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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 04:55

Le jeune Eddie Hunter et son oncle quadragénaire Ambrose ont, pendant quelques temps, travaillé dans les fêtes foraines. Ils se sont ensuite installés à Chicago. Ils sont employés par Ben Starlock, dont l'agence de détectives est sérieuse. Enquêteurs compétents, Ed et Am envisagent de créer bientôt leur propre société. Ils habitent l'immeuble de Mrs Brady, où l'ambiance est chaleureuse. Leurs proches voisins sont Chester Hamlin, un passionné de photographie, et Karl Dell, féru d'astrologie. Estelle Beck, amie de cœur d'Eddie depuis le temps des fêtes foraines, les a suivis à Chicago et loge aussi dans l'immeuble.

Alors qu'il avait rendez-vous avec un client cet après-midi-là, l'oncle Am a disparu. Il n'est pas dans ses habitudes d'agir ainsi. Ne cachant pas son inquiétude, Ed alerte leur patron Ben Starlock. Ensemble, ils passent une partie de la nuit à rechercher Am. Ed va bousculer un peu le directeur de l'hôtel, où Am devait rencontrer le client fantôme. Informée de la disparition, Estelle se souvient vaguement d'une anecdote racontée par Karl Dell. Celui-ci confirme qu'un auteur farfelu imagina jadis que plusieurs disparus prénommés Ambrose avaient été victime d'un certain “Ambrose Collector”. S'il admet que ceci est fantaisiste, Karl Dell propose plus concrètement d'établir l'horoscope de l'oncle Am dès que possible.

Dès le matin suivant, Ben Starlock mobile toute son équipe de détectives pour retrouver Ambrose. Karl Dell ne peut être suspecté, possédant un alibi assez valable. Starlock fut contacté par des propriétaires de boites de nuit, pour une nébuleuse affaire autour d'une loterie clandestine. S'il refusa, il peut y avoir un rapport quand même, car le client qu'Am devait rencontrer est impliqué dans ces combines de loteries. Estelle s'est faite engager au Blue Crocodile, le club en question. Ed s'y rend, mais il est vite convaincu que ces gens-là, pour préserver leur bizness, n'ont aucun intérêt à se mêler de kidnapping ou de meurtre.

Ben Starlock et ses détectives restent bredouilles sur toute la ligne. Quand un des amis d'Ed est assassiné, le capitaine Frank Bassett (de la Brigade des Homicides) se charge de l'enquête. Ses hommes et lui ne vont guère trouver d'indices, les éventuels suspects ayant des alibis corrects. Il y a bien ce nombre 420 inscrit par la victime, mais ce ne semble pas être le numéro gagnant du jour à la loterie clandestine. Ed reprend un des dossiers de son oncle, une affaire concernant un type au pedigree de récidiviste, nommé Tommy Reynal. Ce qui conduit Ed sur la piste d'un voyant qui se fait appeler Ramah Sing...

Fredric Brown : Le monstre vous salue bien

Les romans et nouvelles de Fredric Brown (1906-1972) englobent les genres populaires de la science-fiction à la littérature policière. Il créa dès ses débuts ce tandem de détectives devenus célèbres, Ed et Am Hunter. Ils sont les héros de sept histoires : Crime à Chicago, 1947 – Le fantôme du chimpanzé, 1948 – Un cadavre au clair de lune, 1949 – Le monstre vous salue bien, 1950 – La mort a ses entrées, 1951 – Le cher disparu / Regrets éternels, 1959 – Les dessous de Madame Murphy, 1963. Ces romans furent publiés (dans le désordre) à partir de 1983 aux éditions Clancier-Guénaud, sous l'égide de François Gérif. Sauf “Le fantôme du chimpanzé”, paru en 1978 chez Red Label, puis chez NéO en 1986, publié par F.Guérif. Plusieurs titres de la série ont été réédités (1993-1995) chez 10-18.

“Le monstre vous salue bien” n'apparaît pas forcément comme la plus originale aventure du duo Eddie et Ambrose Hunter. Un minimum de descriptions, un maximum de dialogues, des appels téléphoniques répétitifs, beaucoup de va-et-vient. Néanmoins, il s'agit là d'un roman d'enquête satisfaisant, à défaut d'être inspiré. Le jeune Ed suit vainement diverses pistes, tournant effectivement autour des faits ayant causé la disparition de son oncle. Il est question d'astrologie, de voyance, mais on nous détaille aussi le fonctionnement des paris clandestins d'alors. L'anecdote initiale, sur le “collectionneur d'Ambrose”, est due à Charles Fort (1874-1932). Quasiment inconnu en France, ce littérateur recensa quantité de faits étranges ou inexpliqués. Ses versions anti-scientifiques faisaient appel au paranormal et à des raisonnements absurdes, mais amusants. On lui attribue l'invention du mot “téléportation”. Si le présent roman n'est donc pas le plus exceptionnel de Fredric Brown, c'est quand même une occasion de redécouvrir cet écrivain.

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 10:45

Un rendez-vous télé à ne pas manquer sur France 3, ce vendredi 16 août à 23h : “Territoire Polars” en Corse, un documentaire de Jean-Pierre Vedel. Si vous le ratez, vous le retrouverez dès samedi via le site http://pluzz.francetv.fr/

La présentation de ce programme : « Okuba Kanturo, écrivain corse, pose les bases de la figure du héros de polar en Corse : il doit envier et surveiller son voisin, savoir tenir sa langue, mourir jeune et en bonne santé, et de préférence pour un lopin de terre. Jean-Pierre Santini, un des penseurs du mouvement autonomiste, ouvre quant à lui les portes de la grande histoire. Elena Piacentini parle de sexe sauvage. Hélène Ferrari tente de percer les secrets des hommes d'affaires dans les projets immobiliers du littoral. Alix, policier des renseignements généraux, est tombé amoureux de l'Ile de Beauté. Marie Neuser, une Corse de Marseille, détestait cette île où elle devait passer des vacances obligatoires lors de son adolescence. »

Sur France 3, ce vendredi 16 août à 23h “Territoire Polars” en Corse

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 04:55

Beaucoup de romanciers populaires ayant eu une longue carrière d'auteurs ont été évoqués ici, mais pas encore l'œuvre de Charles Exbrayat (1906-1989).

Il est temps d'y remédier, en présentant deux titres parmi la longue liste de ses romans. 

 

"Le clan Morembert" (1970)

Le meurtre d'Yvonne Saligny embarrasse les gendarmes autant que le commissaire de police d'Annonay, en Ardèche. D'une part, il s'agit d'un double assassinat car Barnabé, le père d'Yvonne, a aussi été supprimé. Surtout, cette affaire pourrait bien concerner la plus puissante famille de la ville, les Morembert. S'il est lucide, devinant que ces gens vont lui mettre des bâtons dans les roues, le commissaire Cernil reste plutôt serein. Il se sait suffisamment obstiné pour poursuivre l'enquête, malgré les embûches. Le journaliste Rocheret, qui osa s'en prendre à cette famille au point d'en subir les conséquences, peut s'avérer un allié fort utile.

Ces Morembert, qui sont-ils ? L'aîné Mathieu dirige avec fermeté la vie et les affaires du clan. Le cadet Hugues, séducteur désormais vieillissant, est le bras droit de Mathieu. Paul, le plus jeune frère, apparaît moins impliqué dans les affaires familiales. Marié depuis peu à une jeune arriviste, Colette, il conserve néanmoins l'esprit de clan des Morembert. Il semble qu'Yvonne ait été assassinée parce qu'elle faisait chanter cette famille depuis quelques mois. Son bébé aurait pour père l'un des Morembert. On pense à Phillippe, le dernier de la lignée, fils d'Hugues. Il est possible que Barnabé ait repris à son compte le chantage, dès la mort de sa fille. Hypothèses trop simplistes, estime le commissaire.

Hugues affirme finalement être le père de ce bébé. Témoignage confirmé par son épouse, qui admet avoir été au courant. Le policier Cernil reste modérément convaincu. Quand il interroge Philippe, fiancé à une jeune fille d'un bon milieu, celui-ci avoue à son tour être le père de l'enfant d'Yvonne. Comme il semble très épris de sa fiancée, le doute subsiste. L'enquêteur peut autant suspecter Paul, en réalité. C'est une certaine Mme Montastruc qui va, sans le savoir, donner la meilleure piste au policier. Toutefois, d'autres décès pourraient remettre en cause ses suppositions...

Exbrayat : Le clan Morembert – Le château des amours mortes

"Le château des amours mortes" (1980)

Le chef Bollène est bien content d'être gendarme dans ce paisible petit village de Révezat. Très ouvert d'esprit, il exprime une tolérance qui agace fort son collègue Masson (un pur imbécile) et qui surprend le nouveau venu, Cambourière. La suite démontrera que Bollène a raison de ne pas se fier aux apparences, de refuser les préjugés. Les braconniers ou les vagabonds ne sont pas obligatoirement des coupables, quoi qu'on en dise.

Drôle d'ambiance au château de la Rabatelière. Bien qu'elle n'en sorte plus, ne quittant guère sa chambre, la vieille comtesse règne encore sur les ultimes membres de sa famille. Tant d'entre eux sont déjà morts ! Le petit Fabien a, lui aussi, failli y passer. Qui donc peut vouloir du mal à cet enfant ? Quand la comtesse est retrouvée morte, le médecin ne tarde pas à comprendre que c'est un meurtre. Le chef Bollène et jeune Cambourière enquêtent sur une brochette de singuliers personnages.

Clotaire, le nouveau comte, se prend pour un brillant orateur, plaidant des causes judiciaires anciennes. Mireille Tilleux, sa supposée secrétaire, se prend quant à elle pour une grande danseuse. Horace, jeune professeur, s'affiche dans la lignée des Rabatelière. Sa cousine Michèle, dont il est amoureux, ne rêve que de quitter ce château où elle n'a jamais eu sa place. Il y a aussi Chilpéric, enfant non reconnu par le père de Clotaire, vagabond philosophe. Sans oublier Agathe et Alphonse, vieux employés de la comtesse. Un coupable venant de l'extérieur, le gendarme Bollène n'y croit guère. C'est parmi les habitants du château qu'il existe un assassin, même s'il éprouve de la difficulté à étayer ses soupçons. Il devra attendre que son collègue Masson se fasse assommer pour y voir plus clair. À condition que ce ne soit pas encore une fausse piste...

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 04:55

En Grande-Bretagne au temps de la reine Victoria, Isabella appartient à la classe moyenne supérieure. Veuve après son court premier mariage, mère d'un enfant en bas âge, elle se remarie à trente-et-un ans, en 1844. Son époux est l'industriel Henry Robinson. S'il est ingénieur, c'est surtout un homme d'affaires s'affichant progressiste. Très vite, il accapare la dot et les rentes de son épouse, pour mener à bien ses projets. Le couple aura deux autres enfants, mais leurs relations se dégradent tôt. En partie parce qu'Henry Robinson gère assez mal ses affaires. En 1850, ils s'installent à Édimbourg, en Écosse. Intelligente, Isabella fréquente le salon mondain de Lady Drysdale, situé non loin de chez elle. Elle y fait la connaissance d'Edward Lane, vingt-sept ans, étudiant en Droit puis en Médecine, le gendre de Lady Drydale. Des affinités se créent entre ces personnes cultivées que sont Edward et Isabella, sans doute teintées d'attirance en ce qui la concerne.

Leurs rapports restant intellectuels et platoniques, la situation est frustrante pour la jeune femme. D'autant qu'elle s'ennuie par ailleurs, et s'accroche de plus en plus avec son mari. Écrivant régulièrement un journal intime, elle y évoque l'hypocrisie du mariage idéalisé et sa défiance vis-à-vis de la religion. Isabella est en contact épistolaire avec George Combe, ami Écossais qui est de bon conseil car s'intéressant à la psychologie. Quand la famille Robinson part habiter dans le Berkshire, près de Reading, ils continuent à s'écrire. Dans son journal, Isabelle masque peu les fantasmes qui l'habitent, envers Edward Lane. Celui-ci va prendre la direction d'une clinique d'hydropathie, méthode médicale expérimentale “moderne” qui donne des résultats. Cet institut est situé à Moor Park dans le Surrey, qui n'est pas si loin du Berkshire. Isabella lui rend visite de temps à autre. Si l'on en croit son journal, pas totalement explicite, leur complicité va jusqu'aux ébats intimes.

Les séjours des Robinson à Boulogne-sur-Mer et l'ambiance autour d'Isabella ne favorisent pas ses amours avec Edward. La vie équilibrée avec son épouse Mary et Lady Drysdale lui convient, et sa clinique fonctionne très bien. Henry Robinson découvre un jour le journal d'Isabella, ainsi que ses divers courriers, dont ceux échangés avec George Combe. Des écrits compromettants pour son épouse, qui l'amènent a demander d'abord en justice une séparation de corps. Un nouveau Tribunal civil des divorces, indépendant des instances religieuses, vient d'être créé quelques semaines plus tôt. Ce qu'attendait Robinson pour demander le divorce, et garder pour lui les finances d'Isabella. Entre-temps, il rameute leurs amis afin de les gagner à sa cause et trouve des témoins défavorables à sa femme. La preuve principale, c'est l'accablant journal intime d'Isabella, offrant des détails que l'on peut juger licencieux. Entre les deux parties, le combat s'annonce acharné...

Kate Summerscale : La déchéance de Mrs Robinson (Chr.Bourgois Éditeur, 2013) – Coup de cœur –

Même si les actuelles affaires de divorces sont compliquées, elles paraissent “ordinaires”. Ce qui n'était évidemment pas le cas dans la prude Angleterre victorienne, vers 1858. Se résumant au statut d'épouse, le rôle des femmes est alors socialement mineur. Certes, on ne leur interdit pas la culture, à travers d'aimables salons mondains, et il y a des femmes écrivains telle, ici, l'originale Mrs Crowe. Mais, par exemple, s'intéresser à la phrénologie semble anormal pour une mère de famille. Le cas atypique d'Isabella Robinson va encore plus loin. “Émotive et dépressive, ambitieuse et anxieuse, elle était perturbée par ses appétits sexuels”, une concupiscence attisant sa libido. Elle avoue que, outre Edward Lane, elle n'était pas insensible à deux précepteurs successifs de ses fils. Et c'est bien elle qui relance à plusieurs reprises le jeune médecin, jusqu'à obtenir ces ébats tant espérés.

En réalité, les désirs d'Isabella Robinson sont davantage romantiques, non pas ceux d'une nymphomane. Bien que le roman de Flaubert ne soit pas encore publié, elle est proche de l'esprit d'Emma Bovary. Ce qu'elle exprime dans son journal, de façon allusive quant aux relations sexuelles, c'est plutôt sa solitude rarement égayée par ses rencontres avec ses amis et Edward Lane. Une femme adultère ? On verra les conclusions de la justice. N'étant plus sous la tutelle religieuse, donc extrêmement moraliste et passéiste, le tribunal juge les faits. Une avancée considérable, figurant le début de ce que nous connaissons depuis. Le principe de la femme fautive (depuis Ève) et du mari victime n'est plus systématique. Le contexte social corseté et la psychologie, naissante à cette époque, sont également des éléments capitaux dans les mésaventures conjugales d'Isabella.

Comme dans son précédent ouvrage, “L'affaire de Road Hill House”, Kate Summerscale se sert de toutes les pièces du dossier qu'elle a collectées afin de nous présenter une parfaite reconstitution du sujet. C'est un récit vivant du petit univers d'Isabella Robinson qu'elle retrace, avec les détails opportuns. Tout ici explique le comportement de la jeune femme, en ce siècle où se développe la science et où les femmes veulent être mieux considérées, plus libres. Nul féminisme pour autant, l'auteure restant d'une neutralité objective. Même si le sort d'Isabella inclut une part de suspense, malgré ses airs de “polar historique”, ce n'est pas une fiction polardeuse. Tous simplement, un livre impressionnant par sa justesse et sa captivante tonalité. Cette fois encore (c'est exceptionnel), on peut accorder un “Coup de cœur” à cet ouvrage remarquable.

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 04:55

Né le 15 septembre 1947 à Elbeuf (Seine-Maritime), Roger Knobelspiess fut longtemps un authentique repris de justice, puisqu'il passa au total vingt-six ans en prison. Il a été de ceux qui approchèrent le truand Jacques Mesrine (1936-1979). Depuis sa dernière libération en 1990, Knobelspiess s'est consacré au cinéma et à l'écriture. Il a joué dans plusieurs films de Jean-Pierre Mocky, mais aussi pour Bertrand Tavernier, Vincent Ravalec, Jean-François Stévenin, etc. Il est l'auteur d'une bédé, “Mesrine, l'évasion impossible” avec Lounis Chabane (Casterman, 2007). Il a publié plusieurs livres, dont “Le dépanneur” (2003).

Ce qui rend cette histoire d'innocent en cavale très intéressante, ce n’est pas seulement son intrigue proprement dite. Néanmoins, les multiples péripéties traversées par le héros rendent sa mésaventure captivante. D'autant que la narration vive nous offre un récit bien rythmé. Surtout, on sent que l’auteur met une bonne dose de vécu dans cette fiction. Un certain nombre de portraits et de situations sonnent vrai. Dans une scène, il évoque avec émotion un détenu qu’il a sûrement connu. Et l’ombre de Mesrine plane toujours. C’est cette ambiance-là qui donne toute sa saveur à ce polar noir, et qui le rend crédible.

Roger Knobelspiess : Le dépanneur (Le Masque, 2003)

Jojo est dépanneur de voitures à Paris. Un soir, dans un parking souterrain, il se retrouve au milieu d’une fusillade entre truands et policiers. Il s’enfuit, avec une 406 en remorque. Par sa radio, il apprend vite qu’il est accusé d’avoir tué un policier. Traqué, il se réfugie chez son ami garagiste Marcel, ex-truand. Celui-ci l’emmène dans la propriété campagnarde qui lui sert de planque. En désossant la 406, ils découvrent cinq millions de dollars en billets. Marcel veut les garder, Jojo tient à rester honnête. La nuit suivante, un inconnu assomme Jojo, abat Marcel, et file avec l’argent. Le lendemain, Jojo prend la direction d'Orléans, où il est hébergé par un jeune couple insolite.

Retour à Paris. Jojo reçoit l’aide de Mouloud, patron de bar, et de sa famille. Puis il s’installe dans un petit hôtel du 20e. Deux tueurs sont à la recherche de Jojo. Mouloud les a repérés une première fois. Mais ils surgissent à nouveau alors qu’il a rendez-vous avec Jojo. La police intervient, arrêtant Mouloud, abattant un des tueurs est abattu, blessant l'autre. Jojo s’enfuit une fois de plus. Jeannine la Bordelaise, une prostituée, était une des rares personnes à connaître la propriété de Marcel. Il tente de la rencontrer, mais elle file sans lui parler. Un policier de l’O.C.R.B. pense également que Jeannine peut le renseigner. Il découvre qu’elle est déjà l’indic d’un de ses collègues, probablement ripou. Si force reste à la loi, Jojo a une chance de s'en sortir...

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 04:55

Bien avant le succès de “Effroyables jardins” (2000), Michel Quint débuta sa carrière de romancier en 1984 avec “Le testament inavouable” et “Mauvaise conscience” (Fleuve Noir, coll.Spécial-Police). Ce deuxième titre dénote une remarquable maîtrise des intrigues. D'une part, il s'agit d'un habile chassé-croisé entre une poignée de personnages, sur fond de désordre ambiant, mise en scène cataclysmique décrite avec subtilité. Tandis qu'on fuit le chaos, une course-poursuite s'engage. Roman d'action trépidant, on l'a compris. D'autre part, l'unité de temps est respectée. L'histoire se déroule sur vingt-cinq heures, du séisme à la conclusion. Bel exercice, loin d'être facile.

La construction du récit est impeccable. Avec des flash-back, où plane l'ombre du nommé Carbasi, et où la montgolfière figurant en couverture prendra son sens. Et puis, il convient de souligner l'écriture. Narration fluide, bien sûr, mais aussi stylée. En témoignent ces deux courts extraits, relatifs aux suites de la catastrophe : “Si nécessaire, on forcerait un peu le passage ici ou là. Parce que ça allait grouiller de docteurs, de flics et de curés. Histoire d'extrêmonctionner à tour de crucifix. De pillards, aussi. On allait se décorseter dans tous les coins […] Les ombres s'accusaient, plus encore parce qu'on allumait des feux, pour faire chauffer de l'eau et cuire quelques boites. Toute la verve méditerranéenne avait reparu sur les visages. Ça jouait presque au malheur, aux victimes de la fatalité qu'on voit à la télé, autour des popotes. Comme des gosses jouent à la marchande sur un pré, quand les parents les traînent à une barbecue-party.”

Certes, en trente ans, avec une quarantaine de titres, Michel Quint a démontré son talent d'écrivain. Néanmoins, bien que ces premiers romans n'aient pas été réédités, il ne serait pas mauvais de redécouvrir ses excellents suspenses des débuts.

Michel Quint : Mauvaise conscience (Fleuve Noir, 1984)

Samedi 16 août vers huit heures du matin, un puissant tremblement de terre secoue Aix-en-Provence. Beaucoup d'immeubles du centre-ville sont touchés. Il faut s'attendre à de nombreuses victimes. Émergeant d'un cauchemar perso, Paul-Jacques Sinibaldi se réveille pour constater le chaos qui règne. Par chance, son épouse Valérie et leurs deux enfants ne sont pas dans l'appartement. Ils séjournent dans leur villa de Pierrevert. P.J.Sinibaldi est le propriétaire d'un important garage d'Aix hérité de son défunt père, qu'il a développé. Homme d'action et de décisions, il s'empresse de quitter l'appartement sinistré. Il sauve sa voisine Lydie, femme du dentiste, d'une tentative de viol. Il lui fixe rendez-vous afin de fuir ensemble la ville dans quelques heures. Entre-temps, P.J. participe aux secours près de l'immeuble. Puis il rejoindra son garage pour y emprunter une grosse voiture. Pourtant, la suite ne se résumera pas à rejoindre tranquillement son épouse avec Lydie.

De leur côté, la blonde étudiante Rita, son petit ami Pierrot et leurs quatre copains allaient rentrer après une nuit festive, quand se produisit le séisme. Puisque la joaillerie devant laquelle ils passent est éventrée par le tremblement de terre, autant qu'ils se servent. Ils sont bientôt rejoints par Ettore Muginello. C'est un ancien footballeur pro, sélectionné en Équipe de France, qui dut abandonner sa carrière à cause d'une blessure. Il est devenu homme d'affaires, gérant une équipe de prostituées dévouées. Il se livre aussi à un trafic de drogue, pour le compte du caïd appelé “Monsieur”. Ettore sauve les apparences en menant une vie bourgeoise avec sa maîtresse Martine. Profitant de l'occasion, il s'associe avec la bande de Rita, s'appropriant un copieux lot de bijoux. Il n'a pas l'intention de partager le butin avec eux, sûr de pouvoir se débarrasser de ces jeunes le moment venu. Pour écouler les bijoux, il doit contacter “Monsieur” via la prostituée Mélissa.

Originaire de Roubaix, âgé de quarante-cinq ans, grand buveur de bières, le commissaire Hubert Imbert s'intéresse modérément au chaos provoqué par le séisme. Avec son adjoint Mercurey, il veut coincer les grossiums d'un réseau de drogue particulièrement organisé. Son fil conducteur, même s'il n'a pas de preuve de son implication, c'est Ettore Muginello. Quand le duo de flics débarque chez celui-ci, tout le monde est parti. Non sans laisser des traces du cambriolage de la joaillerie, et un cadavre encore chaud. Un cahier de recettes de cuisine apparaît mystérieux au policier Imbert. Ça mérite d'être décrypté, mais il leur faut d'abord interroger Mélissa. Un des amis de Rita s'est cru assez malin pour filer seul avec le butin, dans la BMW d'Ettore. À cause d'un accident, alors que ses copains sont déjà sur sa piste, il va tenter de voler une autre voiture dans le garage de P.J. Sinibaldi. Rejoindre le refuge de P.J. à Pierrevert s'annonce un voyage tumultueux...

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 04:55

Dans ces chroniques quotidiennes, je n'ai aucune raison de parler de moi. Pour une fois, je vais pourtant raconter une anecdote me concernant. Elle n'est pas comique, tant pis. Ça commence par une très agréable journée estivale. Ce jeudi 8 août 2013, je recevais des amis Vosgiens, les Villemin. Ça n'engage à rien de citer leur nom de famille, puisque près de la moitié des habitants des Vosges s'appellent ainsi. Qu'on se rassure, il ne sera pas question de “l'affaire Grégory (Villemin)”, bien trop médiatisée pour laisser une place à la vérité des faits. Non, depuis des années que je n'avais plus rencontré ces amis chers, nos conversations ont abordé divers sujets. Quand ils me racontent une histoire se passant “du côté de Bussang”, je rebondis. Car, à mi-chemin entre Remiremont et Bussang, se trouve Saint-Maurice-sur-Moselle. Où vit un de mes romanciers préférés, Pierre Pelot. “Ah oui, il écrit pour Vosges-Matin, des textes assez affirmés” répondent les Vosgiens. Textes d'écrivain trop libre d'esprit sans doute, car j'ai appris par la suite que Pierre Pelot a été viré de ce journal au printemps. (Sa chronique sur ce sujet est ici)

Mes amis Vosgiens sont repartis, après une de ces journées qui font du bien au moral.

Tiens, me dis-je, voilà quelques temps que je n'ai plus lu Pierre Pelot. Je sais avoir sous la main, enfin sans trop chercher, un de ses vieux romans destinés à la jeunesse. “Sierra brûlante”, une aventure de son personnage fétiche, Dylan Stark. Le vingt-et-unième opus de cette série, publié dans la collection Plein Vent en 1971. Le résumé qui suit n'est pas de mon cru, mais de Raymond Perrin (“Dylan Stark 2”, Éd.Lefrancq 1998) : « Dylan, toujours solitaire, connaît une chasse aussi injuste, mais plus tragique, que celle qui visait un Noir un an plus tôt. Cette fois, c'est en pleine sierra brûlante que s'est réfugié un Indien Navajo échappé de sa réserve, avec sa femme et son enfant, en volant un cheval dans un ranch. Mais Walker, le propriétaire, se tue accidentellement en poursuivant l'Indien et, aussitôt, son fils organise la poursuite pour retrouver celui qu'il croit être l'assassin de son père. Des poursuivants rivaux sont prêts à tout pour toucher mille dollars, même à tuer lâchement l'Indien Oola, incapable de se défendre par les mots ou par les armes devant l'inexorable pouvoir blanc. Après la traversée tragique d'un désert torride, Dylan se retrouve avec un enfant sur les bras, dans le soleil mourant, sur la place de Jarales. »

Pierre Pelot, Dylan Stark et Dylan Pelot...

 

 

Les admirateurs de Pierre Pelot savent probablement qu'il a un fils, né le 21 juin 1969, qui a été doté du double prénom de son père et de celui du personnage : Pierre-Dylan Pelot. Il a également reçu en héritage la fibre artistique de son papa écrivain, le fils étant un dessinateur inspiré.

En parallèle de ma lecture, je me renseigne sur l'actualité de Pierre Pelot. En avril 2013, il a publié chez Fayard “La Ville où les morts dansent toute leur vie”, son 178e titre. Lisons ce qu'en dit l'éditeur : « À l’Est règne la dévastation, la terre n’est plus que tumulte. Arrachée à ses racines par ce désastre, une jeune schizophrène est confiée à Grange, un dessinateur solitaire qui pourrait bien être son père. Mais l’homme refuse d’assumer cette enfant dont le corps de femme et l’originalité le troublent. Il décide alors de tout braver, quitte à tout perdre, pour la rendre à son pays imaginaire. “La Ville où les morts dansent toute leur vie” est un road book onirique et obsédant. Pierre Pelot y entremêle ses passions pour le fantastique et le western, le roman noir et d’amour. Il nous offre un personnage inoubliable, Léonore, résolue malgré tous les obstacles à retrouver une terre connue d’elle seule, où elle peut enfin se sentir vivre. “La Ville où les morts dansent toute leur vie” est un roman illustré. Le dessin de couverture est signé Manu Larcenet. »

Cette petite recherche sur Pierre Pelot m'apprend une autre info, bien plus dramatique. Pierre-Dylan Grosdemange, alias Dylan Pelot, est décédé d'une rupture d'anévrisme le 22 janvier 2013 à Nancy, près du parc de la Pépinière. On est de tout cœur avec Pierre Pelot dans cette terrible épreuve. Il a souvent illustré la cruauté de la vie dans ses romans. Il faut lire ici la belle chronique qu'il a consacré au départ brutal de son fils, âgé de quarante-trois ans.

 

Parmi les créations de Dylan Pelot, “La nuit de l'invasion des nains de jardin venus de l'espace”, un court-métrage (parodique) réalisé en 1997.

http://youtu.be/IVnsn21HdCo

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 04:55

En 1870 à Londres, au cœur de l'époque victorienne, pas si florissante pour la population modeste. Le policier William Monk est commissaire de la brigade fluviale, à Wapping. Son épouse Hester, infirmière confirmée, dirige une clinique à Portpool Lane. On y soigne des femmes du peuple. Le couple a adopté Scuff, ex-gamin des rues âgé de treize ans, qui fut victime dans une affaire précédente. C'est d'ailleurs plutôt Scuff qui a adopté le couple. On informe Hester d'un cas pouvant ressembler à une grosse escroquerie. Dans son église londonienne, le révérend Abel Taft est un homme inspirant confiance. Il récolte des dons de ses paroissiens pour les nécessiteux, en particulier destinés à des pays étrangers. Il semble que Taft investisse dans des maisons avec cet argent, alors que les donateurs peu riches s'endettent fortement. Le révérend et son assistant bénévole Robertson Drew se montrent très persuasifs. Le comptable expérimenté de la clinique, Squeaky, ne tarde pas à dénicher les habiles rouages de l'arnaque. Les paroissiens alertés ont porté plainte.

Oliver Rathbone a été nommé juge à l'Old Bailey depuis environ un an. Si ce magistrat a démontré sa probité et ses qualités, il reste perturbé par un lourd dossier qui provoqua sa séparation d'avec son épouse. Il s'inquiète aussi pour son vieux père, Henry Rathbone, même si celui-ci apparaît encore vaillant. Le juge est peu sûr de lui le jour où on lui confie le procès de l'affaire Taft. Au départ, bien qu'ami du couple Monk, Oliver Rathbone ignore que c'est Hester et son comptable qui sont à l'origine des preuves figurant au dossier. Le détournement de sommes importantes est évident. Tandis que les paroissiens escroqués ne cachent pas leur mécontentement, Taft prétend avoir reversé tout l'argent comme il s'y engageait. Gavington, son avocat de la défense, s'avère efficace et offensif. Il affirme que l'on persécute injustement son client, et souligne le rôle discret d'Hester dans l'affaire. Le témoignage de Robertson Drew, bras droit de Taft, indique l'honnêteté du révérend. On va vers un probable acquittement, d'autant que l'accusé est également convaincant.

Dans la précédente affaire qui le préoccupe toujours, le juge Rathbone se souvient qu'il existait des photos pédophiles, encore en sa possession. Dont l'une concerne un témoin-clé du procès en cours. Après avoir hésité, Rathbone transmet le cliché à l'accusation, qui va la produire en public. L'avocat Gavington n'avait guère déstabilisé Hester lors de son témoignage. Cette fois, le défenseur voit l'acquittement s'éloigner. Cette nuit-là, Abel Taft se suicide après avoir assassiné son épouse Felicia et leurs deux filles. Ce qui vaut au juge Rathbone d'être accusé d'entrave à la justice, et d'être emprisonné. Tandis que son père Henry engage un avocat de Cambridge, William et Hester Monk cherchent le moyen de disculper Oliver Rathbone. S'étant toujours méfié du fameux témoin-clé, le jeune Scuff va les aider. L'adversaire est rusé, restant mal soupçonnable, mais les Monk sont tenaces...

Anne Perry : Une question de justice (Éd.10-18, 2013) – inédit –

On peut compter sur Anne Perry, auteure d'une soixantaine de romans, pour nous offrir de bonnes intrigues. C'est la dix-neuvième aventure (inédite) de la série qu'elle consacre à William Monk et à son entourage. Le sujet est une escroquerie à la charité par un homme d'église peu scrupuleux. Abus de confiance envers des gens devant s'endetter, voilà qui mérite une sanction exemplaire. Toutefois, le thème proprement dit concerne surtout la position complexe des juges.

Ceux-ci possèdent un réel pouvoir et même, dans le cas présent, des preuves accablantes. Pourtant, aussi compétent soit-il, le juge est un être humain avec ses soucis privés, et ses interrogations. Étant seul, il risque l'erreur d'appréciation, qui peut entraîner une réaction de désespoir d'un accusé. Avec un tel contexte, il est évident qu'un tempo narratif rapide ne conviendrait pas. Si la première partie entre dans la catégorie des “romans de prétoire”, on s'oriente ensuite vers une “enquête” plus parallèle qu'officielle. On s'installe avec un plaisir certain dans la lecture de ce polar historique de belle qualité.

 

Anne Perry sera en France à l'automne 2013. Ses lecteurs pourront la rencontrer à la Librairie de Paris (Paris 17e) le mardi 1er octobre, à la Librairie Le Failler (Rennes) le mercredi 2 octobre, à la Librairie Coiffard (Nantes) le jeudi 3 octobre, à la Librairie Mollat (Bordeaux) le vendredi 4 octobre, et au Festival “Lire en poche” de Gradignan (33) le week-end des 5 et 6 octobre.

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