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Ernesto Mallo : Un voyou argentin (Rivages/Noir)

 

Relisons l’argument éditeur de Un voyou argentin, roman d’Ernesto Mallo publié chez Rivages/Noir : «Laissé pour mort, le policier Perro Lascano a perdu logement et travail; il a surtout perdu son grand amour, Eva. Dans une Buenos Aires où la démocratie peine à se mettre en place, la guerre est déclarée entre les services de police qui veulent reprendre à leur compte les trafics que contrôlaient les militaires. Tandis qu'un jeune procureur s'efforce de faire le ménage dans les rangs des anciens membres de la junte, Lascano est recruté comme enquêteur privé. Il doit mettre la main sur "Topo" Miranda, truand de la vieille école, qui a dévalisé une banque. Les commanditaires ne sont pas forcément des gens bien, mais Lascano a besoin d'argent pour retrouver Eva... Voici le nouveau héros attachant et atypique d'Ernesto Mallo, aux prises avec le chaos de l'après-dictature. Noir, ironique, poétique, ce roman raconte, sur fond d'amitié virile, de belles histoires d'amour et de fidélité.»

MALLO-2012Le sieur "Topo" Miranda sort de prison. C’est pénible d’être enfermé, mais comme il avait plein de fric, il a arrosé le caïd dominant. On l’a donc laissé tranquille, et on lui a fourni un giton pour ses besoins sexuels. Cet Andrés est bien triste que Miranda le quitte. Toutefois, le truand libéré ne rejoint pas immédiatement son épouse Susana (ou Negra, on ne sait pas trop). Il s’installe dans une planque, et demande à un médecin de lui prescrire un test VIH au cas où il serait contaminé. Rassuré, il retourne en priorité chez son amie Lia, artiste plasticienne. Quant au fric, il n’en a plus guère de côté. Son complice Tornillo a quasiment tout claqué. Pour la bonne cause, ce qui fait que Miranda ne lui en veut pas. Mais bon, il va sûrement falloir trouver de l’argent sans tarder.

Policier honnête, Perro Lascano est mal en point. Il a été gravement blessé par le major Giribaldi et d’autres ex-militaires. Recueilli et soigné chez Jorge Turcheli, commissaire principal de la police fédérale, il est provisoirement déclaré mort. Le chef des flics, un manipulateur parvenu à côtoyer les nouvelles sphères dirigeant l’Argentine, est avant tout un sacré ripou qui palpe des bakchichs. Il est bientôt exécuté dans son bureau par deux tueurs. Ça sent le roussi pour Perro Lascano, qui doit disparaître et se trouver une nouvelle activité. Le major Giribaldi regrette que la roue ait tourné, que l’autorité dictatoriale militaire ait cédé la place à cet état de mollassons. Pourtant, il n’a probablement pas dit son dernier mot. Fiancé à la belle Vanina, le jeune procureur Marcelo appartient à la génération qui voudrait assainir le pays, mais qui mesure combien c’est difficile…

 

Stop ! Page 70 (sur 238), impossible de continuer. Trop d’efforts déjà fournis pour arriver jusqu’à là. Le thème des séquelles de l’histoire argentine, la transition vers la démocratie actuelle, c’était fort attirant. Mais le résultat est navrant. Pour tout dire, lourdingue. Ça se rapproche davantage du sombre mélo (ah, pauvre petite Noelia) que du violent tango mortifère. Heureusement, dans ce sale pays de tous les vices (c’est l’auteur qui le suggère), un héros reste blanc comme neige, pur et dur. La preuve que c’est un mec bien, ce sont les méchants militaires qui l’ont sérieusement blessé, le pauvre. Son obsession réside dans le fait de retrouver une certaine Eva, qui ressemble beaucoup à l’Arlésienne.

Quant au style d’écriture, parlons-en. De longs et illisibles passages en italiques sont censés servir de dialogues ou exprimer des pensées intérieures. Fausse originalité, plus pénible qu’innovante. D’autres paragraphes descriptifs ne sont pas moins longuets. Comment adhérer à un récit pas tellement bien construit, et si peu fluide ? Tenter la diversité, la découverte d’auteurs encore peu connus, oui. Si la lecture en devient éprouvante, non. Rien d’excitant en soixante-dix pages, pas trace de l'ironie ni de la poésie annoncés, c’est tout de même un signe révélateur. D’autres ont été/seront plus indulgents, sans doute. Pour moi, cette daube passablement indigeste mérite le Nanar d’Or 2012 du roman à éviter.

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T
Coucou mon Claude !<br /> <br /> Je viens de terminer ce roman, et si je l'ai trouvé un cran en dessous de "l'aiguille dans la botte de foin", je l'ai apprécié.<br /> <br /> Mais j'avoue que les dialogues, présentés de la sorte, c'est pas facile et que l'intrigue part un peu dans tous les sens...<br /> <br /> 3 étoiles chez moi, ce qui est déjà super ;-)
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C
Salut ma Belette<br /> Il faut croire que ce roman-là n'était pas du tout pour moi, car j'en garde un souvenir exécrable. Il y a des histoires qui me plaisent moins, soit je fais l'impasse, soit je laisse à l'auteur le temps de me convaincre. Ce qui ne signifie pas que ledit roman ne puisse pas plaire à d'autres, la preuve. Disons que c'était une exception !<br /> Amitiés.
W
Bonjour,<br /> Sur l'Argentine contemporaine et ses maux,il faut absolument lire le déjà ancien "la ville des couteaux" du génial William Bayer.<br /> Bonne journée.<br /> W.
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C
<br /> <br /> Bonjour, et merci de cette suggestion, car c'est un titre que je ne connais pas.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
S
Salut Claude.<br /> Rare de te lire négativement. J'ai lu le premier Mallo, plutôt un bon souvenir. Peut-être devrais-tu essayer de le relire ultérieurement? Cela m'est déjà arrivé de ne pas entrer dans un bouquin,<br /> puis de le reprendre beaucoup plus tard avec succès. Question d'état (et de disponibilité) d'esprit au moment de la lecture... D'un autre côté, il y a tant à lire, tu as raison, autant se faire<br /> plaisir... Dernièrement, j'ai commencé à faire le point des bouquins qui me restaient à lire parmi mes auteurs favoris... Effarant!!!.<br /> Amitiés.
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C
<br /> <br /> Salut Serge...<br /> <br /> <br /> Plutot rare de ma part, oui. En précisant que mon commentaire est plus modéré que dans sa version initiale. La dernière déception doit remonter au 20 mai avec Grazia<br /> Verasani "A tous et à personne" (lire ici : http://0z.fr/5qY0L ). Etat<br /> d'esprit moins positif, possible. Pourtant, j'ai récemment lu agréablement "41" de Rogelio Guedea, pas vraiment un roman ordinaire.<br /> <br /> <br /> Pour moi, les notions de plaisir et de partage priment, toi et quelques habitués vous le savez bien. Ici, franchement aucun plaisir, donc il n'est pas inutile de le<br /> souligner.<br /> <br /> <br /> Des titres à lire ou à relire de nos auteurs favoris/de référence, diable oui, il y en a quelques dizaines en attente. D'excellente nouveautés, également. Trouver<br /> l'équilibre, comme je le disais à Gridou, c'est un exercice de jonglage qui est compliqué mais assez amusant.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
G
Tout à fait ! Flattons-nous de notre belle ouverture d'esprit d'ailleurs :)
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C
<br /> <br /> Eh oui, si on commence à lire un livre en se disant : "je ne vais pas aimer" ou bien même "celui-là, je vais en dire le plus de mal possible", quel intérêt ?<br /> Plaisir, avant tout.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
G
Justement, je me suis tournée vers des valeurs sûres après 2 lectures ennuyeuses. Je n'aime pas cette sensation (retenir les bâillements en lisant), je veux que ce ne soit que du plaisir
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C
<br /> <br /> Oui, Gridou, tu as parfaitement compris la recette d'une lecture équilibrée. S'autoriser des découvertes, délicieuses ou peut-être moins excitantes, mais garder<br /> le plaisir de lire en se reposant sur des auteurs sans mauvaises surprises. C'est ainsi que je jongle sans arrêt dans une diversité qui me convient. harmonieuse. Je crois que le<br /> principe s'applique finalement à tous les véritables lecteurs (et lectrices) passionnés, intensifs, ouverts et curieux.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
G
Oh oh!! C'est rare que tu laisses tomber en route et donc remarquable. Je te fais confiance et zappe mon tour!
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C
<br /> <br /> Salut Gridou... Je t'en parlais dans un commentaire chez toi sur le roman d'Hector Tobar, il y a une quinzaine de jours. L'ayant abandonné, je me suis interrogé :<br /> devais-je en faire quand même une chronique ? Après moult hésitations, j'ai suivi ton exemple. Ce qui n'empêche personne de lire Ernesto Mallo, mais je sais que tu lis des valeurs sûres en ce<br /> moment.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
M
Pas lu celui-là, mais des paragraphes-dialogues j'en ai croisé dans un ou deux romans. Pas neuf et, faut dire, assez fatigant à lire.
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C
<br /> <br /> Bonjour Manitoba... Pas vraiment agréable à la lecture, ces paragraphes pavés à décrypter, sans être sûr d'en percevoir tout le<br /> sens. Et ça ralentit sérieusement le rythme narratif.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />
L
Je suis un peu gênée mais moi non plus je ne suis pas allée très loin dans cette histoire. Peut-être je n'y ai pas reconnu une vraie ambiance latino américaine. Un roman pas trop captivant pour<br /> moi.
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C
<br /> <br /> Ouf, Lison-Lison, je me sens un peu moins seul ! <br /> <br /> <br /> C'est principalement le style d'écriture qui m'a déçu... l'ambiance aussi, sans doute.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Y
Bonjour. Je ne suis pas d'accord du tout. Ce livre est la suite de "L'aiguille dans la botte de foin", il est peut-être préférable de le lire avant pour mieux comprendre les enjeux auxquels le flic<br /> doit faire face. Et plus largement, les problèmes de l'Argentine post dictature dont certains sont toujours d'actualité. Et oui, les dialogues sont étrangement mis en forme, mais pas de quoi jeter<br /> le bébé avec l'eau du bain, c'est au moins original, au plus complexe. Je ne fais pas pour autant de ce livre un chef d'oeuvre, mais un bon roman noir.
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C
<br /> <br /> Bonjour Ys. Pour une fois, ce n'est pas dans mes habitudes, j'admets être sévère. C'est proportionnel à l'effort que j'ai dû faire, vraiment. Une narration<br /> aussi peu attractive, il faut reconnaitre que j'en croise rarement, par chance. L'Argentine fait partie de ces pays dont je suis l'évolution, ce n'est donc pas le problème. Et,<br /> s'agissant du deuxième titre de cet auteur, ça n'apparait pas plus que ça comme une suite. Donc, c'est bien l'écriture qui m'a rebuté. Toutefois, je le dis aussi, on a le droit de se montrer plus<br /> indulgent que moi.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> <br />