Que vont nous présenter les éditeurs en ce début 2010 ? Voici une douzaine de titres parmi les suspenses à venir. Pour
les sorties du mois de janvier, commençons avec notre vieil ami Salvo Montalbano.
Andrea Camilleri : Les ailes du sphinx (Fleuve Noir). Lorsque le corps d’une jeune femme, un papillon tatoué sur l’épaule, est découvert dans une décharge, le commissaire
Montalbano traverse une mauvaise passe. Les choses vont mal avec Livia, son éternelle fiancée génoise, depuis son incartade avec une très jeune fille à l’épisode précédent (Un été
ardent), sans compter que son récent infarctus l’inquiète. Et puis il vieillit et ça lui mine le moral. Il se charge néanmoins de l’enquête qui va le mener à une pieuse association
favorisant l’immigration de filles de l’Est. Seulement, tandis qu’il s’occupe en même temps d’un étrange enlèvement, il se heurte à l’évêque et aux plus hautes sphères de l’Église et de l’État,
mobilisées jusqu’à Rome pour entraver la découverte d’une vérité glaçante. Avec une galerie de personnages hauts en couleur et dans cette langue savoureuse qu‘on aime, Camilleri nous dévoile,
bien au-delà de son île, l’universelle vilenie d’une certaine bonne société.
Didier Sénécal : Mortelle collection (Fleuve Noir). En se réveillant dans sa chambre d’hôpital après un long coma,
Bertrand Cousin éprouve la joie du miraculé. Mais lorsqu’une infirmière vient lui annoncer que son épouse a perdu la vie dans leur tragique accident de voiture, toute
l’horreur de la situation lui revient en bloc. La route Napoléon, la voiture grise dont il est sûr qu’elle les suivait depuis l’après-midi, et la queue de poisson, juste avant le ravin. Bertrand
Cousin n’a plus rien à perdre et c’est désormais une question d’honneur. Il doit retrouver l’assassin. Puisqu’il s’agit d’un crime, Cousin en est certain. Qui pourrait bien vouloir du mal à cette
banale grenouille, à ce professeur sans histoire ? C’est ce que se demandent les deux agents américains chargés de le surveiller, ignorant tout de la mission qui les contraint de jour
comme de nuit à épier les faits et gestes de ce pauvre petit homme. Et l’équipe de la DST mandatée pour espionner les deux Américains n’y comprend guère davantage. De rencontres en rencontres une
seule chose est sûre : le petit homme en question les met sur la piste d’un autre petit homme dont la grandeur a traversé les siècles... (L’auteur marque une pause dans le récit des aventures du
commissaire Lediacre. Il a choisi ici un mode de narration qui ménage le suspense en alternant trois points de vue : le protagoniste principal, les agents
américains et les agents français.)
Bryan Gruley : Starvation Lake (Le Cherche-Midi Éditeur). L'État du Michigan, vaste étendue de la région des
Grands Lacs à la frontière canadienne, connaît des hivers rigoureux, où l'ennui est souvent aussi mortel que le blizzard. C'est là, dans la ville de Starvation Lake où il est né et a grandi, que
Gus Carpenter est revenu pour s'occuper du journal local après une brillante carrière dans un grand quotidien national. Cette petite communauté où tout le monde se connaît est en état de choc le
jour où la motoneige de l'ancien entraîneur de hockey disparu vingt ans plus tôt refait surface au milieu d'un lac gelé, criblée d'impacts de balles. Ancien joueur de l'équipe, Gus va chercher à
élucider ce mystère, qui le touche de près. Cette petite société qu'il croyait pourtant bien connaître ne va pas tarder à révéler des secrets tous plus sombres et sordides les uns que les autres.
Le premier suspense de Bryan Gruley, un portrait sans concession d'une petite ville de province et de ses turpitudes.
Jonathan Kellerman : Meurtre et obsession (Seuil Policiers). Tanya Bigelow était une fillette très rangée lorsque le psychologue Alex Delaware la soigna pour des troubles
obsessionnels. Âgée maintenant de 19 ans, elle vient le revoir parce que sa tante et mère adoptive, Patty Bigelow, lui a avoué un crime sur son lit de mort. Delaware se souvient de Patty comme de
quelqu’un qui n’aurait jamais pu commettre cette chose terrible. Mais pour apaiser Tanya, il décide d’enquêter et demande à son ami, l’inspecteur Milo Sturgis, de lui donner un coup de
main. N’ayant que de vagues détails de la supposée affaire, les deux amis se lancent dans une enquête qui les conduit des quartiers les plus minables aux plus belles propriétés de Los
Angeles et leur fait découvrir des personnages bizarres et inquiétants. Jusqu’au jour où un meurtre horrible, et bien réel celui-là, leur ouvre les portes d’un passé où désespoir, vengeance et
mort formaient un cocktail absolument sordide.
Michael Koryta : La nuit de tomahawk (Seuil Policiers). Voilà sept ans que Frank Temple a appris l’horrible secret
de son père: héros de la guerre du Vietnam (comme son propre père avait été un héros du débarquement en Normandie), celui-ci l’était réellement. Mais c’était aussi un tueur à gages, cette double
existence le conduisant au suicide. Bouleversé, Frank a passé sept ans à fuir ce sombre héritage et ne peut croire que son père ait été si ignoble. Après tout, ses victimes
n’avaient rien d’innocent. Et Devin Matteson, l’homme qui l’a entraîné dans le crime avant de le dénoncer au FBI, n’était pas un saint non plus. Quand un vieil ami appelle Frank pour lui dire que
Matteson revient s’installer dans un lieu sacré de la famille, celui-ci ne le supporte pas et envisage de le tuer. Sauf que Matteson est introuvable et qu’il tombe sur une femme aussi superbe
qu’étrange et un monsieur très nerveux et fortement armé. Que faire ? La solution se dessine lorsque deux tueurs de Miami se pointent à leur tour…
Jeffrey Archer : Le sentier de la gloire (First Éditions). Le 8 juin 1924 à 12h50, à environ 620 pieds du mont
Everest, George Leigh Mallory, alpiniste de renommée mondiale, et son compagnon de cordée, Andrew Irvine, sont aperçus vivants pour la dernière fois. Soixante-seize ans plus tard, le
1er mai 1999, une expédition américaine découvre à 8229 mètres sur la face nord de l’Everest le corps exceptionnellement conservé de George Mallory. Est-il mort en montant vers le
sommet, ou au retour de son ascension ? Car, dans ce cas, ce ne sont peut-être pas Edmund Hillary et son sherpa Tensing Norgay qui furent les premiers vainqueurs à vaincre mille difficultés pour
arriver au sommet.
Sara Gran : Viens plus près (Sonatine Éditions). Amanda a tout pour être heureuse : un mari qu’elle aime, un
métier (architecte) qui la comble. Une vie parfaite, en apparence. Jusqu’au jour où, dans un état second, elle se met peu à peu à réaliser ses désirs les plus fous, à donner libre cours à toutes
ses pulsions. Est-elle possédée? Cherche-t-elle inconsciemment une libération totale, absolue? Jusqu’où ira cette descente aux enfers, qui peut parfois prendre des allures de
paradis?
Un coup d’œil sur quelques titres à paraître en
février 2010.
Gillian Flynn : Les lieux sombres (Sonatine Éditions). Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère
et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le
pays, et la jeune Libby devient un symbole de l’innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s’est jamais remise du drame,
souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d’un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C’est là, dans un
Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu’une vérité inimaginable commence à émerger. Libby n’a d’autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à
vivre, que de faire toute la lumière sur l’affaire Quelles qu’en soient les conséquences.
Jérôme Bucy : La colonie des ténèbres (Éd.Belfond). À Paris, aujourd’hui. Des colonies de chauves-souris
installées dans les souterrains du RER sont mystérieusement décimées. Andersen est un biologique travaillant pour Naturalis, fleuron de l’industrie chimique. Il étudie
l’influence d’un nouvel insecticide sur le comportement de ces animaux. En parallèle, Éphémère a piraté le site internet de Naturalis. Vivant près d’un site de production, cette jeune femme
s’intéresse au cas de son voisin. Ce dernier, employé de l’usine, est tombé gravement malade après avoir respiré des gaz toxiques. Dans leurs quêtes respectives, Andersen et Éphémère vont
remonter jusqu’à une série de crimes atroces perpétrés à Berlin-Est dans les années 1960. Bientôt, leur apparaît la vérité, plus terrifiante encore que ce qu’ils imaginaient.
Le 8e roman de John Connoly : L’empreinte des amants (Presses de la Cité). Ancien inspecteur devenu
détective privé, Charlie Parker reste obsédé par une trahison jamais expliquée qu’il vécut autrefois. Il n’avait que quinze ans, lorsque sont père policier se suicida après avoir abattu un couple
d’adolescents. Quand on lui enlève sa licence de détective, Charlie Parker part pour New York, sur les lieux de son enfance. Il tient à faire la lumière sur cette vieille affaire. Il retrouve et
interroge les anciens collègues de son père, et l’entourage des victimes. En fouillant dans son passé, Charlie Parker réveille certains fantômes plus que malsains.
Greg Iles : Poison conjugal (Coll. Sang d’Encre). Chris Shepard mène une tranquille vie de médecin à Natchez, dans
le Mississippi. Jusqu’au jour où l’agent du FBI Alexandra Morse se présente à son cabinet. Elle lui annonce que la femme qu’il vient d’épouser cherche à l’assassiner. D’abord dans le déni, Chris
finit par douter et accepte de collaborer à l’enquête. Les investigations visent le célèbre avocat Andrew Rusk, spécialisé dans les divorces. Les conjoints de ses clients meurent sans qu’on
puisse jamais prouver qu’il s’agit de meurtres. Puisque le nom de Mme Shepard figure sur l’agenda d’Andrew Rusk, il ne reste plus à Chris qu’à servir d’appât…
Un inédit de Gyles Brandreth : Oscar Wilde et le cadavre souriant
(10-18). En 1882, Oscar Wilde n’est encore qu’un jeune poète ambitieux, dandy et tapageur. La série de conférences qu’il donne pendant plusieurs mois aux Etats-Unis lui apporte enfin fortune et
notoriété. À New York, il rencontre Edmond La Grange, qui lui propose de monter Hamlet dans son théâtre parisien. Oscar Wilde accepte l’offre. À Paris, il se lie à un jeune écrivain anglais, Robert Sherard, fréquente Sarah Bernhardt et ses amis décadents. Plusieurs drames
marquent les répétitions de la pièce. L’habilleur Traquair meurt intoxiqué par le gaz. Oscar est agressé. Fille d’Edmond et star de la troupe, Agnès La Grange disparaît. Malgré l’ambiance
pesante, la première d’Hamlet est un triomphe. Pourtant le sort s’acharne sur Oscar Wilde et son entourage.