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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 04:55

Le criminel Angoualima terrorisa longtemps ce pays d’Afrique noire. Jamais il ne fut repéré par les autorités, qu’il provoquait avec cynisme, jusqu’à ce qu’il choisisse sa propre mort. Plus célèbre que les grands noms de ce pays, Angoualima devint un mythe. Un exemple à suivre pour le jeune Grégoire Nakobomayo, qui voit en lui un Grand Maître. Grégoire était un "enfant ramassé" qui a bénéficié de bribes d’éducation dans des familles d’accueil. Mais il préféra la liberté, s’installant tôt dans le pauvre quartier de Celui-qui-boit-de-l’eau-est-un-idiot. La solidarité entre parias lui convient. Rapidement, il devient un des petits caïds de cet endroit. Il s’y construit une masure, crée une sorte de garage automobile – ayant suivi une formation de mécanicien. Toutefois, le crime reste son obsession.

Grégoire Nakobomayo revendique sa vulgarité autant que sa marginalité. Il est convaincu d’être supérieur aux autres, disciple digne du défunt Angoualima – sur la tombe duquel il se recueille fréquemment au cimetière. Ses premiers "exploits" dans le banditisme ne sont pourtant que des ratages. Outre de menus larcins, il tente d’assassiner le notaire Quiroga – dont la maîtresse l’excite fortement – mais ne réussit pas à voler l’argent de sa victime. Habitué (en spectateur) du Palais de Justice, Grégoire pense se perfectionner afin de commettre, le moment venu, un crime parfait. “N’allez pas vous imaginer que je ne sois qu’un bon à rien même si je compte à mon actif à peine quelques infractions qui, si j’avais été appréhendé, m’auraient à la rigueur traîné devant le tribunal correctionnel du quartier où mon audience aurait eu lieu après celles des voleurs de coqs et de papayes.”

Pour Grégoire, il est temps de passer aux choses sérieuses. Il s’attaque à une fille en blanc, qu’il croyait être une prostituée alors qu’il s’agissait d’une infirmière. Une agression qui ne sera aucunement médiatisée, ce qui déçoit terriblement Grégoire. Au cimetière, il a une conversation avec l’esprit d’Angoualima. Ce dernier s’agace d’avoir pour adepte un tel crétin, mais Grégoire y voit un encouragement à se montrer plus efficace. La cible de son meurtre idéal, programmé le 29 décembre, ce sera Germaine. Cette fois, il s’agit bien d’une prostituée – qu’il trouve trop romantique à force d’avoir des Blancs pour clients. Il réussit à l’attirer chez lui, Germaine n’ayant guère de domicile fixe. Oui, Grégoire est prêt, sûr de son fait. Il espère être à la hauteur d’Angoualima, son Grand Maître…

Alain Mabanckou : African psycho (Éd.Points, 2018)

Non, je ne m’imaginais pas dans ce scénario banal, ordinaire et propre aux petits malfrats, aux apprentis criminels. On n’entre pas dans la légende par la petite porte. Les bandits des deux rives de notre quartier auraient pouffé de rire pendant des mois. J’aurais à peine osé sortir de ma parcelle. On m’aurait collé un sobriquet du genre Poule Mouillée. C’était comme si je poignardais ma victime dans le dos. Or, un meurtre commis de dos ne compte pas pour qui sait faire les choses avec professionnalisme.

Heureuse initiative que de rééditer ce roman jubilatoire d’Alain Mabanckou. Rappelons que cet auteur d’origine congolaise né en 1966 fut récompensé en 2006 par le Prix Renaudot. La liste de ses autres prix littéraires est impressionnante. Ses livres sont traduits dans une quinzaine de langues. Un écrivain majeur, à l’évidence.

La tonalité de cet "autoportrait d’un tueur" s’avère enjouée, ironique, souple quant à la narration. Avec sa tête carrée, le pauvre Grégoire ne sera jamais qu’un raté, perdu dans la masse de ces délinquants à peine capables de subvenir à leurs besoins par des rapines de bas-étage. Quant à tuer sans se faire alpaguer, voilà un projet probablement bien trop ambitieux pour un type comme lui. De quoi écœurer Angoualima, même s’il est mort.

Alain Mabanckou évoque-t-il ici "un certaine jeunesse africaine" sans grand avenir ? Ces "enfants ramassés", qui se soucie d’eux, en effet ? Une vraie culture (autre que les médiocres BD que lit Grégoire) pourrait orienter en mieux leur vie, sans doute. Ce peut être ce qui apparaît en filigrane. Néanmoins, c’est la drôlerie caustique du récit que l’on apprécie, que l’on retient. “African psycho”, un savoureux roman à redécouvrir dans l’œuvre d’Alain Mabanckou.

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 14:55

C’est en 1948 que le romancier et critique Maurice-Bernard Endrèbe créa le Grand Prix de Littérature Policière, récompensant les deux meilleurs romans policiers français et étrangers parus dans l’année. Voilà donc 70 ans qu’existe ce prix littéraire, les choix des jurys ayant évolué avec les époques et les styles de polars, mais la sélection restant toujours rigoureuse. Cette année encore, une vingtaine de roman d’excellent niveau, tant français qu’étrangers, étaient en lice. Le Grand Prix de Littérature Policière a été attribué le mercredi 19 septembre 2018, à la BILIPO. Les vainqueurs ont été chroniqués chez Action-Suspense.

Grand Prix de Littérature Policière 2018 : les lauréats

Prix roman français 2018 :

Marion BRUNET L’été circulaire (Albin Michel)

devant Marin Ledun “Ils ont voulu nous civiliser” (Flammarion)

Grand Prix de Littérature Policière 2018 : les lauréats

Prix roman étranger 2018 :

Jake HINKSON Sans lendemain (Gallmeister)

devant Peter Farris “Le diable en personne” (Gallmeister)

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 04:55

Marnie Duchamp avait onze ans en cet été 1979. À Rivière-aux-Trembles, petit village de la campagne québécoise, Michael Saint-Pierre, douze ans, était son meilleur copain. Émule de Superman, Mike était autant son alter-ego que son héros. Tous deux avait trouvé leur coin isolé, le Bassin magique, au cœur de la forêt voisine. Leurs jeux d’enfants cessèrent brutalement avec la disparition inexplicable de Michael. Pour les adultes et la police, les réponses de Marnie ne valaient pas grand-chose. Sans la soupçonner ouvertement, on ne voyait en elle qu’une "rescapée", trop imaginative ou peut-être malsaine. “La disparition de Michael a imprimé sur mon visage la marque du diable, et je suis dès lors devenue une paria, une intouchable, une enfant dont il ne fallait pas s’approcher.” Finalement, son père et elle préférèrent déménager de Rivière-aux-Trembles.

En 1992, au Québec, Bill Richard est un auteur de livres destinés aux enfants, connaissant un beau succès. Celle avec laquelle il a partagé le plus de complicité, ce n’est pas son épouse Lucy-Ann, mais leur fillette Billie – neuf ans. Pixie, le chat de sa fille, comptant beaucoup aussi dans leur vie. Quand la gamine disparut mystérieusement, le choc fut intense pour Lucy-Ann et Bill Richard. Ça n’arrive pas qu’aux autres, ce genre de drame. Hyper nerveuse, Lucy-Ann accusa son mari d’être responsable de cette disparition – le couple se séparant bientôt. L’enquête de police n’avançait guère, les deux flics en étant chargés suspectant fortement Bill. L’acharnement du policier Ménard était déstabilisant, en plus de l’épreuve que subissait Bill. En 2009, sans jamais oublier l’image heureuse de sa fille, il tenta de rompre avec ce passé, partant s’installer à Rivière-aux-Trembles.

Pendant vingt-trois ans, Marnie a été fleuriste à New York, le souvenir de Michael Saint-Pierre ne s’effaçant pas. Ce n’est qu’au décès de son père, qui lui avait transmis la passion des fleurs, que Marnie revient à Rivière-aux-Trembles. Se résoudre à l’absence définitive de son ami est encore difficile. Le père de Mike s’est fait une raison, concluant : “La forêt a pris Michael, c’est tout.” Quant à Bill Richard, arrivé au village le jour des obsèques du père de Marnie, il perd le chat Pixie et s’enfonce dans la solitude. Certes, sa philosophie de l’existence et continuer à écrire des contes pour enfants l’aident à surmonter le vide. Mais si Billie est toujours près de lui en pensées, quel avenir envisager ? Dans la forêt, Bill remarque une croix érigée en mémoire d’un certain Michael. Auparavant, il n’avait jamais porté attention à ce cas de disparition d’enfant.

Un autre duo de policiers harcèle maintenant Bill. Ils enquêtent sur la disparition récente du petit Michael Faber. Comment démontrer, malgré son stoïcisme affiché, qu’il n’est pas du tout un assassin d’enfants ? “Les hommes seuls n’ont pas la cote et on se les imagine aisément dans la peau d’un satyre ou d’un pédophile. Mon statut d’homme seul faisait de moi un marginal dont il valait mieux se méfier.” Ayant traversé des situations similaires, Bill et Marnie ont bien des choses en commun…

Andrée A.Michaud : Rivière tremblante (Éd.Rivages, 2018)

Sur la croix qu’ombrageait ici les arbres, quelqu’un avait gravé un nom, Michael, avec un canif ou un burin. Aucune fleur ne l’ornait cependant. Au lieu de ça, on y avait suspendu un petit hibou de paille et d’écorce qui se balançait dans le vent. La corde fichée dans sa tête s’était enroulée autour de son cou, et il ressemblait à un pendu qui se serait trompé de longueur de corde et aurait été obligé de se coller la tête au plafond pour ne pas se rater. Ce hibou était carrément sinistre avec ses petits yeux jaunes qui semblaient capter autour de lui le moindre mouvement, la moindre anomalie dans le paysage. Quand il s’est immobilisé face à moi, j’ai eu l’impression qu’il me regardait, tentant d’évaluer si une anomalie telle qu’un homme au milieu de la forêt méritait qu’on s’y attarde, puis le vent l’a fait pivoter en même temps qu’un frisson courait sur la rivière.

Vous adorez les thrillers explosifs, les romans noirs percutants, les polars anxiogènes ? Alors, ce livre n’est pas pour vous. Malgré les faits tragiques, douloureux, cruels, il existe une sorte de douceur, d’empathie, de tendresse dans cette fiction. Andrée A.Michaud est une conteuse hors-pair, une remarquable romancière. Elle explore ici les sentiments de ses personnages avec humanité. Alternativement, Marnie et Bill retracent avec lucidité les épreuves endurées. Quand disparaît son enfant ou son meilleur ami, on n’en sort pas indemne. Ce qu’exprime l’auteure sans apitoiement, sans qu’il s’agisse de compassion, mais en leur donnant la parole.

Si le contexte est énigmatique, sans doute criminel, voilà un roman littéraire de niveau supérieur. On retrouve les ambiances blues et jazz chères à l’auteure, ses références cinématographiques également. Y compris dans les identités de quelques protagonistes. Sa description des paysages sylvestres, de la magnifique nature du Québec, contribue à la fascination. Le décor apaise-t-il vraiment les tensions ? Bill et Marnie étant dans le malheur, Andrée A.Michaud fait preuve d’une réelle bienveillance à leur égard. Il ne faut pas hésiter à découvrir ses trois romans disponibles aux Éd.Rivages.

Andrée A.Michaud : Rivière tremblante (Éd.Rivages, 2018)
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16 septembre 2018 7 16 /09 /septembre /2018 04:55

Promise Falls se situe à l’Est des États-Unis. Pas exactement une ville moyenne prospère et tranquille. Récemment, plusieurs étudiantes du Thackeray College ont été agressées, sans que la police locale identifie le coupable. L’inspecteur-adjoint Angus Carlson est chargé de poursuivre l’enquête. On ne peut pas dire que les responsables du Thackeray College se montrent coopératifs. Quant à Barry Duckworth, chef de la police de Promise Falls, il persévère dans ses investigations concernant le meurtre de la jeune Olivia Fisher, une affaire terriblement énigmatique. Duckworth a compris que le nombre 23 avait un sens dans les derniers événements criminels s’étant produits ici, mais il reste incapable d’en trouver la signification.

Par ailleurs, l’ancien maire Randall Finley ne renonce pas à briguer à nouveau ce poste, même si c’est un véreux avéré. Il a engagé l’ex-journaliste David Hartwood pour l’aider à reconquérir la mairie de Promise Falls, pensant que la population a déjà oublié ses turpides passées. Finley pense que le promoteur immobilier Frank Mancini peut être un soutien de poids. Quant au détective privé Cal Weaver, il vivote sans enthousiasme, contraint à la passivité, faute d’avoir une clientèle régulière. C’est alors qu’un nouveau drame frappe Promise Falls, de manière inattendue.

Ce soir-là, c’est l’ultime séance du cinéma en plein air – le drive-in Constellation – avant se fermeture définitive et sa vente à Frank Mancini. À 23h23, l’écran du cinéma explose, causant quatre victimes parmi les spectateurs dans leurs voitures. Erreur de l’entreprise de démolition ou attentat terroriste ? Aucune de ces deux versions n’est vraiment logique. Tandis que l’ex-maire Finley en profite pour soigner sa notoriété, l’inspecteur Barry Duckworth cherche à comprendre ce qui s’est passé. Peut-être qu’une experte en explosif pourra l’y aider ? Le détective privé Cal Weaver est, de son côté, contacté par Lucy Brighton, fille d’Adam Chalmers, une des victimes. Par dessus tout, elle redoute que sa propre fille (Crystal) soit psychologiquement marquée par la mort de son grand-père, avec lequel elle avait des relations privilégiées.

Visitant avec Lucy Brighton la luxueuse maison d’Adam Chalmers, Cal Weaver fait une troublante découverte : la bibliothèque murale du défunt masque une pièce secrète. Cette chambre est dédiée au sexe, Chalmers ayant filmé sur DVD ses ébats pervers. Quelqu’un s’y est introduit, dérobant les films pouvant probablement l’incriminer. Cal Weaver n’est pas insensible au charme de Lucy, mais c’est avant tout un professionnel consciencieux. Il mènera l’enquête jusqu’au bout, s’intéressant entre autres à la nouvelle épouse de Chalmers. Quant au défunt, ancien biker devenu écrivain, il n’est pas exclu qu’il ne se soit pas assagi autant qu’il y paraissait. Pour les deux autres victimes, c’est à la police locale de fouiller au sujet d’éventuels motifs de crime. Et, pendant ce temps-là, le meurtrier d’Olivia Fisher rôde toujours, l’agresseur d’étudiantes aussi…

Linwood Barclay : Faux amis (Éd.Belfond, 2018)

Il ne faisait aucun doute que Randall [Finley] n’était pas le bienvenu. Duckworth avait été obligé de le chasser du parking du drive-in la veille au soir, quand ce moulin à paroles opportuniste avait tenté de se faire prendre en photo en train d’aider les gens. Il aurait presque souhaité qu’il refuse de quitter les lieux. Il aurait adoré lui passer les menottes et le pousser sans ménagement à l’arrière de sa voiture.
En comparaison, Trevor était un visiteur plus opportun. Cela faisait pourtant presque quinze jours qu’il n’avait pas vu son fils, et cette dernière visite ne s’était pas bien déroulée. Trevor avait passé la nuit chez eux, débarquant au volant d’un fourgon Finley absolument identique à celui garé dans l’allée. Lorsque Duckworth avait appris que Randy avait donné du travail à son fils, il avait tout de suite été sur ses gardes.

Linwood Barclay nous invite une fois encore à explorer les mystères de Promise Falls. Peu importe qu’il s’agisse ou non d’une "suite" de “Fausses promesses”, car l’auteur ne manque pas d’habileté pour nous suggérer les faits précédents, et nous présenter (sans être répétitif) les principaux protagonistes. Bien que les personnages soient assez nombreux, on ne s’y perd pas. En effet, la limpidité narrative reste – avec la construction de l’intrigue – le meilleur atout de ce roman. Il suffit de suivre le récit, en somme.

Si cette affaire est émaillée de quelques morts violentes, Linwood Barclay allège l’ambiance par des moments plus souriants, sans en négliger l’aspect meurtrier. Tout est question de dosage, et l’auteur s’y entend pour garder un bel équilibre narratif. D’une certaine façon, c’est aussi le portrait d’une ville américaine ordinaire. Une histoire très agréable à lire, par un romancier confirmé.

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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 04:55

Été 1992 à Heillange, en Lorraine, dans la vallée de la Henne. Anthony Casati a quatorze ans, âge où l’on aspire à une large liberté durant les vacances. Patrick et Hélène, ses parents – entamant une "crise de couple", essaient vainement de le garder à l’œil. Avec son cousin, Anthony fréquente des fêtes chez de vagues copains, où circulent des joints et autres substances. L’adolescent est fasciné par Stéphanie, une des plus belles filles de son bahut, qui ne semble qu’à peine le remarquer. Une nuit de fiesta, ayant emprunté la moto de son père sans autorisation, Anthony se la fait voler. C’est l’œuvre d’Hacine, dix-sept ans, fils d’un honnête ouvrier marocain, impliqué dans un trafic de drogues. Hacine, dont le problème actuel est la pénurie de shit dans la région.

Bien que leur ami adulte Manu lui procure une arme à feu, ce n’est pas ainsi que se réglera pour Anthony le vol de la moto. Alors que son couple se désagrège de plus en plus, Hélène va rencontrer le père d’Hacine. Ce dernier adopte une solution sévère envers son fils. Ce qui, finalement, n’empêchera nullement Hacine de récidiver dans les trafics dès qu’il en aura l’occasion. Quant aux amours espérées entre Steph et lui, Anthony devra patienter ou se résoudre à renoncer.

Été 1994. Anthony a décroché un job au club nautique local. Stéphanie étant toujours aussi fuyante, c’est avec l’étudiante Vanessa qu’il pratique ponctuellement le sexe, sans sentiment. Il vit entre sa mère et son père, désormais séparés. Patrick Casati connaît plus de bas que de hauts dans son existence, ces derniers temps. Hélène recherche un certain équilibre, mais reste plutôt névrosée. Si Anthony cultive son indépendance, la vie libre à laquelle il aspire n’est encore qu’un espoir.

Été 1996, c’est l’année du Bac pour Anthony, qui a dix-huit ans. Sans doute s’est-il rapproché de la belle Steph, mais de façon quasiment platonique. Le quotidien est toujours tourmenté autour de lui. Même un 14-juillet, jour de fête, les choses peuvent se compliquer bien vite… Vient l’été 1998, avec sa Coupe du Monde de football, où Anthony a des chances de s’éloigner de ce marigot dans lequel il se sent englué…

Nicolas Mathieu : Leurs enfants après eux (Actes Sud, 2018)

Il se tourna vers Steph. Tous deux ne représentaient rien dans cet espace qui n’était déjà pas grand-chose. Un affluent passait à travers une vallée où des hommes avaient construit six villes et des villages, des usines et des maisons, des familles et des habitudes. Dans cette vallée, des champs géométriques, de blé ou jaune colza, découpaient des patchworks méticuleux sur un relief d’ondes. Des reliquats de forêts couraient entre les parcelles, joignaient des hameaux, bordaient des routes grises où passaient dix mille poids-lourds par an. Parfois, sur le vert mordant d’un vallon, un chêne poussait tout seul, semblable à une tache d’encre soufflée.
Dans cette vallée, des hommes étaient devenus riches et avaient construit de hautes maisons qui dans chaque bled narguaient l’actualité. Des enfants avaient été dévorés, par des loups, des guerres, des fabriques ; à présent, Anthony et Steph étaient là, constatant les dégâts. Sous leur peau courait un frisson intact. De même que dans la ville éteinte se poursuivait une histoire souterraine qui finirait pas exiger des camps, des choix, des mouvements et des batailles.
— Tu voudrais pas sortir avec moi ?

Il suffisait de lire le multi-récompensé “Aux animaux la guerre” (Actes Noirs, 2014), premier roman de l’auteur, pour comprendre que Nicolas Mathieu était un écrivain de grand talent. Serait-ce, comme d’autres, l’homme d’un seul livre ? Non, impensable quand on s’inscrit dans la veine des "romans sociaux", ou plus exactement "humains". Car c’est bien de la véritable population, celle des régions touchées par les problèmes économiques, dont nous parle Nicolas Mathieu. Des laissés-pour-compte de la société, de ceux qui ne se résolvent pas à sombrer dans le marasme – y-a-t-il encore un avenir pour les plus jeunes ? – autant que de ceux qui coulent – tel le père d’Anthony. Présenter un contexte social à la façon des rapports officiels n’a qu’un intérêt limité. L’illustrer de manière vivante est bien plus crédible, ce qu’il fait avec intelligence, lucidité, fluidité.

L’adolescence d’Anthony s’inspire de celle de l’auteur, qui chercha lui aussi à fuir son monde trop étroit. Il retrace les émois sentimentaux, les bêtises et la part d’égoïsme de cet âge, témoigne de la fin des cellules parentales, montre la dérive délinquante de jeunes issus de l’immigration : on est dans le vrai. Toutefois, pas de misérabilisme dans les portraits, dans la situation de ces protagonistes. S’ils ont parfois besoin d’aide, ils ne doivent pas être regardés comme des "perdants" absolus sur lesquels on s’apitoie. Ces gens ne sont pas responsables de la fin de la Lorraine industrielle, ils en sont les victimes.

Faut-il le répéter ? Au-delà de la fiction, de la vie vécue par des ados ou des adultes, c’est de "l’humain" dont il s’agit dans cette histoire qui fait mouche. Nicolas Mathieu, confirmation dans l'excellence. 

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11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 04:55

Les gangs de yakuzas sévissent partout à travers le Japon en 1988. Y compris à Kurehara, dans le région d’Hiroshima. Au commissariat, la police suit deux principaux axes : la lutte contre la délinquance en col blanc, et la traque des yakuzas. Le commandant Ôgami se montre le plus actif contre les gangs, avec ses méthodes : “...le style du commandant consistait à faire monter la pression pour pouvoir agiter l’arrestation comme une menace.” Veuf suite à un drame familial, âgé de quarante-quatre ans, Shôgo Ôgami n’est guère apprécié de la hiérarchie. Qui le soupçonne d’être trop proche de certains gangs. Mais, si son anti-conformisme dérange, nul ne peut contester une efficacité.

Âgé de vingt-cinq ans, le lieutenant Hioka devient l’adjoint d’Ôgami. Après ses études à l’université d’Hiroshima, il a préféré entrer dans la police plutôt qu’une carrière trop routinière dans le privé. Le premier contact avec Ôgami a été rude, mais Hioka a compris qu’il ne devait pas avoir de préjugés sur le commandant. L’essentiel pour le lieutenant, c’est de connaître à fond les dossiers et de mémoriser tout ce qu’il observe – ce dont il se sent capable. Quand Ôgami le présente favorablement à Moritaka, numéro 2 du gang de Kenji Odani, le jeune policier doit-il y voir un premier signe de confiance ? Ôgami et Hioka sont chargés d’une enquête, dont on ne sait si elle implique des yakuzas.

Junko Uesawa, comptable de Kurehara Finance – une société pas très fiable, a disparu depuis quelques semaines. Le passé d’Uesawa ne plaide pas en sa faveur ; il fit de la prison. Les deux policiers interrogent la sœur du disparu, afin de cerner le personnage. Selon elle, Uesawa était surtout trop influençable, ce qui lui causa beaucoup d’ennuis. Elle leur offre une piste, un certain Kubo, membre d’un des gangs de la région. Par ailleurs, une info amène le duo de policiers jusqu’à un love-hôtel. Ôgami obtient les archives de vidéo-surveillance de l’endroit, qu’Uesawa n’a pas quitté de son plein gré.

Ils doivent suspendre leur enquête quand un jeune yakuza est tué par un gang adverse. Peu après, le QG de Moritaka et du gang d’Odani est la cible d’une fusillade. Dont le gang Kakomura est sûrement responsable. Ôgami s’efforce de convaincre son ami Moritaka de ne pas immédiatement riposter, ce qui entraînerait une nouvelle guerre des gangs. Le lien entre l’enlèvement du comptable et les bandes rivales apparaît de plus en plus évident.

Piéger un des membres du gang Kakomura va-t-il suffire à le faire parler, même sous la menace ? Le jeu des alliances entre les bandes locales et des gangs puissants risque de se mettre en place très bientôt. Arrivera l’heure où Hioka devra prendre l’initiative. Amie d’Ôgami, Akiko – la mûre hôtesse du restaurant Les Petits Plats de Shino – a été témoin de la relation entre Hioka et Ôgami, et aura elle aussi son rôle à jouer…

Yûko Yuzuki : Le loup d’Hiroshima (Éd.Atelier akatombo, 2018)

Et Hioka n’avait pas oublié la réaction de Kubo, ramené en cellule après le dernier interrogatoire. Se démenant et crachant par terre, il avait une fois de plus insulté Ôgami : "Tu palpes ton pourcentage chez les yakuzas ! C’est comme ça qu’tu vis. On te nourris et tu nous trahis avec tes pièges dégueulasses. La honte ! Je lâcherai tout au tribunal. Prépare-toi !"
Le commandant se faisait-il arroser par des gangs ?
— Qu’est-ce que tu fabriques avec cet air endormi ? On y va !
Ses pensées venaient d’être interrompues par la voix criarde de son chef. Levant les yeux, il le vit déjà dehors et l’observant à travers la vitrine. Il salua Katsu d’un hochement de tête et sortit à son tour. De retour à la voiture, le commandant se cala dans le siège passager et sortit une cigarette du paquet qu’on venait de lui offrir. Son lieutenant la lui alluma.

Les yakuzas existent depuis plusieurs siècles au Japon. La plupart de ces gangs mafieux sont identifiés, leurs dirigeants parfois emprisonnés durant un moment. Leur réputation criminelle n’est pas usurpée. On peut douter que ces truands respectent réellement un Code de l’Honneur, hypocrite formule masquant leurs actes violents. S’ils se livrent à divers trafics lucratifs, il est souvent arrivé qu’ils se combattent entre eux, pour s’imposer sur le territoire (et les marchés) des autres. Telle est la toile de fond de cette histoire.

Au centre du récit, le commandant Shôgo Ôgami est un policier chevronné, mais hors-norme, incontrôlable. Les opérations "classiques" de ses collègues contre les yakuzas n’empêchent pas ceux-ci de prospérer, il le sait bien. Dans cette société japonaise tant basée sur le respect des règles, Ôgami affiche son indépendance avec froideur, dureté et ironie. Pour maintenir un équilibre social entre le rôle des policiers et celui des gangs, il a sa manière de procéder – fort différente de ce qu’on attend d’un flic japonais.

Shûichi Hioka n’est pas le premier jeune policier qu’Ôgami tente de former. S’il fait preuve d’une certaine naïveté quand il débarque à ses côtés, Hioka s’adapte bientôt – ayant trouvé en Ôgami le mentor idéal. Quant à en devenir le digne successeur, c’est l’avenir qui le dira. Néanmoins, plonger avec son singulier supérieur dans les arcanes du monde du crime, c’est affermir son caractère personnel et gagner en expérience. Une chance que Hioka ne laissera pas passer.  

Si les péripéties ne manquent pas, si la mort est au rendez-vous, on aura compris que “Le loup d’Hiroshima” n’est pas simplement une affaire de banditisme, mais peut-être avant tout une "initiation" avec tout ce que ça suppose d’humain. Un très bon roman, qui confirme que la Littérature Policière japonaise mérite d’être mieux connue chez nous.

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 04:55

Début 1963. Jourdan est un ancien militaire ayant opéré en Indochine puis en Algérie. Ce baroudeur est devenu un paria, en se mettant du côté de l’OAS. Non par conviction, mais parce qu’il n’a aucun respect pour De Gaulle et le système gaulliste. Se cachant à Paris, il est finalement repéré et arrêté par la PJ. Non sans avoir sauvé entre-temps la vie d’un jeune policier, Norbert Lenz. La toute-puissante DST, les services secrets, prend en charge Jourdan. Mais un commando intervient durant son transfert pour le faire s’évader. C’est le colonel américain Hollyman qui dirige la récupération de Jourdan. Officiellement, Hollyman appartient à la CIA, c’est un officier expérimenté qui connaît déjà le baroudeur français.

Hollyman est un cynique, dans une sorte de tradition familiale qui remonte à loin. Le sexe pervers et le racisme basique, un mépris de la démocratie, telles sont les "valeurs" de l’impitoyable colonel. Il a besoin de Jourdan en tant que tireur d’élite, pour une mission à venir. Tous deux ayant passé la douane pour entrer en Allemagne, le Français ne tarde pas à accepter. Même si les conditions précises de la mission restent encore confuses. Toutefois, Jourdan a bien vite compris qu’on ne met pas en place une pareille opération pour abattre n’importe qui. C’est le politicien le plus symbolique de l’époque qui sera la cible du petit groupe qu’Hollyman est en train de monter.

Âgé de vingt-trois ans, Norbert Lenz est un jeune inspecteur à l’avenir prometteur, que son supérieur soutient avec bienveillance. Au sein de la police, quelques-uns jouent un trouble jeu, au service du gaullisme ou d’autres officines. Lenz et son épouse ont un bébé, ce qui n’empêche pas Denise Lenz de cocufier son policier de mari. Jusqu’au jour où la relation avec un de ses amants tourne mal. Il y aura une enquête, confiée à des flics qui ont (à peu près) la confiance de Lentz. Il se venge, avant de prendre quelques semaines de repos. À son retour au 36 quai des Orfèvres, ses collègues remarquent une dureté nouvelle chez Norbert Lenz. En effet, l’épreuve traversée l’a endurci, et il ne craint pas de grenouiller entre la DST, la PJ, le SAC, le parti UNR. Son but principal reste de faire toute la lumière sur Jourdan et ceux qui l’ont aidé.

Aux États-Unis, le projet meurtrier d’Hollyman commence à prendre tournure. C’est au Texas que se passera l’opération, territoire où les commanditaires du colonel bénéficient de faciles complicités. Jourdan est conscient de ne pas maîtriser tous les rouages de cette affaire et de devoir ne se fier qu’à lui-même. Au Parkland Memorial Hospital de Dallas, une certaine Marina Oswald a besoin de soins et de protection, car son mari Lee est un violent… Quant à Norbert Lenz, c’est avec froideur qu’il ira jusqu’au bout…

Stéphane Keller : Rouge parallèle (Toucan Noir, 2018) – Coup de cœur

Parce qu’il se déroule en 1963, on classerait trop vite ce roman dans la catégorie des polars historiques. Alors que “Rouge parallèle” est un authentique roman d’action, dans la meilleure tradition d’excellence. On trouve ici beaucoup d’atouts favorables. D’une belle limpidité, sans la moindre lourdeur, l’écriture adopte le tempo adéquat afin d’entraîner les lecteurs sur les pas des deux héros, Jourdan et Lentz. À première vue, des personnages opposés, autant par l’âge que par l’expérience de la vie. Pourtant, au cœur de la spirale des faits – marquants pour le monde entier – qui se produisent alors, chacun d’eux va devoir s’adapter. En ces années 1960, l’équilibre international est nettement plus instable qu’il y paraît : la Guerre froide, les tensions entre Cuba et les États-Unis…

Les USA, dont l’hégémonie risque d’être affaiblie par la présidence de JFK ? C’est ce que pensent les partisans d’une politique de fermeté, hostiles à tout changement. En France, le gaullisme règne, berçant d’illusion les citoyens sur "la grandeur" du pays sur la scène mondiale. Sans approuver les opposants (de droite ultra ou de gauche) au général de Gaulle, on sait depuis belle lurette que les arcanes du pouvoir étaient bien plus sombres. La pression sur les médias (par Alain Peyrefitte, ministre de l’information) et sur la police (via le ministre de l’intérieur) était fort peu digne d’une vraie démocratie. Le système mis en place incita sûrement des gens comme Jourdan à dévier vers d’autres voies.

Stéphane Keller s’est parfaitement documenté sur cette époque, restituant ses ambiances. C’est là un autre élément qui crédibilise l’histoire. Quant au suspense, il ne porte pas sur la cible de l’attentat à venir. Dans quelles conditions les faits avancent-ils, et quel sera le sort de Jourdan, celui de Lentz ? Soulignons que la narration n’inclut pas de digression : tout ce qui est décrit au fil du récit possède un sens (par exemple, le comportement de la jeune épouse de Lentz). Les amateurs de polars solides apprécieront ce roman d’aventure impeccable, rythmé par de multiples péripéties, non sans une approche humaine des protagonistes, dans un contexte historique connu. “Rouge parallèle” figure sans nul doute parmi les titres les plus réussis de l’année 2018.

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6 septembre 2018 4 06 /09 /septembre /2018 04:55

Bérénice, l’épouse de Boris est morte à New York, le 11 septembre 2001. Quinze ans plus tard, en avril 2016, après avoir combattu les talibans en Afghanistan, Boris vit à Bordeaux, sur la dalle de Mériadeck, où il est détective privé. Même dans cette ville, plus bourgeoise que contestataire, on organise des Nuits Debout, des manifs contre la future Loi Travail. Une nuit, Boris sympathise avec Manuel, un Colombien au statut incertain. Alors qu’ils interviennent dans une ratonnade anti-homos, un homme est jeté dans le vide. C’était un policier qui infiltrait un mouvement de nazillons. Le coupable est un nommé Wolf, leader du Groupe Identitaire, l’ultra-droite.

Boris obtient quelques infos grâce au commissaire avec lequel il entretient de bonnes relations. Ce dernier montre à Boris et Manuel une vidéo de la bagarre mortelle, où ils figurent sans être suspects. Mais sur les mêmes images, on reconnaît aussi Julia, la fille de Boris, qui semble s’être acoquinée avec le Groupe Identitaire. Après le décès de Bérénice, Julia fut élevée par la belle-sœur de Boris, Monica. Sa mère était plutôt "de gauche" très convaincue, petite-fille d’anarchistes catalans, que va faire Julia chez les activistes d’extrême droite ?

Boris se fait une promesse : “Ce Wolf est un homme mort. Les terroristes ont pris ma femme ; le type de la droite ultra n’aura pas ma fille… Elle reviendra parmi les vivants, elle aura des enfants, ce Wolf restera une ombre perdue dans le noir de la nuit. Même si je dois mourir pour qu’il meure. S’il le faut, je l’accompagnerai en enfer…” Boris peut compter sur Manuel, ancien des FARC. Dans une vidéo, il voit que Julia a participé à un meeting du Groupe Identitaire. Elle lui adresse une lettre, dans laquelle elle reprend les thèmes de la propagande anti-musulmans. Un fanatisme décevant et surprenant pour son père.

Journaliste gauchiste, "Carole" peut-elle vraiment être utile au combat qu’entame Boris ? Quant à Monica, inquiète du silence de Julia, elle espère sans doute trop de la police, pense le père de la jeune fille. Ahmed, qui milita contre l’extrême droite, pourra offrir des infos de qualité à Boris. Le commissaire ne cache pas à Boris que ses amis et lui sont sous surveillance, de même que le téléphone de Julia. Ce qui n’empêche pas Manuel et Boris de tenter une opération commando contre une grange, un des QG du Groupe Identitaire. Ils ne sont pas les seuls à connaître cette adresse : la DGSI et le Stups interviennent.

Turan, agent de la DGSI, résume les choses pour Boris : tout en ciblant Wolf, les flics n’oublient pas que la sécurité publique reste une priorité. De son côté, Boris se renseigne sur les armes utilisées par les djihadistes lors des attentats. Ces "Tokarev" sont aussi les armes dont se sert le Groupe Identitaire. Trafic d’armes ou passerelles idéologiques ? Certaines réponses sur Julia, c’est Irène – la fille du commissaire – qui va les apporter à Boris, car elles ont été amies à la Fac. Le combat est encore loin d’être gagné pour le père de Julia…

Jean-Paul Chaumeil : Parfois c'est le diable qui vous sauve de l'enfer (Rouergue Noir, 2018)

Inscrire une fiction dans une actualité encore récente et sensible est un pari risqué. Les faits en question ont une portée politique. Chaque lecteur aborde ces sujets avec son opinion, forcément tant soit peu partisane. Jean-Paul Chaumeil en est assurément conscient. Aussi son héros – sans être neutre – reste dans son rôle d’ex-baroudeur. Il a une mission à accomplir : sauver sa fille, en la tirant des griffes d’un groupuscule prêt à répliquer aux attentats djihadistes en commettant des opérations violentes. Sachant que dans tous les camps, le banditisme va de pair avec le prétexte politico-religieux, voire racial.

Tout ça se passe dans un contexte où la tension monte au sein de la population – Nuits debout et manifs. Et où certains veulent faire croire que les forces de sécurité françaises (anti-terrorisme) ne seraient pas efficaces. C’est avec une belle maîtrise que l’auteur présente la situation, un bon exemple d’Histoire immédiate. Roman noir sociétal et roman d’action à la fois, après l’excellent “Ground Zero”, ce nouveau titre de Jean-Paul Chaumeil s’avère également très convaincant.

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