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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 05:55

Fils d'un diplomate suisse, Mark Walpen est veuf. Son épouse Shannon et leur fille furent victimes des attentats du 11-septembre. Il élève ses jumeaux, Zoé et Elliott, aidé de son amie intime Anook, tandis que son père Ralph s'est exilé en Australie. Mark Walpen a créé le Sword, un service de renseignements géostratégiques indépendant et neutre basé en Suisse, qu'il dirige. Cet organisme s'est doté d'unités d'action, les Faucons, intervenant dans le monde entier. Prenant de l'ampleur, le Sword a engagé de nouveaux baroudeurs fiables et entraînés aux conditions extrêmes. Mark s'est également adjoint les services de quelques analystes de la situation mondiale. Prenant la succession de Ralph, c'est Barbara Apfelbaum qui assurera désormais l'interface avec les autorités suisses.

Dans notre époque en ébullition, Mark Walpen se doit d'être sur tous les fronts. Lors de son périple aux États-Unis, il rencontre le Président américain afin d'évoquer la situation en Syrie. Impossible d'envisager une intervention directe sur le terrain, mais il faut définir qui va bientôt livrer des avions de chasse et des hélicos à Bachar el-Assad. De retour en Suisse, Mark apprend que des ingénieurs de plusieurs nationalités ont été enlevés dans le Sahel, entre Tchad et nord-Niger. Comme d'habitude, la France payera sans l'avouer une rançon pour ses propres otages. Ce n'est pas le cas des autres pays, dont la Suisse, qui sont partisans de les récupérer manu-militari. Ami de Mark, le banquier Laurent Boissier risque le scandale et la prison, étant accusé par les Américains de pratiques illégales.

Le Sword doit encore garder un œil sur la Russie, dont le Président agit trop à sa guise, en prétextant la sauvegarde des intérêts de son pays. S'il a assaini une partie de l’Économie russe, quelques douteux oligarques gravitent toujours autour de lui. Il oppose son veto à toute remise en cause du régime syrien, pourtant soupçonné de massacrer une partie de sa population. Chargée par Mark d'un rapport sur l'Afrique actuelle, Alexia Pictet ne cache pas qu'après les Chinois, ce sont les Russes qui s'y implantent pour des trafics. Bien qu'enceinte, Anook a accepté d'aider une amie de MSF à comprendre les raisons de malformations constatées chez des populations du Kivu et du Katanga. Anook se rend en République du Congo (ex-Zaïre), dans la région bordant la rivière Lualaba.

Une équipe de quatre Faucons du Sword est envoyée dans le nord-Niger. L'un d'eux, ayant tenté d'infiltrer un secteur dangereux, est à son tour enlevé. Un autre groupe de Faucons a pour mission d'intercepter la livraison des avions et des hélicos pour la Syrie. Mark ne perd pas de vue le cas de son ami banquier, arrêté et promis à l'extradition vers les États-Unis. Pendant ce temps, le chaos règne en Ukraine et en Crimée, sous pression russe. Par le père ex-général de son agente israélienne, l'attention du Sword est attirée sur le cas de Viktor Grylov. Riche homme d'affaire appartenant à la sphère du Président de la Russie, il pourrait bien tirer profit de certains conflits. Alors que son père Ralph revient en Suisse, Mark a de réelles raisons de s'inquiéter pour la santé d'Anook…

Mark Zellweger : Double jeu (Éd.Eaux Troubles, 2016)

Voici le troisième opus d'une série de romans d'action, où Mark Zellweger renoue avec les intrigues d'espionnage dans la plus agitée des traditions. Des auteurs tels les Américains Olen Steinhauer, Tom Clancy, Robert Ludlum, le britannique Jack Higgins, le gallois Ken Follett et bien d'autres, ont perpétué ce type de scénarios. On peut considérer que cet auteur suisse n'a rien à leur envier, qu'il est digne d'entrer dans le même club. D'autant que, si l'aventure est omniprésente dans cette histoire, il n'oublie pas la part personnelle de son héros, qui a aussi une vie privée. Belle façon de l'humaniser, sachant que Walpen est amené à prendre des décisions ayant un impact sur la situation planétaire. Certes, son organisation et lui sont neutres, mais pèsent sur l'imbrication des problèmes mondiaux.

Mark Zellweger “dédie ce livre à toutes les victimes de toutes les barbaries, quelle qu'en soit l'idéologie...” avec une pensée pour celles des attentats parisiens de novembre 2015. Hélas, l'actualité continue à déverser son lot d'horreurs : si le régime syrien est en grande partie évoqué dans cette fiction, le djihad islamiste poursuit son combat terroriste contre les Occidentaux, avec de nouveaux attentats. Rien de réglé non plus au sujet de la Russie imposant son diktat à l'Ukraine. Quant à l'Afrique, du Sahel jusqu'au sud du continent, c'est toujours un “terrain de jeu” où s'invitent trop de pays, au gré de leurs intérêts et de leurs combines, au détriment des peuples locaux. C'est bien dans ce contexte international d'une complexité inextricable que s'inscrit ce roman d'espionnage.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 05:55

"Sous l'emprise des ombres" de John Connolly est désormais disponible en format poche, chez Pocket. Un suspense à ne pas manquer !

Charlie Parker est détective privé à Portland, dans le Maine, côte Est des États-Unis. Son épouse et leur fille furent assassinées autrefois, une affaire non résolue, et Charlie vit séparé de sa seconde compagne, avec qui il a aussi une fille. Avec ses amis new-yorkais Louis et Angel, le détective traque toujours un insaisissable criminel, Le Collectionneur. Une fois de plus, alors que le trio a repéré une de ses planques, le tueur a pu s'éclipser in-extremis. Retour aux affaires ordinaires pour Charlie. Jude était un SDF bienveillant, généreux, connu de beaucoup de gens à Portland. On l'a retrouvé pendu, on suppose un suicide. Étonnant quand on sait qu'il réunissait depuis quelques jours une petite somme d'argent, afin d'engager le détective.

Annie Broyer, la fille de Jude, était une jeune femme ayant connu divers déboires durant sa vie. Le SDF était sans nouvelle d'elle depuis quelques temps. Il la rechercha à Bangor, où il apprit qu'elle était passée, puis dans une ville des environs, Prosperous. Là-bas, le chef de la police Morland lui indiqua qu'on n'avait jamais vu Annie. Et que lui-même n'était pas le bienvenu dans cette communauté tranquille. Jude insista un peu, mais seul un pro de l'enquête tel que Charlie pouvait arriver à quelque chose. Selon ses contacts dans la police, le suicide de Jude est avéré. Sauf qu'à l'autopsie, on remarque trop d'hématomes sur son corps. Un doute incertain, pas de client pour le payer, mais Charlie essaie quand même de retrouver Annie “parce que personne d'autre ne le fera.”

Comme son nom l'indique, Prosperous est une petite ville qui connaît la prospérité depuis le lointain temps où des exilés venus d'Angleterre s'y installèrent. Ils reconstruisirent même leur église d'origine, devenue un symbole puissant pour tous. À l'origine, leur culte était celui de “la Famille de l'Amour”, religion monothéiste qui s'éloignait sensiblement des autres dans leur pays comme dans le Nouveau Monde. Ils cultivent toujours cette croyance, sous l’œil sévère d'un pasteur-menuisier, Warraner, aux qualifications religieuses relatives. Lors de sa visite à Prosperous, Charlie Parker rencontre le chef de la police, Lucas Morland. Il donne sa version du passage de Jude ici, présentant une image positive de sa ville.

Néanmoins, tout ne va pas pour le mieux à Prosperous. Annie Broyer y fut effectivement kidnappée, puis gardée chez le couple Dixon. Endettés, ceux-ci n'avaient pas le choix. Ils devaient obéir au Conseil, dirigé d'une main de fer par Hayley Coyner. Celle-ci se veut la garante de leurs traditions séculaires. Soutenue non sans fourberie par Thomas Souleby, elle dicte ses volontés même au chef de la police. Pendant ce temps, un loup rôde autour de Prosperous. À Bangor, il se confirme qu'Annie avait trouvé un job à Prosperous. C'est grâce à Euclid Danes, figure locale d'une ville voisine, que le détective obtient des infos. Sûrement pas parano, il les considèrent telle une secte maléfique. Quand plusieurs personnes de Prosperous décèdent le même jour, on pourrait y voir un sombre signe. Le pasteur et le policier Morland se montrent nerveux quand Charlie revient en ville…

John Connolly : Sous l'emprise des ombres (Pocket, 2016)

Avec une douzaine de romans à son actif dans cette série, John Connolly connaît un vif succès, largement mérité, grâce aux enquêtes du détective Charlie Parker. Héros meurtri, dont les aventures sont pleines de tension, explorant les frontières de l'ésotérisme mais restant cruellement humaines. C'est évidemment le soin des détails qui offre une densité aux récits écrits par cet auteur. On le constate une fois encore, par exemple quand il évoque avec indulgence les SDF.

Ce qui fascine dans “Sous l'emprise des ombres”, c'est surtout le portrait de cette ville de Prosperous. C'est un endroit dont on se dit qu'il peut exister dans la réalité, à l'image des bourgades amish ou des mormones dissidentes. Une ville aisée, imprégnée par un esprit religieux, héritage des ancêtres, qui se protège en cultivant ses coutumes. On pourrait imaginer que la population, votant Démocrates, acceptant sans problème l'homosexualité, est tolérante (c'est la devise de la ville). Derrière la façade respectable d'une communauté tranquille, juste prudente envers les nouveaux venus, de plus noirs secrets sont masqués par les décisions quasi-dictatoriales d'un Conseil occulte. Qui aurait droit de vie et de mort sur quiconque “menace” la paix apparente de Prosperous. Il est troublant de penser que ça n'a rien d'impossible. L'auteur y ajoute le mythe du loup, symbole malsain et néfaste. John Connolly signe ici une des plus palpitantes aventures de la série Charlie Parker, un suspense de très belle qualité.

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 05:55

Dans la région niçoise, de nos jours. Jeune femme d'une vingtaine d'années, Maud est la fille du professeur en médecine Armand Reynier. Riche sexagénaire de belle allure, il est le mari de la séduisante Charlotte, environ quarante ans. Il s'agit de la seconde épouse du médecin. Sara, la mère de Maud est décédée alors que la fillette avait trois ans et demi, une noyade accidentelle dans leur piscine. Le directif Armand Reynier adore plus que tout sa fille, mais les rapports sont assez distants entre Maud et Charlotte. Cette dernière a un fils, Lukas, né dix ans plus tôt, avant son mariage avec le professeur. Un enfant auquel elle rend périodiquement visite. Plus jeune, Maud s'est laissée tenter par la drogue. Mais, sportive et intelligente, elle est parvenue à surmonter cette addiction.

La demeure des Reynier est une magnifique villa ancienne sur les hauteurs de Grasse, nichée dans un parc immense. Amanda, la gouvernante, Eurasienne d'une trentaine d'années, et le jardinier Ferraud en sont les seuls employés. Un soir où elle se balade avec son chien Charly, Maud est molestée par un inconnu. Un homme intervient, chassant l'agresseur. Âgé de vingt-six ans, Luc Garnier est actuellement gardien de nuit dans un musée. Pratiquant la boxe thaï, détenteur d'un permis de port d'arme, Luc a exercé le métier de garde du corps. S'il pense souvent à une certaine Marianne, il est célibataire. Il est reçu par le père de Maud, auquel on a envoyé des messages de menace, mais qui ne tient pas à y mêler la police. D'ailleurs, le policier niçois Lacroix ne serait sûrement pas à la hauteur.

Luc accepte l'offre de Reynier, afin de protéger Maud. Il s'installe dans une dépendance de la propriété. Il peut compter sur une certaine complicité avec Amanda, et plus si affinités. Par contre, même si Maud se sent amoureuse de lui, Luc ne l'encourage pas, s'en tenant à son rôle de garde du corps, bien qu'il sympathise avec la jeune femme. Lors d'une sortie de Maud, l'agresseur revient à la charge, et Luc doit se bagarrer sévèrement avec lui. Ce qui ne va pas améliorer le sommeil cauchemardeux de Maud. Celle-ci est jalouse de sa belle-mère, Charlotte semblant attirée par l'athlétique Luc. Il est vrai que la belle épouse du professeur Reynier se sent telle un esthétique "faire-valoir" pour son mari. Charlotte va bientôt être agressée par un conducteur cagoulé, certainement l'agresseur de Maud.

Les courriers menaçants reçus par Armand Reynier citent plusieurs dates : 11 janvier, 16 mars, 19 septembre. À part cette dernière date correspondant à l'anniversaire de sa fille, le médecin prétend d'abord ne pas comprendre. Quand on lui adresse une page déchirée d'un livre, la menace est explicite : “...Et avant de crever, tu vas perdre tout ce que tu as construit. Et tous ceux qui te sont chers.” Une nuit, la collection de masques africains du médecin est dérobée chez lui, nouvel avertissement. Maud risque de replonger dans la drogue, en renouant avec son fournisseur Axel. Lorsque Reynier lui avoue une erreur chirurgicale ayant causé la mort d'un enfant, c'est une piste à suivre pour Luc. Celui qui prépare sa vengeance depuis deux années est déterminé à aller jusqu'au bout…

Karine Giébel : De force (Éditions Belfond, 2016)

En 2004, le regretté Jacky Pop et sa compagne WoôManh eurent l'excellente idée de publier dans leur collection Rail Noir le premier roman de Karine Giébel “Terminus Elicius”, suivi deux ans plus tard par “Meurtres pour rédemption”, toujours chez Rail Noir. Depuis, cette romancière a largement confirmé le talent discerné par ses premiers éditeurs. Elle a glané de multiples récompenses et son lectorat lui est fidèle (on peut, en particulier, le constater dans les Festivals). Il n'est donc pas indispensable de faire l'éloge des romans de Karine Giébel. Ce nouveau thriller démontre une fois de plus les qualités de l'auteure.

Suspense psychologique et vengeance inexorable? Certes oui, mais la définition serait réductrice. Grâce à une narration fluide, à une tonalité juste et familière, nous pénétrons naturellement dans le microcosme gravitant autour du professeur Armand Reynier. On ne peut douter que le parcours d'un homme tel que lui, sûr de sa position sociale, soit resté sans tache. Ce qui est ici marquant, c'est la manière dont Karine Giébel nous fait entrer dans "l'intime" des protagonistes. À l'évidence, les Reynier ont "tout pour être heureux", mais au fond d'eux-même, c'est loin d'être le cas. D'autres héros de cette intrigue sont également perturbés, on l'imagine bien. Mystère et menaces sont au rendez-vous, pour un roman maîtrisé, palpitant, très réussi.

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 05:55

Il est probable que la première édition de ce livre, écrit par Jean-Bernard Pouy avec la collaboration de Stéfanie Delestré, ait surtout été remarquée par les amateurs de littérature policière. Heureuse initiative de le proposer en format poche chez Points (dès le 24 mars 2016 ). Ceux qui l'ont côtoyé dans des festivals et salons du polar savent que l'écrivain Pouy est aussi un lecteur assidu. S'il "connaît ses classiques", il est ouvert aux titres récents, actuels, de qualité. S'il fait, par exemple, l'éloge de “Manhattan Grand angle" (2007) de Shannon Burke, c'est qu'il a su y déceler toute l'âme du roman noir.

Qu’écrit un passionné comme lui s’il doit évoquer l’un des maîtres du genre, Raymond Chandler ? Il ne se lance pas dans une rhétorique verbeuse, ni dans une analyse nébuleuse. Il exprime avec simplicité sa lecture : Dans Chandler, la langue débridée reprend ses droits. Marlowe est un causeur impénitent, il insiste toujours, se moque parfois, même quand il s’en prend plein la tête. On ne la lui fait pas, il est totalement incorruptible, car définitivement désabusé. Il marche d’abord à l’intuition, mais supporte mal qu’on lui mente ou qu’on l’emmène en bateau, ce qui arrive bien sûr souvent. C’est grâce à cette obstination qu’il parvient à ses fins. Il ne s’agit pas, là non plus, d’un retour du psychologisme. C’est surtout à travers les mots que le détective trouve les failles des gens qu’il côtoie ou interroge. En cela, l’écrivain est d’une incroyable modernité.

C’est avec clarté que Jean-Bernard Pouy présente aux lecteurs son approche personnelle de ce genre littéraire, sujet à maintes et maintes explicitations, explications et définitions. Ni un catalogue des meilleurs titres, ni une étude tellement pointue qu’elle en deviendrait rébarbative. Pouy revendique sa partialité comme ses oublis, citant avec passion les auteurs l’ayant marqué. Tel un infatigable pèlerin, voilà des années que J.B.Pouy porte la bonne parole du roman noir à travers conférences et débats. Ce présent essai est une sorte de synthèse de ses exposés en public.

Jean-Bernard Pouy : Une brève histoire du Roman Noir (Éd.Points, 2016)

Sophocle et M.G.Lewis furent des précurseurs. Féval, Gaboriau, et peut-être Zola, ont autant créé les codes de ce genre littéraire que John Steinbeck ou W.R.Burnett. Puis arriva la génération décisive de Dashiell Hammett et de Chandler, de James Cain et d'Horace Mc Coy, qui figurent au Panthéon des pionniers. Leurs successeurs sont nombreux, différents et opposés sans doute, mais animés du même esprit.

C’est de réalisme social, des tares de nos sociétés comme des imperfections humaines, dont nous parle le roman noir. Univers où l’on croise des détectives égarés dans une labyrinthique affaire, des traumatisés par les guerres ou leur expérience de la vie, de doux dingues assez malins pour duper tout le monde, des désespérés en route vers l'enfer, et toute une galerie de héros maudits dont nous partageons le destin le temps d'un livre.

On vibre autant grâce à Giorgio Scerbanenco, Manuel Vazquez Montalban, Leonardo Padura, Manchette, Ken Bruen, Didier Daeninckx, Donald Westlake, Pascal Garnier, Jean Amila, Caryl Férey, et tant d’autres : les historiques aiguilleurs du genre, les forcenés, les pessimistes, les allumés, les étoiles filantes, les intellos, les auteurs actuels. On ne s’étonnera pas que J.B.Pouy prenne un plaisir particulier à lire les plus déjantés d’entre eux…

Il conclut avec une nouvelle : “Sauvons un arbre, tuons un romancier !” Un tueur à gages est chargé de supprimer un romancier besogneux, dont la prose est caricaturale. L’assassin, qui l'attend chez lui, ne connaît pas d'états d'âmes. Mais sait-on jamais ?

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 06:30

Les Izards, c'est un quartier du nord de Toulouse. Celui où a grandi Mohamed Merah. Un ensemble urbain de plus en plus ghettoïsé, devenu plaque tournante du trafic de drogue dans la région. Noureddine Ben Arfa dirige un réseau sévissant dans quelques-unes des tours du quartier. Avec sa bande, ils s'approvisionnent de façon innovante : des rottweilers auxquels on a fait ingurgiter des sachets de drogue passent la frontière hors des points de contrôle, avant d'être récupérés. C'est ce qui permet à Noureddine Ben Arfa de développer son commerce illégal. Comme il joue les indics pour le Renseignement Intérieur et les Stups, il est à peu près tranquille. D'autant qu'il évite de leur parler du chenil clandestin qu'il abrite dans un ancien entrepôt, et de l'intensification de ses activités de deal.

Sergine Ollard est une grande blonde de trente-huit ans, célibataire, vétérinaire dans une clinique des Izards. Où elle impose son caractère fort à ses associés et aux employés de ce cabinet animalier. Une nuit de week-end, une collégienne de quatorze ans lui demande de l'aide pour soigner un chien malade. Samia est la jeune sœur de Noureddine, d'ici peu promise à un mariage au bled. La vétérinaire accepte de s'occuper du rottweiler, souffrant d'une occlusion intestinale. Sergine comprend rapidement ce qu'on lui a fait avaler. Elle ne veut surtout pas que Samia soit impliquée dans ce problème. La vétérinaire ne peut hélas pas compter sur son ancien petit-ami Philippe, et doit se débrouiller. Deux jeunes Arabes interviennent peu après à la clinique pour reprendre le chien en soins.

Sergine pense qu'il s'agit de la bande de Noureddine. En réalité, ce sont les frères Nejib et Hamid Omane. S'ils ne tardent pas à tuer le rottweiler pour s'approprier la drogue, c'est pour le financement du terrorisme. Nejib est de retour du jihad en Syrie, et il a convaincu son cadet Hamid de préparer ensemble un attentat, sous l'égide d'un émir local. Habité de multiples doutes, le jeune Hamid n'est pas sûr qu'entamer une guerre des gangs contre la bande de Noureddine facilite leur projet explosif. S'il devait se retrouver seul au moment de l'action, aurait-il assez de détermination pour aller jusqu'au bout ? Côté Noureddine, on a compris qu'il fallait d'urgence déménager le chenil et planquer le stock de drogue dans un lieu sans danger, avant que la police puisse réagir.

Mariée à un instituteur, Nathalie Decrest est la plus gradée de la brigade de police censée s'occuper des Izards. Réaliste face à un quartier où les flics sont peu appréciés, elle fait son job aussi bien que possible. Même quand les Stups ou le Renseignement Intérieur font pression sur elle pour qu'aucun souci ne soit causé à Noureddine Ben Arfa. Ses collègues ont aussi un œil sur Nejib et Hamid Omane, sans lui en parler. La vétérinaire a été en contact avec la policière Decrest, mais ne lui a pas tout révélé. D'ailleurs, Sergine ne sait comment agir sans risquer d'aggraver le cas de Samia. Quand la bande de Noureddine envoie un avertissement aux frères Omane, ça peut précipiter le chaos dans ce quartier…

Benoît Séverac : Le chien arabe (La Manufacture de Livres, 2016)

C'est avec une vraie lucidité que Benoît Séverac aborde un grand thème d'actualité : le terrorisme islamique en France, et ses rapports avec le banditisme. Il est toujours très facile de désigner des fautifs, d'accabler les autorités ou les forces de l'ordre qui n'auraient pas pris conscience assez tôt de ce dérapage qu'on nomme "radicalisation". La génération endoctrinée, qui se laisse désormais tenter par le jihadisme, est née dans des familles pratiquant leur religion de manière conventionnelle ou traditionnelle. C'est la propagande qui conduit ces jeunes, qui ont eu souvent plus tôt l'expérience des trafics, vers un combat à la fois confus et meurtrier. Ils sont manipulés, contrôlés par de malfaisants guides, afin de semer la peur sur le territoire français ainsi que dans de nombreux pays.

Voilà ce que Séverac illustre par l'exemple dans cette histoire très dense. À travers le personnage de Sergine, la vétérinaire, il pose l'autre question essentielle : que faire face à ces situations, quelle peut être la position des citoyens ? De nature déterminée, la jeune femme espère protéger la petite Samia, orienter tant soit peu les enquêteurs, mais elle se trouve au cœur d'un contexte extrêmement compliqué, qui la dépasse fatalement. La fiction est au plus près de faits plausibles dans ce récit mouvementé. Les initiés pourront reconnaître quelques noms parmi les protagonistes, en guise de clins d'œil, mais l'humour ne peut évidemment guère apparaître autour d'un tel sujet. Un roman noir puissant, car il s'inscrit dans un des aspects les plus sombres de la sociologie actuelle.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 05:55

Paris, fin décembre 1933. Le commissaire Louis Gardel, trente-huit ans de métier, est un des policiers ayant servi de modèle à Jules Maigret. Même s'il reste en bons termes avec Georges Simenon, il tient néanmoins à se démarquer du héros créé par le romancier, qui vit désormais à Porquerolles. Gardel a engagé sa voisine Malou, âgée de vingt-sept ans, afin de servir de nounou à son petit-fils Paul, qu'il élève. Il est "fiancé" à la quadragénaire Marie-Jeanne Billetdoux, qui s'occupe activement d'œuvres sociales pour des jeunes filles. Mais rien n'indique qu'ils se marieront. Au 36, Gardel est apprécié de ses adjoints, autant que par le commissaire Guillaume ou par Xavier Guichard, le chef de la police. Il y a moins de sympathie entre lui et le préfet Jean Chiappe, trop proche de l'extrême-droite.

Charles Bernier-Fayard, propriétaire du journal politique L'Impartial, vient d'être assassiné dans son bureau, le 27 décembre au soir. En ces temps où la presse est très virulente, ce journal est plus honnête que les autres. Bernier-Fayard suivait de près l'affaire Stavisky, l'escroc étant en fuite, comme il se soit. Ce que confirment la secrétaire et le rédacteur en chef de L'Impartial. Selon ce dernier, son patron possédait un document qui ferait l'effet d'une bombe : la "liste Héraclès" comporte les noms d'une trentaine de notables s'étant compromis dans les combines de Stavisky. Il est possible que des haut-gradés de la police y figurent. Mme Weiss, la femme de ménage juive, ne peut guère aider les enquêteurs. Gardel se renseigne auprès du notaire de la victime, qui avait rendez-vous avec lui.

Clara Bernier-Fayard, la veuve, est typiquement le genre de femme qui horripile Gardel. Pas de sentiment à attendre d'elle, habituée à gaspiller l'argent. Son alibi est flou. Son fils Émile, qui doit bientôt rentrer d'un voyage en Italie, s'endette beaucoup. Âgé de vingt-sept ans, sous le pseudo de Titus, cet admirateur des Camelots du Roi, d'Hitler et de Mussolini, écrit pour des journaux fustigeant les Juifs, la police, les homosexuels, et toute forme de démocratie. Xavier Guichard espère que Gardel retrouvera la "liste Héraclès" afin que cessent les sales rumeurs à son sujet. Le préfet Chiappe veut lui aussi ladite liste, soit pour être blanchi, soit à des fins moins honorables. Peut-être a-t-elle été volée lors d'un cambriolage chez l'actrice Marie Duport, la maîtresse de Charles Bernier-Fayard ?

Son ex-collègue Pachot ne cache pas à Gardel les blocages qu'il a subis lorsqu'il enquêta sur Stavisky, ce qui assura longtemps une impunité à l'escroc. Début janvier 1934, Gardel identifie les cambrioleurs de Marie Duport, deux sbires de Stavisky. C'est en mettant la pression sur l'ancien comptable de l'escroc, Norvin, que le policier peut avancer : celui-ci admet avoir transmis la fameuse "liste Héraclès" à Bernier-Fayard. Il ignore où est passé ce document explosif. La veuve manquant finalement d'alibi, elle risque fort d'apparaître comme coupable. La presse d'extrême-droite est plus agressive que jamais quand l'affaire Stavisky est relancée…

Gilles Schlesser : La liste Héraclès (Éd.Parigramme, 2016)

Il est incontestable que Gilles Schlesser est l'un des écrivains les plus doués pour évoquer quelques épisodes de l'histoire parisienne. Certes, il est parfaitement documenté. Mais ce qui charme dans ses romans, c'est sa manière de restituer "avec naturel" l'ambiance qu'il décrit. Avec lui, on plonge sans effort dans le Paris d'époque, et on suit immédiatement son enquêteur dans ses recherches. Nous voici donc dans ces turbulentes années 1930, où se succèdent de nombreux scandales financiers. Des affaires exploitées par les groupuscules fascisants, antisémites et ultra-violents, royalistes et d'extrême-droite. Le cas Stavisky, sans doute le plus spectaculaire d'alors, s'accompagnait de ragots visant les hautes sphères de l’État. Existait-il des preuves, telle la "liste Héraclès" ? C'est plausible.

Si la toile de fond, c'est donc l'affaire Stavisky, il est aussi beaucoup question de Simenon et de son héros dans ce roman. Gardel ne cache pas sa perplexité concernant son collègue de fiction, le commissaire Maigret : “…certains traits de son caractère m'indisposent”. Ils n'ont ni la même vie, ni les mêmes méthodes, c'est exact. Quant à Georges Simenon, il est présent dans le récit : il invite Gardel à déjeuner. À ce stade de sa carrière, le créateur de Maigret lui semble “parvenu et vaniteux”, même s'il n'a pas d'antipathie envers lui. À travers interrogatoires et rencontres, Gilles Schlesser nous livre d'autres portraits nuancés finement. Tous les personnages nous paraissent "authentiques". Document secret à retrouver et identification de l'assassin vont de pair dans cet excellent suspense.

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 05:55

Cette première enquête du commissaire Bordelli fut un des Coups de cœur d'Action-Suspense en 2015. Tandis qu'un deuxième titre de cette série est publié aux Éditions Philippe Rey, il n'est pas trop tard pour se familiariser avec ce policier grâce à la réédition en poche chez 10-18…
 

À Florence, durant l'été 1963. Le commissaire Bordelli est un célibataire âgé de cinquante-trois ans. Cet ancien combattant se montre bienveillant avec les gens modestes, fussent-ils des petits délinquants. Il circule en Coccinelle, apprécie les bons plats de son restaurant habituel, aime bien la mûre prostituée Rosa actuellement en vacances. Bordelli a noté les qualités du jeune policier Piras, dix-huit ans, originaire de Sardaigne. Pendant la guerre, le père de celui-ci fut le plus proche ami soldat de Bordelli. Malgré la chaleur, le commissaire va devoir enquêter sur une mort suspecte. Une riche vieille dame nommée Rebecca Peretti Strassen semble avoir succombé chez elle à une crise d'asthme. Toutefois, certains indices obligent à douter de cette version, tel ce flacon de médicament trop bien vissé.

Diotivede, le médecin légiste âgé de soixante-dix ans, partage les soupçons de son ami policier. On ne peut guère se fier au témoignage des voisines. Le docteur Bacci, médecin traitant de la dame, précise que Rebecca Peretti Strassen était allergique à un pollen tropical. Après avoir entendu la déposition de Maria, dame de compagnie de la victime, le commissaire fait la connaissance de Dante, le frère de la défunte. C'est un inventeur farfelu aux allures de savant fou, ce qui n'est pas pour déplaire à Bordelli. Pas plus que sa sœur, Dante ne fait confiance à leurs deux neveux, Anselmo et Giulio Morozzi. Ils risquent une grosse surprise à l'ouverture du testament de leur vieille tante Rebecca.

Les frères Morozzi étaient en vacances au bord de la mer, à Marina di Massa. Tandis que l'autopsie renforce les soupçons de meurtre, les neveux sont interrogés au commissariat. Ils ont tous les deux un alibi en commun, une soirée de fête où beaucoup les ont vus. La bienveillance de Bordelli ne s'appliquera pas à ce duo-là. D'ailleurs, avec le jeune Piras, il ne tarde pas à aller vérifier sur place si l'alibi des neveux est valable, ce qui semble le cas. Ils ne dénichent pas exactement une piste, plutôt une interrogation supplémentaire. De son côté, le légiste confirme qu'il n'y a pas d'erreur possible sur l'heure de la mort. Pénétrer dans la demeure de la victime, c'est explicable, mais comment a-t-on pu profiter de son allergie ?…

Format poche, chez 10-18 : "Le commissaire Bordelli" de Marco Vichi

Un commissaire de police italien dans une intrigue se passe il y a cinquante ans, s'agirait-il d'un énième clone de Jules Maigret, du même genre d'enquête ? Certes, c'est une affaire criminelle classique, mais les caractéristiques du héros sont sensiblement différentes. Le tolérant Bordelli ne croit pas en la prospérité économique affichée en Italie, dans ces années-là. La misère est encore bien présente : “Je suis fou parce que je refuse de condamner les pauvres gens et parce que je déteste ce pays ivre de rêves qui croit en la Fiat 1100.” On nous cite encore l'exemple de ce fonctionnaire rencontré par Bordelli, dont personne n'ouvrait les rapports depuis des années. Et puis, ces politiciens ex-serviteurs du fascisme, s'étant recasés dans la Démocratie chrétienne.

En toile de fond, le contexte reste important : La guerre est toujours dans les esprits, datant d'il y a vingt ans. Bordelli l'a vécue, y pense souvent, et en parle entre amis. Au quotidien, le commissaire est ouvert aux rencontres. Typique des années 1960, amusant à nos yeux, Bordelli commence à s'inquiéter de la nocivité du DDT, insecticide que l'on croyait la panacée… Et l'enquête ? Elle progresse, sans précipitation mais sans lenteur non plus. Un commissaire fort sympathique et humain, dans de savoureuses investigations.

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 05:55

Léo Hernàndez est un truand impliqué, avec son complice José, dans un trafic de drogues au profit d'un certain Marchand, et du Patron de ce réseau. La dernière transaction s'est mal passée : des flics bien renseignés sont intervenus. Léo et José ont réussi à fuir, mais la drogue est perdue. Quand il est convoqué chez le Patron, l'affaire que se voit confier Léo est celle de la dernière chance. Une mission impossible, pense-t-il d'abord. Car il doit financer l'achat d'un nouveau lot de stupéfiants. Son ami José ayant été supprimé, Léo récupère chez lui le butin de son complice. Non sans tuer accidentellement un témoin gênant. Ensuite, sous une fausse identité, il organise son voyage vers le lieu prévu de l'échange, entre un château du Pays de Galles et un cimetière londonien.

David et Agnès forment un couple de chirurgiens parisiens. Aux vacances de Toussaint, ils se rendent en Grande-Bretagne, avec leur fille adolescente Pauline, et le petit-ami de celle-ci, Dylan Fournier. Pour David, visiter le château gallois de Grwych, c'est comme un pèlerinage à la mémoire de son père : durant la guerre, l'endroit abrita des enfants juifs. C'est ici que se déroule la première partie de la mission de Léo Hernàndez. Superstitieux, il n'apprécie guère ces lieux où se manifesteraient encore des fantômes. Lorsque disparaît son précieux carnet, où il note bien des éléments sur ses trafics, Léo ignore que la jeune Pauline est kleptomane. Chacun de leur côté, Léo et la famille de David poursuivent leurs petites vacances en séjournant à Londres.

Selon le plan initial, c'est au cimetière de Highgate que la drogue est livrée à Léo. Avec leurs tendances gothiques, Pauline et Dylan sont aussi attirés par ce cimetière historique. Léo comprend bientôt que c'est la jeune fille qui lui a dérobé son fameux carnet. Prenant des renseignements sur cette famille de Français, il obtient leur adresse à Paris, dans le 12e. Léo est prêt à toutes les initiatives afin de récupérer le carnet en question. Il doit par ailleurs se méfier de ses commanditaires, car Marchand et le Patron veulent l'éliminer.

La Brigade des Stups n'est pas inactive pendant ce temps-là. Néanmoins, leur indic José et sa compagne ayant été assassinés, ils imaginent d'abord que Léo a subi le même sort. Inquiète pour sa fille Pauline, qui a déjà dû affronter un épisode malheureux par le passé, Agnès contacte son ami policier, l'ex-commissaire-divisionnaire Victor Maupas. Retraité, il trouve là une belle opportunité de se remettre dans le bain. Son enquête l'amène d'abord à interroger Pauline, avant de faire un détour par le Pays de Galles. Recherché autant par les Stups que par ses employeurs truands, Léo parvient à passer entre les mailles du filet, avant de se trouver une planque. L'ancien policier Maupas contacte son collègue Piron, des Stups, tout en explorant un aspect de la vie privée de David. Le carnet secret de Léo reste la clé qui l'aidera à déverrouiller ce dossier…

Olivier Kourilsky : L’Étrange Halloween de M.Léo (Éd.Glyphe, 2016)

L'histoire nous entraîne au Pays de Galles, à la découverte du château de Grwych, et dans un étonnant cimetière de Londres. Toutefois, c'est à Paris que se déroule l'essentiel de ce roman. Quand banditisme et milieux honorables se côtoient, s'entre-mêlent, la rencontre risque très certainement de faire des étincelles. Surtout si un ancien flic émérite vient y mettre son grain de sel, fouinant en suivant son instinct d'enquêteur chevronné.

C'est une intrigue dans la bonne tradition du roman policier, que nous a concocté Olivier Kourilsky pour son huitième roman. Une intrigue mouvementée, riche en mystère et en coups tordus, comme les aiment tous les amateurs de polars. Entre les tribulations du truand Léo, l'instabilité de la jeune Pauline, et la vie de famille de ses parents, enquête et action sont au rendez-vous. La succession rapide des scènes, suivant chaque protagoniste, offre un excellent tempo au récit dans de courts chapitres. Un atout à ne pas négliger, ce rythme contribuant au plaisir de lecture. Voilà un fort agréable suspense, à découvrir.

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