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Dans l’œuvre d’Ed McBain, la série mettant en scène les inspecteurs du 87e District d’Isola débute en 1956 avec “Du balai !”. Si le flegmatique et humaniste policier Steve Carella émerge du lot, tous ses collègues ont un réel rôle à jouer dans chacune des enquêtes. Sur plusieurs dizaines de titres parus dans cette attachante série, tous sont passionnants. Voici trois exemples illustrant la diversité des intrigues. Bienvenue à Isola, métropole américaine où règne le suspense.
“Souffler n’est pas tuer” (1959). Un message anonyme a été apporté par un gamin de dix ans au commissariat du
87e. “Je tuerai la dame ce soir à huit heures. Qu’est-ce que vous allez faire ?” dit ce courrier. Qu’il s’agisse d’une provocation, d’une vraie menace de mort ou de la lettre d’un fou, les policiers du 87e sont tenus d’enquêter. Peut-être l’expéditeur veut-il qu’on l’empêche de commettre ce meurtre. Avant tout, il faut situer “la dame”.
Est-ce plutôt cette chanteuse qui reprend son tour de chant, ou cette prostituée à la fausse biographie ? Quel rôle joue cet écrivaillon, qui gêne tout son immeuble en tapant à la machine, et ce
type qui prétend avoir perdu ses jumelles ? L’inspecteur Cotton Hawes a failli mettre la main sur l’auteur du message. Des empreintes sur les jumelles méritent qu’on vérifie si on ne les a pas
dans les fichiers de police. Il serait bon de retrouver le gamin qui apporta la lettre, afin d’établir un portrait-robot de l’inconnu. Le temps passe, le temps file. La chaleur pèse sur la ville.
Il ne reste que douze heures pour retrouver l’expéditeur du courrier. Cotton Hawes espère bien qu’à huit heures tout sera résolu, car il a rendez-vous avec une jolie libraire. Une nouvelle fois,
il est tout près d’attraper le tueur potentiel, qui s’échappe encore. Le portrait-robot n’est pas une si bonne idée, puisque aucun témoin ne reconnaît l’individu. Malgré la tension, Steve Carella
finit par définir avec astuce le sens caché du message. S’i a vu juste, Cotton Hawes n’a que quelques minutes pour sauver la victime…
“Soupe aux poulets” (1959). Une femme toute de noir vêtue se présente au commissariat du 87e. Elle parait un peu âgée, mais n’a que trente-deux ans. Elle demande à rencontrer l’inspecteur Carella. Sortant une arme, elle annonce être venue tuer le
policier. Elle le considère comme responsable de la mort de son mari, Frank Dodge. Ce dernier était un truand, un voleur, un meurtrier. Inutile de la raisonner, la veuve n’a qu’une idée en tête:
abattre Carella, absent pour le moment. Au premier étage du commissariat, elle prend en otage les flics du 87e, avec une bouteille
de nitroglycérine qu’elle menace de faire sauter. Le lieutenant Byrnes, les inspecteurs Cotton Hawes, Bert Kling, Meyer Meyer, tous doivent lui obéir. Le policier Hal Willis qui arrive avec
Angelica, une Portoricaine qui vient d’égorger un type, est bientôt retenu lui aussi. Meyer tente de lancer des messages écrits dans la rue, mais seront-ils lus ? Hawes a son idée en accentuant
le chauffage. Byrnes essaie d’alerter le flic de garde, sans être sûr d’avoir été compris. Angelica aide un peu la veuve, espérant pouvoir fuir. Pendant ce temps, Steve Carella enquête sur le
présumé suicide du riche Mr Scott. À moins qu’il ne s’agisse d’un meurtre en chambre close ? Alan, David, ou Mark, l’un des fils Scott a-t-il tué leur père, en s’y prenant comment ? Un vrai
casse-tête pour le patient Carella, qui sait réfléchir. Au 87e, la situation se complique quand la veuve blesse gravement le
policier Miscolo. En outre, Mme Carella vient attendre son mari au commissariat. Cotton Hawes finit par se demander si la bouteille contient vraiment de la nitroglycérine…
“On suicide” (1964). Délicate affaire pour Carella et ses collègues. Un couple s’est suicidé par le gaz. Après une
explosion, on retrouve leurs corps côte à côte sur leur lit. Pour tout vêtement, ils ne portent que chacun un slip. Deux bouteilles de whisky largement entamées se trouvent au pied du lit. Un mot
d’adieu tapé à la machine semble leur ultime message. Thomas et Irène étaient amants. Ils envisageaient de se marier, selon la mère de la jeune femme. Amos, le frère de Thomas, ne croit ni au
suicide, ni à des projets de mariage. Quant au mari d’Irène, il affirme n’avoir rien su des infidélités de son épouse. Pour Carella et Hawes, certains détails sont troublants. Pas la moindre
empreinte sur les lieux, même les verres ont été lavés. Curieux que ce couple nu n’ait pas fait l’amour avant de se suicider. Aucun véritable suspect parmi les proches. Mary Tomlinson, la mère
d’Irène, ne voulait que le bonheur de sa fille. Amos Barlow, le frère de Thomas, vénérait littéralement celui-ci. Le mari d’Irène parait bien incapable de tuer. Carella est victime de deux
agressions, sans qu’il y ait de lien certain avec ce dossier. Faute d’éléments nouveaux, il faudrait se résoudre à clore l’enquête. Mais les inspecteurs du 87e n’aiment guère les affaires aussi bancales que celle-ci…
Ces titres ont été réédités dans les tomes 1, 2 et 3 des Omnibus consacrés au cycle "87e District" d'Ed McBain.
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d'Ed McBain (cliquer)