Les Chroniques de Dasola ( L'intégrale )

 
Les Chroniques de Dasola (en intégralité)

 


« Rouge-gorge » de Jo Nesbo

L'auteur de « Rouge-gorge » est norvégien, et ce titre, le troisième que je lis de lui (après « Les Cafards » qui se passait en Thaïlande, et « L'homme chauve-souris » qui se déroulait en Australie), met en scène une intrigue située pour une fois en Norvège. Harry Hole, l'inspecteur de police, héros récurrent des romans de Nesbo, est affecté (suite à une bavure) dans une section parallèle qui mène des enquêtes sur le milieu néo-nazi. Toute une première partie du roman nous permet de remonter le cours de temps, plus exactement en 1942, à la bataille de Stalingrad jusqu'en 1944. Six jeunes Norvégiens se sont engagés dans la Waffen SS. Quelques-uns sont tués mais au moins deux reviennent blessés mais vivants. L'un des deux prend l'identité d'un mort pour éviter d'être pris comme déserteur. En 2000, lors de la fête nationale norvégienne qui est le 19 mai, un attentat contre le roi de Norvège se prépare. Un vieil homme (sur le point de mourir de maladie) est le tueur. Tout le roman nous fait comprendre le rapport qu'il y a entre ce qui s'est passé pendant la seconde guerre mondiale et les motivations du tueur. Jo Nesbo nous montre que les milieux néo-nazis se sont infiltrés jusque dans la police. Roman qui tient en haleine (mais avec une intrigue un peu compliquée du fait de la subtilisation d'identité).

« Le sixième crime » de Sébastien Fritsch

Jérôme Balbanic, inspecteur à la police judiciaire de Lyon, vient enquêter à Pensegarde, petit hameau dans la Drôme, sur une série de cinq meurtres. Il raconte à son unique habitant qu'après beaucoup de recherches, de recoupements et autres, lui et son équipe se sont rendus compte que le meurtrier s'était inspiré des cinq livres écrits par un certain Jacob Lieberman, entre 1956 et 1960. Cet auteur a disparu sans laisser de traces. L'unique habitant de Pensegarde est un écrivain coupé du mondé appelé Lex (tout court) et l'inspecteur pense que ce Lex, grand prosateur de talent, peut l'aider à trouver le meurtrier et surtout à empêcher un sixième crime. On peut deviner rapidement que Lex et Jacob sont une seule et même personne. Toute l'énigme policière tourne autour de nombres et de lettres. L'inspecteur est un personnage essentiel de l'histoire. Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue si ce n'est que le sixième crime n'est pas un crime de sang, et après tout, les cinq autres le sont-ils? « Le sixième crime » aux éditions Pierregord (http://www.editionspierregord.com/) se lit vite et avec plaisir (il fait 125 pages). Sébastien Fritsch semble un auteur prometteur à suivre http://sebastienfritsch.canalblog.com/

« Gomorra, dans l'Empire de la Camorra » de Roberto Saviano

Un roman très dense et étoffé. L'auteur nous plonge tout de suite dans le vif du sujet en commençant par nous parler du port de Naples devenu la plaque tournante de tous les trafics du monde entier. La Camorra (la mafia napolitaine) a la mainmise sur la drogue venant d'Amérique du Sud et sur sa transformation finale (dans des labos), les travailleurs clandestins, la contrefaçon (vêtements et accessoires), etc. L'enquête se finit par une description, qui fait froid dans le dos, du devenir des déchets toxiques d'une partie de l'Europe qui finissent dans les sous-sols de la magnifique province de Campanie (au mépris de toutes les lois en vigueur); et en attendant de trouver d'autres endroits, cela s'étend comme la gangrène, contaminant les terres (où poussent les arbres fruitiers et autres cultures) et faisant augmenter le taux de cancers chez les habitants. Je rappelle que la Campanie comprend Naples et sa région. Roberto Saviano ne révèle pas comment il peut donner autant de données précises sur ce qu'il raconte. Il nous croque la Camorra en panoramique en s'attachant à quelques "rouages" humains de cette machine inhumaine. J'ai eu l'impression qu'il se trouvait toujours sur le terrain au bon moment pour décrire les méthodes cyniques des trafiquants qui testent la drogue sur des héroïnomanes pour trouver les dosages optimums. Les Camorristes ont aussi des manières musclées voire sanglantes pour se faire attribuer des marchés publics immobiliers. Ils sont responsables du bétonnage de la région napolitaine et d'ailleurs. Les chiffres communiqués sont édifiants. Je comprends que Roberto Saviano ait désormais une garde rapprochée pour le protéger car il donne des indications vraiment précises et nominatives. Et quand on referme le livre, on ne regarde plus la mozzarella de la même façon puisque l'élevage des bufflones est aussi un des revenus conséquents de la Camorra.

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« L'affaire de Road Hill House » - Kate Summerscale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce livre, L'affaire de Road Hill House de Kate Summerscale (éditions Christian Bourgois 2008) est le récit d'une affaire judiciaire qui a défrayé la chronique en 1860, en Angleterre dans la région de Bath. Dans une belle demeure bourgeoise, dans la nuit du 29 au 30 juin 1860, Francis Saville Kent, garçonnet plein de vie, est étouffé et poignardé. Son corps sera retrouvé dans la fosse septique (à l'écart de la maison) le lendemain. Sur place, des policiers font les premières constatations puis un détective de Scotland Yard de Londres est mandé sur place. Jonathan Whicher, tel est son nom, est un fin limier et presque une légende. Les premiers romans "de détective" publiés à cette époque (écrits par Wilkie Collins, Charles Dickens ou Mary Elizabeth Braddon) prennent Whicher ou un de ses collègues comme modèle. D'autres livres s'inspirant de l'affaire sont parus en grand nombre. Le livre de Kate Summerscale est une reconstitution précise et très bien documentée de toute l'affaire grâce aux archives judiciaires, journaux, magazines, livres et brochures. Kate Summerscale nous présente les protagonistes principaux qui ont vécu cette tragédie. Il y a le père de la petite victime, Samuel Kent, sous-inspecteur des manufactures, et sa deuxième épouse, Mary, enceinte au moment du drame. Sa première femme, Mary-Ann, morte prématurément, avait souffert de problèmes neurologiques. Cela n'a pas empêché Samuel de lui faire au moins 10 enfants dont seulement quatre ont survécu (trois filles et un garçon), qui vivent tous ensemble dans la demeure de leur père. D'ailleurs Mary, avant de devenir la deuxième Mme Kent, a été plus ou moins la nourrice de deux d'entre eux: Constance et William. A part le petit Francis, Samuel et Mary ont eu quatre autres enfants dont deux nés après l'assassinat. Cette même demeure abrite aussi trois jeunes domestiques. D'autres vivent dans le village voisin. Après un ou deux jours d'enquête, quelques interrogatoires et grâce à une pièce à conviction d'ordre vestimentaire trouvée et disparue ensuite, Whicher a rapidement une intime conviction, comme on dit en français, sur l'identité du ou de la coupable (quelqu'un de la maisonnée) mais il n'a pas de preuves. C'est seulement 5 ans plus tard, en 1865, lorsque l'affaire sera presque oubliée, que la personne coupable fera des aveux, sera condamnée à 20 de prison, finira sa vie en Australie et mourra centenaire (Kate Summerscale laisse planer un doute sur le fait que la personne ait agi seule ou avec quelqu'un qu'elle protège). Le mobile du crime (qui est prémédité) reste un peu flou. C'est vraisemblablement la jalousie au sein de la famille. Je tiens à ne pas tout dévoiler. Je complèterais en disant que Kate Summerscale évoque bien cette époque où la notion de "classe" est essentielle. Elle explique que l'intrusion de policiers dans ces grandes familles bourgeoises était vécue comme une atteinte à leur vie privée. Les policiers n'appartenaient pas au même monde. Elle montre aussi que Samuel Kent n'était pas très aimé par les villageois et les gens des environs de par sa profession d'inspecteur des manufactures. C'était une époque où les enfants travaillaient à l'usine dans des conditions épouvantables, mais le maigre salaire qu'ils rapportaient était nécessaire, et pourtant Samuel Kent en faisait renvoyer quelques-uns pour les sauver au grand dam des familles. Ceci étant, ce meurtre va bien évidemment laisser des séquelles au sein de cette famille qui déménage peu après et part au Pays de Galles. Kate Summerscale nous fait part de ce qui arrive à tous les personnages de l'histoire, détective compris. Elle complète son récit en publiant quelques photos d'époque. La photo de la couverture du livre (prise par l'écrivain) représente, en noir et blanc, la demeure de Road Hill, aujourd'hui. Ce récit présente davantage d'intérêt qu'un roman policier classique.

Deux "thrillers" religieux

Voici un billet qui porte sur deux romans à suspense qui se lisent facilement. C'est bien fait, les intrigues sont menées habilement et tambour battant. Je me dis que certains écrivains ont une imagination débordante mais pourquoi pas? Et ces deux romans sont nettement supérieurs (selon moi) à « Da Vinci Code » de Dan Brown (que j'ai détesté).

« Le troisième secret » de Steve Berry. Il s'agit du troisième secret de Fatima au Portugal en 1917. Il a été révélé sous le pontificat de Jean-Paul II. Dans le roman, un nouveau pape Clément (beaucoup inspiré par Benoît XVI) règne sur le Vatican. Un cardinal italien, Valendrea, qui aimerait bien prendre la place de ce nouveau pape, sait que ce 3ème secret n'a pas été dévoilé dans son intégralité. Ce message avait mis par écrit par la jeune portugaise pendant les apparitions de la Vierge Marie. Ce bout du troisième secret peut ébranler les fondements du catholicisme. Valendrea fait éliminer un vieux prêtre qui avait traduit l'intégralité du message du portugais en italien. Heureusement qu'un ami du pape en place, Michener, arrivera à se mettre en travers de la route de Valendrea. Le roman se termine avec un point d'interrogation (optimiste?) sur l'avenir de l'église puisque le secret (avec un nouveau pape) peut tout chambouler, mais ceci (pour l'instant) est de la science-fiction.

Dans « Le dernier templier » de Raymond Khoury, tout commence à New York lors de l'inauguration d'une exposition d'objets rares venus du Vatican. Quatre hommes à cheval, déguisés en templiers, sèment la terreur (ils décapitent un garde) et s'emparent de divers objets de grande valeur, dont un "encodeur à rotors" (objet important pour la suite de l'histoire). Une jeune chercheuse assiste à la scène et découvre assez vite qui est l'instigateur de ce hold-up, un certain Vance. En parallèle, un envoyé du Vatican, De Angelis, suit aussi de près l'enquête. On se rend compte assez vite que c'est un homme dangereux et sans scrupule qui ne veut absolument pas qu'un secret découvert par les Templiers en 1291 et coulé au fond de l'eau au large de la Méditerranée refasse surface. Il en va de la survie de la chrétienté toute entière. La solution de l'énigme ne m'a pas choquée plus que cela. Et cela aurait été intéressant de voir la suite des événements si...

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"Le violon du diable" - Lincoln Child & Douglas Preston

Lincoln Child et Douglas Preston sont deux auteurs américains qui écrivent en solo (par exemple, Le codex pour Douglas Preston et Deep Storm [sic, pour la traduction française] pour Lincoln Child). En France et ailleurs, ils connaissent le succès et la notoriété en écrivant à quatre mains et ce pour notre plus grand plaisir. Quand vous prenez Le violon du diable (deuxième livre d'eux que je lis, après La chambre des curiosités), vous ne le lâchez plus. Et pourtant, il fait presque 700 pages en édition de poche J'ai lu. Dans la banlieue de New York, un homme, critique d'art, est retrouvé par sa femme de ménage. Son corps s'est carbonisé de l'intérieur. La veille, il avait invité 4 personnes mais il semblait inquiet. Le FBI, en la personne d'Aloysius Pendergast, homme érudit et mystérieux (déjà présent dans La Chambre des curiosités, puis que l'on retrouve dans au moins 4 autres romans du duo), mène l'enquête avec un policier appelé Vincent d'Agosta. Celui-ci est redevenu sergent suite à une sombre histoire, après avoir été inspecteur. L'enquête les mènera jusqu'à Florence après que deux autres personnes aient été assassinées de la même effroyable manière. Un violon surnommé "Stormcloud" fabriqué par Stradivarius et un soi-disant pacte avec le diable sont les motifs de ces morts suspectes. Mais je dirais que Satan n'a rien à voir dans l'histoire, et un humain du 21ème siècle est le seul responsable. Même si on peut deviner assez vite qui est le "méchant", cela n'empêche qu'il faut attendre les 60 dernières pages pour que les pièces du puzzle se mettent en place et que l'on ait les dessous de l'intrigue. A la fin, on craint pour la vie de Pendergast, mais pas d'inquiétude, puisque d'autres aventures l'attendent.


Deux romans policiers français – Je trouve intéressant d'évoquer des auteurs français de polar peu connus du grand public. Tous ces romans en format de poche ne dépassent pas 9 euros. Voici les deux premiers publiés aux Editions Kraoken (

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.krakoen.com).

« Vice repetita » d'Hervé Sard est un roman qui se lit très vite. Le roman commence et se termine en 2050. Un crime horrible est commis en 2004 dans la Forêt de la Vallée de chevreuse. On ne fait la connaissance du vrai meurtrier (qui écrira une confession sur son lit de mort) que 46 plus tard. Cet assassin a commis le crime parfait puisque c'est un faux coupable qui paie (lourdement) à sa place. La psychologie des personnages est un peu sommaire et l'intrigue se résoud grâce aux analyses ADN qui donnent des résultats (mais les apparences sont parfois trompeuses). Petit indice: il y a un troisième homme. Roman qui sans être inoubliable est d'une lecture agréable avec des petits chapitres. Cela m'a donné envie de lire le deuxième roman d'Hervé Sard, « Mat à mort » également aux Editions Krakoen), que je chroniquerai dans un prochain billet.

Dans « Les vieilles décences » de Max Obione, Maurice Cintray (Mau ou le Mat) et Raymond Japhet (Raja), respectivement inspecteur et juge, tous les deux à la retraite, partent en Beauce dans la voiture de Maurice, une magnifique Panhard, afin de s'adonner au plaisir de la pêche. En guise de poisson, c'est un macchabée plus très frais que Maurice attrape. La victime a été égorgée. L'identité du mort est révélée grâce à un article de journal qui ne parle que d'une simple noyade par hydrocution. D'ailleurs, le pauvre journaliste qui a rédigé l'article ne fait pas de vieux os, il est renversé "accidentellement" par une voiture, à moins qu'il ne se soit suicidé? Mau et Raja mènent l'enquête et font justice eux-mêmes grâce à des méthodes peu orthodoxes mais qui donnent des résultats qui font du bruit. Des notables céréaliers, des gradés de la maréchaussée et même un instituteur écolo sont impliqués dans cette sombre affaire où les OGM jouent un rôle essentiel. Ce roman très bien structuré est agréable à lire grâce à un style enlevé et quelques expressions savoureuses. On retrouve les deux compères dans un autre roman, « Le jeu du lézard » . [mai 2008]

 

« La cote 512 » de Thierry Bourcy (Folio Policier) est un roman de 250 pages qui a l'originalité de se passer dans les tranchées de la guerre 14-18. C'est le premier des quatre volets des enquêtes déjà parues du soldat Célestin Louise, inspecteur de police dans le civil. Dans « La cote 512 », Célestin reçoit son ordre de mobilisation dès la déclaration de guerre en septembre 1914. Au cours de ses enquêtes à Paris, il était très doué pour trouver et appréhender les cambrioleurs. Célibataire sans enfant, il rencontre peut-être l'âme soeur la veille de son départ sur le front. Il est affecté au 134ème régiment d'infanterie où il retrouve La Guimauve, le dernier cambrioleur qu'il avait appréhendé et relâché immédiatement. Ce régiment est commandé par le lieutenant Paul de Mérange. Au cours de la première offensive De Mérange est tué, le problème est qu'il a été atteint dans le dos par une balle tirée par un fusil français. Célestin, persuadé que le lieutenant a été assassiné, décide de mener l'enquête. Celle-ci le conduira à connaître la famille du lieutenant, sa femme et son frère qui sont les personnages centraux de cette affaire de crime passionnel prémédité. Thierry Bourcy évoque en arrière-plan, comme dans le film « Joyeux Noël », la fraternisation entre les deux camps ennemis, à la Noël 1914. Il fait aussi une description de ce qui va être la guerre des tranchées pendant 4 ans. Cela m'a rappelé les images du film de Jean-Pierre Jeunet, « Un long dimanche de fiançailles ». Roman honnête mais sans plus car l'intrigue est un peu superficielle. J'en verrais bien une adaptation au cinéma. J'attendrai la parution en édition de poche des 3 volets suivants dont le dernier « Les traîtres » vient juste de paraître aux Editions Nouveau Monde. [avril 2008]

 

Deux polars nordiques Asa Larsson et Arnaldur Indridason

« Horreur boréale » Asa Larsson aux Editions Gallimard Noire. Premier roman traduit en français de cette femme écrivain. Un crime horrible, dont la victime est un pasteur, Viktor Strandgard, est perpétré dans la nef de l'église de la Force originelle, congrégation évangéliste au nord de la Suède, à Kiruna, en Laponie. La soeur de la victime, Sanna, qui est suspectée, appelle à l'aide son amie Rebecka, avocate qui exerce à Stockholm. Rebecka mènera son enquête en parallèle avec la police au péril de sa vie. Parmi les inspecteurs de police, se distingue Anna-Maria, enceinte jusqu'aux yeux. Le déroulement de l'histoire se passe sur sept jours. Chaque partie commence par ce libellé « il y eut un soir, il y eut un matin ». Se lit sans déplaisir mais ce n'est pas le meilleur polar que j'ai lu et certains traits de caractères m'ont paru peu crédibles. Le contexte particulier lapon y est certainement pour quelque chose et pourtant les motifs des crimes peuvent être aussi sordides que partout ailleurs: crapuleux et pédophiles.

« La voix » de Arnaldur Indridason (Editions Metailié et Poche Seuil) est le troisième roman que je lis de cet auteur islandais après « La cité des jarres » et « La femme en vert »(voir mon billet du 22 octobre 2007). Là, l'intrigue se passe dans un hôtel de luxe. Un portier, Gudlaugur (Gulli), qui fait le Père Noël au moment des fêtes, a été poignardé. Gulli vivait dans l'hôtel, on ne lui connaissait pas d'ennemi. Nous retrouvons le commissaire Erlandur qui  s'installe dans une des chambres de l'établissement pour mener l'enquête. La voix du titre se rapporte à Gulli qui était enfant quand on a découvert qu'il avait une magnifique voix de chanteur. Il avait même enregistré deux ou trois disques (qui font le bonheur des collectionneurs). Puis, à l'adolescence, juste avant un concert qui devait lui assurer une certaine gloire, sa voix a mué. Gulli ne chante plus et sa famille (père et soeur) découvre qu'il est homosexuel. Peu avant son assassinat, Gulli avait appris qu'il était licencié après de nombreuses années de bons et loyaux service comme portier. Après avoir exploré plusieurs pistes, Erlandur s'aperçoit que Gulli n'est pas victime d'un crime passionnel. Je ne vous en dirai pas plus. L'histoire plus intimiste que les deux romans précédents m'a peut-être moins enthousiasmée mais c'est quand même très bien. [avril 2008]

 

« Mygale » de Thierry Jonquet

Comme son nom l'indique, le roman est venimeux mais surtout noir, très noir et dévoilant les penchants pervers du genre humain. J'ai découvert Thierry Jonquet avec « Moloch », « Les orpailleurs », « Mon vieux » et « Ad vitam aeternam ». Chaque fois, les intrigues sont très différentes et certaines relèvent presque du fantastique (Ad vitam aeternam). « Mygale », en édition Folio policier, est un court roman composé de 3 chapitres : l'araignée, le venin et la proie. Trois histoires narrées en parallèle vont se rejoindre à la fin. Dans la 1ère histoire, Richard Lafargue, chirurgien esthétique, vit avec une belle jeune femme, Eve, qu'il semble retenir prisonnière dans une belle demeure. De temps en temps, pour assouvir ses instincts, il organise des rendez-vous galants entre Eve et des clients. De plus il va voir une jeune femme, Viviane,  internée dans un hôpital psychiatrique. Dans la 2ème histoire, imprimée en italiques, un jeune homme dont on saura le nom plus tard (Vincent Moreau) est enlevé et séquestré par un homme qu'il surnomme "Mygale". Cette histoire se passe antérieurement à la première. Dans la 3ème histoire, Alex Barny, un malfrat en fuite, se cache. Il est blessé. Au fur et à mesure, Thierry Jonquet révèle les liens tissés entre les personnages. Eve et Vincent, Richard et Viviane, Alex et Vincent. Qui est Eve? Est-elle une victime consentante ou non? Quelles sont les motivations de Richard? Qui est Mygale? Ce roman est une bonne introduction pour découvrir Thierry Jonquet (même si j'en ai vraiment préféré d'autres). [mars 2008]

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« Un petit boulot » de Iain Levison, paru en édition de poche Piccolo (Ed.Liana Levi), est l'histoire d'un chômeur, Jake, à qui l'on propose de devenir un tueur. Il a perdu son boulot suite à la fermeture de l'unique usine de la ville américaine où il vit. Il est endetté et sa petite amie l'a quitté. Tout va mal. Et donc, en plus d'un travail de nuit qu'un copain lui trouve dans une station-service, il accepte assez facilement, le "petit boulot" de supprimer des gens avec un fusil. Comme en plus il est doué, il ne rate jamais sa cible, et il y prend goût sans état d'âme. Il supprime même un "gêneur" pour son propre compte. Jake est le narrateur de l'histoire, ce qui donne à ce court roman un ton très détaché pour décrire les crimes commis, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. La fin n'en n'est pas une: Jake n'est pas arrêté et la dernière ligne du roman nous fait supposer que sa carrière de tueur est loin d'être terminée. Le constat est un peu amer. [ février 2008]

« L'échelle de Dionysos » de Luca di Fulvio (Editions Albin Michel). Roman policier italien, L'échelle de Dionysos débute le 31 décembre 1899 et se termine dans les premiers mois de 1900 dans un quartier surnommé "La Mignatta" (la sangsue) mais sans que l'on sache dans quelle ville l'action se situe. La seule chose connue sur cette ville est qu'il fait froid et qu'il pleut en hiver. Milton Germinal, policier héroïnomane, enquête sur des crimes affreux perpétrés sur des femmes de riches nantis. Elles ont été massacrées avec un instrument métallique non déterminé. Des domestiques présents considérés comme des témoins gênants sont supprimés. Leurs corps servent comme objets de décoration sur les scènes de crimes successifs. Des personnes comme un médecin légiste phocomèle, Noverre (né sans bras et avec un visage difforme), ainsi que son assistant Zòla (un géant simple d'esprit), un homme Stigle (surnommé "le chimiste"), une très belle jeune femme (Inès), un directeur de cirque ancien médecin (Sciron), un nain (Tristante), croiseront le chemin de l'inspecteur. Enfin, un "Homme Mécanique" joue un rôle dans l'histoire. En ce tournant de siècle, à la Mignatta, les maisons sont lépreuses et les hommes et femmes qui y vivent travaillent pour un salaire de misère dans une grande usine de sucre implantée dans le quartier. Les conditions de travail sont épouvantables. Les morts ou blessés sont nombreux à cause des accidents du travail. Ils sont malnutris et s'enivrent souvent. La révolte gronde et on évoque même la grève. Et Dionysos, me direz-vous? A part que c'est un Dieu grec, c'est le vrai prénom du meurtrier, qui se prend pour ce dieu, et qui a préparé pendant seize ans sa vengeance. Les cent dernières pages dévoilent des faits qui ont abouti à comprendre pourquoi les crimes ont été commis et surtout le lien entre les victimes. Les 480 pages de L'échelle de Dionysosse lisent vite. Ce roman sort un peu de l'ordinaire. Cela se passe en Italie mais pourrait se passer dans n'importe quelle autre ville d'Europe ou même d'Amérique à cette époque. Les crimes et l'enquête ne sont qu'un prétexte pour brosser la mutation de cette société d'il y a un siècle en pleine révolution industrielle, avec d'un côté les riches et de l'autre les pauvres (ouvriers ou non), et la condition des femmes enceintes sans être mariées. Livre captivant. [février 2008]

 

« Racines amères » de Claude Amoz

Je viens de lire un recueil de 11 nouvelles, « Racines amères » de Claude Amoz (parues aux Editions de poche Rivages/noir) [...] Chaque nouvelle fait entre 5 pages (les plus courtes) et 20 pages et met en scène des gens ordinaires dont on apprend qu'ils ont un passé souvent douloureux. Les deux conflits mondiaux (1914-1918, 1939-1945) ainsi que la guerre d'Algérie ont joué des rôles importants, ou alors, au sein d'une famille, une tragédie domestique est survenue. Ces nouvelles montrent que même dans le présent, le passé est toujours là, ou bien alors, il ressurgit d'un moment à l'autre. Très bien écrit, ce recueil donne envie de découvrir d'autres oeuvres de cet auteur qui est une femme. Son nom de plume, Claude Amoz, est un pseudonyme. [Avril 2007]

« La gigue des cailleras » de Pascal Jahouel

[...] J'ai eu la chance de lire « La gigue des cailleras » (racailles en verlan) parue aux Editions Krakoen. Ce polar savoureux, deuxième ouvrage de Pascal Jahouel (rouennais de naissance), se caractérise par la langue crue, très imagée, populaire et parfois en verlan. Un dénommé La Rouille est victime d'une défenestration d'un quinzième étage dans la Cité des Moineaux, cité dortoir où la majorité de la population bigarrée est victime du chômage avec les dommages collatéraux de l'alcool et de la violence. L'histoire se passe à Rouen et sa banlieue et fait une incursion au Havre. Le narrateur du livre, Bertrand-Hilaire Lejeune, BHL pour les dames, inspecteur de police, enquête sur ce fait malheureux. Tous les personnages rencontrés sont truculents et souvent attachants, tant les flics que les autres.

La lecture de ce livre me fait par la même occasion découvrir un "petit" éditeur inconnu du grand public. Les Editions Krakoen http://www.krakoen.com/ sont situées dans le département de la Seine Maritime, elles vendent elles-même leurs ouvrages par correspondance et sont depuis tout récemment distribuées par Calibre http://www.calibre.fr/ société de distribution créée en janvier 2007. [Juillet 2007]

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