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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 06:08

 

Aux éditions Plon, la collection Nuit Blanche nous propose son deuxième titre,Le fils des brûlésde Laurent Brard. D’abord, petit résumé de l’intrigue…

Sarole est une commune rurale d’environ dix mille habitants. Sa sœur Thania s’y étant installée avec sa famille, le policier Oscar Bellem a obtenu un poste dans cette petite ville tranquille. Jamais il n’a eu de véritable vocation pour ce métier, lui qui voulait devenir scénariste pour le cinéma. Douze ans plus tôt, un drame démontra publiquement son incompétence. Si on ne la viola pas, la jeune Cécilia fut sauvagement assassinée et mutilée. Le meurtrier ne fut jamais identifié. S’il avait réagi au lieu de suivre la procédure, Bellem aurait peut-être pu sauver la victime. L’affaire médiatisée condamna le policier à se faire oublier, au gré des affectations. À Sarole, même si un article de presse a rappelé le cas Cécilia, il espère tourner la page. La famille de Thania, son copain de bistrot Bernard et sa fille Lilie, psychologue, l’y aideront. Il va démissionner de la police.

BRARD-2010Bellem reçoit sur sa messagerie Internet des courriers anonymes provocateurs. Ces mails ne sont pas qu’une mauvaise plaisanterie. “Cette histoire sentait la menace, beaucoup plus que le canular ou le fiel. La précision du propos lui sautait maintenant aux yeux. Chaque phrase faisait mouche.” Bientôt, l’inconnu qui signe le Fantôme prend contact avec Bellem, en échangeant via Internet. Il affirme que l’affaire Cécilia trouve son origine à Sarole. Deux cent cinquante kilomètres séparent pourtant Talernes, ville où a eu lieu le crime, et Sarole. La seule affaire marquante ayant agité la petite ville fut celle de “la maison des brûlés”. Ce jour-là, le lycéen Antoine Foubert rentra à la ferme familiale animé d’une détermination meurtrière. Il n’avait plus peur de son père tyrannique. Il l’abattit sans hésitation, avant de supprimer sa trop passive mère. Puis, Antoine s’enfuit dans la voiture paternelle. Il fut arrêté plus tard, à Paris.

Bellem s’interroge sur le message téléphonique anonyme qu’il a reçu. De vieilles croyances ne l’aideront pas à comprendre, à savoir de qui ou de quoi se méfier. Bernard et ses amis se souviennent de l’affaire locale, précisant que la maison ne fut brûlée que quelques temps après le double meurtre. C’est la date du double meurtre qui frappe Bellem. Oui, il existe bien un lien avec Cécilia. “Ça ne te suffit pas de faire des rapprochements vaseux entre ta Cécilia et nos cramés, il faut en plus que tu te mettes à croire que tout le monde trempe là-dedans. Non, mais tu débloques ou quoi ?” lui reproche son ami Bernard. Bellem ne peut compter sur le soutien de son supérieur Castaldo, mais son collègue Delorme est prêt à l’aider. La piste d’une symbolique Croix de Malte est bien fragile.

Retrouver la trace d’Antoine ne suffit pas. Définir le rôle du curé de Sarole, briser l’omerta locale, découvrir qui est ce fantôme qui rôdant en ville et s’introduisant chez lui, mission difficile que Bellem s’est assignée. “Pour un flic sur le point de mettre un terme à sa carrière, il avait mis du cœur à l’ouvrage. En toute conclusion, il se retrouvait au point de départ. Des soupçons, mais pas de preuves, pas de témoignages, pas d’aveux. Le dossier Cécilia restait vide, et le lien supposé avec l’affaire Foubert s’effilochait de jour en jour (…) Au bout du rouleau, Bellem n’espérait plus rien.”

L’histoire baigne dans une atmosphère fort bien décrite. Même si l’idée de "petite ville où tout le monde se connaît, et où il ne se passe jamais rien" reste une vision citadine d’une ruralité quasi-disparue. Néanmoins, l’ambiance de cette bourgade endormie craignant de réveiller de troublants secrets s’avère de bon aloi. Le flic désabusé hanté par un épisode de son passé est un personnage classique du polar. Parvenir à crédibiliser ce genre de héros nécessite une bonne maîtrise d’écriture. Ici, on nous montre les failles du policier, ses angoisses et ses doutes, mais aussi son besoin tenace de faire la lumière avant de changer de vie. Ce portrait nuancé nous permet de sympathiser avec lui. Reconstituer le lien incertain entre deux affaires, savoir qui souhaite que soit relancée une enquête, importe davantage que d’établir la culpabilité de tel ou tel. La narration étant fluide, on est vite captivé par les mystères de ce très bon suspense.

Cliquez ici  sur l'article présentant la collection Nuit Blanche 

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commentaires

pyrausta 29/07/2010 21:25


je viens de prendre connaissance de cet ecrivain..il m'intrigue ..je fais des recherches et je tombe sur ton blog...alors je ne peux qu'etre encore plus convaincue d'aller plus loin.


Claude LE NOCHER 30/07/2010 07:07



Salut Pyrausta,


On tombe toujours sur Action-Suspense quand on veut des infos sur un bon polar (Ouh, là, j'ai la tête qui enfle, moi). Un peu plus sérieusement, je confirme avoir
apprécié le climat de ce roman de Laurent Brard. Après une nouvelle primée au Festival du Havre, bon début avec ce premier roman pour un auteur qui me semble avoir de l'avenir.


Amitiés.



Pierre FAVEROLLE 20/05/2010 11:17


Je devrais le lire la semaine prochaine, car le sujet me plait bien. Ton article me confirme dans mon choix. A propos, j'ai fini La maison où ... et c'est super, alors merci de cet excellent
conseil. A bientôt


Claude LE NOCHER 20/05/2010 15:19



Salut Pierre,


Ma difficulté, surtout concernant des auteurs encore inconnus, c'est d'estimer les qualités d'un livre sans risquer de décevoir les futurs lecteurs. J'essaie de
retenir les "bons" et les "très bons", sans être sûr quelquefois que ça s'adresse à un public large. Néanmoins, quand un roman me captive dès les premières pages, c'est très bon signe. Même
lorsqu'on lit plus que la moyenne, il faut essayer de conserver l'esprit du lecteur lambda. Sinon, on devient un puriste, un élitiste, ce qui n'a plus guère d'intérêt. Restons dans l'esprit du
public de vrais lecteurs, c'est ainsi que l'on peut transmettre quelque chose...


Amitiés.



Serge 31 19/05/2010 00:40


Une nouvelle collection, c'est toujours une bonne nouvelle pour un lecteur. Bravo pour ton travail de fourmi.Reste à convaincre les libraires, petits et grands, car, jusqu'à présent, je n'ai pas vu
grand chose de cette collection sur les étaux... Amitiés.


Claude LE NOCHER 19/05/2010 07:15



Salut Serge,


Apres Thierry Brun ("Surhumain"), le roman de Laurent Brard est donc le deuxième de cette collection qui s'installe. Deux autres titres suivent le mois
prochain. S'agissant de "grands formats", ils ne sont peut-être pas (encore) mis en valeur comme peuvent l'être les stars du thriller. Pourtant, cette "nouvelle génération d'auteurs" (la formule
n'est pas exagérée) mérite un vrai coup de pouce. Comme d'habitude, les "cultureux" ne découvriront ces talents que dans quelques mois, quelques années, suite à un Prix littéraire ou à
une polémique dans le Nouvel Obs. Mais les vrais lecteurs, eux, aiment détecter les auteurs de qualité. C'est bien le cas ici.


Amitiés.



Laurent Brard 18/05/2010 10:56


Merci, monsieur Claude Le Nocher, pour ce tout premier article sur Le fils des brûlés. J'en suis très touché. J'ai en effet voulu "jouer" dans un espace de liberté. D'où cette bourgade imaginaire
et ces personnages "marqués", parfois en dehors du temps, souvent en dehors de toute réalité... Mais, au bout du compte, je voulais revenir à la raison, donner sens aux événements et aux actes, ne
pas laisser le dernier mot aux croyances, aux légendes, aux rêves, aux fantasmes ou à la folie. Au-delà des crimes et de la nécessité d'identifier un coupable, une question me taraudait autant
qu'Oscar Bellem : Pourquoi ?
Merci encore et bon vent à Action Suspense.
Laurent Brard.


Claude LE NOCHER 18/05/2010 11:34



Bonjour,


Que votre roman connaisse un beau succès, voilà ce que je vous souhaite. Il le mérite, si je ne le pensais pas, je ne l'aurais pas lu et chroniqué.


J'attends toujours LE roman qui saura utiliser en thème central, analyser voire disséquer, le sujet de la calomnie par la rumeur. Dans notre monde actuel avec
les repères (ou le manque de repères) d'aujourd'hui. Un décor de petite ville s'y prête, non pas "parce que tout le monde se connaît" , mais au contraire parce qu'on y vit désormais entre
relations superficielles et anonymat, avec (entre autres) la complexité des "groupes familiaux" de notre époque et de l'instabilité professionnelle.


Ce n'est pas une suggestion, juste l'idée que vous sauriez développer une intrigue bien pensée dans ce contexte.


Amitiés.



mazel 18/05/2010 10:42


livre actuellement en partenariat chez livraddict... inscrite... à cause de cet article tentateur...
bonne journée


Claude LE NOCHER 18/05/2010 11:15



 Oui, Mazel, si Livraddict le propose, saisissez-le ! Je doute qu'il vous déçoive...


 



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