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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 05:55

Quadragénaire sportive native de Nantes, Garance Calderon est capitaine de gendarmerie dans l'Yonne, où elle fut élevée par ses grands-parents. Fin août, Garance est chargée d'enquêter sur une mort suspecte au hameau de l'Hermitage. Autour d'un lac, les trois propriétés ont longtemps appartenu à la famille Marceau, Colette, Marianne et Paul, puis à plusieurs héritiers. La maison de Paul a été vendue toute meublée, deux mois plus tôt. L'acquéreur était Mehdi Azem, prof d'Histoire-Géo de trente-et-un ans au Lycée Janot, de Sens. C'est lui la victime. On l'a trouvé mort près du lac à la limite des propriétés voisines. Sa blonde compagne Juliette Lauris ne vivait pas avec lui.

Mehdi Azem a été tué avec un fusil de chasse. Peut-être par accident, vu qu'on traque le sanglier sur les terres agricoles par ici, même hors-saison. La chasse est un bon souvenir d'enfance pour Garance, qui la pratiquait avec son grand-père, gendarme. Selon Juliette, Mehdi préparait un livre sur les femmes tondues. “Entre [19]43 et 46, elles ont été à peu près vingt mille en France. Mehdi espérait retrouver certaines de ces femmes, et leur faire raconter les tontes avant qu'elles meurent...” Un collègue de lycée confirme à Garance que le sujet obnubilait le défunt prof. Il montra à ses élèves un film là-dessus. D'autant que la région fut active au temps de l’Épuration, car l'occupant y avait été très présent.

Il semble que la famille Marceau ait abrité alors une collabo “horizontale”. Ce qui, dans un sens, fait écho au propre passé de Garance. Petit-fils de Paul, Christophe Marceau avait eu une altercation avec Mehdi Azem. Chasseur à la réputation vérifiée de viandard, adoptant le discours facho, il prétend n'obéir qu'à sa loi personnelle et éduque ses enfants dans cet esprit. L'histoire des Marceau inclut leur aïeule Marianne, au caractère rebelle.“Un jour, en 1942, leur propriété a été réquisitionnée par les Allemands. Il y en a un qui est venu vivre chez eux. Et à la Libération, Marianne Marceau a filé avec lui. On ne les a jamais revus, ni elle, ni son Boche.” Mieux que cette version définitive, dans sa maison de retraite, Paul Marceau témoigne clairement du contexte malsain qui entraîna la disparition de sa sœur.

Aucune arme saisie chez Christophe Marceau ne correspond au calibre détecté. Colette reste sévère sur le cas de sa sœur Marianne. Aux Archives, Garance retrouve des lettres de dénonciation d'autrefois, avant de humer l'ambiance de la maison où tout est intact depuis si longtemps. Est-ce que, soixante-dix ans plus tard, le sang peut encore raconter le passé ? Et révéler les secrets de Marianne Marceau et de toute cette famille ? Déterrer les traces de jadis, se souvenir des armes alors utilisées, voilà qui aide à comprendre un crime du présent. Attention, car la violence n'est pas éteinte chez les Marceau…

Elsa Marpeau : Et ils oublieront la colère (Série Noire, 2015)

Nous vivons dans un monde où tout nous incite à ne penser qu'au présent, à n'envisager que vaguement l'avenir. Quant au passé, on le gomme de nos mémoires aussi vite qu'on l'a commémoré, sans retenir grand-chose. Il est plus facile de ne pas chercher à savoir si nos aïeux furent des héros, des traîtres, ou même un peu les deux à la fois. “C'était mieux avant”, cette formule résume tout ce qui concerne autrefois, ne venez plus nous embêter avec l'Histoire. Pourtant, “un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre” ont dit Winston Churchill, et sans doute quelques autres. À quoi bon tirer des leçons de ces temps révolus ? Certains discours de tribuns actuels ressemblent à ceux d'antan, et alors ?

Bien pire que l'oubli volontaire, peut-être, il y a la banalisation. Être collabo en temps de guerre, c'était juste de l'opportunisme, pas si grave. L’Épuration, il n'avaient qu'à être assez malins pour y échapper. Quant aux femmes tondues, leurs cheveux ont repoussé et puis c'est tout. Banaliser, le meilleur moyen d'ignorer que certaines cicatrices ne se sont jamais parfaitement refermées ? Voilà ce qui apparaît en filigrane dans ce roman noir. Et lorsque l'héroïne a connu elle aussi un parcours perturbé, elle est d'autant plus obstinée dans sa volonté de lever le voile sur les liens entre hier et maintenant. En précisant que cette intrigue se situe chez nous dans quelques mois, on verra ce que ça suggère. Le polar a une fonction sociologique, on le vérifie dans ce très bon roman d'Elsa Marpeau.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 05:55

Drôle de quartier que celui où la petite Niky habite avec ses parents, Marie et Luc Morgan. Leur voisine institutrice et amie Agnès Durieux vient de perdre la vie en vacances. Son corps a été retrouvé déchiqueté par les rochers dans les rapides de l'Ardèche. L'imaginative Niky ne croit pas en ce décès, elle est certaine qu'Agnès reviendra. Malgré tout, la maison de la défunte a été louée à une jeune femme rousse, Bettina. Celle-ci fait tout pour sympathiser avec la famille de Niky. Elle finit par amadouer la fillette. Peut-être aimerait-elle séduire le père, Luc, également ? À l'étage, c'est une dame prénommée Éva qui s'est installée. Avec sa jambe de bois et son comportement étrange, son allure de Cruella inquiète quelque peu Bettina.

Chez Niky, le plus malin, c'est Monsieur Émile. Il a compris qu'il vaut mieux se prélasser en passant pour un vieux chien con, plutôt que de participer à la vie de cette famille. Dans le quartier vit aussi Alfonse, l'ancien jardinier du château, un pervers surveillant les femmes depuis la tour de guet de l'édifice. Une rousse telle Bettina, rien de plus excitant pour lui. Et puis encore la vieille Carmen Dubouchon, dont le voisinage ignore qu'elle est auteure d'ouvrages pornographiques, mais dont on sait qu'elle adore les lapins nains. Enceinte, Marie apprend que sa sœur Chrystine a été assassinée. Décapitée chez elle, avec une mise en scène des plus sanglantes. Dans la main de la victime, un bracelet en macramé ayant pu appartenir à Agnès Durieux.

Adepte du crochet, le commissaire Kamikaze n'est pas emballé par l'affaire. Quand même, il reçoit le témoignage de Marie et Luc. Tout en expérimentant des remèdes à ses maux, Alfonse rôde la nuit dans le quartier. Ce sont les poubelles qu'il fouille, surtout celle de Bettina, pleine de précieuses reliques pour lui. Niki et Émile ont remarqué que Marie ne tourne plus très rond dans sa tête. Elle va brièvement être hospitalisée après une fausse-couche provoquée par un malaise. Marie prétend avoir été agressée par Éva-Cruella. De son côté, Carmen semblait apeurée par Dieu-sait-quoi. Le facteur signale au commissaire Kamikaze la disparition de la vieille dame. Peu après, Niki découvre le cadavre du facteur chez Carmen, bouffé par les lapins de la disparue.

Marie est placée en maison de repos, sa mémoire étant très perturbée par l'enchaînement d'évènements sinistres. L'absence de la jeune femme pourrait bien rapprocher intimement Bettina et Luc. Le commissaire Kamikaze fait le tour du quartier, questionnant Alfonse, Niki, et Bettina. Quant à Éva, elle lui fait l'effet d'une sorcière carrément maléfique. Le policier découvre l'obsession fétichiste d'Alfonse envers Bettina, et d'autres macabres détails. Si, finalement, Kamikaze est mis H.S., Luc et le chien Émile restent seuls pour secourir la petite Niky quand elle est en grand danger…

Nadine Monfils : Monsieur Émile (Série Noire, 1998)

Nadine Monfils jouit à la fois d'un large lectorat et de la reconnaissance des jurys : Prix «Polar 2007» au Salon «Polar & Co» de Cognac pour "Babylone Dream" ; Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne 2009 pour "Nickel Blues" ; Prix de la ville de Limoges 2010 pour "Coco givrée" ; Prix de "La griffe Noire" 2012 (St Maur/G.Collard) pour l'ensemble de son œuvre. Lectrices et lecteurs adorent la fantaisie de ses suspenses. Car, si des crimes souvent horribles sont commis dans ses romans, ça se passe toujours dans des ambiances pour le moins singulières, voire carrément déjantées. L'imaginaire n'a pas de limite pour Nadine Monfils : pourquoi les petites filles ou les vieilles dames ne seraient-elles pas des monstres, par exemple ? On sourit énormément à la lecture de ses histoires.

On a peut-être oublié que Nadine Monfils fut également publiée dans la Série Noire : “Une petite douceur meurtrière” (1995) et “Monsieur Émile” (1998 et 2002). Une intrigue riche en glauques mystères, en crimes horrifiques et peuplée de personnages décalés. Tout l'univers cruel et drôle de Nadine Monfils est déjà présent, délicieux à souhaits. Le policier qui apparaît dans cette affaire doit être un cousin du Commissaire Léon, le flic qui tricote, héros fétiche de l'auteure. Si la série a été rééditée chez Belfond, sauf erreur un titre reste indisponible en France : “Les fantômes du Mont-Tremblant” (Québec-Amérique, 2009). Les titres parus chez Série Noire sont évidemment à redécouvrir.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 05:55

New-yorkais âgé de trente-six ans, Zacharie Blake est reporter pour la radio. Avec sa fille Penny, neuf ans, ils viennent séjourner sur l'île Martha Vineyard. Mary, l'épouse de Zach, s'est noyée ici l'an passé, alors que c'était une excellente nageuse. Zach a loué et payé d'avance pour loger dans la même villa. À l'agence, il semble y avoir un malentendu sur cette location. En possession des clés, Zach n'est pas d'humeur à tergiverser. D'autant que, lorsqu'il vérifie, la somme a bien été encaissée. La visite menaçante du nommé Pete Rambley ne l'impressionne nullement. Zach contacte par téléphone Evelyn Cloud. Elle lui a adressé une lettre émettant des doutes sur la noyade accidentelle de Mary Blake. Cette fois, elle affirme n'être au courant de rien.

Zach et Penny se rendent à Gay Head, où l'indienne Evelyn Cloud habite avec son mari et leur fils. Ils trouvent bientôt son adresse : elle a été assassiné à coups de tomahawk, un objet souvenir vendu localement. La blonde journaliste trentenaire Enid Murphy sollicite une interview de Zach. Elle ne lui déplaît pas. Le soir même, il participe à une soirée chez Enid. Il converse avec quelques invités choisis, dont une femme médecin allemande, ou le skipper passionné de voile Freddie Barton. Enid raccompagne Zach à sa villa. Quand ils arrivent, la petite Penny a été kidnappée. Le ravisseur surveille sûrement la villa depuis les environs. Il ordonne à Zach de quitter Martha Vineyard dès le lendemain, selon un plan très précis, s'il veut revoir la fillette en vie.

La nuit n'est pas finie pour Zach. Il est interrogé par le lieutenant Whiston, concernant le meurtre d'Evelyn Cloud. Il ne peut dire toute la vérité au policier, même s'il admet avoir vu le cadavre. Zach appelle son avocat new-yorkais avant d'être incarcéré. Il n'aura pas besoin de ses services, car le lieutenant Whiston ne le soupçonne pas réellement. Zach est brun, alors que l'assassin est sans doute blond. Quand il retourne dans la maison d'Evelyn Cloud, dont le mari et le fils semblent se cacher, Zach découvre un paquet contenant une forte somme d'argent. Ce n'est pas Anne Dubrow, la fille de l'agence immobilière, qui va l'aider. Mais peut-être le pêcheur Ahab (Abraham), engagé par le mystérieux M.Carpenter. Petit voyou de dix-neuf ans, Roger tente d'intimider Zach, sans succès. L'essentiel est de retrouver Penny vivante, avant de découvrir les secrets de cette affaire...

Richard Marsten : Une tête dans l'eau (Inter-Police, 1960) ----------- Ed McBain : Le dernier plongeon (Série Noire, 1978)

C'est sous le pseudonyme de Richard Marsten qu'Ed McBain publia en 1958 “Even the Wicked”. Ce roman fut traduit par F.Janson (“Une tête dans l'eau”). Il parut en 1960 dans le collection Inter-Police des éditions Presses Internationales. Une nouvelle traduction par Simone Hilling en 1978 fut publiée dans la Série Noire, sous le titre “Le dernier plongeon”. La première version compte 127 pages, la seconde annonce 192 pages. Pour l'anecdote, le titre “Even the Wicked” fut aussi utilisé en 1997 par Lawrence Block, pour la treizième aventure de son héros Matt Scudder (“Même les scélérats”, Ed.Seuil, 1997). C'est une citation de la Bible : “L’Éternel a fait toutes choses pour lui-même: oui, même le méchant [even the wicked] pour le jour du malheur.”

Cette chronique est basée sur la première traduction, signée Richard Marsten. Ed McBain a déjà publié une grosse vingtaine de romans (y compris sous le nom d'Evan Hunter) quand il écrit celui-ci. C'est dire qu'il maîtrise admirablement son intrigue et sa narration. L'île Martha's Vineyard, dont l'auteur n'oublie pas de rappeler qu'elle fut peuplée d'Indiens, était alors fréquentée l'été par quelques présidents américains et par la haute-bourgeoisie new-yorkaise. En ce temps-là, on roulait en Plymouth, on écoutait (ou pas) Elvis Presley et les meilleurs jazzmen, et les Nikes étaient des missiles destinés à l'interception des avions ennemis. Un suspense qui s'inscrit dans son époque, bien entendu. Et qui s'avère diablement captivant !

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 05:55

Pour ce Noël 2014, Action-Suspense vous propose un petit quiz. Savourez cet extrait d'un grand classique de la Série Noire, dialogue entre le héros et un flic. Êtes-vous capable de reconnaître ce roman, son auteur, son personnage principal ? N'hésitez pas à suggérer vos réponses dans les commentaires !

Quiz de Noël 2014 : extrait-mystère d'un classique du roman noir

« J'allai à la salle de bains et tamponnai à l'eau froide ma joue tuméfiée. Je me regardai dans le miroir, j'avais la pommette en compote, avec des reflets noirâtres et des balafres ouvertes par le canon du pistolet. Mon œil gauche était, par-dessus le marché, souligné d'un coquard blême. Je n'allais pas être beau à voir pendant quelques jours.

Là-dessus, j'aperçus le reflet d'Ohls dans la glace. Il faisait rouler entre ses lèvres son éternelle cigarette non allumée, comme un chat qui asticote une souris à moitié morte, essayant de la faire courir une dernière fois.

La prochaine fois, n'essaie pas de faire le mariolle avec les flics, dit-il (…)

Je me tournai vers Ohls.

Les coyotes du désert auront de quoi se nourrir cette nuit. Félicitations. Le métier de flic élève vraiment l'âme, Bernie. Le seul problème dans la police, ce sont les policiers.

Dommage pour toi, héros, dit-il avec une férocité soudaine. J'ai eu du mal à pas rigoler quand tu es rentré chez toi pour te faire tabasser. Ça m'a fait plaisir, figure-toi. C'était un sale boulot qui devait être fait salement. Pour faire parler ces gens-là, il faut leur donner un sentiment de puissance. T'as pas été trop amoché, mais il fallait bien les laisser te sonner un peu.

Désolé, désolé que tu aies dû souffrir comme ça.

Les traits tendus, il me dévisagea agressivement.

Je peux pas encaisser les gens qui vivent du jeu, dit-il avec une violence soudaine. Ils sont aussi dégueulasses que les trafiquants de drogue. Tu t'imagines que dans leurs grosses boîtes de Las Vegas ou de Reno, il n'y a que des types pleins aux as qui vont se ramasser au jeu pour se marrer ? Mais c'est pas ceux-là qui font marcher le racket, c'est la foule des pauvres pigeons qui paument régulièrement le peu de fric qu'ils peuvent mettre de côté (…) Et chaque fois que le gouvernement prend sa part sur le jeu en appelant ça des impôts, il contribue à la prospérité de la pègre. Le coiffeur du salon de beauté y va de ses deux dollars, ils sont ramassés par le syndicat qui fait son beurre. Les gens veulent une police honnête, non ? Pourquoi ? Pour protéger les bookmakers ? Nous avons des courses de chevaux légales dans cet État toute l'année. Elle ne sont, en principe, pas truquées, et l’État touche sa part (...) Ça c'est du jeu légal, mon pote, un business réglo, sans bavure approuvé par l’État. Alors, tout va bien, non ? Mais pas pour moi ; pas du tout. Parce que c'est un truc qui engraisse les flambeurs. Et, tout bien pesé, il n'existe qu'une forme de jeu : l'arnaque.

Alors, ça va mieux ? Lui demandai-je en tamponnant mes blessures à l'iode décoloré.

Je ne suis qu'un vieux flic flapi et blasé. Et je suis en rogne, voilà tout.

Je me détournai pour le regarder.

Tu es un flic épatant, Bernie, mais tu te plantes complètement. En un sens, les flics sont tous pareils. Ils interviennent toujours à tort. Si un type perd sa chemise au craps, interdisez le jeu. S'il se cuite, interdisez l'alcool. S'il tue quelqu'un dans un accident de voiture, arrêtez de fabriquer des bagnoles. S'il se fait pincer avec une nana dans une chambre d'hôtel, interdisez la baise. S'il tombe dans l'escalier, ne bâtissez plus de maisons.

Oh, la ferme !

Que je la ferme, surtout ! Je ne suis qu'un citoyen quelconque. Passe la main, Bernie. Si on a des truands, des mafieux, des équipes de tueurs, ce n'est pas à cause des politiciens véreux et de leurs acolytes à la mairie et dans les tribunaux. Le crime n'est pas une maladie, c'est un symptôme. Les flics me font penser aux toubibs qui te refilent de l'aspirine pour une tumeur au cerveau, tandis que les flics la soigneraient plutôt à la matraque...»

© Gallimard.

Quiz de Noël 2014 : extrait-mystère d'un classique du roman noir
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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 05:55

Il pleut dru sur New York en ce matin de mars. Quelques heures plus tôt, un homme a été tué d'un coup de pic-à-glace dans un club coûteux du Village, ni un endroit sélect, ni un boui-boui. La police est sur place. La victime était le révérend Jonathan Prentis, âgé de cinquante-et-un ans. Originaire de l'Arkansas, cet évangéliste baroudeur prêchait afin de sauver les âmes en perdition face à tous les vices. Il avait passé trois semaines à New York. Il venait d'animer un dernier meeting au Madison Square Garden, pour cent quatre-vingt-seize personnes. Il devait poursuivre les jours suivants à Chicago. Le lieutenant Nathan Shapiro et l'inspecteur Tony Cook, de la Criminelle Sud, mènent l'enquête.

Selon le serveur français, le révérend Prentis était habillé “en civil”. Il est arrivé seul, mais plus tard une jolie blonde se trouvait avec lui dans son box. Plusieurs whiskies ont été consommés, alors que l'ecclésiastique prônait l'abstinence. Fils de rabbin, le lieutenant Shapiro n'est ni à l'aise dans ce contexte chrétien, ni sûr d'être à la hauteur face à cette affaire. Tony Cook espère des infos grâce à son amie Rachel Farmer. La police investit le QG du révérend, un étage de l'Hôtel Wexley. Higgs, adjoint dévoué de Prentis, répond aux questions de Shapiro. Le décès de “la Voix” ne sera pas sans conséquences. Mme Hope Prentis, une blonde trentenaire, n'a pas vu son mari depuis six heures du soir, la veille. Enrhumée, elle est sous médicaments.

Mme Prentis est la sœur du trésorier de la “Mission de la Rédemption”, raison sociale de cette société religieuse. Ils engagent des chorales de pros pour leurs réunions évangéliques, dont vingt-quatre permanents qui ont des alibis. Après le chef de chorale, Shapiro rencontre la mastoc et rigoriste Mme Mathews, économe de la Mission. Tony Cross enquête dans un autre hôtel de luxe, sur la Cinquième Avenue, non loin du Village. Prentis y a séjourné seul avant ses prestations, fin février. Un client courtois sans histoire, ne fréquentant pas le bar de l'hôtel. Néanmoins, rien n'exclut qu'il ait reçu une femme dans sa chambre. Tony Cook pensait avoir une piste du côté de la choriste Janet Rushton. Elle vient d'être assassinée, étouffée dans son appartement.

Arthur Minor, son chevalier servant, n'est sûrement pour rien dans la mort de Janet. Possible que ce soit elle, la blonde vue avec le révérend au club. Possible qu'elle lui ait servi de “guide” dans la préparation de ses réunions évangéliques new-yorkaises. Ça reste à confirmer. Quant à la très pieuse Hope Prentis, des dates de voyages aériens posent question. Le témoignage du nommé Rex Prince aidera sans doute Shapiro et Cook, avant de présenter leurs conclusions à Cornélius Ogden, le délégué du District Attorney...

Richard Lockridge : La mort du prêcheur (Série Noire, 1971)

C'est une enquête policière traditionnelle et de belle qualité que nous propose “La mort du prêcheur”. À l'évidence, c'est son contexte qui lui donne sa place dans la Série Noire. La victime est un de ces évangélistes médiatisés, à l'époque surtout par les journaux, qui se servent d'un supposé charisme pour répandre leur version de la foi religieuse. Un peu de séduction, une dose de fanatisme, des discours enflammés, des mises en scènes à grand spectacle, ces révérends plus ou moins autoproclamés soignent (encore aujourd'hui) leur bizness. L'activité de ces pasteurs génère des sommes très importantes, dons déductibles des impôts, même s'ils affectent de ne pas s'intéresser à l'argent. Croyance sincère ? C'est possible, mais beaucoup de ces groupuscules religieux ressemblent fort à des sectes. Un double crime d'ordre privé ou en lien avec la “Mission de la Rédemption” ? On le verra à l'heure du dénouement.

La plupart des romans de Richard Lockridge (1898-1982) écrits avec sa femme Frances Lockridge (1896-1963) ont été publiés en France chez Le Masque : dix-huit sur vingt-deux titres, loin de la totalité des œuvres de ce couple productif. On connaît mal la série qui fit leur gloire aux États-Unis, les enquêtes de Mr et Mrs North. Seuls cinq titres, dont “Mort d'un géant” (Albin Michel, 1954), “L'essence du drame” (Fleuve Noir, 1984) et trois autres au Masque ont été traduits. Deux suspenses de Richard Lockridge sont sortis dans la Série Noire : “La mort du prêcheur” (1971) et “Le bavard silencieux” (1973). Le lieutenant Nathan Shapiro fut pourtant le héros d'une dizaine de romans, dont “Un rai de lumière” (Le Masque, 1978), seule autre histoire traduite dans cette série.

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 05:55

Âgé de quarante-trois ans, George Gattling est originaire de Bainbridge, en Géorgie. Il vit à Gainesville en Floride. Il exploite un atelier de sellerie automobile, expert en capitonnage intérieur des voitures. Il a une belle clientèle grâce aux universitaires et aux étudiants du secteur. Sa sœur Precious et son fils de vingt-deux ans, Fred, habitent avec lui. Fred est un simplet, un attardé mental fort attachant. George a pour amante l'étudiante Betty, dix-neuf ans, qui joue quelque peu avec lui. La grande passion de George, ce sont les rapaces. Dans une nature devenant de plus en plus artificielle par ici, il piège des faucons, avec des rats comme appâts. Cette fois-là, ce n'est pas un petit épervier, c'est un beau faucon qu'il est parvenu à capturer. Une femelle, en réalité, selon George.

Bien que son savoir théorique soit vaste sur la question, ayant lu des tas d'ouvrages, il espère ne pas se planter pour dresser l'animal. L'attacher à une souche, puis l'affamer oui, mais pas trop. Enfermer dans un placard de précédentes prises a entraîné leur mort. Ce n'est pas son vieux copain et employé Billy Bob, aussi natif de Bainbridge, qui comprendra l'esprit de la fauconnerie. C'est un manuel doué, qui préfère s'enivrer le dimanche avec la famille de George. La mort soudaine et curieuse du jeune Fred bouleverse la vie des Gattling. Si leur groupe familial était singulier, ça leur procurait jusqu'à là un équilibre. Entre ce décès mal explicable et l'affaitage de son rapace, George risque de virer maboul. Heureusement, Billy Bob se charge des diverses formalités.

Quant à Betty, elle trouve malsaine, sadique, la fascination de son amant pour le dressage d'oiseaux de proie. Cette fille est sans nul doute sexuellement décomplexée. Pourtant, à cause des circonstances qu'ils traversent, Betty découvre la jouissance avec un certain trouble. Ce n'est pas du côté de Ma, sa sévère mère, que George peut espérer réconfort et compréhension. Il est vrai qu'avec ce faucon qui ne quitte plus son poing ganté, normal que George passe pour un cinglé aux yeux de ses proches. Y compris d'Alonzo, le père absent du pauvre Fred, que George va devoir affronter.

Le voilà bientôt pourchassé par le pasteur Roe, Billy Bob et les autres. À l'abri de la forêt, George imagine le meurtre de Fred : “Bien sûr qu'il se soupçonnait. Il se soupçonnait de tout. Depuis toujours.” Il rejoint Betty, pour qu'elle l'aide à entrer au funérarium où repose Fred. Elle sait convaincre le croque-mort. “Les gens ne se pointent pas à quatre heures du mat' avec un faucon sur le bras. Les gens ne font pas ça, sauf s'ils sont barjots. Ça, il peut le comprendre.” Il y aura quelques complications, quand même…

Harry Crews : Le faucon va mourir (Série Noire, 2000)

Aux États-Unis comme partout, la réussite sociale est la vertu majeure. Diriger sa petite entreprise, avoir sa place dans une agréable ville universitaire de Floride, être convié à des cocktails mondains, lutiner une petite amie pas farouche, le quadragénaire George Gattling a déjà “gagné” tout cela. Telle n'est pas la vraie nature de son caractère. C'est un solitaire dans l'âme. Le regard des autres lui importe de moins en moins. Peut-être un peu l'opinion de Betty qu'il voudrait impressionner, mais il se moque du reste.

Ce n'est que de l'hypocrisie, si l'on n'accomplit pas ce que l'on veut réellement. Il y a ceux qui se sentent bien dans une existence formatée, et d'autres qui ont viscéralement besoin de choisir une autre voie. George est obsédé par la fauconnerie. Pour lui, l'aptitude à dresser des rapaces est la seule “reconnaissance” qu'il souhaite. Ce qui le marginalise, bien sûr. D'autant qu'il devrait montrer davantage d'affliction, suite au décès de ce neveu handicapé qu'il aimait. Ce serait retomber dans une normalité dont il s'est écarté. C'est d'ailleurs Betty qui exprime le mieux cette idée : “Si tu veux être quelqu'un, si tu veux apprendre quelque chose, faire quelque chose, il faut être hors norme. Tout ce qui est normal, c'est du pipeau. La normalité, c'est de la merde.”

Ce n'est pas la mort qui domine cette histoire. C'est le droit à une liberté égoïste. Quitte à s'enfermer dans un délire personnel, qui passera pour de la folie dans votre entourage. Ce qui fait penser à cette réplique de Gabin dans “Un singe en hiver” : “J'ai pas encore les pieds dans le trou, mais ça vient, bon dieu ! Tu te rends pas compte que ça vient ? Et plus ça vient, plus je me rends compte que j'ai pas eu ma dose d'imprévu ! Et j'en redemande. T'entends ? J'en redemande !” George Gattling a aussi besoin de l'ivresse de la liberté, de ne plus se soumettre – fut-ce pour un temps donné – au poids des conventions.

Publié en 1973, “Le faucon va mourir” a été traduit (par Francis Kerline) en 2000 dans la Série Noire, avant une réédition sous couverture illustrée en 2003. “The hawk is dying” a été adapté au cinéma par Julian Goldberger en 2006, avec Paul Giamatti, Michelle Williams, Michael Pitt, Rusty Schwimmer, Robert Wisdom, sous le titre français “Dressé pour vivre” (sorti en 2008). Un inédit de Harry Crews, “Les portes de l'Enfer” est annoncé chez Sonatine Éditions, pour l'automne 2015.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 05:55

Au début des années 1970, le Montana compte à peine 700.000 habitants. État du nord des États-Unis, où se trouve la petite ville de Midbury, 1500 âmes dans un comté qui en recense 3500 à 4000. Quadragénaire, Chick Charleston en est le shérif depuis quelques années. Âgé de dix-sept ans, étudiant doué pour le base-ball, Jason Beard est un supplétif dans l'équipe du shérif, trop jeune pour être adjoint. Néanmoins, Charleston lui accorde sa confiance pour certaines missions. Ce soir-là, il y avait un pique-nique au clair de lune, sur le territoire vallonné de Midbury. Buster Hogue a été abattu d'une balle dans la tête. Sa tête chauve, avec ou sans son chapeau, faisait une belle cible. Il est transporté par Jason aux urgences d'un hôpital proche. Rien n'indique qu'il survivra malgré les soins apportés par le Dr Ulysses Pierpont, qui est psy et non généraliste comme Old Doc Yak.

Veuf, père de Buster Junior et du simplet Simon, Buster Hogue est un gros propriétaire de la région, cumulant les terres et les troupeaux. C'est peu dire qu'il a beaucoup d'ennemis dans la contrée. Souvent, il s'agit de bisbilles sans conséquences entre voisins. Comme avec Guy Jamison, qui tient un ranch pour touristes qu'il n'a pu étendre à cause de Hogue. Jason et le shérif vont ensuite interroger Ben Day, dans son ranch minable. Lui aussi a eu des embrouilles carabinées avec le puissant Buster Hogue. Le plus taiseux des témoins qui étaient au pique-nique, c'est le vieux McNair. Il déteste les flics, qu'il traite de “taons”. Assez copain avec Hogue, il a récupéré son chapeau abîmé. Moitié-Français, moitié-indien, Pierre Chouquette est une sorte d'ermite qui ne s'occupe que de son boulot, ramasser du bois. Que Buster Hogue ait été blessé grièvement ne l'intéresse nullement.

Pratiquant la pêche à la ligne après une averse, Jason trouve la douille de l'arme du crime. La mort de Buster Hogue venant d'être annoncée, il s'agit officiellement d'un meurtre. Le shérif doit calmement remettre les choses au clair avec Buster Junior, qui l'a publiquement provoqué pour son manque d'efficacité. Jason et Charleston rendent visite au Professeur Hawthorne (avec sa fille Marguerite). Cet ancien géologue dans le pétrole, devenu écolo, est un collectionneur d'armes anciennes. Un de ses fusils a disparu, probablement l'arme du crime. Ne résidant que ponctuellement ici, le psy Pierpont vient parler au shérif du cas de Simon Hogue, son patient. Une semaine passe jusqu'aux obsèques de Buster Hogue, sans progrès de l'enquête. Neuf jours plus tard, c'est au tour de Ben Day d'être assassiné dans sa ferme, d'un coup de feu. Ce qui ne trouble guère sa veuve.

La vieille Mrs Jenkins perdant la tête, elle a dû être confiée à un lointain hôpital. Jason l'y a conduite. Au retour, il fait la connaissance par accident de Mike Day, le frère de Ben Day. Un homme assez malin dans les investissements, semble-t-il. La police de l’État a envoyé un enquêteur à Midbury, Gus Gewald. Ce dernier pense qu'il s'agit d'une affaire d'adultère entre Buster Hogue et Ben Day, non sans envisager d'autres hypothèses improbables. Le shérif a collecté plus d'indices qu'il n'y paraît. Il va bientôt piéger le coupable…

A.B.Guthrie Jr : Retour de bâton (Série Noire, 1994)

Alfred Bertram Guthrie, Jr. (1901-1991) se fit connaître en France avec deux westerns : “La Captive aux yeux clairs” (Denoël, 1947) et “Oregon-Express” (Denoël, 1956), Prix Pulitzer 1950. Ces romans ont été réédités en 2014 chez Actes Sud, collection «L’Ouest, le vrai» sous le titre “La Route de l’Ouest”. La Série Noire publia plusieurs romans de la série ayant pour héros le shérif Chick Charleston : “Retour de bâton” (1994 - Wild Pitch), “Le produit d'origine” (1996 - The Genuine Article), “Les loups sont innocents” (1981 - No Second Wind). Deux autres titres avec Chick Charleston, Playing Catch-up (1987) et Murder in the Cotswolds (1989) n'ont jamais été traduits en français.

Si Nicholas Evans, James Lee Burke, et quelques autres romanciers ont pris depuis pour décor le Montana, A.B.Guthrie Jr les précéda avec autant de talent. Cette histoire racontée par le jeune Jason Beard, c'est avant tout la chronique d'une petite localité du Montana. Un pochtron qui est plutôt mieux en cellule que dehors, un incident avec le vieux cheval du vieux Plenty Toogood, Mabel Main la standardiste gardée malgré l'automatisation du téléphone, la vieille Mrs Jenkins qui chantonne n'importe quel air, Jason assez bon sportif qui rend de menus services à chacun, tout cela constitue la vie d'une bourgade telle que celle-ci. Dans ce pays peu peuplé, les distances avec les villes voisines font également partie du rythme de leur quotidien.

Décrire l'ambiance ne signifie pas que l'intrigue soit mineure, bien au contraire. Mais ça explique que le shérif Chick Charleston ne se précipite pas dans son enquête, qu'il ne compte nullement sur des empreintes ou des témoignages décisifs. À côté de son équipe routinière d'adjoints, la jeunesse de Jason est un atout qu'il ne néglige pas. Au final, on s'aperçoit que la construction du roman est plutôt subtile. Cette première enquête du duo offre un suspense de très belle qualité.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 05:55

Jeudi 21 décembre, quatre jours avant Noël, il neige sur l'agglomération d'Isola. Cotton Hawes et Steve Carella, inspecteurs du 87e district, sont appelés à l'immeuble Harborview. Mme Marian Esposito a été mortellement poignardée sur le trottoir devant le bâtiment. En parallèle, dans l'appartement 304, on trouve le cadavre du quinquagénaire Gregory Craig, lardé de dix-neuf coups de couteaux fatals. Sa compagne Hillary Scott a alerté la police. Sosie de l'épouse de Steve Carella, elle est medium. Bien que la sécurité de l'immeuble soit stricte, le lieu du crime a été fouillé, laissant un grand désordre. On s'apercevra que trois cent dollars ont été volés, et surtout pour 83.000 dollars de bijoux. Même si Hillary ne croit pas au simple cambrioleur, la police ne peut que retenir le vol.

Gregory Craig était l'auteur du best-seller “Ombres mortelles”, histoire de fantômes qui prétendait s'inspirer de faits vécus. Sa fille Abigail n'était pas en bons termes avec son père. Ses parents ont divorcé trois ans plus tôt, peu avant le décès par noyade de sa mère dans le Massachusetts. Étrange mort pour une ex-championne de natation. Les “visions” d'Hillary sont moins utiles que le témoignage du gardien de l'immeuble. Ce jeudi-là vers dix-sept heures, Craig a reçu la visite d'un certain Daniel Corbett. Ce dernier est directeur littéraire chez l'éditeur de “Ombres mortelles”. Recevant Steve Carella et Cotton Hawes, il leur fournit un alibi, une coucherie avec une collègue, qui sera bientôt confirmé. Selon lui, l'écriture du futur livre de Gregory Claig s'avérait plus que laborieuse.

La mort de Marian Esposito semble une affaire connexe. Si son mari Warren Esposito est furieux que l'enquête néglige ce décès, la police apprend finalement que cet homme fut violent avec son épouse. Un élément qui a son importance ? L'alibi du mari, présent dans un bar à l'heure dite, pourrait bien être vérifiée. Hillary a une sœur jumelle, Denise, autre sosie de Teddy Carella. Sachant que l'inspecteur a aussi des jumeaux, les coïncidences abondent. Au lendemain de Noël, c'est Daniel Corbett qui est assassiné chez lui, poignardé comme Mme Esposito et Gregory Craig. Selon sa voisine aigrie, il fréquentait beaucoup d'homosexuels. Alex Harrod, ami Noir de Corbett, confirme qu'était prévu un trio sexuel avec les deux hommes et l'amante actuelle du défunt directeur d'éditions.

Bientôt, c'est Denise Scott qui est agressée dans la rue. Nul doute qu'on l'ait confondue avec sa sœur Hillary. Accompagné de la medium, Steve Carella se rend à Hampstead dans le Massachusetts. Les dossiers ne permettent pas d'en avoir le cœur net sur la noyade de Stephanie Craig. Hillary Scott et Carella sont bloqués là par la tempête de neige. Ce qui offre au policier l'occasion d'en savoir plus sur “Ombres mortelles”. C'est le 29 décembre qu'on pourra enfin arrêter l'assassin…

Ed McBain : Un poulet chez les spectres (Série Noire, 1981)

Ce roman fut traduit par Rosine Fitzgerald en 1981, puis fut publiée une réédition revue et augmentée par Pierre de Laubier en 1999. Il s'agit une enquête typique du commissariat du 87e. C'est principalement Steve Carella qui mène les investigations. D'ailleurs, on va entrevoir son épouse sourde et muette, leur maison de Riverhead, leur gouvernante Fanny Knowles, avec des allusions à leurs enfants. Malgré tout, c'est le travail d'une équipe de policiers qui importe dans cette série, plus que les cas individuels : “Ça explique donc pourquoi Carella se prenait pour le héros du drame… Il ne lui venait même pas à l'idée que Hawes pouvait aussi se prendre pour un héros.” Par ailleurs, l'inspecteur Meyer Meyer est aussi obligé d'assurer son service le jour de Noël et d'Hanouka, tombant à la même date.

Roman d'enquête, bien sûr. Pourtant, rien à voir avec la traditionnelle galerie de suspects, chère à beaucoup de romans d'énigme. Il faudra plus de deux cent pages pour s'assurer du nom du coupable présumé. Ce qui prime, ce sont les progrès des policiers dans une ambiance neigeuse afin de déterminer les circonstances précises des trois meurtres, peut-être quatre. Sans oublier l'origine de l'affaire criminelle. Même dans le Massachusetts, non loin de Salem et de ses sorcières, le cartésien Steve Carella n'est pas obligé de croire aux fantômes (“Ghosts”, titre original). Un très bon exemple des affaires traitées par le 87e.

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