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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 04:55

Vigo Vasquez, surnommé Le Noir, “un chef de bande, un bandit sans foi ni loi comme on n'en faisait plus. Un tueur.” Belle réussite, quand fut arrêté ce truand aujourd'hui âgé de cinquante-quatre ans, emprisonné en Alsace. En plus de diriger son gang, Vigo était aussi un pédophile et un tueur en série d'enfants. Après que plusieurs juges d'instruction aient échoué, l'affaire fut rondement menée par l'ancien patron de la P.J., Rollin. Succès qui lui a permis de monter en grade, devenant préfet de police. Le policier Erwan Lauterbach participa à la conclusion de cette enquête. Pour lui, le bilan est nettement plus mitigé. Il est veuf, père d'une fillette de quatre ans qu'il élève avec sa propre mère.

Divorcée du mafieux corse Matéo Rizzo, Nathalie Ruiz fit partie des avocats de Vigo Vasquez. Si ses défenseurs furent souvent efficaces, impossible de le sortir du pétrin cette fois. Meurtres de plusieurs enfants, ça ne pardonne pas. D'autant qu'un témoin capital, le malchanceux Elvio Vitalli fit pencher finalement la balance de la Justice. Sans états d'âme, le juge Tranchant condamna Vigo Vasquez. D'ailleurs, il existait des preuves, et l'ADN du coupable fut retrouvé autour d'un des crimes. Toutefois, on pouvait se demander comment un tel cador du grand banditisme s'était abaissé à tuer une série de gamins. Rollin masqua habilement ce genre d'interrogations, l'essentiel étant d'avoir capturé le fauve.

Cinq enfants viennent d'être séparément kidnappés, avant d'être séquestrés ensemble sur un bateau. Pas n'importe quels mômes, d'où l'obligation faite aux parents de garder secret ces enlèvements. Il s'agit de la fille de Nathalie Ruiz et de Matéo Rizzo, de celle du juge Tranchant, de la fillette du policier Lauterbach, des fils de Rollin et d'Elvio Vitalli. Le responsable des ravisseurs s'est bientôt manifesté : c'est Vigo Vasquez, qui est parvenu à s'évader de prison grâce à des circonstances particulières. Il exige que la vérité soit faite, que les parents avouent leurs fautes, car il confirme n'être pas le tueur. Le préfet Rollin entend mener l'affaire à sa manière, interdisant que les autres parents interviennent.

Parmi les captifs, le fils Vitalli et la fille de l'avocate envisage de s'enfuir. Échec partiel, car ils ignorent dans quel port ils sont. Matéo Rizzo, l'ex de Nathalie Ruiz, reste un homme d'action, et ne compte que sur lui-même pour retrouver leur fille. Erwan Lauterbach suit la même piste que le Corse, dans un bar servant de repaire à des truands. Bien qu'ils n'aient pas les mêmes valeurs, l'objectif de sauver leurs filles les réunit. De son côté, un ancien flic enquête pour le juge Tranchant, suivant la piste de jeunes Gitans. Lauterbach et Rizzo débarquent dans un port de la Mer du Nord, où une certaine Marie-Louise Mariani semble avoir un rôle dans l'organisation de Vigo Vasquez. L'enquête mouvementée du duo va les mener jusque dans un club de vacances en Belgique…

Jacques-Olivier Bosco : Quand les anges tombent (Éd.Jigal, 2014)

Films policiers, romans noirs, d'Auguste Le Breton ou André Héléna à nos jours, sûrement un peu de Michel Audiard, Jacques-Olivier Bosco s'est nourri d'une large “culture polar”. Il en connaît toute la mythologie. Aussi bien ce qui concerne le grand banditisme, les destins fatals des losers, sans oublier les corrompus de tous poils. Il n'ignore pas qu'un roman d'action ne captive les lecteurs que s'il est réellement percutant. Mettre en harmonie un tempo très rythmé et une intrigue de bon niveau n'est pas un exercice si facile. Le scénario se doit d'être vraiment solide, et les personnages absolument convaincants. Cet équilibre, Jacques-Olivier Bosco l'obtient dans les aventures agitées qu'il nous raconte ici.

Bien que soient en cause des meurtres d'enfants puis un quintuple kidnapping, il n'est pas question de tomber dans le pathos. Si le truand et ses acolytes sont des durs, les parents restent également déterminés. Moins froidement que l'adversaire, mais avec volonté. Le cas du manipulateur et cynique préfet Rollin ne nous est pas caché. Ambiance tendue, qui n'empêche pas des pointes d'humour. Un enquêteur parallèle se nomme Burma, non pas Nestor mais René Burma. Outre les clins d'œil à quelques amis, notons des passages tels que celui-ci : “La salle était vide, des patères aux murs (…), des douches à faire peur à Stephen King lui-même, avec leur carrelage de boucherie et la tuyauterie rouillée et tordue.” Ces sourires sont complémentaires d'une histoire sombre mais vivante, possédant tous les ingrédients qui séduiront les amateurs des meilleurs polars.

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commentaires

Yv 28/09/2014 09:13

Salut Claude,
Ah ah, moi aussi je le lis bientôt, je ne m'inquiétais pas, parce que jusqu'ici j'ai beaucoup aimé les livres de JOB, et ton article me fait juste saliver un peu plus.
Amicalement,

Claude LE NOCHER 28/09/2014 09:37

Salut Yves
JOB pourrait bien devenir une "valeur sûre" du polar, avec ses solides romans qui ne déçoivent pas. Comme tu le sais, il faut trois éléments pour réussir un vrai polar : 1° un bon scénario, 2° un bon scénario, 3° un bon scénario. C'est le cas ici. Amitiés.

Boris 27/09/2014 01:03

Gigal me l'a envoyé ainsi que deux autres parution. Quand prendrai-je le temps de lire tout ça ?

Claude LE NOCHER 28/09/2014 09:33

Les bons romans ne manquent pas, cher Boris.

Boris 28/09/2014 01:18

Ok, je vais le garder sur la pile à lire. 'ai aussi reçu le nouveau André Fortin et 'Une terre pas si sainte' de Pierre Poucharet. mais j'ai encore tant de choses à lire !

Claude LE NOCHER 27/09/2014 06:09

Salut Boris
Non, il est impossible de lire tous les romans proposés, c'est vrai. On fait un certain tri, en essayant de ne pas rater les meilleurs ou les plus excitants. D'ailleurs, j'avais fait l'impasse sur cet auteur, au début. Je me suis aperçu de mon erreur. Amitiés.

Oncle Paul 26/09/2014 16:39

Bonjour Claude
Comme Pierre F (il se reconnaitra !) ce roman est bien placé en tête de lecture. Quant à ta remarque sur les travaux des Universitaires je la partage. Le plaisir reste dans le ressenti lors d'une lecture, et ce n'est pas lisant les articles des universitaires, souvent confus et abstrus (les articles), que je vais m'écrier Ah, oui ce roman est bon parce que, parce que .... C'est au moment de la lecture que la mayonnaise prend ou pas. Enfin, ce n'est que mon avis, et il est peut-être lui aussi confus.
Amitiés

Claude LE NOCHER 26/09/2014 16:58

Salut Paul
Ton opinion est parfaitement exprimée. Cette notion de plaisir est capitale. Quand on regarde un film, c'est d'abord pour le scénario et le jeu des acteurs. L'aspect technique, les détails de mise en scène, ça ne vient qu'après. C'est évidemment le cas aussi pour les romans. Joli découpage scénique ? Oui, on l'a remarqué. Mais sans intrigue solide, sans péripéties, c'est zéro. Alors que, par exemple dans le roman ici présent de JOB, on a les deux. Les universitaires ont leur rôle à jouer, respectable bien sûr. Mais notre position reste celle du lecteur. Amitiés.

Philippe 25/09/2014 17:52

Bonjour M. Le Nocher, M. Faverolle,

M. Bosco, mes louanges se joignent à celles déjà exprimées.

Savez-vous à propos de film noir que le numéro 151 de la revue Cinémaction ( éditée par Charles Corlet en Normandie, qui fait aussi les Editions du Valhermeil pour ce qui est du Val d'Oise, où votre ami Roland Sadaune est publié ) est paru le 18 septembre ?
Intitulé " Panorama mondial du film noir " , par Delphine Letort ( auteur, déjà évoqué ici, de " Du film noir au néo-noir 1941 - 2008 " , l'Harmattan, 2010, d'après sa thèse à l'Université de Rennes ).

http://www.corlet-editions.fr/cinemaction-151-panorama-mondial-du-film-noir,fr,4,4634.cfm

http://www.corlet-editions.fr/site/telechargements/CinemAction151-sommaire.pdf

Puisque vous citez un passage où il est question de douches à faire peur à Stephen King, connaissez-vous le livre documentaire que j'ai découvert et acheté voici quelques mois, " La Fille derrière le rideau de douche " ?
Par Robert Graysmith, journaliste qui est le spécialiste de l'affaire du Zodiac, ce tireur jamais identifié qui terrorisa la région de San Francisco dans les années 1960 - 1970.
Il est question de Marli Renfro, actrice et mannequin qui - je l'ai appris par ce livre - doublait Janet Leigh dans la scène célèbre de la douche de " Psychose " ( 1960 ) d'Alfred Hitchcock. C'est son corps à elle que voit le spectateur.
Graysmith rapporte qu'on a longtemps cru que Marli Renfro avait été victime d'un meurtre en 1986, mais qu'il l'a retrouvée bien vivante.

http://www.amazon.fr/gp/product/2207116573/ref=olp_product_details?ie=UTF8&me=

Editions Denoël.

Par ailleurs, en regardant avant-hier le journal télévisé de France 3 à midi, j'ai eu connaissance d'une BD que je suis allé acheter hier et que je recommande.
Tomes 1 ( janvier 2014 ) et 2 ( mai 2014 ) chez Delcourt de " 22 ! L'enquête explosive ".
Dessins de Thierry Chavant.
Scénario de Chauvel, scénariste professionnel de BD, et d'Olivier Le Bellec, pseudonyme d'un flic de la BRB ( Brigade de Répression du Banditisme ) qui bien sûr ne peut pas révéler son vrai nom et a le visage flouté en interview à la télé.
Les albums ne racontent pas seulement l'affaire principale, celle d'un grand truand braqueur au physique à l'opposé de ce qu'on imaginerait - il est pas très grand, bedonnant, très poli avec les personnes âgées, lui-même âgé de plus de 60 ans, mais agit à moto avec un casque intégral comme des braqueurs plus jeunes - . Mais aussi le quotidien des flics de la BRB ou de Police-Secours.
Un père qui vient au commissariat accompagné de sa fillette. Et dit " Il l'a violée ! " à la policière, qui croit d'abord qu'il s'agit de la fillette. Avant que l'homme ne dise que c'est sa femme qui a été violée par un homme sur le chemin vers l'immeuble où habite la famille. Quand la policière demande où est la femme, à l'hôpital peut-être, l'homme finit par dire qu'il a tué sa femme puisqu'il l'estimait salie par son viol.
Il y a aussi une femme qui dit à la patrouille avoir été victime d'un vol, de sorte qu'ils poursuivent le voleur jusque dans le métro avec un affrontement sur le quai.
Ou encore une intervention au domicile d'un couple qui a tout le temps des disputes conjugales mais finit toujours par se réconcilier, la femme ne portant pas plainte contre son mari. Ce qui s'est répété de multiples fois. Jusqu'à ce que vers la fin du tome 1, je ne sais plus très bien, le mari finisse par la tuer par un coup de trop, ou au contraire la femme par le tuer.

http://www.amazon.fr/gp/product/2756039489/ref=olp_product_details?ie=UTF8&me=

http://www.amazon.fr/gp/product/2756049565/ref=olp_product_details?ie=UTF8&me=

A propos de Denoël, on sait que l'auteur britannique d'origine hongroise Gitta Sereny ( 1921 - 2012 ) avait consacré un livre à l'affaire de la petite Mary Bell, qu'elle a suivie dés le début en 1968 à Newcastle. Première édition française chez Denoël en 1974, plusieurs rééditions.
En 1998, 30 ans après les faits, Gitta Sereny avait revu Mary Bell et avait fait avec elle le bilan de sa vie, mère d'une fille. D'où un nouveau livre, une actualisation avec beaucoup plus d'annexes ( Mary Bell et sa fille ont obtenu de la justice que toute leur vie durant ne soient pas divulgués les noms sous lequel elles vivent ) .
Et une comparaison avec d'autres affaires survenues depuis, notamment le meurtre du petit James Bulger en 1993 à Liverpool, et le traitement qu'ont eu les deux jeunes garçons.
L'histoire de Mary Bell a entre autre inspiré un épisode de Law and Order ( New York Police Judiciaire ) , " Killerz " ( avec un " z " ) en 1999.
Ou un épisode de la série dérivée " Londres Police Judiciaire " il y a 2 ou 3 ans.
Pour en revenir au livre de 1998, sauf erreur possible, c'est seulement maintenant en septembre 2014 que vient de paraître sa première édition française, aux éditions Plein Jour.
" Une si jolie petite fille - Les crimes de Mary Bell "

http://www.amazon.fr/gp/product/2370670045/ref=olp_product_details?ie=UTF8&me=

Cordialement

Claude LE NOCHER 25/09/2014 20:53

Bonjour Philippe,
Vous évoquez " Panorama mondial du film noir " de Delphine Letort, ouvrage sans nul doute digne du plus grand intérêt. Du moins, pour qui cherche une approche strictement analytique du cinéma. Car ce sont des dossiers traités uniquement par des universitaires qui sont présentés ici. Soyons clairs, pas de procès d'intention à m'adresser, j'éprouve le plus grand respect pour les universitaires. Je veux juste dire que le cinéma ou le roman, c'est pour la majorité des gens une question de plaisir. Pas seulement genre : j'aime, j'aime pas. Mais l'envie et la curiosité sont une source de ce plaisir recherché par le public.
Prenons un exemple. J'ai tardivement visionné le film "Bob le flambeur", que je connaissais évidemment de réputation, hautement recommandé par les universitaires. C'est un ami (Jean-Pierre Ferrière, pour ne pas le nommer) qui m'a offert le DVD. Plaisir du cadeau, plus ma propre maturité, voilà pourquoi j'ai apprécié ce film (que j'aurais sûrement moins "évalué positivement" plus jeune). Cette notion est inexistante dans les ouvrages analytiques, par la force des choses.
Dans son nouveau roman, JOB cite "Les hauts-murs" et "La loi des rues" d'Auguste Le Breton. Ce sont des livres, très largement autobiographiques, qu'il faut lire quand on a soi-même une petite expérience de la vie. Et qu'il ne faut pas "analyser" en scientifiques ou en sociologue, car c'est "à prendre où à laisser" : vous comprenez le parcours de ces voyous en herbe, ou pas. Je crois que c'est dans "La sentinelle aveugle" que Robert Hossein raconte aussi son enfance : même conclusion.
Attention, il ne s'agit surtout pas de "reprocher" aux universitaires d'étudier le roman noir, le film noir, ou (comme ce fut le cas) l'œuvre de San Antonio / Frédéric Dard. On voudrait juste qu'ils y mettent (parfois, souvent) des notions touchant davantage le public. Vous citez la scène de la douche, dans "Psychose". N'est-ce pas là le plus éloquent exemple ? Cette scène, nous ne l'analysons pas, nous la vivons en tant que spectateurs. Le corps de Janet Leigh ou de Marli Renfro ? Oui, bien sûr. Mais le choc de la scène prime tout.
Par ailleurs, et pour conclure, je suis sûr que la BD "22" ne manque pas de qualités. Question perfide, mais pertinente à mon avis : pourquoi cette nouvelle habitude depuis quelques années, de publier en deux tomes un récit unique ? Pour faire croire aux lecteurs que chaque album coûte moins cher ? Cela me laisse sceptique, et m'a parfois incité à ne pas acheter. Mais sans doute fais-je du mauvais esprit ?
Amitiés.

jacquesolivier 25/09/2014 08:44

Bonjour Claude et merci pour cette très belle chronique et surtout la reconnaissance du travail scénaristique et sur les multiples personnages sans pour autant perdre le rythme haletant ( prés de trois ans de travail pour celui-là) juste pour dire que, étant donné que tu es toi même cité magistrat dans un des passages du livre, troublé, tu as du fourché sur la promotion de Rollin qui devient Préfet ( de police) et non juge, mais ce n'est pas grave, c'est le coeur du lecteur qui parle qui compte. Encore un grand merci, et bonne journée : ))

Claude LE NOCHER 25/09/2014 09:07

Salut JOB
Ce poste de juge m'a traumatisé, moi qui ne porte guère de jugements sur les autres. En réalité, Rollin est juge et partie, voilà le pourquoi, je crois. C'est corrigé, et c'est mieux ainsi. Continue dans cette voie, c'est la bonne ! Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 25/09/2014 06:35

Salut Claude, ma foi, celui là va bientôt passer dans mes mains. En tant que fan de JOB, je ne peux faire autrement ... Amitiés

Claude LE NOCHER 25/09/2014 06:43

Salut Pierre
Un excellent roman d'action et de suspense, donc je ne peux qu'approuver. Et, pour les clins d'œil, page 267 pour toi, page 97 pour moi et d'autres. Mais l'essentiel, c'est bien l'intrigue rythmée. Amitiés.

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