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Jack Vance : Méchant garçon (Prix Mystère de la critique, 1980)

 

Jack Vance est célèbre pour ses romans et nouvelles de science-fiction. N’oublions pas pour autant les quelques romans policiers qu’il signa par ailleurs. Datant de 1973, Bad Ronald fut traduit sous le titre Méchant garçon. Il fut publié en 1979 aux Éditions PAC, dans la collection Red Label dirigée par François Guérif. VANCE-1979Ce roman fut récompensé par le Prix Mystère de la critique en 1980. Il fut adapté au cinéma en 1992 par Charles Gassot. Méchant garçon a été réédité chez NéO (coll.Le Miroir Obscur, 1984), chez Presses Pocket (coll.Terreur 1989), et aux Éditions Télémaque (2007). Dans cette histoire, Jack Vance réussit à créer une ambiance assez étrange et pourtant familière. Certes, le jeune héros est un ado déphasé, qui fuit de plus en plus la réalité, mais Ronald n’apparaît pas comme un monstre totalement antipathique. On ne le prend sûrement pas en pitié, mais on n’a pas envie de le juger non plus. Fort habilement, l’auteur nous rend complices, autant voyeurs que lui. Un suspense remarquable, qu’on ne se lasse pas de relire.

 

Ronald Wilby est un jeune garçon qui, depuis une dizaine d’années, a été couvé par sa mère Elaine, divorcée. L’essentiel pour le fils et sa mère est de conserver cette maison assez laide, de style victorien, au 572 Orchard Street. Garçon d’une certaine corpulence, Ronald cherche peu à se faire des amis. Il rêve de séduire la belle Lauren Hansen, mais c’est improbable. Un jour, son chemin croise celui de la blonde Carol Matthews, voisine âgée de onze ans. Il l’agresse et, bien qu’elle se débatte, tente de la violer. Ronald tue la gamine par accident, ne tardant pas à l’enterrer. Grâce à un indice accusateur, on identifie rapidement Ronald comme étant l’assassin. Il raconte toute la vérité à sa mère. Ne voulant perdre ce fils chéri, Elaine lui installe une petite pièce cachée sous l’escalier de la maison.

Quand un policier vient l’interroger au sujet du meurtre imputé à Ronald, sa mère raconte des mensonges. Le sergent Lynch, shérif adjoint, parait convaincu qu’elle n’en sait pas davantage. La vie s’organise bientôt dans la maison. Ronald commence à prendre goût à son refuge. Plutôt que d’étudier, il se créée un petit monde de science-fiction, qu’il baptise Atranta. Ce travail d’immense envergure lui plaisait énormément, il avait tout son temps : jamais auparavant, il n’avait disposé de pareils loisirs. Cette occupation quasi-permanente autour d’Atranta lui perturbe quelque peu l’esprit. Sa mère a voulu assez d’argent pour qu’ils puissent s’enfuir tous les deux. Fatiguée par trop de boulot, sa santé se dégrade vite. À son décès, Ronald se retrouve seul.

La maison est achetée par la famille Wood quelques temps plus tard. Dans un tourbillon perpétuel, tous ses membres travaillaient à rajeunir et égayer l’austère vieille demeure. Pour Ronald, c’était la fin de sa quiétude. VANCE-TelemaqueNe pouvant plus bouger à sa guise, il en ressent une grande irritation. Néanmoins, depuis son cagibi, il prend un grand plaisir à surveiller les trois jeunes filles de la famille, Ellen, Althea et Barbara. Les filles éveillaient en lui un intérêt tout spécial : leurs jolies jambes lisses et hâlées, leurs petits arrière-trains bien ronds provoquaient de délicieux tourments. L’œil collé au judas, il n’en perdait aucune bouchée, et n’était jamais rassasié. Quand il voyait passer devant lui l’une d’entre elles, ses mains devenaient moites, et il se parlait à lui-même. Rester dans l’ombre ne suffisant plus à Ronald, il commet des imprudences pouvant inquiéter les filles Wood. Et s’il kidnappait l’une d’elle, pourquoi refuserait-elle de vivre avec lui ?

 

 

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P
"Méchant garçon", un titre inoubliable, pour moi, un chef d'œuvre. Il va falloir que je le relise, je vais essayer de le trouver en v.o. cette fois. Et parmi les grands titres de Label Rouge, il ne<br /> faut pas oublier les Fredric Brown, notamment ceux où l'on trouve Ed et Am Hunter.
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C
<br /> <br /> Bonjour, mon cher Pierre.<br /> <br /> <br /> Ah Fredric Brown, une autre de nos références chéries, en effet. Quant à ce "Bad Ronald" de Jack Vance, c'est une pure merveille. Je l'ai relu pour la quatrième ou<br /> cinquième fois, afin de chroniquer ce livre. Je le redécouvre avec toujours autant de plaisir. Je pense que la traduction fut assez fidèle, gardant la "simplicité de ton" qui donne ici un côté<br /> "familier".<br /> <br /> <br /> Amitiés. <br /> <br /> <br /> <br />
S
Salut Claude.<br /> Même admiration, et peut-être aussi parti pris, pous "Méchant garçon", Red Label et FG.<br /> "Méchant garçon" est un bouquin formidable, que même Vance n'a su égaler dans ses autres polars. Le film est une cata (enfin, souvenir qui date de sa sortie...).<br /> Mon exemplaire Red Label est bien fatigué: désireux de partager mon enthousiasme, j'avais été à l'époque peu avare de son prêt. C'était pour la bonne cause, mais, depuis, j'ai appris à me refréner,<br /> quitte à passer pour la fourmi de la fable... Red Label, outre des inédits de Frédric Brown (autre grand de la SF et du polar), c'est aussi le magistral "Crépuscule des stars" de Bloch (autre grand<br /> de...) et même un Michel Lebrun...<br /> Guérif, je l'ai rencontré à cette époque. Il était, lui, très prêteur de son temps et de sa passion. J'animais un ciné-club, on avait bricolé un nuit polar et il était venu (avec Lebrun) ...<br /> Depuis, nos chemins se croisent régulièrement... Bon, allez, halte aux souvenirs d'anciens combattants...<br /> Amitiés.
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C
<br /> <br /> Salut Serge<br /> <br /> <br /> Sans doute sommes-nous des dinosaures de la lecture, des aurochs du polar, nous qui avons été témoins de ces temps quasi-préhistoriques, qu'on nomma vingtième<br /> siècle. Notons quand même que des lecteurs actuels, lorsqu'ils découvrent ces livres d'antan, semblent plutôt les apprécier. Non qu'ils soient indémodables et que tout fut de haute qualité, mais<br /> ces romans étaient souvent diablement inspirés et pas mal écrits.<br /> <br /> <br /> Revenons à notre Guérif. Dans "Temps Noir" (n°2, avril 1999), il répondait au sujet de cette collection : "Pourtant, sans<br /> atteindre les scores que réalisent les collections policières de poche, «Red Label» ne s’en tire pas si mal avec des ventes de 10 à 15 000 exemplaires pour la plupart des titres, et beaucoup plus<br /> pour ceux qui obtiennent des prix littéraires, tels "Et le huitième jour…", d’Ellery Queen, Grand Prix de littérature policière 1979, ou "Méchant garçon" de Jack Vance, Prix Mystère de la<br /> critique 1980, ce dernier atteignant même 25 000 exemplaires." Times are changing, comme chantait Robert Zimmerman... Juste pour souligner que nous évoquons là une/des collection(s) qui<br /> eurent un beau succès.<br /> <br /> <br /> Au risque de me répéter, je respecte et j'admire le parcours de François Guérif. Sans cette idôlatrie que j'ai pu constater chez certains lecteurs de Rivages/noir.<br /> Ce qui m'a valu parfois des réflexions désobligeantes et stupides, genre "c'est vrai que t'aimes pas trop Guérif, toi." Y en a qui ont tout compris... Bref, passons, et continuons à cultiver<br /> notre nostalgie.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
M
Bonsoir Claude,<br /> Un suspense hors norme, bien d'accord ! Red Label a publié quelques bouquins remarquables, dont le méconnu "La cage", de Kenneth O'Hara, "3 minutes avant minuit" de Mildred Davis, "Mort un dimanche<br /> de pluie" de J.Aiken, "L'invisible Mr Levert" de Sladek, les Fredric Brown.....<br /> De Vance, j'ai moins aimé "Professeur Poltron", mais je garde un excellent souvenir de quelques titres SF, lus quand j'étais ado, comme les aventures de Cugel l'astucieux...<br /> Amicalement,<br /> Max.
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C
<br /> <br /> Bonsoir Max<br /> <br /> <br /> Parmi les parutions récentes SF de Jack Vance, j'ai évoqué en 2009 "Baroudeur", recueil de nouvelles très sympa (ici : http://0z.fr/QIbHJ ). Sinon, je me<br /> souviens d'avoir lu "Un monde d'azur", "La planète géante" et trois ou quatre autres bons titres SF de J.Vance.<br /> <br /> <br /> Fredric Brown, Mildred Davis, Joan Aiken, passés de Red Label à Néo, avant (pour certains) de rejoindre le catalogue Rivages. Nous autres, vétérans de la<br /> lecture, nous n'oublions pas nos souvenirs d'anciens combattants  passionnés de ces littératures (de<br /> qualité).<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
O
Bonjour Claude<br /> J'ai découvert Jack Vance avec ce roman et depuis j'en ai lu quelques autres toujours dans le domaine noir : Professeur Poltron chez Engrenage (toujours sous la houlette de François Guérif), Lily<br /> street, Charmants voisins, un plat qui se mange froid chez Presses Pocket. Sans oublier certains romans signés Ellery Queen, puisqu'il avait prêté sa plume à cet auteur bicéphale tout comme Richard<br /> Deming<br /> Amitiés
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C
<br /> <br /> Salut Paul<br /> <br /> <br /> J'ai pour ce roman une tendresse toute particulière, hormis sa qualité. Ce fut le premier Red Label que j'ai acheté (voir la photo). A la même époque, j'avais<br /> acquis "Le cinéma policier français", éd.Henri Veyrier. Eh oui, tu as déjà compris. Je n'ai pas attendu la consécration de Guérif avec Rivages/noir pour suivre ce que faisait cet éditeur. La<br /> collection Engrenage International, la revue Polar, et ses tribulations dans diverses maisons d'éditions, je l'observe depuis une grosse trentaine d'années. J'apprécie son boulot, ce qui<br /> m'autorise aussi à être un peu plus nuancé quand il publie de la moins bonne qualité (ça arrive). Admiration, oui... Carpette, sûrement pas.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
P
Bonjour Claude<br /> Un formidable roman de J. Vance , surement le seul hors SF...<br /> A lire absolument.<br /> Amitiés<br /> Patrick
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C
<br /> <br /> Bonjour Patrick<br /> <br /> <br /> Ci-dessous, Paul nous indique les autres histoires polar de Jack Vance. "A lire absolument", j'adhère et je confirme. Je doute que quiconque soit déçu par ce<br /> suspense-là.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
O
Hello.<br /> Lu à l'époque de sa parution chez la -très bonne- maison Néo et j'en ai gardé un très très bon souvenir. Excellente initiative donc de ta part de remettre en lumière ce très bon et étrange<br /> livre.<br /> Amitiés.
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C
<br /> <br /> Salut ! Bien que je sois sans doute de parti pris, là encore, je considère ce "Méchant garçon" comme un petit chef d'oeuvre. Ce doit être la quatrième (ou cinquième)<br /> fois que je le lis en trente-trois ans, et j'y retrouve toujours les mêmes belles qualités.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
L
brrrrr, on en tremble d'avance !
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C
<br /> <br /> Un excellent roman à redécouvrir, Lystig, tu peux me faire confiance ! <br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />