusqu’à s’entre-tuer. Néanmoins, en cet été 2013, lui vient l’idée d’un dernier coup d’éclat. La centième édition du Tour de France cycliste débutera en Corse. Il s’efforce de remotiver ses amis de “Noi du Capicorsu”, une dizaine de personnes attachés à leur terroir, anciens régionalistes comme lui. La plupart étant plus que sceptiques doit surtout les convaincre du caractère pacifique du projet.

À l’approche de l’opération, ce ne sont pas les contrariété qui manquent pour Ange-Étienne. Il a préparé un arbre à demi-tronçonné, qui servira à perturber le passage de l’étape en barrant le passage. Il a également prévu une bâche revendicative pour attirer l’attention sur leur partie du Cap Corse. Deux amis transmettront aussi anonymement que possible aux médias le sens de leur initiative. Par contre, on risque une météo contraire pour l’étape concernée. Et un autre groupe de nationalistes menace d’empêcher le Tour de passer. Ange-Étienne avait omis la sécurité liée à l’événement : le jour venu, la route qu’il devait emprunter pour aller finir de scier son arbre-obstacle est strictement interdite. Négocier avec la maréchaussée n’avance gère les choses. Trop sûr de son fait, Ange-Étienne n’a pas vraiment prévu de "plan B". L’affaire risque fort de capoter.

Peu après, une jeune femme est mortellement victime d’un accident de la route : l’arbre d’Ange-Étienne a chuté sur sa voiture. Dans le contexte, les autorités doivent envisager un attentat terroriste islamique. La DCRI s’est déjà déployée sur l’Île. La Gendarmerie préfère y voir un exemple de la fatalité. Quant à la famille de la victime, elle engage un détective privé local pour établir ce qui s’est produit. Firmin Lagarce n’est peut-être pas le plus brillant des enquêteurs, mais avec son jeune assistant Baghdâd El Tayeb, on peut espérer des résultats. Baghdâd connaît la mentalité des Arabes, calmes en quasi-totalité. Firmin est Corse, avec de solides relations dans la région, y compris le brigadier de gendarmerie Yann Jaouen. Le duo tente de s’informer dans un bar du coin, mais à part un couple de Belges agaçants, rien à glaner. Un Rasta pourrait être suspecté, mais ça paraît fort aléatoire.

Firmin et Baghdâd se rendent sur le lieu de l’accident mortel. Firmin y relève quelques indices montrant que l’arbre fut pré-coupé, probablement par une personne ayant ses habitudes dans cet endroit. D’un côté, la DCRI ne lâche pas sa piste terroriste. Mais Firmin va exploiter une culpabilité locale. Peut-être finira-t-il par cerner le fautif ? Quant à Ange-Étienne, au besoin, il est prêt pour un baroud d’honneur…

Olivier Collard : Culpacciu (Éditions du Cursinu, 2018)

Mais alors pourquoi cette pauvre femme ? Pourquoi une innocente ? Les proches de la victime voulaient absolument savoir. Ils exigeaient une réponse satisfaisante, tandis que la Gendarmerie se bornait à répéter : "Le mauvais endroit, au mauvais moment". Bien que l’affaire ne fut pas officiellement classée, la Brigade de Recherches avait de toute évidence tourné la page. Elle avait d’autres priorités, et l’enquêteur en charge de l’affaire désirait manifestement passer à autre chose. Ce surcroît de travail au moment où tout le monde profite de ses congés d’été, cette épidémie de règlements de comptes, leur avait donné le tournis. Ainsi, lorsque le frère et les parents de la victime firent le déplacement en Corse, pour accomplir diverses formalités, avec toute la peine, toute la souffrance que l’on imagine, ils eurent la fâcheuse impression que les enquêteurs, dépassés par les événements, n’avaient accordé que très peu d’attention à cette tragique affaire.
Dépitée, la famille de la victime ne tarda pas à se tourner vers un détective privé.

On peut parler ici d’un roman policier de tradition. Si les personnage centraux en sont l’apiculteur Ange-Étienne et, au temps des investigations, le “privé” Firmin Lagarce, ancien policier, c’est bien la Corse qui importe dans cette histoire. Dans toutes les régions de France, aussi remarquables soient-elles, des villages sont désertés, n’intéressant ni les investisseurs ni le tourisme. Nul doute que ce soit le cas dans cette partie du Cap Corse, non-valorisée. Attirer l’attention à l’occasion du passage du Tour de France 2013 n’était pas une mauvaise idée, encore qu’un peu chimérique. Mais les initiatives même pacifiques ont parfois des conséquences désastreuses… Connaissant et aimant son territoire corse, Olivier Collard n’en fait pas seulement un décor, il nous en parle avec une tendresse certaine. Voilà un roman policier très agréable.

Les Éditions du Cursinu étant peu diffusées, il est préférable de les contacter.

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 05:55

Il s’agit d’un recueil de dix nouvelles signées Hugues Pagan, Prix Mystère de la critique 1998 pour: “Dernière station avant l'autoroute” (Ed.Rivages). Scénariste pour le cinéma et la télévision, Pagan n’est l’auteur que d’une douzaine de livres – où domine une tonalité sombre. Ici, la nouvelle inaugurant le recueil, “Mauvaises nouvelles du front”, illustre d’emblée l’atmosphère des histoires constituant l’univers de ses intrigues.

 

Il est commandant de police, affecté à une brigade de nuit. Un être désabusé : ça fait bien longtemps qu’il n’éprouve aucun goût pour la vie, ni dans son métier, ni en privé. À part peut-être Yellow Dog, son chat, rien ne l’émeut. Sans doute parce que l’animal a subi un drame, perdant sa compagne. Cela dit, le curieux Yellow Dog a été vengé par on ne sait quelle intervention punissant le coupable. Pour le reste, ce policier s’enferme dans une sorte de léthargie sociale. Jusqu’au soir où il rencontre un étrange personnage, qui semble ne rien ignorer du marasme continuel habitant le policier. Comme s’il l’observait depuis toujours, comme s’il influait sur son destin et sur sa perpétuelle morosité.

Ce bonhomme énigmatique lui offre de vivre une expérience de son choix qui, peut-être, pourrait secouer son état dépressif. En effet, quelques jours plus tard, le policier est mis en cause dans une affaire – avec laquelle il n’a pourtant rien à voir. Dans le cadre du conditionnement des CRS en vue d’une efficacité maximale, on est allé très loin. À tel point qu’il devient quasi-impossible de maîtriser les troupes – qui ne se contentent plus de s’attaquer aux contestataires. Deux flics représentant l’Autorité – l’un ayant les nobles traits de l’acteur Mel Ferrer, l’autre ressemblant à Rambo jeune – sont chargés de trouver un remède à la situation. Pensent-ils que c’est ce flic "nuiteux" qui en possède la clé ?

Le policier est conscient que cette affaire peut le conduire à des ennuis judiciaires, jusqu’à la prison. Il faudra bien un bouc-émissaire, et il en présente le profil. Que deviendrait le chat Yellow Dog sans lui ? Il recontacte le mystérieux deus ex machina qui a manigancé cette expérience. Ce dernier va devoir plaider la cause du policier…

Hugues Pagan : Mauvaises nouvelles du front (Rivages, 2018)

À écouter le monde, il faudrait encore faire des risettes et des mamours, tout un tas de grimaces et de menteries, et grands dieux pourquoi ? La vie, elle nous les a déjà faites, les poches. Tout retourné, gratté jusqu’à l’os. A bout du compte, on s’est bien fait mettre : c’est pas de la camarde qu’il aurait fallu avoir peur, c’est bien d’elle, la vie. Elle nous a bien baisé, la salope, avec ses faux airs, ses falbalas et ses promesses de ne pas y toucher. Ah, si on avait su : c’est avant qu’il fallait fermer. Quand on était encore un tout petit peu regardables.
Comment voulez-vous que la Mort, elle soit pas rebutée aussi, avec tous ces cadavres de merde. Vieux. Moches. Avec toujours trop de dents neuves. Comme si ça pouvait encore leur servir à quelque chose, des dents neuves. Tout de même, elle avait raison Léon : tout le monde s’en branle, qu’on vive ou qu’on meure.” (Extrait de “Wabash blues”)

Même si apparaissent çà et là des traces d’humour, ironique ou acerbe ou sarcastique, le but de Hugues Pagan n’est pas en priorité de nous faire sourire. Plus sûrement de déstabiliser le lecteur par son style, évoquant généralement des personnages tourmentés sur fond nocturne. Des nuits sales, pluvieuses, presque anxiogènes pour qui n’y est pas habitué. Le monde décrit par Pagan implique la noirceur dans les décors comme dans les têtes des protagonistes. Eux n’existent pas sans garder des images fortes de leur passé. Peut-être parce que, ainsi que l’explique Michel Embareck en préface (qu’il est conseillé de lire), Pagan est lui-même singulier. Au fil de ces dix nouvelles, voilà une bonne façon de retrouver ou de découvrir un ton différent.

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18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 05:55

Anouck Furhman est policière à la Brigade Criminelle de Lille, secondée par le jeune Davin et le consciencieux Prioux. Leur dernière enquête piétine. Du côté de Valenciennes, une étudiante blonde de vingt-et-un ans – Isabelle Descamps – a été tuée et horriblement mutilée, son crâne ayant disparu. Une semaine plus tard, l’étudiante Olivia Palinski a été enlevée au Val Joly. Deux cas présentant de fortes similitudes. Si elle est encore en vie, la seconde est séquestrée pour subir de monstrueuses expériences. Quant au crâne de la première, il est bientôt retrouvé, évidé de son cerveau.

Furhman et ses adjoints disposent de deux pistes exploitables. Le ravisseur a laissé sur les lieux des crimes des traces de mercure pur. Étonnant, même si on en trouve encore dans les sols de la région, estime l’expert scientifique de la police. L’autre indice, c’est un chapeau en feutre ancien. Le policier Davin se renseigne auprès d’un spécialiste connaissant bien ce genre de coiffure. L’objet, qui rappelle certains tableaux de Rubens, pourrait dater des années 1624. Tandis qu’une autre jeune femme est enlevée au Touquet, Furhman reçoit une photographie macabre, avec un message qui lui fixe rendez-vous dans une église de Bruges, en Belgique.

C’est dans un confessionnal qu’elle fait la connaissance de l’Anonyme d’Anvers, encore qu’il ne se montre pas à visage découvert. Il s’agit incontestablement d’un vieil homme, très âgé. Il livre à Anouck Furhman le nom du criminel, mais son identité est relative. Le plus important, c’est de l’empêcher de poursuivre sa série d’enlèvements et de meurtres. Comme le confirment les analyses sur l’ADN, il s’agit d’une seule personne dans les trois affaires. Grâce à la petite enquête menée en parallèle par l’Anonyme d’Anvers, qui sait que les grottes oubliées ne manquent pas dans la région, c’est au cœur du Vieux Lille que les policiers découvrent le passage secret menant au laboratoire où le monstre mène ses expériences. Celui-ci semble encore avoir besoin de "chair fraîche". 

À Villeneuve d’Ascq, une jeune femme est agressée – mais l’intervention de l’Anonyme d’Anvers lui permet d’échapper à pire. Une nouvelle tentative raté se produit à Lezennes, sur une étudiante. Toutefois, il pourrait s’agir d’un autre coupable, cette fois, le modus operandi s’avérant différent. La policière Anouck est de plus en plus désorientée par cette enquête. Certes, l’Anonyme paraît être son meilleur allié, mais jusqu’où lui faire confiance ? Quant au criminel, son objectif est sans doute incompréhensible pour qui ignore les principes de l’alchimie…

Jean-Marc Demetz : Désoxy (Les Presses du Midi, 2018)

Une fois sur place, après s’être engagés par la trappe de la cave restée basculée, les deux policiers se sentirent aussitôt aspirés dans un canal étrange où tout ce qui se présentait à eux se confondait entre réalité et illusion, comme si les faisceaux de leurs torches électriques taillaient dans l’obscurité un tunnel fantastique gouverné par une force invisible qui remontait le temps.
Ils découvrirent tout ce qu’avait décrit l’Anonyme, la voûte de briques, la barque échouée, l’abreuvoir des Jésuites et lorsqu’ils atteignirent les arcades, ils revinrent à la réalité de leur enquête. Ils savaient qu’ils se trouvaient à la porte de l’antre du criminel. Ils aperçurent les inscriptions gravées et les figures et les statuettes taillées dans la roche, puis les deux dragons. Ils étaient arrivés à destination, une porte pivotée leur offrait le passage…

Ce n’est pas une enquête policière conventionnelle que nous propose Jean-Marc Demetz avec ce “Désoxy”. Il s’est appliqué à installer une ambiance, trouble et mystérieuse, qui nourrit la narration de cette histoire. On comprend bientôt que, derrière les enlèvements et les meurtres actuels, se cache une explication remontant à loin dans le temps. Et que les alchimistes d’autrefois ne dorment pas tous dans les grimoires d’antan. L’Anonyme en fait sans doute partie, mais se refuse à entretenir le Mal. Contrairement à celui que doit traquer Anouck Furhman. Si la tonalité est insolite et fort énigmatique, l’auteur adopte une réelle fluidité pour nous entraîner dans le récit. L’originalité de ce roman lui offre toute sa saveur.

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14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 05:55

Simon Vrinks est un pro du banditisme, actuellement en prison. Son ex-compagne Hélèna Campillo vient lui annoncer une terrible nouvelle : leur fille Manon, âgée d’une vingtaine d’années, a été retrouvée salement assassinée. Vrinks ne prétend certainement pas avoir été un bon père, n’ayant plus vu sa fille depuis plusieurs années. Néanmoins, il culpabilise, ressentant comme un appel posthume de Manon lui demandant de la venger. Il prépare aussitôt son évasion. Il lui faudra quelques complicités, y compris celle d’un gardien de la prison. Un transport médical inopiné de nuit et des amis qui interceptent l’ambulance l’amenant à l’hôpital lui permettent de disparaître, bénéficiant d’une moto.

Dès le début de sa cavale, Vrinks tombe sur une jeune femme ayant à peu près l’âge de sa défunte fille. Cette Amia est également en fuite. Il s’agit d’une prostituée maltraitée et exploitée par un réseau mafieux. Dimitri ou Sergueï l’ont dressée afin qu’elle accepte toutes les exigences des clients, même dans la douleur. Son "amie" Léonie a été son unique soutien moral, bien relatif. Amia vient de s’apercevoir qu’elle est enceinte. Ce qui a motivé cette nécessité de sortir de l’enfer. Cette nuit-là, son chemin croise celui de Simon Vrinks, pas hermétique à l’allure perdue de la jeune femme. Il est prudent qu’il se cache, car la police n’a pas tardé à se lancer à ses trousses.

Vrinks et Amia font une première étape chez un vieux fermier. Ce dernier, qui a appris l’évasion par son journal, est armé et espère bien profiter de la situation. Tenir prisonnier Vrinks jusqu’à l’arrivée des flics, tout en séquestrant Amia pour en abuser sexuellement, tel est son programme. Mais la jeune prostituée ne l’entend pas ainsi. Elle supprime sans pité leur "ravisseur", et libère Vrinks – auquel elle suggère de continuer la cavale ensemble. Mis au courant de la grossesse d’Amia, conscient de la violence du milieu duquel elle s’est échappée, et parce qu’elle symbolise sa fille Manon, Vrinks est d’accord pour la protéger. Il leur trouve une planque provisoire chez des amis Yougos.

Toutefois, c’est plutôt chez son copain Angelo, patron d’un club de nuit, qu’ils peuvent espérer être à l’abri. Du moins, Amia s’y reposera quelques temps, tandis que Vrinks recontacte Hélèna afin d’en savoir plus sur les récentes fréquentations de leur fille Manon. Un certain Daniel Causse était le dernier amant en date de la jeune femme. Vrinks n’a pas à le bousculer bien longtemps pour qu’il parle. Par un concours de circonstances, Manon s’était acoquinée avec des producteurs de films X…

Côté police, c’est Alice Krieg qui est chargé de mener l’enquête. Bien que tourmentée par un état de santé précaire, c’est une flic de choc. Le profil de Vrinks en prison explique mal, selon elle, cette évasion. Lorsqu’elle interroge Hélèna, Alice comprend mieux la réaction du truand. Vrinks étant aguerri, elle sait déjà qu’il dispose de multiples possibilités pour qu’on ne le rattrape jamais ou difficilement. Malgré tout, Alice n’est pas prête à renoncer. Pour Vrinks, l’heure de la vengeance à sonné, de même que pour Amia…

Cédric Cham : Le fruit de mes entrailles (Éd.Jigal, 2018)

Vrinks danse d’un pied sur l’autre. D’ordinaire, il n’aurait pas hésité à l’envoyer chier. À la planter là. Avec une claque dans la gueule si besoin. Mais cette gamine lui retourne le cœur et l’esprit. Comme s’il n’était pas déjà suffisamment dans le brouillard comme ça. L’image d’Amia traversant la grange, à moitié nue et couverte de sang, lui revient sans cesse en pleine poire. Et le visage de Manon se superpose à ce souvenir. Jusqu’à s’y mélanger. Le corps d’Amia. Le visage de sa fille. Et une immense douleur. Au plus profond de son bide. Il n’avait pas été là pour elle. Elle avait dû se débrouiller toute seule.

Cédric Cham a concocté avec cette intrigue un très bon exemple du roman d’action, vif et énergique, percutant à souhaits, férocement endiablé et sous haute tension, furieux et fiévreux à la fois. As du banditisme, Simon Vrinks s’est imposé une mission, peut-être dans une quête de rémission. Car si sa carapace est celle d’un dur, il n’est pas insensible au sort des victimes comme la jeune Amia. Une sorte d’humanité (de circonstance ?) l’anime et le guide. La psychologie d’un truand ne répond pas aux critères ordinaires, on le voit ici. Quant à sa protégée, elle a réalisé que c’était le moment opportun de changer de vie, qu’elle ne pourrait donner naissance à un bébé dans le contexte où elle est enfermée.

Deux personnages forts, qui n’ont rien à perdre, que bien des choses rapprochent, qui choisissent leur destin en fonction des faits. La tonalité narrative avec son sentiment d’urgence, sa nervosité palpable permanente et les chapitres courts, conviennent parfaitement à cette noire aventure. Excellent !

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 05:55

Chaque année, il se publie beaucoup de très bons (voire d’excellents) polars et romans. Certains sont destinés à entrer dans la liste des best-sellers, ce n’est évidemment pas la majorité. Choisir les plus marquantes lectures des douze mois écoulés, tâche compliquée. On ne peut nier une part de subjectivité. Pourtant, au-delà des “Coups de cœur”, des talents apparaissent ou se confirment – quel que soit l’éditeur.

Le TOP 20 de 2018 inclut des romans primés (Prix Goncourt, Prix du Roman Page/America – Festival America 2018, Grand Prix de Littérature Policière 2018). Pourquoi se priverait-on de ces références, puisque ces livres ont été récompensés à juste titre ? Ma sélection ne propose pas un classement de ces vingt titres. Neuf auteurs français sont classés par ordre alphabétique, onze autres en présentant la nationalité de l’auteur. Il suffit de cliquer sur les liens pour lire mes chroniques sur les romans concernés. 

Les 20 meilleurs polars de 2018 – La sélection de l’année

Christian Blanchard : Iboga (Belfond)

Fabrice David : Au pays des barbares (Plon, coll.Sang Neuf)

Marie Devois : Peindre n’est pas tuer (Cohen&Cohen)

Stéphane Keller : Rouge parallèle (Toucan Noir)

Marin Ledun : Salut à toi Ô mon frère (Série Noire)

Nicolas Mathieu : Leurs enfants après eux (Actes Sud)

(Prix Goncourt 2018)

Sophia Mavroudis : Stavros (Jigal)

Michèle Pedinielli : Boccanera (L’Aube noire)

Jacky Schwartzmann : Pension complète (Seuil Cadre noir)

Andrée A.Michaud : Rivière Tremblante (Rivages) – Québecoise

Keigo Higashino : Les doigts rouges (Actes Noirs) – Japonais

Yuko Yuzuki : Le loup d’Hiroshima (Atelier akatombo) – Japonaise

Hernan Diaz : Au loin (Delcourt) – Américain

(Prix du Roman Page/America – Festival America 2018)

A.J.Finn : La femme à sa fenêtre (Presses de la Cité) – Américain

Jake Hinkson : Sans lendemain (Gallmeister) – Américain

(Grand Prix de Littérature Policière 2018)

Benjamin Whitmer : Évasion (Gallmeister) – Américain

Alan Parks : Janvier noir (Rivages) – Écossais

Francisco José Viegas : Le collectionneur d’herbe (Mirobole) – Portugais

Mikel Santiago : Le mauvais chemin (Actes Noirs) – Espagnol

Valerio Varesi : Les ombres de Montelupo (Agulo) – Italien

Les 20 meilleurs polars de 2018 – La sélection de l’année

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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 05:55

Il est fort possible que bon nombre de lecteurs n’aiment pas assisté à la naissance de Léo Tanguy. Il s’agit d’un cyber-journaliste, un grand rouquin quadragénaire sillonnant principalement l’Ouest de la France dans le Combi VW hérité de ses parents. Son site d’infos sur Internet accueille beaucoup de visiteurs, ses enquêtes portant sur des sujets sensibles. À l’instar de Gabriel Lecouvreur dans la série Le Poulpe, c’est un nouvel auteur qui nous narre ses aventures à chaque roman. Ce qui garantit une variété de sujets exploités, les éléments de base de l’univers de Léo Tanguy restant les mêmes, fidèles à la "bible" élaborée par les initiateurs de cette série de romans.

Justement, les éditons La Gidouille ont l’excellente idée d’en rééditer en un seul volume les trois premiers titres, dus aux créateurs de Léo Tanguy. Dans ce livre, on pourra donc lire “Les jeunes tiennent pas la marée” de Gérard Alle, “Coup de chaud sur la Rance” de Sylvie Rouch (ex-L’immobilier flambe, le SDF brûle) et “Wagon mort” de Denis Flageul (Ex-Un fils à papa chez les zonards). Bienvenue dans le petit monde plein de suspense et de péripéties de Léo Tanguy !

Gérard Alle : Les jeunes tiennent pas la marée

Cette fois, c’est en pays Bigouden qu’il mène l’enquête. Le jeune Erwan Le Sourn a été retrouvé mort sur la plage de Pors Carn. Pierrot, ami bistrotier de Léo, risque de se voir accuser d’avoir servi de l’alcool à Erwan, mineur, bien que ce soit faux. Léo s’informe dans les bars du secteurs, et s’intéresse aux surfeurs fréquentant la Pointe de la Torche. Si Nora et sa mère se montrent aimables, ce n’est pas le cas du jeune Clet, le copain de Nora. Celui-ci a témoigné contre Pierrot. Quant au père d’Erwan, le notaire Le Sourn, il refuse de parler à Léo.

Concernant l’alcoolisme chez les jeunes, la presse accuse les bistrots. C’est trop vite oublier qu’ils se fournissent ici chez Toujourplus ou Interclair, les grandes surfaces locales. Nora admet qu’ils font un mix à base de soda Poplar, auquel ils ajoutent un peu de dope, le kouign. Un Américain bizarre qui rôde dans sa voiture électrique jaune est le fournisseur de la drogue de synthèse. Avec ses manières détestables et son agressivité commerciale, Le Gall, patron de Toujourplus, déplait fortement à Léo. Il s’attaque un peu à lui sur son site Internet. Si Hascoët, de directeur d’Interclair, semble plus régulier, il n’est pas le dernier à magouiller. Léo secoue Clet, qui avoue son faux témoignage contre Pierrot, mais se dit étranger à la mort d’Erwan.

Les enquêtes de Léo Tanguy – Les archives 1 (Ed.La Gidouille, 2018)

Sylvie Rouch : Coup de chaud sur la Rance (L’immobilier flambe, le SDF brûle)

Engagé par une femme énigmatique, Ariane, Léo enquête dans la région de Saint-Malo. Quelques mois plus tôt, une ferme des bords de la Rance a été incendiée. Le sinistre causa la mort d’un SDF non identifié, sans doute un sans-papier. Ardent militant du Front de Libération du Littoral Breton, Yann Jolivet est accusé de cet acte. À quelques jours de son procès, il fait une grève de la faim. Élise, l’épouse de Jolivet, ne nie pas que son mari et leurs amis étaient présents avant l’incendie, mais juste pour dénoncer un projet contraire à la Loi.

Près de la propriété en question, Léo rencontre des voisins : le vieux Suliac et le taciturne Armel Briand. Ce dernier en veut aux trois héritiers qui mirent en vente la maison aujourd’hui brûlée. L’un d’eux, qui n’était pas vendeur, reçoit sans amabilité Léo. Pour se renseigner chez le notaire Sauvignac, l’enquêteur se fait passer pour un client auprès de la négociatrice Rozenn. Elle lui confie que les autorisations de projets immobiliers dépendent d’un officiel, Mabire. Si celui-ci fait respecter strictement les règles de la Loi Littoral, ce n’est pas par idéologie : il favorise ainsi les nantis et leurs propriétés luxueuses. Le temps presse pour démontrer l’innocence de Jolivet. Léo ignore toujours la motivation d’Ariane dans cette affaire.

Denis Flageul : Wagon mort (Un fils à papa chez les zonards)

C’est dans la paisible cité briochine que Léo Tanguy est appelé à mener l’enquête. Plus précisément au port du Légué, longtemps boudé par les habitants de Saint-Brieuc, désormais réhabilité. Jean-Claude Lebec, petit-bourgeois intolérant, n’a jamais cru à la version accidentelle de la mort de son frère Gérard. Selon lui, il ne fréquentait pas les marginaux de La Fabrique, lieu culturel alternatif, aujourd’hui détruit pour les besoins du nouveau port. Il ne se droguait pas comme ce “ramassis d’épaves”, squattant ce bâtiment. Autant qu’une mort suspecte, c’est l’histoire de La Fabrique qui intéresse justement Léo Tanguy. Il accepte de tirer ça au clair.

Avant la mort de Lebec, il y eut un autre décès accidentel suspect, celui d’un nommé Kevin. Léo n’ignore pas qu’un port reste un endroit dangereux, surtout si on n’a pas les idées claires. Serveuse au bar La Descente, Kelly fut la petite amie de Gérard Lebec. Elle admet qu’il avait un côté mystérieux. Les deux types qui surveillent Jean-Claude Lebec agressent Léo, en guise d’avertissement. Consultant des documents sur La Fabrique, Léo note un paradoxe. Il s’agissait d’une expérience en concertation avec la municipalité. Alors, pourquoi avoir soudain expulsé les squatteurs tolérés, avant de tout raser ?…

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