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Parmi les nouveautés de janvier en format de poche, “La femme que j’aimais” de Franck Hériot fait partie des suspenses à retenir. Ce roman fut récompensé par le Prix Plume de Cristal 2010 à Liège, par le Prix des Mouettes création littéraire, et par le Prix du Printemps des lecteurs en 2010. Un polar remarquable, en effet.
Assureur à La Rochelle, Antoine Jolimai vient de passer la nuit dans un hôtel parisien, avec son épouse Marie et leurs deux fils de dix et douze ans. À son
réveil, sa femme a été étranglée alors qu’il dormait à ses côtés, et ses fils ont disparu de la chambre attenante. Les enquêteurs du Quai des Orfèvres ne cherchent pas loin leur coupable.
D’autant que le veilleur de nuit de l’hôtel Balard affirme que le couple, qui semblait nerveux, est arrivé sans ses enfants. Le juge d’instruction et même l’avocat d’Antoine ne croient guère en
son innocence. Il est condamné à une peine de sûreté de trente ans. En prison, Antoine a sympathisé avec un truand chevronné, Corcos. Lors du transfert qui ramène Antoine à Fresnes, un guet-apens
permet l’évasion de Corcos et de son protégé. “L’assureur de La Rochelle” est activement recherché.
Le policier Gorin a toujours douté de la culpabilité d’Antoine. Enfants adoptés, ce dernier et son épouse Marie furent élevés par un couple de la région de Marennes. Ces parents adoptifs décédèrent d’ailleurs dans des conditions dramatiques. C’est du côté de la défunte vraie mère de Marie, prostituée toxicomane toulousaine, que Gorin va chercher une piste. À Nice, Monsieur Bob s’intéresse aussi à l’affaire. Ce proxénète s’occupa un temps de Marie, au décès de sa mère. Il reprend contact avec un ami flic de Toulouse, avant de fixer un rendez-vous à Gorin.
Le cadavre d’un homme aux mains coupées a été découvert dans la région toulousaine. Gorin comprend bientôt qu’il s’agit de Piotr, le veilleur de nuit qui témoigna contre Antoine. Le policier doit maintenant retrouver la trace de Mona, ex-prostituée qui fut l’amie de la mère de Marie. Antoine Jolimai est entré en contact avec la seule personne l’ayant défendu lors du procès, la journaliste Dominique Petiot. S’étant un temps caché chez un ami de celle-ci, il poursuit une cavale dangereusement mouvementée…
Victime injustement condamnée, le héros incarne l’incompréhension face aux circonstances énigmatiques, mais conserve la volonté de se battre : “N’étais-je pas seul face au monde entier depuis ma naissance ? Je devais puiser ma force dans cette image.” Voilà une intrigue policière dans la meilleure tradition, où les méandres de l’affaire constituent autant de péripéties agitées. S’il y a ici des allusions à l’univers de Simenon, elles évoquent plutôt les romans sombres de cet écrivain que la série des Maigret. Avec ses rebondissements et ses personnages bien campés, un roman solide ayant mérité les récompenses qui lui ont été décernées. En janvier, le policier Gorin est de retour dans “Le Diable d’abord”, aux éditions Le Cherche-Midi.
-“La femme que j’aimais” est disponible dès le 10 janvier 2013-