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À partir du dimanche 3 juillet à 20h35, France 3 diffuse la série italienne "Commissaire Montalbano", en huit épisodes, adaptée des romans d’Andrea Camilleri. Un rendez-vous à ne pas manquer pour les admirateurs de ce personnage attachant, humain. Le rôle de Salvo Montalbano est interprété par Luca Zingaretti, acteur très célèbre en Italie. Le premier épisode diffusé est “La lune de papier”.
La présentation qu’en fait le magazine Télé-Star dans sa rubrique Vie des séries, laisse perplexe. Non pas sur la qualité de ces téléfilms, bien sûr. Déjà le titre étonne : “Un Dr House version flic”. On se demande quel rapport peut exister entre un héros formaté aux codes de la télé, et le personnage créé par le maestro sicilien pour ses romans. Montalbano n'a aucune origine anglo-saxonne, mais peut-être que les ancêtres du Dr House viennent de Sicile, sait-on jamais ?
Lisons le portrait dessiné par Émilie Lopez : “…ce flic colérique,
boulimique (il nourrit notamment une vraie passion pour les plats typiques italiens), mais extrêmement doué, vivant dans la bourgade (fictive) de Vigata. Rien n’arrête ce policier chevronné, pas
même le danger : il n’hésite pas, ainsi, à se lancer dans une véritable croisade contre la mafia, au péril de sa vie, entre deux enquêtes sur des meurtres ou du trafic de drogue…” Au
mieux, il s’agit d’un texte passe-partout, mais on n’y reconnaît guère notre ami Salvo Montalbano.
Sans doute exprime-t-il parfois des mouvements d’humeur, en particulier contre les imbéciles, quelquefois contre lui-même à cause de ses propres erreurs. On le sent plus vif ou réactif, qu’irascible ou violent. Il sait se montrer tolérant et patient avec ses adjoints, comme avec les témoins de faits criminels. Salvo est gourmet et gourmand à la fois, aimant la bonne cuisine traditionnelle, sans être un goinfre boulimique pour autant. Policier chevronné exerçant à Vigata, certes. S’il est “doué”, c’est d’un certain instinct face aux suspects et aux situations énigmatiques. Quant à la supposée “véritable croisade contre la mafia” au péril de sa vie, Andrea Camilleri est nettement plus subtil que ça. Il évoque diverses pratiques mafieuses et autres dérives dues au laxisme des autorités (telles des constructions “abusives”, sans permis). Salvo Montalbano affronte rarement la mafia de façon frontale. Parler de “croisade” parait excessif, mais peut-être ces téléfilms exploitent-ils une telle idée.
Connaître les romans d'Andrea Camilleri aurait permis à Télé-Star une présentation plus exacte du héros. Amusant car, sauf erreur, ce magazine appartient à un groupe financier italien.
Mise à jour, 4 juillet 2011 : Pour ma part, je n'ai pas été déçu par cette adaptation du roman d'Andrea Camilleri, dont l'intrigue est intégralement respectée. Le comédien incarnant Montalbano m'a semblé "dans l'esprit" du commissaire. L'efficace enquêteur Fazio et le collègue Mimi Augello complètent l'équipe, telle qu'on la connait. L'élément comique est principalement dû au personnage de Catarella, le flic de base un brin benêt. Sans doute ces scènes-là sont-elles jouées façon "comédie italienne", mais c'est assez amusant. Bien sûr, cette version perd une large partie du langage que le traducteur Serge Quadruppani fait coller aux particularismes siciliens. Dommage, mais on s'y attendait. Une série à suivre, donc...