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Thea Dorn : La Reine des cerveaux (J'ai Lu, 2003)

Paru en 1999, "Die hirnköningin" de Thea Dorn fut récompensé l'année suivante par le Deutscher Krimipreiss (Prix du meilleur roman criminel allemand). C'est dans la regrettée collection Serpent Noir qu'il fut publié en français, en 2002. À partir de septembre 2003, on a pu se le procurer en poche, chez J'ai Lu. Les auteurs Allemands sont peu mis en valeur en France, et c'est assez regrettable. Surtout quand il s'agit d'un roman aussi original que celui-ci. Cette histoire est déroutante, certes, en particulier à cause de scènes macabres. Elle utilise largement les références classiques de la mythologie grecque. Hommage à la tragédie antique, pourrait-on dire. La construction du scénario, fort bien pensée, donne un récit palpitant. Le suspense ne se borne pas à la recherche de l’assassin, il est plus subtil. Avec un certain humour, plus noir ou mordant que comique.

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Thea Dorn : La Reine des cerveaux (J'ai Lu, 2003)

Kyra Berg est journaliste au "Berliner Morgen". Elle est en quête de criminelles d’exception, mais ses recherches sont décevantes. Son vieil ami Franz voudrait qu’elle revienne à la rubrique culturelle, avec lui. Robert Konrad, leur rédacteur en chef obsédé sexuel, est assassiné. On l’a décapité. Son épouse nettoie tout, avant d’endosser le meurtre. Elle craint que sa fille ne soit en cause. Isabelle Konrad est, effectivement, une marginale aux cheveux verts et aux mœurs libres. Après le suicide de Mme Konrad, la mort d’un vieux monsieur confirme son innocence. Des soupçons pèsent toujours sur Isabelle, qui évite les contacts avec la police… mais pas ceux avec Kyra Berg.

La jeune femme en blanc, qui décapite puis conserve les cerveaux de ses victimes, vit avec une chevêche dans une étrange maison blanche. Elle choisit ses cibles, des hommes cultivés. Elle va aussi tuer un agent de sécurité, profanateur de statues. Pour la police, un pendentif relance la piste d’Isabelle –qui se disculpe. Les deux commissaires n’y comprennent pas grand chose. Kyra pense à des rites sacrificiels, à la manière des grecs anciens. Dédaigné par sa collègue et amie, Franz se laisse séduire par la nouvelle jeune stagiaire blonde. Malgré quelques déboires, Kyra poursuit son enquête. Sur une photo de presse, elle reconnaît un visage, et se renseigne. Comme elle l’en avait averti, Franz a le profil idéal pour être la 4e victime. Kyra se lance dans une fuite éperdue et sanglante pour retrouver la coupable...

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P
Bonsoir M. Le Nocher,<br /> <br /> Cette histoire utilise les références de la mythologie grecque classique ?<br /> Donc comme Malpertuis ( 1943 ) de Jean Ray, qui écrivait les enquêtes d'Harry Dickson.<br /> <br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Malpertuis<br /> <br /> &quot; Le fantastique du roman repose sur les grands mythes grecs et l'abolition de l'espace et du temps. Au fur et à mesure des différentes parties du texte, on comprend peu à peu que Cassave n'était pas normal, de même que son étrange demeure. D'étranges petits êtres habitent le grenier, une ombre maléfique éteint les lampes et les différentes personnes habitant la maison depuis la mort du vieux Cassave sont en fait des divinités déchues, capturées par Cassave il y a de cela bien des lustres : Zeus (Eisengott), Héra (la Mère Groulle), Aphrodite (la femme Griboin), Héphaïstos (Mr. Griboin), Apollon (Mathias Krook), les Titans (représenté par le seul Tchiek), Prométhée (Lampernisse), une des trois Gorgones (Euryale), les Érinyes (les sœurs Cormélon). &quot;<br /> <br /> Incidemment, comme on peut le voir dans cet article, la couverture de l'édition originale de 1943 ( Editions Les Auteurs associés ) représente une femme avec des serpents en guise de cheveux, telle Méduse dans la mythologie.<br /> L'occasion pour moi de trouver un point commun de plus avec le livre dont vous parlez de Thea Dorn puisque la première édition française était chez Serpent noir.<br /> Oui, je sais, là c'est tiré par les cheveux de ma part, et c'est le cas de le dire puisque j'ai déjà utilisé le mot cheveux !<br /> <br /> Isabelle Konrad est une marginale aux cheveux verts ?<br /> Cela rappelle un vieux film anglais, &quot; Le garçon aux cheveux verts &quot; ( 1948 ) de Joseph Losey, histoire où là aussi la couleur des cheveux de l'enfant le met au ban de la société ( bien qu'il se soit retrouvé subitement avec les cheveux verts, alors que les marginaux aux cheveux de telle couleur ont fait le choix de les teindre ainsi ).<br /> <br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Gar%C3%A7on_aux_cheveux_verts<br /> <br /> A propos de Clément Méric, je partage bien sûr les réactions d'indignation face à ce drame autant pour lui, ses proches, nous tous et les valeurs auxquelles nous adhérons.<br /> <br /> Méfions-nous toujours du retour de la Bête ( Quand la Bête est déchaînée ; Quand la Bête est terrassée, les 2 volumes de La Bête est morte, 1944, d'Edmond-François Calvo, Normand un peu oublié qui accueillit chez lui certains après-midis un jeune garçon qu'il inspira nommé Albert Uderzo ).<br /> &quot; La Bête est revenue ! &quot; ( chanson de Pierre Perret ).<br /> <br /> http://jeunesse.lille3.free.fr/article.php3?id_article=888<br /> <br /> C'est juste que je ne fais pas de commentaire sous l'article que vous avez consacré en hommage à Clément Méric, ne voyant guère ce que je pourrais dire de plus par rapport à ce que les autres ont dit et qu'encore une fois je partage pleinement.<br /> <br /> Cordialement
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C
Bonjour Philippe<br /> Votre message me permet de souligner une réalité essentielle. Nous revendiquons d'être d'assez &quot;gros lecteurs&quot;, bien sûr. Vous-même, vous associez volontiers fiction et réel dans vos réflexions. Les uns et les autres, nous essayons de ne jamais rester sur des certitudes dogmatiques, à propos de ce que nous lisons. Nous n'adhérons pas aux propagandes, nous nous méfions de révisionnismes historiques douteux. Nous n'invoquons aucune supériorité. Nous acceptons le débat démocratique. En un mot, nous voulons garder l'esprit ouvert. <br /> Voilà, peut-être, ce qui nous différencie du comportement animal (d'autres avant moi ont parlé de &quot;la Bête&quot;, oui) de ces tueurs extrémistes. <br /> Amitiés.