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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 07:42
 

Ce roman fait partie de ceux qui ont posé les bases de la Littérature policière, des histoires à suspense. L’ambiance mystérieuse, les diverses hypothèses possibles, et l’habileté de la narration, tout est passionnant. La célèbre aventure de Sherlock HolmesLe chien des Baskervillede Conan Doyle se lit à tout âge avec le même plaisir.

BASKERVILLE-Librio.jpgPour le Dr Mortimer, qui exerce à Grimpen, le décès de Sir Baskerville n’est probablement pas dû à un simple arrêt cardiaque. Pourtant, c’est la cause officielle de sa mort, admise par les autorités. Mais il y a ce troublant document et, surtout, cette malédiction qui frappe les Baskerville. Mais il y a le chien légendaire qui s’attaque depuis des siècles à cette famille, dont l’ancêtre eut un comportement odieux. Lorsque le Dr Mortimer soumet cette affaire à Sherlock Holmes, le détective peut-il croire à une explication surnaturelle ? Il se veut logique, cartésien. Il s’intéresse à ce cas, mais sans passion excessive. Puisqu’il est retenu à Londres par des choses plus essentielles, il se contente d’envoyer le brave Dr Watson en guise de garde du corps. Watson doit lui faire des rapports réguliers sur la situation.

Qui habite les environs de Baskerville Hall, et que l’on peut considérer comme un peu suspects ? Barrymore et son épouse, les employés principaux du manoir, montrent effectivement un curieux comportement. Stapleton et sa ravissante sœur affichent parfois des attitudes étonnantes, eux aussi. Frankland, le vieux fou qui fait des procès à tout le monde pour des broutilles, n’est pas à exclure. Selden, un tueur qui vient de s’évader et se cache dans la lande, est assurément un homme fort dangereux. Quant à cette Laura Lyons qui habite Coombe Tracy, elle n’est peut-être pas autant victime qu’elle le prétend. Le décor n’est guère sécurisant dans cette région. D’abord, il y a ces marais, au cœur desquels il est préférable de ne pas se perdre, car on s’y enfonce vite. Et puis, il y a ce terrible hurlent qu’on entend de temps à autre, qui fait froid dans le dos. En outre, Watson a aperçu une étrange silhouette sur un rocher.

Et si l’explication légendaire était finalement la bonne ? Peut-être que ce chien maléfique existe réellement ? Il est temps que Sherlock Holmes quitte Londres pour venir épauler le Dr Watson. Ce dernier s’inquiète sérieusement pour la santé de Sir Henry, l’héritier des Baskerville.

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 07:19
 

La mythologie de Léo Malet retient principalement les quinze tomes de sesNouveaux mystères de Paris. Pourtant, il y a bien d’autres titres de cet auteur à retenir. En voici trois bons exemples.

BURMA-EmpreinteParu en 1945 sous le pseudonyme de Lionel Doucet, “La cinquième empreinte” met en scène un personnage qui préfigure Nestor Burma. Prosper Duclapas est détective à Paris. Depuis près d’un mois, il n’a guère vu de clients. Néanmoins, sa secrétaire Simone reste à ses côtés en attendant des jours meilleurs. Coco Veste-de-Cuir est une vieille connaissance de Prosper. Ce petit truand, toujours plus au moins fauché, vient demander un service au détective. Coco risque des ennuis, car Barnabé Philipe (un ami de rencontre) a été assassiné. Du moins est-ce l’impression qu’a eu Coco en découvrant le corps de Barnabé. Le commissaire Bonhommet, lui, pense plutôt à un suicide qu’à un meurtre. Certes, le poison utilisé est inconnu, mais la position relaxée de la victime parait indiquer un acte volontaire. Prosper doute de cette version policière. Il enquête, plus pour en avoir le cœur net que dans l’intérêt de quiconque. C’est en s’intéressant aux champs de courses que le détective va approcher la vérité sur ce crime…

La première aventure de Nestor Burma, c’est “120, rue de la gare”. Parue aussi en 1945, la deuxième a pour titre “­Nestor Burma contre CQFD”. Autour du détective, on retrouve sa dévouée secrétaire Hélène Chatelain, son assistant Reboul, le journaliste-éponge Marc Covet,BURMA-CQFD et l’inspecteur Florimond Faroux (qui n’est pas encore commissaire). L’action se situe vers 1942. C’est bien à cause de la guerre que Nestor Burma fait la connaissance de la jolie Lydia. Lors d’un bombardement sur Paris, il prend en filature la jeune femme. Elle parvient à le semer dans le métro. Un homme a été assassiné durant ladite alerte. Un nommé Barton, qui usait d’un nom d’emprunt. La police de cette époque troublée pourrait fortement suspecter Burma. Mais l’inspecteur Faroux sait que son ami détective n’est pas un criminel. En réalité, Barton était connu de la police. Avant la guerre, il avait participé à un vol audacieux. Bien que le principal responsable ait été arrêté, l’affaire s’avérait compliquée, gardant des zones d’ombre. On ne sut ni où furent cachées les barres d’or volées, ni qui était la femme que le cerveau de l’affaire rencontra en dernier. Faroux ayant mis la main sur celui qui semble être l’assassin de Barton, pourquoi chercher plus loin ? Par hasard, Nestor retrouve la belle Lydia, en fâcheuse posture. En la protégeant, Nestor n’aide-t-il pas une criminelle ? Pourtant, même Hélène éprouve de la sympathie pour Lydia. La femme mystérieuse, Nestor va bientôt l’identifier, elle aussi. Les renseignements de Marc Covet lui sont précieux. Si le détective commet quelques erreurs dans son enquête, ça ne l’empêche pas de découvrir finalement la clé du mystère...

BURMA-PoupéeL’ultime aventure du détective est intitulée “Nestor Burma court la poupée” (1971). En réalité, il s’agit du roman de Léo Malet “Coliques de plomb”, paru en 1948, que l’auteur a réécrit pour cette nouvelle version. Toujours sans le sou, Nestor accepte une enquête qu’il a bien peu de chances de mener à son terme, car les faits remontent à plusieurs années. Toutefois, les vieux époux Bonamy espèrent qu’il les aidera dans cette sordide histoire. Ils ont perdu leur petite-fille à cause du Dr Mauffat, qui n’exerce plus aujourd’hui. Trouver des preuves de sa responsabilité semble mission impossible, selon la police. Pénétrant de nuit chez l’ancien médecin, Nestor assiste à un double meurtre. Mauffat et son garde du corps sont tués pas un inconnu. Le détective s’étant renseigné sur l’ex-docteur peu avant auprès du commissaire Faroux, on pourrait bien lui imputer ces crimes. Si Faroux a confiance en son ami Burma, l’inspecteur Colombaud n’a pas l’intention de faire de cadeau au détective. Il y a un autre cadavre dans cette affaire, celui du truand Rimbert. Son nom figurait en bonne place dans le carnet d’adresses de Mauffat. Grâce au journaliste Marc Covet, toujours bien informé, Nestor essaie de garder un peu d’avance sur la police. Il sait que Mauffat s’intéressait à une poupée. Parle-t-on d’un objet, ou bien s’agirait-il d’une vraie jeune femme, par exemple de cette danseuse qui se produit Chez Stani, un cabaret espagnol ? Nestor doit également définir le rôle joué par Pascal Dubois, un journaliste proche du médecin. Égal à lui-même, le détective ne craint pas les obstacles sur le sinueux chemin de la vérité...
Et aussi "Pas de bavards à La Muette" (Nestor Burma) cliquez ici

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 07:16

Baroudeur” (Éditions ActuSF, 2009) présente une sélection des cinq nouvelles choisies de Jack Vance. Cette réédition montre l’étendue du talent de l'auteur. Le premier texte joue autant sur le réalisme que sur le féerique. Vance évoque ensuite la question de l’intégration d’un peuple. Sur le thème de la colonisation, le suivant offre un dénouement fort subtil. La solitude est au cœur du quatrième texte. Le dernier pose la question de l’importance réelle des dieux. Narrateur hors pair conservant une tonalité légère et parfois enjouée, Jack Vance entraîne ses lecteurs. Il ne s’adresse pas aux seuls amateurs de Science-Fiction, mais à tous ceux qui aime les bonnes intrigues à suspense. Cette occasion de redécouvrir ses textes est un vrai plaisir.

La princesse enchantée (1954). Experts en effets spéciaux pour le cinéma, James Aiken est en visite à la clinique pour enfants du Dr Krebius. Il y croise un ancien producteur, Victor Martinon. Ce dernier crée aujourd’hui des films à épisodes, diffusés ici pour les enfants dans un cadre thérapeutique. Aiken rencontre aussi la jeune Carol, devenue aveugle après un choc psychologique. S’interrogeant sur les Studios Merlin, de Martinon, Aiken assiste à une projection d’un de ses films. C’est un conte féerique ayant pour héroïne une princesse Vasillissa, qui ressemble trait pour trait à Carol. Aiken s’avoue amoureux de la jeune fille. Le Dr Krebius lui explique les circonstances de la cécité de sa protégée. Quand Aiken converse avec Carol, celle-ci prétend n’avoir jamais fait de cinéma. L’expérience de sa mère, actrice ayant sombré dans l’alcoolisme, l’en découragerait. Bientôt, tout deux comprennent comment Martinon a fabriqué ce film. Le Dr Krebius tente une nouvelle expérience sur Carol. Utilisant à la fois son appareil spécial (l’Opticon) et du sérum de vérité, il espère découvrir la cause du choc psychologique de la jeune fille…

Personnes déplacées (1953). Dans un village d’Autriche, sortent de terre des êtres étranges. On pense bientôt qu’il s’agit d’une tribu troglodyte, que les autorités militaires s’efforcent de parquer dans un camp. On étudie ce peuple, différent mais de type humain. C’est maintenant par milliers et par millions qu’ils sortent. Il faut créer de nouveaux camps, trouver les moyens de les prendre en charge. L’affaire concerne rapidement le monde entier, l’ONU se doit d’apporter des solutions. Difficile d’aider ces Trogs, d’autant que les rejets nationalistes sont virulents. Faut-il laisser les Russes en faire des esclaves dans leurs mines ? Une partie de ces gens sont envoyés au Congo belge. Là-bas aussi, les réactions sont violentes. Quelle terre offrir à ce peuple trop nombreux ? Pourtant, ils finiront par ne plus poser de problème…

Le papillon de lune (1961). Edwer Thissel est depuis trois mois attaché consulaire sur la planète Sirène, où ne vivent qu’une poignée de Terriens. C’est une société complexe que celles des Siréniens. Tous portent des masques ayant un sens précis; tous s’expriment avec courtoisie dans un langage chanté. Bien que sommairement initié, Thissel reste assez étranger à cet exotisme. On lui confie la mission d’arrêter Haxo Angmark, un criminel qui vient de débarquer ici. Ce dernier a l’avantage de déjà connaître les lieux et les coutumes. Rolver, le contact local de Thissel, ne l’aide guère, pas plus que les autres Terriens. Pas facile de reconnaître le criminel quand tout le monde porte un masque. Le cadavre méconnaissable qu’on vient de découvrir n’est sans doute pas celui d’Angmark. Thissel essaie de ruser pour retrouver son suspect. Enquête où il risque sa vie, car la population déteste l’arrogant attaché consulaire…

Le Bruit (1952). Howard Evans a fait naufrage sur une planète qui lui est inconnue. Installé aux abords d’un lac, il lance des S.O.S. tant que sa batterie fonctionne. Sa survie ne pose pas de problème immédiat. Ici, les couleurs de chaque journée varient: le jour rouge succède au jour bleu, avant le jour vert. Evans croit entendre des sons et voir des mirages, telle cette ville de l’autre côté du lac, ou ces silhouettes dansantes. Il s’habitue à ces indigènes fantomatiques, ne menaçant nullement sa solitude. Si un équipage spatial vient le rechercher, quelle sera finalement sa réaction ?

Le temple de Han (1951). À Pézinge, sur la planète du dieu Han, Kelly vole un joyau dans le temple des prêtres de Han. C’est plutôt par jeu que pour le profit, puisqu’il enterre le joyau près de sa cabane. Quand il rentre à Pézinge, les prêtres ont commencé leurs représailles contre les enfants des Terriens colonisant leur planète. Kelly se dénonce, récupère le joyau, et retourne au temple afin de rendre le joyau. Son acte ayant eu des conséquences, il risque un châtiment. Il se trouve bientôt dans un décor incertain, face à des sortes de conseillers spirituels. Il doit accepter un duel en trois épreuves, l’opposant au dieu Han. L’intelligence humaine contre l’esprit d’un dieu, la victoire n’est pas acquise d’avance. Peut-être les joyaux qu’il porte l’aideront-ils ? 
Cliquez sur le site des Editions ActuSF

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 07:18


À l’occasion de la parution chez 10-18 de la troisième enquête du commissaire vénitien Alvise Tron, “
Gondoles de verre” (inédit), revenons sur les premiers titres de cette série écrite par Nicolas Remin.


L’Impératrice lève le masque” (2008)

Hiver 1862. L’indépendance et la souveraineté de Venise ne sont plus qu'un lointain souvenir. La ville est sous domination autrichienne, petite parcelle de l’Empire sur lequel règne l’empereur François-Joseph et une femme entrée dans la légende, Sissi. Lorsqu’un de ses conseillers est retrouvé mort en compagnie d’une prostituée, à bord d’un bateau reliant Trieste à Venise, une tempête s’annonce sur la lagune... Le commissaire Alvise Tron est l’héritier désargenté d’une des plus anciennes familles de l’aristocratie vénitienne. Il se voit retirer l’enquête qu’il vient de commencer, par les autorités militaires. On lui intime l'ordre d’oublier jusqu’à l’existence de ce double meurtre. C’est mal connaître cet incorrigible rêveur qui a sa propre conception du devoir. D’autant que l’Impératrice en personne lui demande de retrouver le coupable…

Les fiancés de Venise” (2008)

1863. En plein centre de Venise, une jeune femme est retrouvée sauvagement assassinée dans son appartement. Responsable du secteur de Saint-Marc, le commissaire Alvise Tron est chargé de l’enquête. Ce qui le conduit jusqu’au cœur du pouvoir autrichien. La victime, Anna Slataper, n’est autre que la maîtresse de l’archiduc Maximilien, jeune frère de l’empereur François-Joseph. Crime passionnel ou politique ? Dans le brouillard de la lagune et les méandres des rios vénitiens, Alvise Tron se perd dans les vraies fausses pistes. Le meurtrier est-il un des résidents du majestueux hôtel Danieli, un des passants anonymes de la riva degli Schiavoni, un des invités des fastueux bals masqués de l’aristocratie vénitienne, ou un proche de l’archiduc ? L’assassin semble lui échapper. Pourtant une jeune fille a vu son visage…

Gondoles de verre” (2009)

En 1864, dans le palais vénitien de la famille Tron, les murs autrefois ornés de tableaux du Tintoret continuent de s’effriter et les repas demeurent frugaux. Occupé par le prochain numéro de sa revue L’Emporio della Poesia, Alvise Tron prépare aussi ses noces avec la riche princesse de Montalcino. Les réjouissances tournent court lorsqu’il apprend la mort mystérieuse du marchand d’art Geza Kostolany. Son seul indice : la disparition de la Sainte Madeleine du Titien. Marie-Sophie de Bourbon, sœur de l’impératrice Sissi, l’avait confiée à Kostonaly pour une expertise. Les suspects sont nombreux : le consul général de Russie, le restaurateur de tableaux Terenzio ou encore le colonel Orlov. Tous seraient-ils liés à ce meurtre ?

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 07:22
 

DepuisMort aveugle” (2002), on connaît les thrillers de Karin Slaughter, qui ont assuré son succès international. C’est une autre facette qu’elle présente avec “Pas de pitié pour Martin” (Grasset, 2009), une comédie à suspense. L’histoire du pathétique Martin, victime toute désignée, est véritablement savoureuse.

Martin Reed est un raté. Pas un simple perdant, un loser, mais un vrai minable. Enfant déjà, les élèves de son école le ridiculisaient. Or, beaucoup d’entre eux sont devenus, comme lui, employés chez Super Sanitaires. Âgé de 36 ans, il en a passé seize à la comptabilité de cette entreprise d’une bourgade de Géorgie. Son bureau est le passage obligé pour aller aux toilettes. Souffre-douleur de tout le personnel, cible de divers quolibets et mauvaises blagues, Martin craint en particulier sa collègue Unique Jones. Depuis trois ans, cette autoritaire et corpulente Noire n’est pas avare de pénibles réparties cinglantes. Ce n’est pas sa mère Evelyn qui l’a tellement aidé, même s’il habite encore chez elle. Evie préfèrerait un fils homo ou alcoolique, que cette sexagénaire aurait des raisons de défendre. Bien qu’intelligent, Martin supporte les humiliations sans réagir.

La modeste Toyota de Martin avait déjà été vandalisée. On avait gravé “Trouduc” sur sa carrosserie. Cette fois, c’est son pare-choc qu’il retrouve très abîmé et ensanglanté. Il se blesse en l’enlevant, détruit sa mallette en voulant nettoyer les traces de sang. Quand deux flics se présentent chez Super Sanitaires, Martin est subjugué par l’inspectrice An Albada. Le charme troublant de la policière le fascine. Ce n’est pas pour le problème “Trouduc” qui les amène, ils sont de la Criminelle. Sandy, une des employées de l’entreprise, a été victime d’un meurtre. On s’est servi de la voiture de Martin pour l’écraser à plusieurs reprises. Non seulement le comptable ne peut fournir d’alibi, mais il avait des motifs de vengeance contre Sandy. Martin est immédiatement inculpé. Bien sûr, il nie cet horrible crime, se demandant qui a cherché à le piéger.

Née dans une famille d’immigrés Hollandais, l’inspectrice Anther An Albada fut mariée à un homme violent, heureusement décédé tôt. Ses collègues masculins manquant de finesse, An s’inventa une vie parallèle qui lui valut la sympathie des autres flics. Pour le meurtre de cette Sandy, qu’elle ne trouve guère digne de pitié, Martin est sans doute le meilleur suspect. Mais, par certains aspects, An le trouve touchant. Martin ne peut quand même pas avouer à cette policière dont il est amoureux, où il se trouvait au moment du crime. Malgré un avocat commis d’office peu compétent, Martin est placé en liberté conditionnelle. Non sans méchanceté, sa mère lui apprend qu’on en a profité pour le virer de chez Super Sanitaires. Ce soir-là, il va récupérer ses affaires. Unique Jones est encore présente au bureau. Le lendemain, on la retrouve assassinée dans les toilettes. Cette fois, rien ne peut disculper Martin…

Humour noir, situations inexorablement accablantes, tonalité ironique, Martin s’enfonce pour notre plus grand plaisir. Le cas de la policière n’est pas moins insolite, avouons-le. Elle cultive les relations virtuelles d’une bien curieuse manière. Si le récit fait largement sourire, l’intrigue criminelle proprement dite n’est pas oubliée. Car, si Martin n’est pas l’assassin, qui veut à ce point le faire accuser ? Et pour quel profit ? Ce pauvre héros étant un grand lecteur de polars, l’auteur en profite pour faire allusion à d’autres célèbres romanciers américains (Stuart Woods, James Patterson, Janet Evanovich, Patricia Cornwell, etc.) Nettement moins sombre que ses titres habituels, ce roman drôle de Karin Slaughter est un régal.

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 07:27

 

Après les romans de Lalie Walker et de Caroline Sers, parus dans la collection 7.5 (Éditions Parigramme), voiciL’Infante du Rock de Romain Slocombe.

Il est loin le temps où Alain Gluckheim était le parolier de Mona Toy, groupe rock underground qui connut un certain succès. Après avoir vécu à Tôkyô, il habite aujourd’hui à Paris, rue Cassini. Devenu romancier, il est constamment relancé par son ami Coppa dont le projet de film lui apparaît illusoire. Shôko, compagne japonaise d’Alain, est hospitalisée, victime d’une sorte de paranoïa appelée “le syndrome de Paris”. Les ventes baissant, son éditeur Husson estime que le nouveau manuscrit d’Alain est à revoir. Il croit bien plus en l’avenir de la jeune Christelle Coudreau, qui se prête volontiers à des jeux pervers qui alimenteront ses livres. Leurs orgies décadentes excitent peu Gulckheim.

Alain reste marqué par l’époque où on le surnommait Glucose, dans les années 1980. Et par le souvenir de Mona Granados, la chanteuse de Mona Toy. Son corps mutilé fut retrouvé dans la Seine début 1992, après qu’elle ait succombé à une overdose. En 1986, sa rencontre avec le Japonais Takao changea la vie d’Alain. Les Mona Toys glissaient alors vers leur déclin final. Journaliste, Takao était surtout le relais parisien du chef yakusa Matsutani. Après quelques “missions” douteuses financées par ces gens-là, Alain s’installa à Tôkyô. Il revit brièvement Mona Granados en août 1991, avec laquelle il partagea un trip sous acide. C’est aussi d’une overdose que mourut en 1998 Janlou, un des membres du groupe rock. Alain n’a plus de contact avec les autres.

Un soir, par hasard, Alain rencontre un ancien admirateur des Mona Toy. Dealer surnommé Tito la Came, ce Raymond prétend avoir aperçu récemment Mona Granados, bien vivante, vers Pigalle. Ensemble, ils essaient de la retrouver. Mais Raymond disparaît lorsque se produit un accident de scooter. Alain vient d’être contacté par Takao, qu’il avait perdu de vue. Le Japonais aurait un service à lui demander, mais il est difficile à joindre. Peu après avoir assisté à une expo de Lars, un des anciens de Mona Toy, Alain découvre le cadavre égorgé de Takao dans un parking. Il prend la fuite. Dès le lendemain, il se ménage un alibi, grâce à la jeune Clémence qu’il a rencontrée la veille. Juste à temps pour pouvoir répondre aux questions du policier Laval, qui enquête sur le meurtre de Takao.

Alain retrouve Bertrand, des ex-Mona Toy, reconverti en “D.R.H. nettoyeur”. Ce dernier lui confirme une mise en scène concernant la mort de Mona. À l’issue de la cérémonie d’obsèques de Takao, Alain est agressé par deux yakusa. Puisque Takao ne faisait plus partie de leur organisation, qu’on ne cherche pas à leur nuire ! Dernier membre des Mona Toy, Arnaud s’affiche comme gourou d’une secte. Grâce à lui, Alain apprend qu’un vrai danger le menace…

"Crazy poet" issu d’une des multiples tendances du rock underground, Alain est un héros-loser qui poursuit plus de vingt ans après une errance artistique et personnelle, restant quelque peu naïf. Après le relatif et bref succès d’un groupe d’allumés, il a zappé toute une période en s’exilant au Japon, avant de revenir en France, espérant trouver un fragile équilibre. Ce personnage évoluant en décalage avec la réalité, pensant revoir vivante celle qu’il idolâtrait, n’a rien de pitoyable. Quand unrêveurest entraîné dans des aventures qui le dépassent forcément, on s’y attache et on le suit dans ses pérégrinations égarées. Sans doute y a-t-il une certaine part (extrapolée) devécudans ce récit. Même s’il s’autorise quelques digressions, précisons que Slocombe ne se contente pas d’un scénario prétexte autour d’Alain. C’est une solide intrigue, énigmatique et sombre, qu’il nous a concocté. Un suspense fort convaincant.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 07:18

Colin Cotterill fut un des premiers auteurs évoqués par Action-Suspense. Depuis, ses deux romans ont été réédités en format poche. C'est l'occasion de revenir plus en détail sur ces deux histoires véritablement originales, d'un auteur récompensé par le Prix du Polar SNCF pour “Le déjeuner du coroner”. Gardant sa sérénité malgré les évènements secouant son pays, Siri Paiboun est un héros véritablement attachant. Il traverse des aventures à la fois souriantes, humaines, et surprenantes... voire ensorcelantes.

Le déjeuner du coroner (2006)

Laos, 1976. Septuagénaire, le docteur Siri Paiboun est un homme sage, calme et intègre. Il est sceptique quant à la récente révolution démocratique, à laquelle il a contribué. Si l’idéal est juste, le pouvoir est corrupteur. Mais ce médecin, formé autrefois en France, aime son pays. « Quitte à être mal gouverné, autant l’être par d’autres Laotiens » pense Siri. Contre son gré, on lui a attribué le poste de coroner de la République, à Vientiane. Il est assisté par la robuste infirmière Dtui, et par M.Geung, trisomique léger. Il exerce sous l’autorité d’un jeune juge mal qualifié, auquel il finit par imposer le respect. Bien qu’il manque de moyens et de compétence, Siri se satisfait de cette fonction assez tranquille.

Le décès de l’épouse d’un officiel du Parti entraîne une autopsie. Selon Kham, le mari, elle est morte d’un abus de lahp, plat à base de viande crue. Mais les analyses révèlent la présence de cyanure. Peu après, le rapport du médecin disparaît. Siri s’interroge aussi sur la mort de trois vietnamiens, qui semblent avoir été torturés. Avec un confrère venu de Hanoi, ils tentent de comprendre. La mission du trio était secrète, mais dans l’intérêt des Laotiens. Quelqu’un veut envenimer les relations avec le Vietnam. Une autre affaire oblige Siri à se déplacer dans le sud du pays. Les chefs d’un projet militaire y sont victimes d’une malédiction trouvant son origine dans un village Hmong.

Siri est trop cartésien pour se croire la réincarnation de Yeh Ming, un prestigieux chaman admiré par les Hmongs. Mais s’il est son médium, ça peut expliquer les étranges rêves du médecin. Hanté par les morts, Siri parvient à interpréter certaines visions. Pour l’heure, il doit surtout se protéger, car on essaie plusieurs fois de l’assassiner. La supposée jeune amante de Kham se suicide, avouant le meurtre de l’épouse. Siri n’y croit pas. L’aide de son ami politicien Civilai et de l’honnête policier Phosy fait progresser son enquête.

La dent du Bouddha (2007)

Vientiane, mars 1977. Le vieux docteur Siri Paiboun est toujours le médecin légiste national du Laos démocratique. Depuis qu’il se sait investi de l’esprit du légendaire chaman Yeh Ming, Siri prête attention à tout signe ou vision. La mort de deux cyclistes près d’un ministère apparaît énigmatique. Une des victimes a fait une chute de plusieurs étages. C’était un archiviste du ministère, qui voulut ouvrir un coffre ayant appartenu à la famille royale. Il semble dangereux d’essayer de forcer l’objet. Dans le même temps, plusieurs femmes sont mortellement agressées. Une ourse échappée de sa cage se vengerait des humains, selon une version probable. Le Dr Siri ne peut s’attarder sur ces affaires, car il est envoyé en mission dans l’ancienne capitale royale. Deux pilotes d’hélico ont été abattus, sans doute des fidèles de l’ancien régime. Dans le magnifique verger de l’ex-roi, Siri rencontre un jardinier nostalgique. Il reconnaît le monarque déchu, qui a perdu le kwun, l’esprit sacré de sa dynastie.

Le politburo local réunit les chamans de la région. On exige que les esprits se plient aux règles du nouveau régime. Après cette divertissante soirée, Siri retourne à Vientiane. Où il est arrêté, un voisin jaloux l’accusant de vandalisme contre-révolutionnaire. Son assistante, l’infirmière Dtui, a commencé à enquêter sur les crimes de l’ourse. Un dompteur russe affirme qu’il s’agirait plutôt d’un félin. Un tigre en liberté à Vientiane, c’est impensable. A moins qu’il ne s’agisse d’un “tigre-garou”. Un ami de Siri parvient à ouvrir le coffre royal du ministère. Il contient des marionnettes, sachant se défendre si l’on n’observe pas un certain rituel. Dtui a suivi la piste d’un délinquant libéré, qui se transforme en “tigre-garou”. Siri recherche son infirmière dans des tunnels oubliés...

Originalité des décors et des personnages, on l'aura compris. Soulignons également la belle traduction de Valérie Malfoy. Sir Paiboun est incontestablement un héros à découvrir !

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 07:25

 

Renaud Marhic a relancé voici environ un an la collection Polars&Grimoires, publiée désormais chez EdB. Elle compte aujourd’hui quatre titres, plus un cinquième à paraître prochainement. Renaud Marhic répond à quelques questions d’Action-Suspense.

D’abord, rappelle-nous la thématique de la collection Polars&Grimoires…

R.Marhic : Des enquêtes de type policier, des intrigues contemporaines prenant pour base le légendaire du monde. J’aime à dire qu’il s’agit de mettre en scène l’humanité confrontée aux « locataires de son imaginaire » : de la Dame Blanche à l’Ankou… des Korrigans à la Bête du Gévaudan… Avec un double objectif : d’une part le plaisir de lecture à travers des intrigues servies par des auteurs confirmés, d’autre part la découverte didactique de la légende servant de base à ces intrigues. (Précisons que marque et concept sont déposés…)

Frédérick Houdaer a évoqué l’Ankou, personnage emblématique des légendes bretonnes, mais l’affaire mène son héros bien loin de cette région…

R.M.: Oui, aux États-Unis précisément, "Ankou, lève-toi" revisitant la rumeur de Roswell. À travers ce clin d’œil, Frédérick Houdaer nous montre que nos croyances les plus modernes (celles relatives aux « Petits Gris » et autres extraterrestres) ne sont jamais que les croyances de jadis remises au goût du jour. Une version technologique de ce que l’on nomme parfois le « légendaire archaïque ».

Plus universelle, la Dame Blanche évoquée dans le roman de Michel Brosseau. Elle est de presque toutes les mythologies ?

R.M.: La Dame Blanche semble un personnage majeur de divers folklores européens. Pour ce qui est de sa manifestation la plus moderne –« l’autostoppeuse fantôme »–, là encore, on ne sera pas étonné qu’avant d’arrêter les véhicules automobiles, elle ait arrêté les charrettes à cheval, comme en atteste le légendaire breton. Dans "La Dame Blanche était en noir", Michel Brosseau montre d’ailleurs comment l’autostoppeuse fantôme, qui met en garde les automobilistes contre les dangers de la route, rappelle en tout point la banshee des Irlandais : un esprit familier ayant pour fonction d’annoncer les naissances et les décès, apparaissant vêtue de gants blancs pour l’annonce des nouveau-nés, de gants noirs pour les deuils…

Contexte historique autant que légendaire dans le cas du roman de Bernard Léonetti, puisque la Bête du Gévaudan semble être de retour ?

R.M.: La Bête du Gévaudan, quel qu’ait pu être cet animal, appartient en effet à l’Histoire. Mais cet épisode historique a engendré quantité de légendes. "Gévaudan !", quatrième opus de Polars&Grimoires, permet de s’en apercevoir puisque le roman propose un tour d’horizon très complet de tout ce qui a pu se dire ou s’écrire sur cette fameuse bête : du fauve ramené d’Afrique à la survivance d’un animal préhistorique en passant par l’immixtion d’une créature extraterrestre…

Tu considères qu’il existe une certaine unité entre ces titres ?

R.M.: C’est même la marque de fabrique de Polars&Grimoires ! Les légendes dont nous utilisons les thématiques sont rarement « innocentes ». On sait que la rumeur est souvent propice à la stigmatisation de tel ou tel bouc-émissaire. Pareillement, le légendaire a souvent une fonction sociale bien précise. Que l’on soulève le tapis du merveilleux et ce sont les noirceurs de la nature humaine qui apparaissent… La question posée ici est bien sûr celle de l’instrumentalisation des croyances à des fins peu avouables…

Ton premier titre tournait autour des légendes relatives à Brocéliande. Dans ton nouveau roman, ce sont d’étranges korrigans qui reviennent hanter la Bretagne…

R.M.: Les Korrigans sont les lutins des légendes bretonnes. "Korrigans Connection" met en scène une vague de témoignages partie de Bretagne et qui gagne peu à peu le reste du pays… Partout, des hommes et des femmes déclarent avoir été confrontés à des créatures de petite taille au comportement déroutant… (La modification des alignements de Carnac n’étant pas le moindre de leurs exploits.) Mais pour les observateurs de la DCRI (le contre-espionnage), il apparaît vite que ladite vague a pour origine la commune natale de Jacquelin de Pontreau, ministre de l’Intérieur en titre. Et que les témoignages semblent constituer un rébus à l’attention de celui-là…

Merci à Renaud Marhic, dont “Korrigans Connection” (EdB/Polars&Grimoires) sera bientôt en librairie, mais dès maintenant disponible sur
www.polarsetgrimoires.fr

Pour plus d'infos, cliquez ci-dessous :
Un précédent article sur Polars&Grimoires
Une chronique sur "Gévaudan !" de B.Léonetti

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