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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 07:07

 

Nouveauté BD, De briques et de sang de Régis Hautière et David François est publiée chez KSTR.

BD-HAUTIERE-FRANCOIS-1Guise est une petite commune de l’Aisne, où Jean-Baptiste Godin a implanté en 1846 son usine de fabrication de poêles en fonte. Cet ancien ouvrier devenu ingénieur a fait fortune grâce à ses brevets dans les appareils de chauffage. Dix ans après la création de l’usine, il emploie plus de trois cent ouvriers. Godin ne renie pas ses origines : il investit une partie des bénéfices de l’entreprise pour améliorer les conditions de vie de ses employés. S’inspirant des phalanstères de Charles Fourier, il fait construire un ensemble de bâtiments, le familistère, bientôt baptisé le Palais Social.

L’originalité de cette expérience socialisante, c’est que tous les habitants sont collectivement propriétaires des lieux, ainsi que de l’usine. Le confort de chaque appartement est plutôt supérieur à la moyenne de l’époque. Bien chauffés et bien ventilés, ils disposent même d’un vide-ordure, de toilettes et de bains-douches. Outre les logements, le complexe comprend aussi des écoles, une pouponnière, des commerces, un théâtre, des jardins, une piscine. Ce lieu est autogéré par un conseil mixte d’ouvriers et d’ouvrières, bien avant le droit de vote accordé aux femmes. Une utopie sociale concrète, dont le fonctionnement durera sous cette forme une centaine d’années.

C’est dans ce décor que se produisent en 1914 des morts mystérieuses. Tout commence en janvier avec la mort d’Aristide Latouche, un fondeur de l’usine, habitant le familistère. Ce crime et son contexte intéressent le journaliste Victor Leblanc, de L’Humanité. Il rencontre la jeune Ada, fille de l’ouvrier Rudolf Volsheim, que l’on surnomme Bismarck à cause de ses origines alsaciennes. Si Victor découvre un monde inattendu, il recueille peu d’éléments sur le meurtre. Peu de temps après, c’est Évelyne Granger qui est retrouvée noyée dans la piscine. Cette veuve était une proche amie de Rudolf, veuf lui aussi. Ici nul ne l’ignore, comme le souligne M.Leutellier, un des cadres de l’usine. Celui-ci n’a guère de sympathie pour les journalistes, ainsi que le constate Victor.

BD-HAUTIERE-FRANCOIS-2Le meurtrier est arrêté. C’est un vagabond, qui dormait dans les greniers du Familistère. On dit qu’il est déjà connu de la maréchaussée. Pourtant, quand décèdent André et Marie Deneux, ces morts obligent Ada et Victor à s’interroger. Le couple aurait été asphyxié dans son sommeil, alors que les logements sont bien aérés et le chauffage entretenu ? Le professeur Vasseur, médecin discret et ami de Victor, pratique une autopsie fort peu réglementaire. Il conclut qu’il s’agit bien de meurtre. Le journaliste trouve finalement la manière dont l’assassin a procédé. Il est possible que cette affaire trouve son origine en 1911, ainsi que l’indique une liste qu’Ada a recherchée. Un inspecteur de police se laisse convaincre que le vagabond arrêté n’est sans doute pas le criminel. À l’occasion de la Fête du 1er mai, les évènements vont se précipiter. Victor et Ada devront attendre août 1914, au début de la guerre, pour savoir toute la vérité…

 

Régis Hautière a concocté un bon scénario, utilisant au mieux les particularités de cet endroit hors norme. La réussite sociale de cet habitat collectif moderne n’empêche pas les jalousies, le confort entraînant l’individualisme. On n’oublie pas qu’on est à la veille d’une guerre qui va bouleverser l’ordre du monde. Le pacifiste Rudolf, qui s’inscrit dans la ligne de Jean Jaurès, ne compte pas que des amis. Orpheline de mère, élevée ici dans la mixité, Ada est une jeune femme au caractère volontaire. Le journaliste ne l’est pas moins, quitte à risquer quelques chocs. Le graphisme apparaît plutôt réussi. Les traits des personnages sont un peu chargés, mais rappellent sans doute les visages de l’époque. Les scènes sans décor peuvent s’expliquer, puisqu’elles permettent de souligner les dialogues. Tout juste peut-on regretter des cases muettes supplémentaires, pas toujours justifiées, parfois destinées à calibrer les chapitres. Néanmoins, voilà une BD de très belle qualité, à découvrir avec enthousiasme.

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 07:18

 

Dans la collection Grands Détectives, voici un inédit de Paul Doherty : L’homme masqué. Il revisite ici la mystérieuse affaire du Masque de Fer…

Né en 1685, l’Anglais Ralph Croft a débuté comme brigand, avant de s’installer à Londres où il est devenu un faussaire réputé. Puis, recherché par la justice, il est parti vivre à Paris, où il a poursuivi son activité d’expert en faux-papiers. Condamné pour diverses fraudes, Ralph a été emprisonné à la Bastille. Il est âgé de vingt-huit ans, quand on lui offre une occasion d’en sortir. Le Régent Philippe d’Orléans et Mme de Maintenon lui confient une mission secrète. Il s’agira de découvrir la véritable identité du Masque de Fer. Si l’histoire de cet inconnu a suscité de nombreuses rumeurs et légendes, Ralph va devoir retrouver des faits concrets. Il sera encadré par le capitaine d’Estivet et l’archiviste Maurepas, qui ont la confiance du Régent. Qu’il n’espère pas s’enfuir, car d’Estivet le surveille.

DOHERTY-MasquéRalph commence par réunir les éléments historiques déjà connus au sujet de l’énigmatique prisonnier royal, dont même la noblesse proche de Louis XIV ignorait l’identité. Le mythe d’un jumeau du Roi-Soleil apparaît vite improbable. Avec Maurepas et d’Estivet, Ralph assiste à l’exhumation du corps du défunt Masque de Fer, au cimetière Saint-Paul. Aucune chance de trouver des indices. À la Bastille, le lieutenant Launay met le trio en contact avec le Dr Nelaton. Ce témoin affirme que l’inconnu était un Anglais. Ralph est invité chez Maurepas, où il rencontre sa séduisante fille Marie, sourde et muette. Il consulte encore les documents relatifs au prisonnier masqué, qui rappellent que le ministre Louvois fut intransigeant : Il est capital que personne ne sache ce qu’il sait.

L’hypothèse que le Masque de Fer ait été un aristocrate est crédible. Par contre, les cas de l’escroc italien Matteoli ou du Duc de Beaufort, comploteur sans envergure, sont à éliminer. Une piste mène Ralph au Faubourg Saint-Antoine, sinistre quartier de Paris où survivent maints réprouvés. M.de Renneville, qui fut embastillé pour avoir écrit des pamphlets, évoque un possible lien avec l’Ordre des Templiers. Leur ombre menaçante plane toujours sur le royaume, il est vrai. Un détour par chez les bohémiens permet à Ralph de mesurer les dangers qui le guettent dans cette affaire. D’ailleurs, sa confiance en d’Estivet et Maurepas reste relative.

L’hypothèse que le nommé Eustache d’Auger ait été le Masque de Fer semble assez plausible. Ralph et d’Estivet rencontrent chez elle la sœur âgée de cet homme, disparu depuis longtemps. Elle laisse envisager un lien entre sa famille et la célèbre Affaire des Poisons. Resterait à définir le principal motif pour lequel le Roi aurait décidé un tel secret autour d’Eustache d’Auger. C’est un étrange tribunal qui apportera bientôt à Ralph les réponses à ses questions…

L’affaire a fasciné quantité d’historiens et d’écrivains, dont Marcel Pagnol. Il est donc logique que Paul Doherty, grand romancier populaire, auteur de plusieurs sagas historiques, se soit intéressé aussi à l’énigme du Masque de Fer. Ceux qui connaissent déjà les hypothèses majeures de ce dossier retrouveront ici lesdites suppositions. Toutefois, Doherty ne se contente pas d’une simple énumération. Il plonge son héros dans une enquête non dénuée de risques. Bien sûr, fréquenter les bas-fonds de Paris est dangereux. Surtout, le secret du Masque de Fer est une vraie affaire d’état, puisque les plus hautes autorités du royaume ont été concernées. On aurait pu souhaiter que le Régent, personnage fort singulier, soit plus présent dans le récit, mais ceci n’est pas l’essentiel. La théorie développée au final est bien évidemment romanesque, utilisant davantage la rumeur que des certitudes historiques. Ce qui importe, c’est que cet inédit nous propose une bonne intrigue, très agréable à suivre.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 07:11

 

Créé il y a près de cent ans, en 1912, le personnage de Tarzan est très vite devenu un des grands héros populaires du 20e siècle. Fils d’aristocrates anglais décédés, John Clayton a été élevé par des grands singes hominidés possédant une forme de langage. C’est la guenon Kala qui s’occupa de lui dès l’âge de 13 mois, et le protégea durant son enfance. C’est elle qui baptisa du nom de Tarzan, qui signifie Peau blanche, le jeune Lord Greystoke. Enfant chétif, il devint un adolescent athlétique. Si, malgré sa taille d’1,83m, Tarzan restait plus petit que les membres de la tribu, il était plus souple, plus rapide et plus intelligent que les autres. Contre Tublat, le mari de Kala, et surtout contre le violent chef Kerchak, qui le détestaient depuis toujours, Tarzan parvint à imposer sa supériorité. C’est ainsi qu’il devint le Seigneur de la Jungle.

DELUCHEY-TarzanDepuis Rudyard Kipling, avec son jeune héros Mowgli, en passant par tous les voyages extraordinaires de Jules Verne, les personnages et décors exotiques séduisaient le public de l’époque. Le colonialisme florissant explique aussi en partie cet engouement. Certes, les vingt-six tomes des aventures de Tarzan écrites par Edgar Rice Burroughs connurent un grand succès dans le monde occidental (il est traduit en France depuis 1926). Mais ce sont probablement les adaptations visuelles qui ont popularisé ce héros.

Le comédien Elmo Lincoln incarna Tarzan au cinéma dès 1918. Puis ce furent Gene Pollar, Pierce Dempsey Tabler, James Pierce, Frank Merril, Buster Crabbe, Herman Brix, Glenn Morris, Lex Barker, Gordon Scott, Denny Miller, Jock Mahoney, Mike Henri, Miles O’Keefe (avec la sculpturale Bo Derek pour partenaire), qui personnifièrent le Seigneur de la Jungle. Il en est un que l’on n’a pas oublié, celui qui joua dans le plus grand nombre d’adaptations : Johnny Weissmuller (avec Maureen O’Sullivan dans le rôle de Jane). Ce fut le moins bavard des Tarzan, presque muet dans le premier film, ne prononçant que de quarante à deux cent mots dans les suivants. S’il n’était pas vraiment acteur, Johnny Weissmuller parlait pourtant parfaitement anglais. Pour la période plus récente, Christophe Lambert incarna Tarzan dans une des meilleures versions; puis Casper Van Dien et Jane March furent Tarzan et Jane en 1997.

Le cinéma a beaucoup simplifié les intrigues imaginées par Edgar Rice Bourrough, évitant généralement de rappeler l’ascendance aristocratique de Tarzan. L’important était qu’il soit un beau sauvage musclé entraîné dans de multiples péripéties. Plus tard, dès 1966, les séries télé donnèrent sans doute davantage de caractère au personnage. La bande dessinée fut un excellent vecteur populaire, certainement plus proche que le cinéma de l’esprit de ces aventures. À partir de 1929, Harold Forster fut le premier à mettre en scène Tarzan en BD. Puis Burne Hogarth créa de nombreux épisodes, souvent considérés de qualité supérieure. Beaucoup d’illustrateurs adaptèrent ensuite Tarzan en bande dessinée (12000 seraient recensées).

C’est la riche histoire du Seigneur de la Jungle que Guy Deluchey retrace dans son ouvrage "Moi, Tarzan", publié chez Seuil (novembre 2010). Foisonnant d'images et de détails sur l’intégralité de l’œuvre et de ses adaptations, il appartient à la catégorie "Beaux-Livres". Collectionneurs et passionnés de culture populaire pourront redécouvrir ce héros faisant partie du Panthéon privé de beaucoup d’entre nous.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 06:53

 

Le Prix du Roman d’Aventure est un label qui permet au Masque de proposer des romans plutôt hors normes. C’est bien le cas de Deux mille kilomètres avec une balle dans le cœur de David Agrech...

La seule question qui peut troubler Daniel Ferrey, c’est quand on l’interroge sur l’origine de ses revenus. Parier sur les courses hippiques n’est pas illégal. Rares sont ceux qui en tirent l’équivalent d’un salaire. C’est pourtant le cas de Daniel. Financé par son beau-frère Victor, un combinard plus âgé que sa sœur Sandrine et lui, Daniel a organisé son bizness. Manuel lui transmet quelques rumeurs de paddock, mais c’est mathématiquement que Daniel évalue les chances des chevaux, avant que Bruno n’aille miser. Chaque complice en tire un bénéfice selon ses mérites. Officiellement investisseur immobilier, Victor retrouve un peu plus que son apport d’argent. Un système qui convient à Daniel, célibataire dont la seule philosophie consiste à ne pas se compliquer la vie.

PAGRECH-2010ourtant, le soir du 24 août, alors qu’il se trouve près d’un abribus, Daniel est la cible d’un coup de feu. Gravement blessé, deux images entrecroisées l’aident à tenir jusqu’à l’arrivée des secours. Le visage de la jeune femme ayant posé pour une publicité, sur l’affiche de l’abribus. Et celui d’une passante, qui lui parle avec douceur, tel un ange protecteur. Hospitalisé, Daniel s’en sort avec peu de séquelles. Selon le policier Braudel, la méthode du tireur est celle d’un pro. Il reste sceptique sur les activités de Daniel, cherchant à comprendre le pourquoi de l’affaire. Victor préfère éloigner son jeune beau-frère durant quelques jours. Il lui offre des vacances au Maroc. Au retour, Daniel apprend que son tueur a été abattu. Cela ne l’aide guère à trouver une explication, pas plus que le pèlerinage inutile qui l’amène près de l’abribus où ne subsiste nulle trace.

Daniel réussit à établir le contact avec Anja, la mannequin norvégienne figurant sur cette affiche d’abribus qui l’a tant marqué. Elle accepte de l’accompagner au Prix de l’Arc de Triomphe. Après quelques confidences sur sa vie, Anja envisage de changer de vie. Elle s’installe à Paris. Daniel et elle deviennent peu à peu intimes. Leur relation dure deux mois, avant de se terminer en psychodrame. La jeune femme disparaît.

Daniel n’a pas renoncé à retrouver cet ange qui l’aida à attendre les secours. Grâce à une vieille voisine qui fut témoin de l’affaire, il finit par repérer miraculeusement la personne en question. Non, elle n’est pas celle qu’il cherche. Quand Daniel insiste, il s’aperçoit que cette Clara est simplement une prostituée, sans doute venue d’un pays de l’Est. Daniel n’en a pas fini avec la police, qui perquisitionne chez lui avant de l’interroger au Quai des Orfèvres. Éternelles questions sur ses revenus. Libre, Daniel voudrait procurer des faux-papiers à Clara. …Non seulement tu n’es pas le premier à me proposer une autre vie, mais tu n’es pas le mieux armé pour pouvoir m’aider… Ne serait-ce que financièrement répond-elle, peu convaincue…

C’est une bien curieuse histoire que nous raconte David Agrech. Ou plutôt son héros Daniel, narrateur de sa vie quotidienne assez singulière. Ce personnage n’est ni malhonnête, ni vraiment clair. Il ne suit que sa propre logique, sans but affiché, sans exprimer de forts sentiments. Par exemple, ce n’est pas un turfiste passionné, mais un parieur scientifique. De même, il apparaît trop rationnel avec les femmes, et s’enferre dans des situations mal gérées. Il ne s’agit pas d’une histoire balisée, utilisant les codes classiques du polar. Certes, le danger n’est pas absent dans cette intrigue psychologique. Mais, sauf au tout départ et dans la dernière partie du récit, Daniel n’est pas confronté à des scènes périlleuses. Il glisse au fil des évènements vers son destin, neutre, heureux ou fatal ? C’est cette progression qui apporte un charme certain à ce suspense singulier.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 08:32

 

Du lundi 1er au dimanche 7 novembre, jouez et gagnez avec Action-Suspense et les Éditions Jean-Claude Lattès. À gagner, le roman de Éric Meyer et Christine Kerdellant Les fils de Ramsès, suspense grand format (20,90€) qui sort le 3 novembre chez Lattès. CINQ GAGNANTS seront tirés au sort parmi les bonnes réponses. MEYER-KERDELLANTChacun recevra un exemplaire de ce livre.

 

Les trois questions :

 

1- La neuvième enquête de Nicolas Le Floch, le héros de Jean-François Parrot, a pour titre :

Le manuscrit de Cambridge - La prophétie de cristal - L’Honneur de Sartine

 

2- Le dixième et dernier épisode des aventures du commissaire Erik Winter et ses collègues de la police de Göteborg s’intitule Le dernier hiver. Qui est l’auteur de ce roman ?

Åke Edwardson - John Hart - Karine Fossum

 

3- Lequel de ces titres n’est pas un roman signé James Patterson ?

La lame du boucher - Un festin de hyènes - Des nouvelles de Mary

 

 

  Adressez vos réponses et vos coordonnées* ici :

action.suspense@yahoo.fr

Pour vous aider à répondre, consultez le site de l’éditeur :

http://www.editions-jclattes.fr/

 

(*) Si vous avez participé à un précédent jeu, indiquez quand même vos coordonnées. Par confidentialité, ces informations sont supprimées à la fin de chaque jeu.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 07:10

 

Bravo aux 773 participants qui ont tenté leur chance au jeu permettant de gagner le recueil de nouvelles "Contes carnivores" (Editions Points), de Bernard Quiriny. POINTS-QUIRINYLe tirage au sort à désigné les DIX GAGNANTS qui recevront leur lot dans quelques jours :

 

 

Nina Ros, de Grainville (27)

Sylvie Delavelle, de Baziège (31)

Anaïs Doiseau, de Nice (06)

Emmanuelle Chabert, d’ Eybens (38)

Carole Mondy, de Roubaix (59)

Ingrid Pannier, de Paris (75)

Malika Assam, de Lyon (69)

Dorothée Baudoul, de Marcinelle (Belgique)

Joëlle Jégo, de Lorient (56)

Jean-Emmanuel Birkan, de Paris (75)

 

Participez dès cette semaine au nouveau jeu-concours. Cinq gagnants au tirage au sort, pour le roman "Les fils de Ramsès" de Meyer Kerdellant (20,90€), publié chez Jean-Claude Lattès.

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 06:03

 

Publié chez Albin Michel, Léviatemps de Maxime Chattam se situe à Paris en 1900. Un solide suspense et un contexte historique, dans la grande tradition du roman populaire…

Guy de Timée est un jeune écrivain ayant connu tôt un beau succès avec ses romans bourgeois. En découvrant les histoires de Conan Doyle, il décida de suivre cet exemple contre l’avis de ses proches. Pour ce faire, il a rompu avec la pesante ambiance familiale, et s’est installé dans un bordel. Fuir sa vie avait été un moyen de se laisser à nouveau envahir par ses émotions. De les laisser libres, car il l’était lui-même. Habitant le grenier de la maison close tenue par Julie, établissement de bon aloi surveillé par le japonais Gikaibo, Guy rend de menus services.

Parmi les prostituées, qui toutes l’apprécient, Faustine est la plus fière et distante. C’est elle qui découvre le cadavre atrocement mutilé de son amie Milaine, pensionnaire de la maison close visitant souvent des clients à l’extérieur. Le duo de policiers venus enquêter n’accordent visiblement pas grande importance à ce meurtre. CHATTAM-LéviatempsLeur comportement déplait à Guy et Faustine, qui envisagent de mener leur propre enquête. Traduisant l’attitude des policiers, l’écrivain comprend que Milaine n’est pas la première victime ainsi tuée.

Une piste conduit Guy dans la sinistre rue Monjol, une des plus dangereuses de la capitale. Viviane, une prostituée de ce quartier suintant la pauvreté, a sans doute été victime du même criminel. Heureusement pour Guy, Gikaibo intervient alors qu’il est menacé. Le jeune policier Perotti fut l’ami de cœur de Milaine. Contactant Guy et Faustine, il leur révèle qu’un autre meurtre similaire a eu lieu autour de l’Exposition Universelle.

Le trio retourne rue Monjol. Si Viviane vivait dans cet endroit, c’est qu’elle était à la recherche de sa fille Louise, 15 ans. Guy et ses amis sont bientôt piégés par le Roi des Pouilleux, régnant sur la lugubre rue Monjol. Sortis du guêpier, Guy se renseigne auprès du médecin de la morgue ayant autopsié Milaine. Il lui en apprend peu, et n’a pas trouvé de journal intime sur la victime. Élaborant quelques hypothèses, Guy pense que le criminel est un parisien connaissant bien la ville, qui séquestre ses victimes avant de les tuer.

Le policier Perotti et Guy ont accès aux archives de la Préfecture de Police. Neuf cas suspects ont été récemment recensés. Il est surprenant que les dossiers des prostituées y soient déjà classés. Les autorités ne veulent pas ternir la fête de l’Exposition Universelle en y associant ces crimes, c’est évident. Le duo interroge M.Hencks, un ami de Guy. Ce grand chasseur leur explique que le jeu excite autant un tueur que la mort elle-même.

Guy baptise l’assassin Hubris, en référence à la mythologie. Il esquisse un portrait psychologique du monstre. S’il est certain que l’homme veut choquer la société, le manque d’écho à ses actes doit le contrarier. En outre, il n’utilise pas une méthode unique pour tuer, ce qui laisse augurer d’autres meurtres aussi sanglants. Guy tente une piste, au cœur des grouillantes Halles de Paris. C’est plutôt en récupérant le journal de Milaine que Guy, Faustine et Perotti vont trouver un nouvel élément important. En effet, la prostituée fréquentait Le Cénacle des Séraphins, un club ésotérique dirigé par Louis Steirn. Pour le trio, les étapes seront encore nombreuses avant d’éclaircir l’affaire…

 

L’œuvre d’Eugène Sue Les mystères de Paris (1842-1843) constitue un des piliers de la littérature populaire et policière. Bon nombre d’auteurs ont perpétué depuis la tradition du Paris mystérieux. C’est au tour de Maxime Chattam, qui nous à concocté une intrigue riche en énigmes, en périls et en rebondissements. Inutile de souligner la qualité de ses scénarios, appréciés du grand public. Située au début d’un siècle neuf, cette histoire suggère en filigrane la notion de rupture, de nouveau départ choisi par plusieurs protagonistes (dont Faustine). Bien sûr, le décor de la fastueuse Exposition Universelle de 1900 joue son rôle dans le récit. On évoque aussi l’ombre des anarchistes, très présents dans le Paris de cette époque, ainsi que le bas peuple de la capitale, logeant dans des quartiers crasseux et inquiétants.

Son héros étant un romancier à succès, c’était probablement pour Maxime Chattam une manière de pimenter son écriture, en s’identifiant à son alter ego Guy de Timée. Car cette nuit, il l’avait décidé, il allait entrer dans l’intimité d’un meurtrier. Il ressentait cette même excitation que le premier jour d’écriture d’un roman, lorsqu’il s’apprêtait à pénétrer dans la peau de nouveaux personnages, de nouvelles intimités à densifier, de nouveaux compagnons à fréquenter pour de longues heures. Ce voyage dans le temps et dans le crime est véritablement un plaisir de lecture.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 06:05

 

Maintenant disponible chez Le Livre de Poche, Morts en coulisses de Mary Jane Clark est un suspense efficace au scénario rigoureux, dont le récit maîtrisé progresse en nous offrant son lot d’indices…

Venue de la presse écrite, Caroline Enright est depuis six mois chroniqueuse des spectacles pour la télévision Key News. Elle n’a pas encore gagné la confiance du producteur Linus Nazareth. Néanmoins, Caroline est chargée de couvrir le festival théâtral de Warrenstown, dans le Massachusetts. Apprentie comédienne, Meg, la fille de son mari Nick, y est aussi stagiaire cet été. Scénariste plus âgé que Caroline, Nick les rejoindra sur place. L’attraction principale du festival, c’est la comédienne Belinda Winthrop. Célèbre grâce aux trente-deux films qu’elle a tournés, elle possède une propriété de soixante-quinze hectare à Warrenstown. LP-MJCLARKÀ l’occasion du festival, Belinda Winthrop crée la pièce Devil in the details, de Victoria Sterling, mise en scène par Keith Fallows. Veuve depuis deux ans, suite à l’accident de son mari, Victoria espère les honneurs grâce à cette pièce de théâtre. Keith voudrait en diriger la version cinéma, mais il sait déjà que Belinda refuse de tenir le rôle dans un film. Ce qui eût facilité le financement du projet. Quant à Langley Tate, la double de Belinda, elle rêve d’avoir sa chance.

La mort de deux jeunes stagiaires du festival, Amy et Tommy, a été classée comme accident de voiture. Ayant fumé du cannabis, les victimes n’avaient plus tous leurs réflexes. La mort d’une acariâtre bibliothécaire est un meurtre, sur lequel la police locale enquête mollement. Pourtant, dans les deux cas, c’est l’œuvre d’un assassin psychopathe, qui élimine des témoins. Croyant qu’Amy l’a photographié, ce coupable recherche la personne à qui elle a envoyé la photo. Il s’agit de son amie Meg. Pendant ce temps, Caroline et ses équipiers effectuent interviews et prises de vues. La première de la pièce, où Belinda incarne l’épouse d’un dangereux sociopathe, est un véritable succès. Caroline et Nick assistent à la soirée que la comédienne donne ensuite chez elle. Mais, peu après, l’assassin enlève Belinda, la laissant à moitié morte dans une cavité secrète sur la propriété. Dès le matin, la disparition de Belinda surprend ses proches. Bien que la police soit avare d’informations, Caroline suit de près les évènements. Nazareth, le producteur de Key News, flaire le scoop et lui envoie du renfort.

Sur la propriété de Beverly, deux personnes sont très suspectes. Le régisseur Gus Oberon, ex-repris de justice, continue à trafiquer de la marijuana, cachant aux yeux de tous son activité et les paquets qu’il reçoit. Amoureux transi de Belinda, le peintre Remington Peters a accepté d’être logé ici après que son atelier ait subi un incendie. Il est un peu le portraitiste officiel de Belinda, mais refuse de montrer sa dernière toile. Alors que Langley Tate remplace sans talent Belinda, l’assassin trouve bientôt de moyen d’identifier Meg. Caroline se mue en journaliste d’investigation pour essayer de comprendre cette affaire…

Mary Jane Clark situe ses intrigues dans l’univers de la télévision et du spectacle, qu’elle connaît parfaitement. Ce qui donne une indéniable crédibilité aux personnages et contextes qu’elle décrit. Insistons en effet sur ces ambiances, car le suspense est toujours présent. Dans l’ombre rôde un assassin qui répond aux critères du sociopathe, masquant sa vraie nature, manipulateur et sans pitié. À part Caroline, Meg, et Beverly en tant que victime, à peu près tous les acteurs de cette histoire sont suspects, même le mari de la chroniqueuse. Inutile de préciser que l’auteur a concocté un scénario solide, aux détails précis que le lecteur ne doit pas négliger.

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