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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 05:55

Coburn est une petite ville de Géorgie, à environ cent de kilomètres d'Atlanta. Les Madison forment un couple d'universitaires quadragénaires. Ils sont les parents d'une fille adulte, Alexandria. La population locale les considère comme des privilégiés, à l'image de tous les enseignants. D'autant que Sam Madison, qui exerce son métier sans grande passion, peut sembler méprisants aux yeux de certains. Lorsque son épouse Sandrine se suicide, à l'âge de quarante-six ans, le professeur Madison apparaît rapidement suspect. Il est vrai qu'il a accueilli sans émotion la policière venue constater le décès, cette nuit-là. L'agente nota le capharnaüm régnant dans la chambre de Sandrine, ce qui lui parut peu naturel. L'avocat de Madison montrera que la policière avait déjà connu des cas de désordres similaires, ce qui suggère qu'elle avait des préjugés contre l'enseignant. Elle en fit part à l'inspecteur Ray Alabrandi, qui déclencha immédiatement une enquête. À charge, visiblement.

Sur son lit de mort, Sandrine Madison a laissé un ultime message dans un livre d'histoire, sa matière universitaire. Phrases nébuleuses faisant référence à Cléopâtre, claires dans le seul esprit de Sandrine. Un texte qui ne fait aucune allusion au suicide, toutefois. Sam n'a pas tardé à perdre son emploi à l'université, logique dans une telle ville qui ne supporte pas les remous. À l'heure du procès, alors que l'universitaire comparaît libre, son avocat juif insiste pour qu'il masque son habituelle allure ironique. Il devra discrètement rappeler à l'ordre Sam plusieurs fois. Loin d'être sûre de l'innocence de son père, sa fille Alexandria est présente aux audiences et loge chez eux. Jenna, la sœur unique de Sandrine, fera un bref passage, sans montrer tellement de sympathie à Sam. Pour lui-même, Sam ne peut nier que leur couple ne fonctionnait plus. Ce qui n'excuse pas vraiment la relation intime qu'il eut avec April Blankenship, un épisode pouvant s'avérer compromettant.

Il y aura le témoignage du coroner, venu constater sur les lieux que Sandrine avait pris un mélange de vodka et de médicaments puissants. Celui du Dr Ana Ortins, la médecin qui confirma à Sandrine que ses inquiétudes étaient fondées, qu'elle était bien atteinte d'une maladie invalidante. Non sans conséquence pour le mari de la malade. Les médicaments fatals furent prescrits par l'intermédiaire de Sam, qui se chargea de l'aller les chercher auprès du pharmacien Wayland. L'inspecteur Alabrandi reste négatif envers Sam, par son témoignage comme depuis le début : “Je remarquai qu'il qualifiait le mot laissé par Sandrine de "déclaration" et non de lettre de suicide, et en conclus qu'il avait déjà décidé que j'étais homme à me servir des mots pour embrouiller les choses ou en cacher certaines.” Le professeur Malcolm Esterman, proche de Sandrine, son confident, possède peut-être certaines clés permettant de comprendre les faits...

Thomas H.Cook : Le dernier message de Sandrine Madison (Éd.Seuil, 2014)

Lorsqu'une intrigue traite d'un procès criminel, on la baptise “roman de prétoire”. Voilà un qualificatif expéditif, alors que ces histoires bénéficient en général de fines nuances. Déjà, dans un procès réel, il convient de tenir compte du contexte, de la psychologie, autant que des faits. S'agissant de fictions, s'ils introduisent de subtils éléments servant soit à la défense, soit l'accusation, les meilleurs auteurs veillent à garder une authenticité. Dans les audiences au tribunal, mais aussi dans le vécu des protagonistes. Et c'est la nature même du procès, entre témoignages et hypothèses, qui va créer naturellement le suspense.

Thomas H.Cook fait partie de ces écrivains qui ne choisissent jamais la facilité. Coupable ou innocent, ce n'est pas strictement la question ici. Nous sommes tous responsables de notre comportement vis-à-vis de notre entourage, et un couple qui dure n'échappe pas à ce principe. De leur lointain voyage en amoureux autour de la Méditerranée en passant par Albi, jusqu'au suicide supposé de son épouse, Sam va se remémorer les hauts et les bas de leur vie commune. Sandrine lui reprochait-elle un certain renoncement ? Oui, sans doute. Pourtant ce n'est pas suffisant pour pousser au suicide une femme intelligente.

On appréciera une fois de plus la souplesse narrative et l'élégance du style de Thomas H.Cook. Par exemple, quand dans une même scène se côtoient les propos d'un témoin et le souvenir que Sam en garde. Images immédiates de la procédure en cours, doutes plus ou moins légitimes, réflexions intérieures de l'accusé, regard des autres, un roman d'une grande richesse et d'un bel humanisme, comme sait en concocter ce remarquable auteur.

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 06:08

 

À Winthrop, George Gates est expert pour rédiger des portraits de personnalités locales, articles destinés au journal de cette petite ville. Cet écrivain a longtemps voyagé à travers le monde, ne négligeant pas d’en observer les facettes sombres. Finalement, il fonda une famille ici. Désormais, il vit seul, son fils Teddy ayant été enlevé et assassiné sept ans plus tôt. On n’identifia jamais le criminel. COOK-2013-1N’avoir pas su protéger son fils rend maussade George Gates, aujourd’hui encore. Ancien flic, Arlo McBride ne put conclure deux enquêtes. Celle concernant Teddy, et une autre sur la disparition d’une poétesse de la région, Katherine Carr. Un suicide, selon la version officielle, peu satisfaisante. Par ailleurs, le cas de la jeune Alice, douze ans, ne peut laisser George Gates insensible. Atteinte de progéria, maladie du vieillissement accéléré, elle est très lucide sur son cas. Passionnée d’histoires à suspense, elle va l’aider dans ses investigations sur l’affaire Katherine Carr.

La disparition, quelque peu mélodramatique, de cette femme de trente et un ans date d’une vingtaine d’années. Si elle logeait en centre-ville, c’est qu’elle avait été violemment agressée un peu plus tôt dans la ferme isolée où elle habitait. Après cette attaque, elle vécut presque en recluse, sortant peu, n’écrivant officiellement plus. En réalité, Katherine avait confié un manuscrit à son amie Audrey. Celle-ci accepte d’en prêter une copie à Georges Gates. Alice et lui vont le lire, l’étudier, le disséquer. Curieuse histoire mettant en scène un nommé Maldrow et son Chef, qui semblent animés de mauvaises intentions envers Katherine Carr elle-même. Encore que le rôle de Maldrow soit moins limpide que celui d’un simple tueur. Le scénario ressemble aux prémices de la disparition de Katherine, qui fut en effet surveillée par un inconnu pendant quelques temps. Du moins peut-on le penser, car les témoignages ne sont nullement clairs, à ce sujet non plus.

Alice recherche des renseignements sur les criminels historiques, car il y est fait allusion dans le manuscrit. George Gates interroge Ronald Duckworth, voisin qui fut suspecté d’être l’inconnu traquant Katherine. Il était hospitalisé quand elle a disparu, suite à une violente agression très bizarre. Étant enfant, le fils d’Audrey assista, lui, à l’attaque subie par Katherine à la ferme. La réaction de celle-ci le marqua : J’ai vu son visage quand elle s’est retournée après avoir regardé cet homme. Ce n’était pas le visage d’une victime, mais celui d’une femme qui avait bien l’intention de rendre coup pour coup. Peut-être George devrait-il fouiner sur la piste d’un ex-employé de l’ancien abattoir, ou porter attention aux propos de cette femme inconnue qui s’adresse à lui ? Des types au passé criminel ou louche, il en est question autour de lui. Tandis que la mort avance, George essaie de percevoir la présence concrète du mal, comme semblait la ressentir Katherine…

 

Il existe de multiples manières de raconter une histoire. Avec Thomas H.Cook, il ne faut pas s’attendre à une enquête balisée. Marie-Caroline Aubert, son éditrice française, avait bien raison d’évoquer dans une récente interviewun suspense gothique, frôlant le surnaturel, où l'on passe souvent de l'autre côté du miroir. Envoûtant, étrange, d'une construction très élaborée comme toujours. Plus que jamais, cet auteur expérimenté cultive les ambiances. Avec lui, on s’enfonce dans un épais brouillard de mystère, d’où aucune réponse ne parait pouvoir émerger.

Peut-être n’est-ce pas nécessaire, d’ailleurs. Car, en souvenir d’une rencontre à Vienne (Autriche), c’est au non-visible que s’intéresse finalement le héros de ce roman. Ce qu’il résume ainsi, au dénouement : Une étrange lumière intérieure diffusait un éclat légèrement bleuté sur son visage, et sur ce visage, je lus toute une myriade de sentiments : chagrin, douleur, perte, pitié, et à cet instant, le bizarre et le fantastique, les touchers fantomatiques et les évènements insolites, les curieuses coïncidences et les coups du sort inexplicables se pétrifièrent dans mon esprit au point que j’eus la sensation d’être soudain tout au bord d’un étrange précipice face à une insondable infinité de possibles. On remarque bien ici l’écriture raffinée de Thomas H.Cook, idéalement traduite par Philippe Loubat-Delranc. Quant au scénario, il s’avère diaboliquement fascinant. Encore un titre remarquable de cet écrivain de qualité supérieure.

-L’étrange destin de Katherine Carr est disponible dès le 3 janvier 2013-

 

D'autres titres de Thomas H.Cook : Au lieu-dit Noir-Etang - Les leçons du Mal - La preuve de sang - Les instruments de la nuit - Les feuilles mortes - Les ombres de la nuit - Mémoire assassine - Les ombres du passé.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 05:11

 

Désormais disponible chez Folio, La preuve de sang nous permet de continuer à explorer les remarquables romans de Thomas H.Cook.

Kinley est auteur de livres sur des cas criminels réels, ouvrages documentés sur les contextes d’affaires singulières, basés sur les dossiers et les témoignages qu’il recueille. Sans doute cette passion lui a-t-elle été transmise par sa grand-mère Grannie Dollar, décédée deux mois plus tôt. COOK-2012-FolioQuand il était enfant à Sequoyah, elle lui lisait des récits de La Gazette de la Police évoquant de monstrueux crimes. Il y eut aussi, dans sa jeunesse, plusieurs cas de disparitions inexpliquées dans cette ville de Georgie où ils habitaient. Ce quadragénaire solitaire vit à New York, dans un petit appartement avec vue sur les hauteurs de Broadway. Quand il apprend la mort soudaine de son seul véritable ami, Ray Tindall, Kinley retourne à Sequoyah. Serena, la fille de Ray, est contente de sa présence. Lois, l’ex-épouse du défunt, se montre quant à elle franchement désagréable.

Serena pense que le décès de son père peut s’avérer suspect. Pour s’en assurer, Kinley consulte les rapports officiels, avant de s’adresser au vieux docteur Stark, médecin et coroner. Ray étant cardiaque, rien de surprenant à ce qu’une longue marche dans le canyon ait provoqué cette crise fatale, selon Stark. Si Lois est furieuse que Kinley ait entrepris une enquête, c’est qu’elle a dérobé certains des dossiers de son ex-mari. Ceux pouvant concerner Dora Overton, l’amante de Ray. Kinley rencontre bientôt cette femme, qui lui révèle que son ami cherchait de nouveaux indices sur une vieille affaire touchant le propre père de Dora. Trente-sept années plus tôt, le modeste ouvrier Charles Overton fut condamné à mort à l’issue d’un procès de cinq jours. On l’accusait du meurtre de la jeune Ellie Dinker, seize ans, dont le corps ne fut jamais retrouvé.

Se plongeant dans les minutes du procès, Kinley vérifie que la procédure fut bien respectée. Overton fut arrêté sans opposer de résistance. On découvrit dans son camion la robe ensanglantée de la victime et ses chaussures. Pièces à conviction capitales durant le procès, faute de cadavre. Cacher le corps, mais garder ces vêtements d’Ellie Dinker, l’avocat de Charles Overton souligna cette contradiction. Aujourd’hui, il confie à Kinley que son client devait être coupable, sans qu’on puisse comprendre ses motivations. Dans les dossiers du procès, les témoignages sont clairs et, en effet, plutôt accablants. Pourtant, on oublia de noter qu’Overton était souffrant le jour de la disparition. Le réquisitoire du procureur Warfield fut brillant, autant que fut solide la plaidoirie de la défense. Kinley rencontre encore Ben Wade, enquêteur de l’époque. C’est dans le canyon où est mort Ray et, pour partie, dans son propre passé, que Kinley retrouvera les clés de cette affaire…

 

Thomas H.Cook utilise ici le même schéma scénaristique dont il se servira dans un autre roman quelques années plus tard, Les instruments de la nuit. Un écrivain enquête sur un cas ancien, où une jeune fille a disparu et où un ouvrier fut le suspect principal, afin de rétablir la vérité. Avec des bases similaires, on peut aboutir à des romans assez différents, comme le démontra autrefois William Irish en développant diverses histoires de vengeances.

La toile de fond est une petite ville paisible, et même endormie. En près de quarante ans, les mentalités n’y ont pas changé. Une condamnation évidente, un dossier classé, mais surtout pas mal de non-dits, qui prouvent progressivement que l’ambiance locale n’était pas si sereine. Si la transcription du procès sert beaucoup, témoignages et images personnelles du héros complètent les investigations.

L’intrigue serait touffue sans l’habileté de l’auteur à construire un récit limpide, parfaitement fluide. Caractéristique de la manière dont Cook captive ses lecteurs : présent et passé ne font qu’un, subtilement entrelacés, d’autant que des témoins d’alors ou leurs descendants vivent toujours à Sequoyah. C’est avec un luxe de détails factuels et psychologiques que cet excellent suspense apparaît d’une belle intensité.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 05:01

 

Les romans de Thomas H.Cook, même s'ils avaient déjà des lecteurs, ont mis du temps à s’imposer au public français. Grave injustice, car c’est certainement un des meilleurs auteurs actuels de polars psychologiques. Les intrigues ont leur importance, mais c'est le style narratif qui est le meilleur atout de ses livres. Disponible désormais en format Point2, il est bon de redécouvrir Les instruments de la nuit, un délicieux suspense.

 

COOK-P2-2012Originaire de Caroline du Nord, Paul Graves vit à New York depuis une vingtaine d’années. Il était encore bien jeune quand il se retrouva orphelin, après l’accident de voiture de ses parents. Ensuite, il y eut la mort restée inexpliquée de sa sœur Gwen, retrouvée pendue suite à une violente agression. S’il a tourné la page en s’installant dans la grande ville, ce passé le perturbe toujours. Âgé de quarante-cinq ans, Graves est devenu un romancier expérimenté, auteur d’une quinzaine de livres. Une série mettant en scène dans le New York d’autrefois le détective Slovak, pourchassant éternellement le diabolique Kessler et son âme damnée, Sykes. Dans cette lutte du Bien contre le Mal, ce n’est jamais Slovak qui gagne. Graves étant un écrivain très imaginatif, il lui suffit d’observer une scène du quotidien pour la transformer en fiction dramatique.

Dernière héritière du domaine de Riverwood, à quelques heures de New York, Allison Davies confie une mission particulière à Paul Graves. Le 27 août 1946, une affaire mal élucidée secoua la famille Davies et ses proches. Âgée de seize ans, fille de l’institutrice locale, Faye Harrison vivait avec sa mère sur la propriété. Elle était amie avec Allison, et collaborait avec M.Davies père. Tout le monde l’aimait ici. Cette ambiance joyeuse de l’été d’après-guerre fut assombrie par le meurtre de Faye. On avait d’abord imaginé une fugue. Un des invités, le peintre André Grossman, la découvrit morte étranglée dans un coin de la forêt, à Indian Rock. Le coupable désigné était Jake Mosley, un ouvrier construisant un cottage sur la propriété. L’homme, qui ne manquait jamais d’admirer Faye, n’avait effectivement pas l’esprit clair. On le trouva mort peu après avoir été libéré, faute de preuves.

Allison Davies met à disposition de Graves tous les documents sur l’affaire, qui se trouvent dans une salle d’archives du manoir. Pourtant, le but n’est pas d’ouvrir une nouvelle enquête. Il s’agit d’écrire une autre version des faits à l’intention de Mme Harrison mère, qui termine sa vie dans une résidence des environs. Avec son inventivité, Graves est la personne idéale pour ça. Dès qu’il consulte les premiers documents, le romancier imagine vite les lieux d’alors, ainsi que certains dialogues entre Faye et divers protagonistes. Quelque chose pourrait relier cette histoire à la mort de sa propre sœur Gwen, autant qu’aux aventures de Slovak et Kessler. Auteur de théâtre, Eleanor Stern est invitée à Riverwood en même temps que Paul Graves. La jeune femme s’avoue de plus en plus attirée par les mystères de ce dossier, et sans doute par le charme tourmenté de l’écrivain.

Les cahiers d’enquête du détective Portman s’avèrent très détaillés, sur le parcours fatal de la pauvre Faye, sur son autopsie, et sur les personnes présentes cet été-là à Riverwood. Outre M.Davies et sa distante épouse Martha, leur fils et sa fiancée Mona Flagg, leur fille Allison, il avait le peintre André Grossman, et Greta Klein, une Juive rescapée des camps nazis, ainsi que Jake Mosley et son patron. Aujourd’hui majordome du domaine, Saunders était un jeune garçon à l’époque. Paul Graves avance dans ses recherches, interrogeant entre autres Greta, encore vivante. C’est Eleanor qui souligne les failles de ses investigations : Vous savez où était Faye et où elle est allée le jour de sa mort, Paul. Mais vous ne savez pas qui elle était. C’est la question que Slovak aurait cherché à résoudre avant tout. Le mystère de sa personnalité. Tous deux iront loin vers la vérité…

 

Une riche famille, un manoir campagnard, un détective amateur, un vieux crime à élucider, tout cela ressemblerait bien à une bonne vieille intrigue théâtrale façon Agatha Christie, n’est-ce pas ? En réalité, le suspense psychologique prime sur la simple enquête, aussi énigmatique que soit la mort de Faye Harrison. L’auteur ne cherche pas à nous embrouiller en multipliant les suspects. COOK-P2 2012Ils sont dessinés avec une belle clarté, même si l’on sait qu’ils masquaient certains faits. Peu à peu, on sent l’ambiance qui régna autour de l’affaire. Les archives, les photos décrites et les cahiers de Portman nous y aident. Avec quelques surprises au fil du récit.

S’y ajoute un double aspect apportant du piquant à l’histoire. C’est là que l’on retrouve avec grand plaisir la maestria de Thomas H.Cook. D’abord, le passé du romancier Paul Graves comporte de sérieuses zones d’ombre. Son traumatisme mutique d’ado mérite donc explication. Ensuite, ses trois héros (Slovak, Kessler et Sykes) font également partie de sa vie, de ses actes tels qu’ils sont racontés. Car on ne doute pas qu’ils appartiennent à son vécu. Il peut ainsi les transposer dans l’enquête qu’on lui a commandée. Certes, le rythme reste assez lent, mais grâce à une construction élaborée avec soin, on est en permanence séduit par la narration avec ses faux-semblants et ses interrogations. Un polar de haute qualité.

Mes chroniques sur les romans de Thomas H.Cook : Mémoire assassine - Au lieu-dit "Noir Etang" - Les ombres de la nuit - Les leçons du Mal - Les ombres du passé - Les feuilles mortes.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 06:32

 

Aux Éditions Seuil, voici un nouvel inédit de Thomas H.Cook : Au lieu-dit Noir-Étang (dès le 12 janvier). Un survol de l’intrigue s’impose…

COOK-2012-1Chatham est une petite localité de la région du Cape Cod, sur la côte Atlantique des Etats-Unis, au sud-est de Boston. Depuis 1926, les décors y ont assez peu changé, sans doute. Si ce n’est qu’à l’époque existait là une école de garçons, créée par Arthur Griswald. Chatham School fut sa grande passion, et pendant les années qu’il y occupa la charge de directeur-fondateur […] il éprouva, comme il ne le ressentirait jamais plus, le plus profond sentiment de vivre pleinement sa vie explique son fils Henry, quelques décennies plus tard. Henry est encore un adolescent quand, pour cette année scolaire, son père accueille une nouvelle professeure d’arts plastiques, la séduisante Mlle Élizabeth Channing.

Ayant parcouru le monde avec son défunt père, un écrivain-voyageur, la jeune femme impressionne Henry Griswald. Celui-ci n’a plus envie de se soumettre aux rigides principes pédagogiques de M.Griswald. La vie ne vaut d’être vécue qu’au bord de la folie, écrivit le père de Mlle Channing. Henry fait sienne cette devise. Il se met à beaucoup dessiner, ce qui le rapproche de la jeune professeure. Il se rend souvent près du Noir-Étang, au cottage où elle s’est installée. L’employée de maison de ses parents, Sarah, veut apprendre à lire. Henry l’accompagne à chaque fois qu’elle prend des cours chez Mlle Channing. Son père engage bientôt un autre professeur, Leland Reed, qui garde des séquelles de la Grande Guerre.

M.Reed a une épouse et une fille, la petite Mary. Ils logent sur la berge opposée du Noir-Étang, par rapport à Mlle Channing. Henry a remarqué les regards de la jeune femme pour M.Reed. Ce dernier rend très souvent visite à Mlle Channing, chez elle. Henry se propose d’aider M.Reed, qui construit lui-même son voilier dans un hangar de Chatham. L’adolescent sent chez ce professeur une sorte d’insatisfaction, une envie de fuite. Une connivence confuse s’établit entre eux.

Quand, en mai 1927, un drame se produisit autour du lieu-dit Noir-Étang, des habitants de Chatham prétendirent l’avoir prévu. M.Griswald-père fut moins sévère et catégorique que ses concitoyens. Me Parsons, le procureur, avait sa propre vision accablante de l’évènement. Logiquement, Henry Griswald fut un des principaux témoins de l’affaire. Désormais âgé, lui-même ancien homme de loi, Henry se souvient encore de l’impitoyable moralisme de Me Parsons. Mais nul ne sut jamais ce qui se passa réellement au lieu-dit Noir-Étang…

 

Il ne suffit pas de raconter une histoire pour capter notre attention de lecteurs. C’est par son écriture, que Thomas H.Cook nous hypnotise merveilleusement. Il entremêle les époques avec une souplesse impressionnante. Le narrateur Henry, qui vit toujours à Chatham, est effectivement le témoin privilégié de ce cas criminel. Pour le retracer, il évoque plusieurs périodes de sa vie. L’adolescence, mais aussi son âge adulte, quand il eut l’occasion de retourner sur les lieux du drame, et bien plus tard son regard apaisé de vieil homme. Comme il sait si bien le faire, l’auteur décrit le caractère profond des héros, avec leurs incertitudes ou leurs aspirations perdues.

On n’oublie pas que nous sommes au milieu des années 1920, dans un paysage éminemment romantique. Passion amoureuse, est-ce le thème du récit ? Si des fleurs poussent dans les cendres d’un volcan, c’est ici l’inverse. Dans les années qui ont suivi, j’ai considéré que l’affaire de Chatham School était l’exact opposé […] une chose avait fleuri brièvement, exhalé un parfum exquis puis, en un instant déchirant, tout réduit en cendres dit Henry. Vu la situation, il existe bien plus d’ambiguïté psychologique que ne le perçut le procureur. De la corde et un couteau ne donnent assurément pas les clés du procès, pas plus que l’apparente relation entre les protagonistes. Un suspense d’une admirable subtilité.

 

D'autres romans de Thomas H.Cook : "Mémoire assassine" - "Les leçons du Mal" - "Les ombres de la nuit" - "Les feuilles mortes" - "Les ombres du passé".

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 07:12

 

Le suspense de Thomas H.Cook "Les feuilles mortes" est disponible en format poche chez Folio. Belle occasion de découvrir cet excellent auteur actuel. 

Wesley, une petite ville de la côte Est des Etats-Unis, en automne. Eric Moore y possède une boutique de photographe. Il est marié à Meredith, prof d’anglais. Leur fils Keith est âgé de quinze ans. Ils vivent dans une maison très agréable, entourée d’arbres (dont un remarquable érable du Japon). Frère d’Eric, Warren Moore est célibataire, peintre en bâtiment, un peu trop porté sur l’alcool. Leur père, qui géra si mal leur parcours familial, termine sa vie en maison de retraite. COOK-Folio

Ce funeste soir, l’ombrageux Keith a fait du baby-sitting. Il a gardé la petite Amy, huit ans, fille du marchand de primeurs Vince Giordano. Dès le lendemain, l’alerte est lancée : Amy a disparu. Keith affirme ne pas s’être absenté, n’avoir rien noté de spécial jusqu’à ce qu’il parte de chez les Giordano. Certes, il est rentré tardivement chez ses parents, après une promenade nocturne.

S’il mesure les conséquences de cette disparition, Eric attend un peu avant de contacter son avocat, Leo Brock. Meredith est plus sensible à la tension causée par l’affaire: Quoi qu’il arrive, il faut qu’on sorte indemnes de cette épreuve. Face à la police, Keith semble relativement indifférent. Le tempérament passif d’Eric explique probablement le caractère introverti de son fils. L’oncle Warren ayant conduit Keith chez les Giordano, il est aussi soupçonnable. Il est normal que le père d’Amy montre son animosité contre Keith et la famille Moore. Mais d’autres clients d’Eric commencent à se méfier de son fils et de lui. Même si la police a trouvé un indice près du château d’eau, l’enquête n’avance guère. Le meilleur suspect reste Keith, sans qu’aucun élément ne l’accuse formellement. Il y a bien des mégots devant la fenêtre d’Amy, mais ils ne prouvent rien.

Nerveuse, Meredith considère son beau-frère Warren comme un jaloux, un raté. Leur fils aurait-il hérité de son caractère de perdant, ce qui pourrait expliquer cet enlèvement ? Le marasme règne chez les Moore. Peut-être le psy de l’école, ami proche de Meredith, aiderait-il Keith a libérer sa parole ? Vince Giordano croit toujours que l’adolescent sait où se trouve Amy. La police perquisitionne chez Eric, emportant l’ordinateur de Keith pour analyse. Plus tard, l’inspecteur Peak ne cache pas à Eric qu’ils y ont découvert des indices, pas vraiment accusateurs mais fort troublants. Trop longtemps superficielle, la relation entre Keith et Eric n’exprime qu’un échec. Pensant que son père pose un regard négatif sur lui, l’ado mal dans sa peau aurait envisagé une fugue. Selon leur avocat, l’enquête policière semble moins désigner Keith. Pourtant, rien n’est encore résolu…

 

Heureuses ou moins chanceuses, nos vies sont un cumul de petites erreurs, de légers mensonges, d’éventuels malentendus, parfois de désagréables préjugés. Ce qui impacte peu nos existences, car nous absorbons et assumons tout ça. Sauf quand intervient une grave situation de crise. S’impose alors une remise en question personnelle, voire familiale. On s’aperçoit que les images illustrant nos vie ne montrent qu’incomplètement la vérité. Suspect aux yeux des autres, vous-même devenez soupçonneux à tous égards : Le soupçon est un acide. Il ronge tout ce qu’il touche. Il s’attaque à la surface des choses en y laissant une marque indélébile (…) Il détruit la confiance niveau par niveau. Et creuse toujours plus profond.

Voilà ce qui vient perturber de manière définitive la vie du tranquille Eric Moore, suite à la disparition de cet enfant. Non seulement, il se pose des questions sur son fils, mais aussi sur son propre père. Car le décès de sa mère, après la mort prématurée de sa sœur, garde un certain mystère. Le comportement de son épouse n’aide guère Eric, non plus. Tous les personnages créés ici par Thomas H.Cook sont d’une parfaite crédibilité, dans leur vécu et dans leurs réactions. Y compris des rôles annexes tels que l’employé gay Neil ou le fleuriste ami de Keith. L’histoire est retracée avec justesse et humanité, racontée par celui qui est le moins préparé à affronter le drame, Eric. S’identifier à lui est naturel, grâce aux multiples détails suggérés par l’auteur. Un roman fascinant.

Du même auteur : "Mémoire assassine", "Les leçons du mal", "Les ombres de la nuit", "Les ombres du passé".

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 07:25

 

Ceux qui, comme moi, ont longtemps fait l’impasse sur les romans noirs de Thomas H.Cook, ont eu bien tort. Il est temps de se rattraper, en lisant par exemple Les ombres de la nuit (2002).

En ces années 1930, la famille Chase habite Port Alma, une petite ville du Maine, sur la côte Est des Etats-Unis. S’entendant bien, les frères Billy et Calvin Chase affichent des caractères fort différents. Billy a hérité de sa mère un romantisme exacerbé, tandis que Cal est un pragmatique dont le réalisme frise la froideur. Devenus adultes, ils choisissent chacun leur voie. Billy succède à son père, à la tête d’un journal local, le Sentinel. Après des études de droit, Cal est engagé au bureau du procureur Hap Ferguson. Leurs parents vivent désormais séparés. Les deux fils restent présents autour d’eux. Âgé d’une trentaine d’année, Cal est un solitaire, client régulier de la maison close d’une ville voisine. COOK-2002N’ayant rien perdu de son esprit romantique, Billy attend la femme idéale.

À l’automne 1935, arrivant de nulle part, Dora March s’installe à Port Alma. Elle trouve vite un emploi : il s’agit de s’occuper d’un vieillard grognon, Ed Dillard, qui a déjà usé quelques employées de maison. Selon le témoignage de l’avocat de Dillard, la sincérité et la gentillesse de Dora March envers le vieil homme n’ont fait aucun doute. D’ailleurs, à son décès, elle refuse tout héritage. Séduit par la jeune femme, Billy engage ensuite Dora au journal.

Elle ne manque pas d’intuition, comme dans l’affaire Hendricks. L’incendie de la maison de ce dernier n’est pas vraiment suspect. Pourtant il cumule trop de malchance pour ne pas y voir des suppositions criminelles. Constatant que Billy se rapproche de Dora, Cal tient à en savoir davantage sur elle. Que Dora March vienne de New York ne le renseigne guère. Néanmoins, un magazine racontant des histoires insolites lui offre une clé quant à l’identité de Dora.

La jeune femme confirme à Cal qu’elle ne fait que passer ici. Quelque chose dans sa voix me disait que c’était vrai; que pour des raisons que j’ignorerais sans doute toujours, Dora était une victime de la vie… Au printemps, Billy est de plus en plus certain qu’il a trouvé le grand amour. Maintenant, Dora participe à la gestion du journal, ce qui déplait un peu aux vieux employés. Cal la trouve toujours énigmatique, mais beaucoup moins fragile qu’elle ne semblait à son arrivée.

Le 27 novembre, Dora disparaît de Port Alma, alors que Billy vient d’être assassiné. Le shérif T.R.Pritchart fait correctement son boulot, mais traquer la fugitive n’est pas de son ressort. Marqué par le décès de son frère, Cal tente une improbable contre-enquête. Ses propres souvenirs, les témoignages locaux, la maison sans décor ni grand confort de Dora, ne lui donnent que peu d’éléments. C’est dans le désert californien qu’il va trouver des réponses sur Dora…

 

Il est inutile de vanter les mérites des livres de Thomas H.Cook, parmi les plus passionnants romans noirs actuels. Ce titre publié en France en 2002 démontre, à tous points de vue, la finesse de l’auteur. Déjà, les portraits de chaque membre de la famille Chase sont un régal de nuances subtiles. Bien qu’ils s’en défendent, et malgré leurs grandes différences, les deux frères ont une relation quasiment fusionnelle. Cet épisode de quelques mois est retracé avec maints détails, assortis d’une psychologie convaincante. Les conditions réelles du crime et le mystère entourant Dora March restent omniprésents durant l’ensemble du récit, jusqu’à l’ultime dénouement. La qualité majeure de Thomas H.Cook, c’est sa souplesse narrative. Il associe adroitement les faits présents, passés, et d’autres plus anciens encore, dans un récit à la logique impeccable. Excellent !

Du même auteur : "Les leçons du mal" - "Mémoire assassine" - "Les ombres du passé".

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 05:52

 

Datant de 1993, Mémoire assassine de Thomas H.Cook restait encore inédit en France. En effet, entre 1992 et 1999, aucun éditeur ne publia plus cet auteur chez nous. Depuis, cette erreur a été réparée, et une dizaine de nouveaux titres ont prouvé l’immense talent de ce romancier. Il est donc urgent de découvrir ce roman, publié en Point2. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit de livres du format mini-poche, en lecture verticale. Aucune difficulté pour s’y adapter, bien que ce soit la première fois que je lise un roman dans ce format. COOK-2011-P2Le plus important, c’est la passionnante intrigue concoctée par Thomas H.Cook…

 

Au début des années 1990, Steve Farris est un quadragénaire employé dans un cabinet d’architecture. Petite famille ordinaire, avec son épouse Marie, et leur fils Peter. Steve a longtemps gommé de sa mémoire le drame qui le marqua à l’âge de neuf ans. La séduisante Rebecca prend contact avec lui. En vue d’un livre, elle étudie cinq cas criminels similaires. Il s’agit de pères de famille ayant abattu tous leurs proches. Rebecca possède déjà des documents relatifs au crime qu’a vécu Steve. Celui-ci accepte d’explorer les images de son passé, rencontrant certains soirs Rebecca à l’insu de son épouse. Le carnage inexpliqué se produisit le 19 novembre 1959, au cours de l’après-midi. Étant le seul rescapé de cette affaire, de nombreuses questions viennent à l’esprit de Steve.

Dans la famille Farris, il y avait d’abord le père, William. Ce modeste quincaillier exprimait peu ses sentiments. Avec le recul, on peut se dire qu’il ressentait une sourde amertume, n’ayant peut-être pas eu la vie qu’il souhaitait. Il quitta tôt ses parents, vécut médiocrement à New York, avant de s’engager dans l’armée pendant la guerre. Puis il se maria avec Dorothy. Steve se souvient qu’on disait "la pauvre Dottie", sa mère étant une femme effacée, qu’il revoit dans sa blouse rouge ou lisant des romans sentimentaux. Jamie, 17 ans, le frère aîné de Steve, était un garçon plutôt frondeur, qui se chamaillait fréquemment avec sa sœur Laura, 16 ans. Leur père semblait avoir une affection particulière pour elle, sans doute parce qu’il retrouvait chez Laura sa propre détermination d’antan.

Ce funeste jour, Bill Farris extermina Dorothy, Jamie et Laura. Il attendit durant deux heures le retour de Steve, mais prit la fuite quand le voisinage donna des signes d’inquiétudes. L’enquêteur Swenson retrouva sa voiture à la frontière du Mexique, ultime trace laissée par Bill Farris. Il arrive à Steve d’imaginer avec clarté le déroulement de la scène mortelle. Il se souvient aussi des vacances familiales à Cap Cod, quelques semaines avant l’affaire. Plusieurs incidents, et le coup de foudre de Laura pour Teddy, suffisent-ils à entrevoir l’explication ? Rebecca s’intéresse à l’esprit dominant des cinq meurtriers qu’elle étudie, qui auraient tous préparé l’élimination de leurs proches. Steve admet le fait, puisque son père avait caché des brochures touristiques, signe d’un départ envisagé.

Il retient surtout que sa famille s’était embourbée dans une routine, tous enlisés les uns dans les autres. Chacun vivant avec ses déceptions, ses secrets. Steve se remémore les discrets conciliabules entre sa sœur et leur père. Sa quête obsessionnelle de vérité risque d’avoir un impact sur la vie de Steve. Et de l’entraîner bien plus loin que les conclusions, orientées sans doute, de Rebecca concernant ces meurtres familiaux. J’avais accédé à un autre niveau de compréhension du massacre de ma famille. Je prenais conscience que ce n’était plus simplement l’instant explosif qui me terrorisait (…) mais le résultat du long pourrissement de l’amour, des lentes étapes de sa dissolution

 

La formule "magnifique suspense psychologique" ne suffirait assurément pas à exprimer la qualité supérieure de cette histoire. Le sujet par lui-même n’est pas neuf. COOK-2011-P2Décrire la concentration nécessaire pour reconstituer des faits lointains dans le temps, sur la base d’impressions d’enfance, ça peut aboutir à un récit peu palpitant.

Il faut toute la virtuosité de Thomas H.Cook pour entrelacer passé et présent, pour souligner les détails insignifiants d’autrefois et les scènes du quotidien ordinaire ne prenant un sens qu’en raison du triple crime. L’ambiance chez les Farris apparaît par petites touches, sans laisser augurer un tel drame. Aucune précision n’est évoquée par hasard, ni cette photo où Dorothy semble plus heureuse que dans le souvenir de Steve, ni les cas de la tante et de l’oncle maternels du garçon, ni tel emportement soudain de son père, pour ne citer que quelques exemples. Il n’y a pas de monstrueux secret de famille derrière tout cela, juste une dégradation qui s’accélère entre ces gens, non sans raison. La finesse avec laquelle on nous raconte leur vie est absolument fascinante. Quant aux derniers rebondissements, il convient de les savourer avec délectation. Un excellent roman, tout simplement.

Du même auteur, "Les ombres du passé" et "Les leçons du mal".

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