Chaque jour des infos sur la Littérature Policière dans toute sa diversité : polar, suspense, thriller, romans noirs et d'enquête, auteurs français et étrangers. Abonnez-vous, c'est gratuit !
Marc-Alfred Pellerin (1936-2009) publia quelques romans remarqués, dont quatre dans la Série Noire : Salauds les copains, Presses de la Cité, 1968 - Un sabre dans les nuages, Plon, 1985 - El Loco, Julliard, 1990 - La Pelouze, Gallimard, 1995 - La Pente, Gallimard, 1995 - La Bourde, Gallimard, 1996 - N'oublie pas d'avoir peur, Gallimard, 2000 (Prix Sang d’Encre 2001) - Inokenti, Albin Michel, 2004 (Prix Culture et Bibliothèque pour tous 2005). Issu d’une famille de forestiers, il a géré une forêt dans le Perche. Dès lors, botanique et sylviculture l’ont passionné. Appartenant à plusieurs associations de botanistes, il s’est vu confier des missions d’observation forestière en République de Yakoutie (Sibérie Orientale), au Québec, au Chili.
Un inédit de Marc-Alfred Pellerin est publié à titre posthume en ce mois d'octobre 2013 : “L'Alerce” (Éd.La Chambre d'échos). En voici la présentation :
« Sur les contreforts andins du Chili austral, aux prises avec un monde ténébreux et sauvage évoqué avec un réalisme saisissant, deux êtres s’engagent aveuglément pour une vie commune sur laquelle planent l’opprobre social et une accusation de crime.
Leur histoire d’amour a la simplicité d’une tragédie ancienne. De forêts en à-pics de montagne, de scieries en chantiers de coupe, dans une longue chevauchée ils défient l’adversité et se trouvent pris en étau entre la nécessité et la loi de l’argent-roi établi sur l’exploitation des ressources primitives.
Dans un Chili intemporel fouetté par la pluie et les vents, un récit lyrique où s’imbriquent l’observation sociale, une évocation forte du milieu forestier et la lutte du couple pour sa survie.
« Ventisquero ».
Parti à grands pas, le Chef invente déjà le dessin du chemin qu’il va falloir tracer pour rejoindre la piste. Du plat de la main, il frappe les arbres, cinq gros et quelques maigrichons. […]
Brèves morsures de la chaîne entaillant le pied de l’arbre, à la naissance des racines. Longues séquences entrecoupées d’accélérations furieuses pour se dégager lorsque l’arbre menace de coincer la chaîne sous son poids. Arrêt pour une reprise de souffle, de rythme. Pétarade un peu creuse du moteur pendant que la chaîne tourne à vide avant d’attaquer à pleine écorce, en un nouveau point. À l’oreille, l’habitué des chantiers devine les étapes de l’exécution, l’approche du dénouement. Silence. Long cri d’alerte. Ultime coup de scie. Deuxième cri aussitôt noyé dans le craquement final. Nouveau silence pendant que vacille la cime, ses tonnes de branchages et de feuilles. Puis le fracas de la masse abattue, arrachant tout sur son passage. Et la secousse de la montagne, faisant sous les pieds trembler le sol. »