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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 05:55

Depuis 1949, San-Antonio est éternellement présent dans l'actualité de l'édition. C'est de nouveau le cas en cette année 2014, puisque Pocket lance une nouvelle présentation des romans culte de San-Antonio. Dès cette fin mars, on pourra ainsi lire ou redécouvrir “Du plomb dans les tripes”, “Sérénade pour une souris défunte” et “Passez-moi la Joconde”, trois ouvrages datant d'il y a une soixantaine d'années. Les années 1950 sont à l'honneur pour ce retour du commissaire, entraîné dans de trépidantes et souriantes aventures. Fin avril, ce sera le tour de “Berceuse pour Bérurier”, “San-Antonio renvoie la balle” et “San-Antonio chez les Mac”. Plusieurs autres titres savoureux sont programmés pour l'été, ainsi qu'à la rentrée. À chaque décennie d'origine, s'appliquera un habillage graphique différent. En effet, les premières couvertures rappellent celles de ces années-là.

Évoquons ici “Passez-moi la Joconde”, une des dix premières aventures de San-Antonio. Il évolue dans des contrées que l'auteur connaissait bien, entre la région lyonnaise et Grenoble. Il n'est peut-être pas inutile de préciser que le rythme narratif est soutenu, notre héros allant de surprises en rebondissements. En effet, San-Antonio est le roi du langage fleuri, mais ces intrigues des années 1950 sont avant tout mouvementées. Clins d'œil à noter, pour les initiés : le nom de famille Vinay désigne une commune d'Isère, mais également un éditeur lyonnais de l'époque (qui publia entre autres André Héléna)... Est aussi évoqué le roman “Kaputt” de Curzio Malaparte, or nous savons que Kaputt fut un des pseudos de Frédéric Dard.

San-Antonio : Passez-moi la Joconde (Pocket, 2014)

Un petit survol de l'intrigue de “Passez-moi la Joconde” :

En 1954, le commissaire San-Antonio émarge aux Services Secrets. Pour ses premières vacances depuis longtemps, il prend la direction du Dauphiné. Ex-officier durant la guerre et ancien journaliste, son ami Duboin tient un hôtel dans la région de Grenoble. Promesse d'un séjour farniente. Pourtant, une explosion détruit la voiture de San-Antonio, avec ses deux passagers, quelques jours plus tard. Tout ça à cause du collier d'un chien mort qu'il avait trouvé sur la route avant d'arriver. San-Antonio bigophone au Vieux, qui lui donne carte blanche afin d'éclaircir le mystère. Il se rend à La Grive, le bled où il avait ramassé le chien et son fameux collier.

Éboueur et poivrot, le nommé Dédé finit par lui avouer qu'une femme trentenaire l'a déjà contacté pour les mêmes motifs. C'était une inconnue à vélo, qui semblait aimer la couleur bleue. Sûr qu'il n'en faut pas davantage à San-Antonio pour dénicher la piste de cette personne. Il aboutit bientôt dans une propriété des environs, qui paraît déserte. C'est sous la forme d'un épouvantail, qu'il va découvrir dans le jardin le cadavre d'un métèque, le compagnon de la femme. San-Antonio obtient même le nom des locataires de la propriété, les Vinay, de Lyon. Apprenant qu'un camion Mac passa par là durant la nuit en question, le commissaire suppose que le collier du chien devait faire sauter le poids-lourd.

Par une gentille postière boitillante, San-Antonio identifie la DS des Vinay. Laquelle semble avoir été volée à un Lyonnais nommé Compère. Sauf que ce M.Compère n'est pas si clair. Il possède un entrepôt, que San-Antonio ne se prive pas de visiter clandestinement. Dans le sous-sol, on y a caché un gros rouleau de papier. En cet après-guerre, c'est une matière première qui a de la valeur, certes. Surtout si l'on peut imprimer des biftons sur le fameux papier. Par l'intermédiaire de son ami Duboin, San-Antonio contacte le détective lyonnais César. Celui-ci confirme qu'un camion chargé d'un gros rouleau de papier fit le trajet entre Grenoble et Lyon, ladite nuit. Lorsqu'il retourne à l'entrepôt, le commissaire y découvre le cadavre de Compère, abattu par balles. San-Antonio va encore traverser quelques périls avant de résoudre l'affaire !

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 04:55

Séjour en Suède pour le célèbre San-Antonio. Il n'est en Scandinavie ni pour enquêter, ni pour faire du tourisme. Son œuvre vient d'être couronnée par le Prix Nobel de littérature. Il s'est donc courtoisement déplacé pour la cérémonie. Si San-Antonio n'est pas insensible aux charmes de la blonde Eggkarte Tequïst, c'est parce qu'elle a pris l'initiative. Un juré du Nobel l'a sollicité pour un cas criminel, qui ne l'intéresse guère. Pourtant, rejoint par son colossal adjoint Bérurier, San-Antonio est chargé par le Vieux en personne d'une enquête sur le même assassin. Sept ans plus tôt, le nommé Borg Borïgm dirigeait un institut sur les bords du lac Vättern. Il fut accusé du meurtre de deux pensionnaires adolescentes de l'établissement, qu'il aurait violées. Arrêté, il s'évada du palais de justice de Stockholm à l'issue de la première audience de son procès. On ignore où il a pu se cacher depuis. Tout juste sait-on que Borg Borïgm était un adepte d'astrologie, de spiritisme, d'occultisme.

Eggkarte Tequïst leur servant d'interprète, San-Antonio et Bérurier vont interroger l'ex-épouse du coupable, laquelle s'adonne à une partouze motorisée. Bien qu'elle ne soit pas prude, Mme Cétesky (c'est son nom) considérait Borg Borïgm comme un détraqué sexuel, un ignoble pervers. Elle est convaincue qu'il se trouve toujours en Suède, car un sortilège empêcherait les gens de sa famille de quitter le pays. Quelques détails du faciès de Borg Borïgm peuvent aider à l'identifier. Puisqu'il est passionné d'occultisme, San-Antonio tente un piège. Béru devient le mage Nostrabérus, et donne des consultations gratuites à leur hôtel. Certes, son “don” est davantage basé sur l'observation que sur la voyance, comme chez tous ces prétendus devins. Pourtant, il a également quelques visions qui sont justes.

Borg Borïgm a sûrement entendu parler de Nostrabérus, mais il tarde à se manifester. Un meurtre est commis en public, dans la file attendant de consulter le faux-mage. Caché dans le bordel d'en face, le tueur était déguisé alternativement en curé ou en vieille dame. Grâce à un ticket de parking, San-Antonio va bientôt découvrir une piste. Béru, Eggkarte Tequïst et lui se rendent dans la région de Milsabör. Ils ne tardent pas à trouver l'adresse d'un certain Frédérik Stönéchaarden, ce qui pourrait être l'identité sous laquelle vit Borg Borïgm. Ainsi qu'il lui a été demandé, San-Antonio prévient immédiatement le Vieux. Pour une fois, s'éloignant de son confortable bureau, son supérieur va participer activement à une mission. Entre-temps, San-Antonio et Béru découvrent deux cadavres au domicile de Frédérik Stönéchaarden. Le coupable semble toujours en fuite...

San-Antonio : Les prédictions de Nostrabérus (Pocket, 2013)

Frédéric Dard a déjà écrit plus de quatre-vingt San-Antonio, quand il publie celui-ci. On sait qu'il ne se laissa jamais aller à la facilité, qu'il ne considéra pas cette série comme de la routine. C'est donc une trépidante aventure nordique qu'il présente, avec son lot de surprenantes péripéties et de gaudriole. Bien qu'il fréquente un coprophage, n'en soyons pas choqués : “Mon lecteur me pardonnera cette relation de notre visite [chez ce scatophage]. Elle peut paraître scabreuse à des êtres sensibles et délicats, mais je préfère céder à la vérité scrupuleuse qu'à la décence. Le monde est plein de cons qui se chargent d'être décents pour les autres parce qu'ils n'ont rien de mieux à foutre, qu'ils sont étroits de partout et principalement d'esprit […] Leur indignation m'est un réjouissement.”

Humour toujours présent, et réflexions sur le langage. Vu par Bérurier : “Ta phrase, il dit. J'm'demande comment t'est-ce tu fais pour en bricoler des pareillement semblables. T'as pourtant pas une instruction espéciale. Moi qu'ai loupé mon certif d'un poil de cul, je peux pas fignoler du langage comme toi. [attention aux métaphores, car...] Tu perds l'idée directeuse à vouloir la renforcer par des sémaphores. Le langage, faut lui laisser sa structuration initiale, sinon il devient décadent et s'égaye comme un fleuve à l'estuaire sablonneux...” En outre, on remarque une part de misanthropie chez Frédéric Dard, quand il se lâche ainsi : “Par moment ça m'accable, l'horreur d'avoir toujours et sans cesse affaire à des hommes. Des hommes cons ou malins, de gauche, de droite, de peur, de courage, de merde […] Si harassants à fréquenter. Si minables. Ah oui, que j'en crève, chaque jour, chaque heure, d'une grande et louche honte héréditaire. Que je regrette mon passage sur cette terre de chiotte.”

Affirmer que c'est un des meilleurs San-Antonio serait nettement exagéré. Les logorrhées délirantes de Béru sont, au final, quelque peu lassantes. Néanmoins, l'auteur maîtrisant son univers, ça reste une enquête san-antonienne plutôt plaisante à suivre.

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 05:55

En cette année 1952, le commissaire San-Antonio appartient toujours aux services secrets français, sous les ordres directs du boss. (“Le grand patron est un gringalet qui mesure près de deux mètres et qui a autant de cheveux qu'une ampoule électrique. Il est élégant comme Anthony Eden, et parle dans une langue châtiée ― ce qui ne l'empêche nullement de savourer le pittoresque de mon langage à moi.”) Un scientifique anglais, le professeur Stevens, aux faux-airs de Léon Blum, collabore avec les savants atomistes français. Une formule secrète a récemment disparu de son coffre-fort. Le supérieur de San-Antonio estime que la principale suspecte est Héléna Cavarès, la secrétaire du professeur. Cette jeune femme à la beauté remarquable est actuellement sous surveillance policière.

San-Antonio sait déjà qu'un petit malfrat, Ferdinand, a été engagé pour commettre un vol rue Gambetta, à Boulogne-Billancourt. C'est-à-dire au domicile du professeur Stevens. Un moyen d'expliquer, a posteriori, que la formule secrète ait été perdue. Peu après sa mission, Ferdinand est buté à son domicile. Le bistrotier voisin a noté qu'un type au regard étrange est sorti de l'immeuble, probablement le tueur. Planquant près de chez Stevens, San-Antonio prend bientôt Héléna en filature. Elle a un rendez-vous intime avec son amant, Charles Maubourg. Le policier tente une autre piste, le Champignon Bar, un club de la rue Fontaine. Là, un appel téléphonique anonyme l'envoie dans une propriété de Louveciennes. San-Antonio y découvre le cadavre décapité d'Héléna.

De retour chez Stevens, il s'avère que le scientifique a été enlevé. Quant au cadavre d'Héléna, il n'est plus dans la maison de Louveciennes lorsque les flics s'y pointent. San-Antonio s'aperçoit d'un indice étonnant : bien qu'Anglaise, Héléna parlait plutôt roumain. L'ombre d'un certain Schwartz plane autour du commissaire. C'est au Champignon Bar que l'enquêteur espère trouver des réponses. En réalité, il va être kidnappé par Schwartz (qui ressemble à Boris Karloff) et Bauhm, son homme de main. Avec la complicité de la belle Héléna, bien vivante. Évidemment, bien que fatigué par sa nuit d'investigations, San-Antonio résiste et s'échappe, en embarquant Héléna. Après quelques mésaventures, il retourne au domicile de Stevens afin d'avoir le fin mot de cette affaire...

San-Antonio : Mes hommages à la donzelle (Pocket, 2013)

Après Laissez-tomber la fille” et “Les souris ont la peau tendre”, c'est le troisième San-Antonio publié dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir, en 1952 (pour les puristes, sa quatrième aventure). Pour la première fois, on nous présente physiquement le chef du commissaire. Il deviendra “le Vieux”, mais apparaît ici tel un pro de l'espionnage, pas trop caricatural. On évoque la silhouette d'un flic, peut-être esquisse du futur Bérurier : “Un gros type surnommé Bouboule, qui est un spécialiste de l'interrogatoire. C'est pas qu'il ait de grandes facilités d'élocution, mais il a les pognes les plus éloquentes que j'aie jamais vues... Bouboule s'y entend comme pas un pour rectifier la physionomie de ses contemporains.”

L'atout principal de cette histoire, c'est l'unité de temps qui renforce l'action. Ça démarre vers quatre heures de l'après-midi, pour se conclure une vingtaine d'heures plus tard. Entre-temps, les coups de théâtre divers et variés se sont succédés à bon rythme, sur fonds d'espionnage. À propos de théâtre, l'auteur cite à plusieurs reprises celui du Grand-Guignol, auquel Frédéric Dard collaborait alors. Sa tonalité langagière se dessine de plus en plus dans ce roman, mais il mise encore davantage sur les péripéties que sur l'humour. Suspense et action au programme, pour une intrigue riche en rebondissements.

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 04:55

En 1962, Grangognant-au-Mont-d'Or est une ravissante commune rurale de quatre cent habitants située à une trentaine de kilomètres de Lyon, dans les vignobles. Bien moins pittoresque, on y commet des actes criminels. Élève de l'école primaire, Jean Charron a disparu. Puis c'est l'instituteur qui a été égorgé. Son cadavre a été découvert le lendemain par sa jeune et timide collègue Rosette. Un second élève, Louis Dubois, a disparu à son tour. C'est l'inspecteur de police Bérurier, de la PJ parisienne, qui est chargé de résoudre l'affaire par son supérieur, le Vieux. Il se fera passer par le nouvel instituteur, même si ses méthodes ont peu de chances d'être approuvées par l'Académie. Bien qu'en vacances, le commissaire San-Antonio va, avec la bénédiction de sa brave femme de mère Félicie, aider l'inculte Bérurier à mener à bien sa mission.

San-Antonio trouve bientôt une photo pornographique dans le cahier d'un élève. Cette image licencieuse provient de chez une ancienne cantatrice, possédant une propriété dans ce village. Voilà qui attise la curiosité du commissaire. Mme Léocadie Soubise, chanteuse très âgée oubliée de tous, reçoit ce jour-là un douteux groupe de Lyonnais, lui offrant une partouze en guise de spectacle. San-Antonio se fait passer pour un impresario, dans le but d'approcher Léocadie Soubise. Sans doute est-il repéré, car une grenade ne tarde pas à viser la classe de l'école où le policier se trouve avec l'institutrice Rosette. Néanmoins, San-Antonio accompagne ensuite la cantatrice et ses amis à Lyon. La soirée au cabaret Le Mistrigri, appartenant à l'ami Arménien de Mme Soubise, n'a rien de folichonne. Avant que le policier raccompagne la cantatrice au village, elle est assassinée en voiture.

San-Antonio peut compter sur l'aide de l'inspecteur lyonnais Javer, de service cette nuit-là. Récupérant sa Jaguar (type E), il est plus à l'aise pour débuter son enquête. L'Arménien ne pourra pas le renseigner, vu qu'il est rapidement abattu. L'électrophone tourne-disque trouvé dans son coffre-fort devait servir à planquer quelque chose. Les filles du Mistigri, Berthy et Marysca, en savent probablement moins que le fêtard Léopold, ami du défunt Arménien et de feue-Mme Soubise. San-Antonio lui met la pression afin qu'il avoue à quels trafics il est mêlé, et qu'il cite des noms. Un autre complice, Jérôme, est supprimé à son tour, pendant ce temps-là. Une inconnue fixe un rendez-vous dans un bois de Limonest, à quinze kilomètres au nord de Lyon. Malgré Bérurier et l'équipe de l'inspecteur Javer, la souricière policière ne fonctionne pas. Bien que fatigué, San-Antonio ne renonce jamais...

San-Antonio : San-Antonio chez les gones (Pocket 2013)

San-Antonio évolue dans une région bien connue de son auteur. En effet, alors qu'il était journaliste autant qu'écrivain débutant, Frédéric Dard travailla à Lyon. Il s'y installa avec sa famille dans le quartier de la Croix-Rousse de juillet 1944 à mars 1949. D'ailleurs, il en profite pour citer et expliquer ici certaines références lyonnaises. Les équevilles (ordures ménagères), les portes d'allées (porches d'immeubles), péter la miaille (embrasser avec effusion), être tout mouillé de chaud (en sueur), on espère que ces expressions typiques ont survécu depuis un demi-siècle. Si Grangognant-au-Mont-d'Or est inventé, c'est un de ces villages d'alors avec son école primaire non-mixte, son bureau de poste où l'employée raccorde les appels téléphoniques. Et son café de la mairie où son Éminence l'inspecteur Bérurier va largement abuser du beaujolais, goût du terroir oblige. Et comme enseignant, il va se distinguer le tonitruesque Béru. On est en plein dans l'univers de San-Antonio.

Le style de Frédéric Dard est bien en place. En témoigne ce portrait: “Le suiffeux est à poil devant la porte de fer donnant sur l'entrée de l'immeuble... Tout en étudiant la question, il se gratte le dargeot. Je ne veux pas vous berlurer, mes mignonnes, mais le spectacle est de qualité. Ça vaut son et lumière à Versailles, croyez-moi. À loilpé, Ambistroyan [l'Arménien] fait plus gros qu'habillé. Il a la brioche ronde et tombante. Avec ses tifs gras décoiffés et sa barbe du petit matin, il ressemble à un gorille obèse.”

Quant à l'intrigue, on est dans un roman populaire d'aventure, une enquête bondissante et périlleuse. L'auteur n'oublie pas d'évoquer les classiques du genre, Fantômas (“Je me précipite. Effectivement, c'est bien l'entrée d'un souterrain. Alors là, on est dans un vieux Fantômas d'avant l'autre guerre, mes chéris. J'y peux rien, faut vous y faire”) et Arsène Lupin (“Le bouchon de cristal ! Quézaco ?”). En cette période de sa vie, Frédéric Dard est très inspiré, ça ne fait aucun doute. Et le résultat est excellent.

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 04:55

En 1954, le commissaire San-Antonio appartient à une branche de la police secrète. Ce qui ne lui interdit pas quelque détente. Ainsi, lorsqu'il est de passage à Lyon, il s'autorise une partie de pêche avec son oncle, Gustave Tavid. Davantage de boissons que de poissons, sur les rives de Pierre-Bénite, à vrai dire. Tout ce que le tonton va pêcher, c'est un cadavre tué par balles. Qui sera bientôt identifier comme étant Fred Almayer, un repris de justice ayant appartenu au gang des Alsaciens. Ça peut ressembler à un règlement de compte. Pas vraiment le domaine qui intéresse San-Antonio en ce moment. Car, à peine de retour à Paname, le Vieux lui confie une mission ultra-sensible, concernant nos armées.

On a volé au général Pradon un document stratégique relatif à la guerre d'Indochine, les secrets d'un plan militaire contre les Viets. Le coupable, un Suisse nommé Stumer, a bien été interrogé par le service du Vieux. Mais il n'y a guère de preuve directe contre lui, et il est préférable de laisser une possibilité de négocier le document avec Stumer. “Moi, ce boulot ne m'emballe pas. J'aime pas avoir à m'occuper d'un crime dont on connaît l'auteur et à qui la police laisse ses aises. Ça m'ulcère, ça me contriste !” se dit San-Antonio. En compagnie de sa brave femme de mère Félicie, le policier va enquêter au Vésinet, où Stumer réside provisoirement. Il se fait passer pour un livreur d'épicerie, afin d'approcher le suspect et sa compagne, la jeune Édith, laquelle fut naguère employée à Pigalle.

Dès lors, ça commence à tomber comme des mouches autour de San-Antonio. Stumer est occis en premier. Un témoin a remarqué une belle photographe rousse dans les parages. Puis c'est au tour d'Édith, que le commissaire avait ramené chez Félicie, d'être éliminée. Ça signifie que les assassins, car il y en a sûrement plusieurs, ont également repéré San-Antonio. C'est le cas, vu qu'il sera plus tard la cible d'un tir de mitraillette, avant d'être visé par un attentat à la bombe. L'efficace inspecteur Pinaud lui apprend qu'Édith était la sœur du cadavre repêché dans le Rhône par l'oncle Gustave. Voilà qui mérite une enquête à Pigalle, où San-Antonio partage une choucroute avec le caïd Veitzer. Celui-ci est sincère en affirmant que le gang des Alsaciens n'est pour rien dans ces meurtres.

Fred Almayer était un spécialiste du forçage de coffre-forts. La rouquine photographe fut la petite amie de Stumer. Elle se prénomme Pernette, ce qui n'est pas courant. C'est ensuite la concierge de l'immeuble où vivait Almayer, qui est zigouillée après le passage de San-Antonio. Pas de doute, il est pisté, ainsi que le prouve les attaques dont il est victime. Toujours aucune trace du document volé, peut-être détruit par Stumer ou récupéré par leurs adversaires. San-Antonio envoie d'urgence l'inspecteur Pinaud à Lyon, par le train de nuit. Son méthodique collègue ne tarde pas à trouver une piste sérieuse...

San-Antonio : Deuil express (Pocket, 2013)

Il s'agit de la douzième aventure du commissaire San-Antonio publiée dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Notons d'abord qu'elle s'inscrit dans son époque, puisqu'il y est fort question de la guerre d'Indochine (qui n'est pas encore celle du Vietnam) et qu'on y évoque, par exemple, la star du cinéma français d'alors, Martine Carol. Autre fait marquant : en l'absence de Bérurier, on assiste à l'introduction d'un nouveau compère, l'inspecteur César Pinaud. Dès le début, “Pinuche” est à la fois mollasson et compétent, traits de caractère qui vont perdurer. L'univers de San-Antonio se dessine de plus en plus.

La tonalité humoristique reste, finalement, assez mesurée. D'ailleurs, l'auteur précise dans une notule de bas de page : “Il paraît que je dois tempérer ma grossièreté naturelle.” Ça et là, des expressions sembleront peut-être obscure au lecteur actuel : “Je reporte son tri à l'épicier. Je lui cloque l'auber” signifiant “Je rends son triporteur à l'épicier. Je lui donne l'argent.” Mais la plupart des formules restent traduisibles. Quant au style, Frédéric Dard s'en amuse, comme dans cet extrait : “Pigalle, c'est plus que le cœur de Paname, c'est son sexe. Et si une ville comme Paris ne peut vivre sans cœur, elle ne peut exister non plus sans sexe. Tout ça pour vous montrer que le jour où le roman policier ne se vendra plus, je pourrai sans me faire opérer du cervelet me lancer dans la littérature tout court. Et je vous parie une botte de cresson contre le prix Goncourt que je m'y ferai un nom tellement important que M.de Montherlant, l'auteur des “Jeunes filles” (comme s'il savait ce que c'est), sera obligé d'aller vendre des moules à Montrouge.”

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 04:55

Chronologiquement, “Les souris ont la peau tendre” est la deuxième aventure de San-Antonio publiée dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir, en 1951. Elle donne une suite logique à “Laissez tomber la fille”, le premier épisode, puisque nous sommes toujours en période de guerre. C'est un roman d'action fertile en rebondissements, typique de ce qui s'écrivait alors. On n'y trouve pas encore le style que développera plus tard Frédéric Dard, même si des expressions pittoresques fleurissent dans le récit. Le féminisme étant inexistant dans son univers, si le commissaire se comporte en macho intrépide, c'est aussi pour montrer à ces demoiselles quel courageux il est. Les mignonnes “souris” n'y résistent pas, il arrive même que certaines de ces “poulettes” se fassent buter. Le danger mortel est permanent en temps de guerre, surtout quand San-Antonio s'en mêle. Il est très agréable de relire ces toutes premières histoires, moins comiques mais hautement agitées...

San-Antonio : Les souris ont la peau tendre (Pocket, 2013)

En 1943, le commissaire San-Antonio a rejoint Londres. Pas pour se la couler douce, car il devient bientôt agent de l'Intelligence Service. Le Major Parkings l'envoie en Belgique, afin qu'il identifie le traître dans un réseau de résistants. C'est ainsi qu'il débarque à La Panne, sur la côte belge. Il doit y prendre contact avec le patron du bar L'Albatros. Ça démarre mal, cette mission, le brave Camille Slaak ayant été embroché par une épée. San-Antonio ne traîne pas trop sur les lieux. Il croise une jeune femme qui, il s'en aperçoit peu après, a glissé un petit appareil photo dans sa poche. Ce qui lui offre un vague indice. Alors qu'il dîne dans un restaurant bourré d'occupants, il remarque la jolie donzelle qui lui a transmis l'appareil photo. Une rafale de mitraillette vise le restaurant et les convives alémaniques, blessant quasi-mortellement la jeune femme. À la clinique où elle a été transférée dans le coma, San-Antonio cherche vainement à identifier la victime.

Alors qu'il tente de se rendre à Ostende, le commissaire agent secret est enlevé par ses homologues teutons. Leur chef Ulrich, un passionné d'harmonium, n'a pas l'intention de lui faire de cadeau. Frôlant l'exécution immédiate, San-Antonio renverse vite la situation, et parvient à s'échapper. Comme prévu, il arrive à Ostende. Au petit matin suivant, la police allemande vient le cueillir à son hôtel. Preuve qu'il était déjà activement recherché, pour le meurtre de La Panne et son départ précipité de chez Ulrich. San-Antonio réplique et s'enfuit, ralliant Bruxelles par le train, sans acquitter son billet. Là, il contacte Bourgeois, le chef du réseau (de sept personnes) abritant un traître. Se fiant à son instinct, San-Antonio commence par s'intéresser à la belle Laura. “Elle est fabriquée comme la Vénus de Milo : elle a une avant-scène sensationnelle qui danse sous sa robe à mesure qu'elle marche, de grands cheveux blonds qui lui descendent jusqu'au milieu du dos, et des jambes qui doivent enlever tous les premiers prix dans les expositions de guibolles.”

Laura a de mauvaises fréquentations. Elle s'est trop fiée à un ami qui, en réalité, était un ennemi. Adversaire qui commande les troupes hitlériennes, quand il s'agit de pourchasser le couple San-Antonio et Laura. S'y croyant protégés par la foule, tous deux sont pourtant cernés dans une fête foraine. Ils narguent quelque peu leur ennemi du haut du Grand Huit, mais il est préférable que le duo ne s'éternise pas sur cette attraction. Ils trouvent rapidement une planque, chez Mme Broukère. Bien que San-Antonio ait alerté assez tôt Bourgeois, les six autres membres de son réseau sont arrêtés par les Allemands. On ne va quand même pas rester sans les secourir, enfermés qu'ils sont dans une école désaffectée. Étant plus que jamais recherché par les Frisés, San-Antonio se déguise pour affronter son adversaire et sauver les prisonniers...

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 04:55

Nous sommes à l'automne 1942. Le commissaire San-Antonio s'est mis en disponibilité, et vit tranquille auprès de sa brave femme de mère, Félicie. Un jour où il s'autorise une virée à Paris, lors d'une alerte dans le métro, il se fait flinguer par un inconnu. Il se réveille au bout de trois semaines, et va rester deux mois hospitalisé. Cette tentative de meurtre lui paraît inexplicable, vu qu'il ne se mêlait de rien en ces temps troublés. San-Antonio sort de l'hôpital peu avant Noël. Dès sa première soirée dehors, il a rendez-vous avec la belle infirmière qui s'est occupée de lui. Il s'agit de séduire la ravissante Gisèle Maudin, car il a trop le sens du devoir pour lui proposer le mariage. Au restaurant de la rue de l'Arcade où ils dînent, San-Antonio capte un curieux message en code morse.

Plus tard dans la soirée, la mort du commissaire est annoncée à la radio. C'est forcément un sosie qui s'est fait descendre. Accompagné de Gisèle, il cause une drôle de surprise en se présentant à ses collègues policiers, chez la victime. Visiblement, le défunt utilisait peu cet appartement, où on ne trouve pas d'indices. San-Antonio élabore son plan pour identifier ce qu'il pense être un gang. C'est un nain qui vient au rendez-vous fixé, chez Gisèle. Agressif et armé, il réussit à fausser compagnie au commissaire convalescent, qui supporte encore mal les coups violents. Dès le lendemain, l'inspecteur principal Guillaume apprend à San-Antonio que Gisèle a été enlevée, bien qu'il lui ait conseillé d'être prudente. Mieux vaut que le commissaire mène une enquête officieuse.

Il s'installe discrètement dans l'appartement de son sosie, un certain Manuel. L'homme qui se pointe n'est autre que son tueur du métro. Il prétend appartenir à une ancienne bande, les Kangourous, censée ne plus exister. Quant à savoir ce qu'ils traficotent avec des ampoules électriques, San-Antonio ne comprend pas vraiment. Le quartier général de ce gang se situe dans une propriété du Vésinet. Lorsque le commissaire y pénètre, la bande est en train de fêter Noël. San-Antonio ne tarde pas à délivrer Gisèle, leur prisonnière. Le nommé Fred dit être le chef de ces truands. Jouant l'astucieux pour obtenir des infos, le policier réalise être en possession de l'invention allemande BZ22. Quand la Gestapo cerne la propriété, San-Antonio et Gisèle parviennent à s'enfuir. Si le commissaire s'échappe en sautant dans la Seine, il sera bientôt confronté aux nazis Karl et Greta, qui lui laissent peu de chances de passer à Londres avec le BZ22. À moins que le destin ou la chance ne donnent un coup de pouce à l'intrépide policier...

San-Antonio : Laissez tomber la fille (Pocket, 2013)

Frédéric Dard créa le personnage du commissaire San-Antonio en 1949. C'est aux éditions Jacquier, à Lyon, que fut publié cette année-là “Réglez-lui son compte”. Le premier San-Antonio dans la collection Spécial-Police des éditions Fleuve Noir parut en décembre 1950. Il s'agissait de “Laissez tomber la fille”. Peu d'éléments sont déjà en place dans l'univers de San-Antonio. Mis à part sa mère Félicie, pas de héros secondaires tels que le seront plus tard Le Vieux, Pinaud, ou Bérurier (encore qu'apparaisse un flic costaud aux airs de mammouth). C'est un pur roman d'aventures, où s'enchaînent les rebondissements et les surprises. Personnage courageux et supposé déjà expérimenté, San-Antonio fait face aux situations les plus agitées et dangereuses. On ne risque pas de s'ennuyer à le suivre.

La tonalité langagière n'est pas aussi exubérante que par la suite. Néanmoins, l'écriture montre déjà une très belle vivacité, en témoigne cet extrait : “Jusqu'ici, je suis assez content. Mon grand pif, je le crois fermement, a reniflé une piste. Voyez-vous, bande de pègreleux, le raisonnement est une belle chose pour un flic […] Qu'est-ce que vous feriez à ma place ? Vous braqueriez votre soufflant dans la direction du copain, et vous appuieriez sur la gâchette jusqu'à ce que votre magasin de quincaillerie soit vide. Bien sûr, ce serait le parti le plus sage, mais je ne peux plus me permettre d'être prudent. Si cette crapule est venue dans l'appartement, c'est qu'elle a l'espoir d'y prendre quelque chose. Vraisemblablement, ce que Manuel y avait caché. Mon plan est donc de lui laisser trouver ce quelque chose. Mais, allez vous m'objecter, rouscailleurs comme je vous connais, mais si vous n'avez rien trouvé, vous, pourquoi serait-il plus chanceux ? Eh ben, mes kikis, vous en tenez une couche à ce point épaisse, que si un autobus vous rentrait dedans, il ne vous ferait pas mal...”

Cette quasi-première aventure de San-Antonio s'avérait déjà très réussie. On sait que, dès les années suivantes, les enquêtes de ce héros connaîtront un énorme succès mérité.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 07:23

 

Dans la France de 1974. Un vieux copain du commissaire San-Antonio le contacte après avoir trouvé par hasard une curieuse photo. Il s’agit d’un cliché montrant Mme X, épouse d’un politicien en vue, dans une posture compromettante. Des photos sexuelles de cette dame ayant déjà été divulguées dans la presse, ça nuit au prestige de son époux. SAN-ANTONIO 1974San-Antonio ne tarde pas à mettre la main sur l’auteur des clichés malsains. Quelque peu énervé, l’inspecteur Bérurier bouscule ledit photographe. Celui-ci décède bientôt, pas à cause des coups, mais d’une piqûre d’insecte. San-Antonio interroge chez elle Mme X, qui nie l’obscénité des photos pour lesquelles elle posa. Vertueuse ou pas, elle devient intime avec San-Antonio.

C’est le vieil inspecteur César Pinaud qui découvre le secret de l’appareil photo. Alors que San-Antonio révèle le trucage à M.X, son épouse fuit leur domicile. On retrouve sa voiture dans la rivière l’Yonne. Le suicide est probable, ce qui cause de la peine à San-Antonio. De loin, un grutier a été témoin des faits. Il affirme qu’une deuxième voiture attendait Mme X. Sous sa tristesse hypocrite, le mari est plutôt surpris quand le commissaire lui apprend que sa femme est possiblement en vie. Une piste mène San-Antonio chez les frères Victor et Hugo Drouet, qui ont d’étonnants métiers. L’un est insulteur, l’autre est rêviste. L’enquêteur teste leurs méthodes, mais aucun des deux ne semble connaître Mme X.

Peu après, San-Antonio et Pinaud son braqués par un certain Albéric Casuel, qu’ils réussissent à arrêter. Il s’avère que c’est un homme de mains engagé par le politicien. Celui-ci aurait monté un plan tordu pour simuler le suicide de Mme X, afin d’améliorer son image. Le Vieux, le supérieur de San-Antonio, semble fort embêté : Ne créons pas d’incident dont la Raison d’État risquerait de souffrir. Notre pays, messieurs, est une vaillante et altière nation, mais si blessée, si écornée, si traumatisée, si ébréchée par des scandales de toutes natures. N’ajoutons pas ce vilain bubon à ses écrouelles. Paroles raisonnables, sauf que l’affaire est relancée quand on retrouve le cadavre noyé de Mme X près de Sens.

Chargé de l’autopsie, le Dr Rapière est spécialisé dans la jouissance féminine, de manière très personnelle. À l’heure où le Vieux exige que l’affaire soit close, le Dr Rapière se joint à San-Antonio et Bérurier. C’est encore l’inspecteur Pinaud qui va dégoter une bonne piste, grâce à une Jaguar. San-Antonio utilise la ruse pour approcher l’architecte Meissonier. Très avide de sexe, ce monsieur l’invite à une partouze mondaine. Si elle se conclut par un incendie, c’est pour masquer que l’hôte a été éliminé par une piqûre d’insecte. Ce sac de nœud déplait de plus en plus au commissaire San-Antonio, qui découvrira finalement toute la vérité…

 

SAN-ANTONIO-13-74Ce polar réunit évidemment les grandes qualités de cette série : l’imagination langagière de l’auteur, et sa virtuosité à nous offrir de multiples rebondissements. En outre, il est bon de souligner que ce roman date de 1974, car c’est en mai de cette année-là que des élections présidentielles anticipées désignèrent le nouveau président. De façon détournée, San-Antonio utilise le contexte politique d’alors, beaucoup de politiciens visant la succession de Pompidou. Ce dernier et son épouse n’ayant pas été épargnés par de supposés scandales sexuels.

Il est aussi question d’une police secrète, nommée le RETICULE. Qui est un synonyme du mot SAC. Il existait à cette époque une police parallèle gaulliste portant ce nom, le Service d’Action Civique, milice dissoute en 1982. L’allusion est claire. L’auteur s’autorise encore certains coups de griffe : Ce qui tue la France, c’est l’autorité… Du Pouvoir. Ils en détiennent une parcelle, alors chacun se prend pour Le Pouvoir. Voyez par exemple comme un flic, dans la rue, il est agressif avec tout le monde. N’lui suffit pas d’être flic, faut, en supplément qu’il soit méchant. C’est gratis, ça, sa méchanceté. Elle lui sert à rien d’autre qu’à se faire honnir. Mais il se croit obligé à cause du Pouvoir. Et c’est ainsi de bas en haut de l’échelle. On crève de l’autorité.

Qui prétendra que San-Antonio, c’est juste des petits polars sympas ? Humour, parfois grinçant on le voit, et péripéties inattendues à foison, ces romans-là ne manquaient pas d’intérêt.

-Mets ton doigt où j’ai mon doigt est réédité chez Pocket dès le 14 mars 2013-

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