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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 06:50

 

Chez Seuil Policiers, Thomas H.Cook nous entraîne dans le Sud des Etats-Unis pour son nouveau roman, Les leçons du Mal (disponible dès le 3 mars 2011). 

Lakeland est une petite ville du Delta du Mississipi. Aujourd’hui âgé, Jack Branch se remémore l’épisode qui marqua un tournant dans sa vie. En avril 1954, ce fils de bonne famille a alors 24 ans. Son père est un intellectuel. Il vit en reclus dans leur propriété familiale, depuis un incident s’étant produit douze ans plus tôt. Jack est un jeune professeur du lycée local, sans doute imbu de principes pédants. Son cours thématique sur les pires aspects du Mal réunit un groupe d’adolescents. Évoquer les bourreaux et les victimes, du Radeau de la Méduse ou de la tragédie du Minsk jusqu’aux Sorcières de Salem, en passant par Jack l’Éventreur, tels sont les sujets abordés. La jeune Sheila n’est guère attentive à ses cours, car son flirt avec l’ado Dirk tourne plutôt mal. Ce vendredi-là, elle disparaît. Jack pense l’avoir vue dans la fourgonnette d’Eddie Miller, un élève. Il en avise le sheriff Drummond, qui va interroger le jeune garçon.

COOK-2011Cette disparition ravive le souvenir de l’affaire Linda, enlevée et tuée par Luther Miller, le défunt père d’Eddie. Lourde hérédité, qui fait d’Eddie un jeune paria, bien qu’il ne soit responsable de rien. Jack a envie de le protéger, de l’aider à enquêter sur les circonstances du cas Linda. Ce qui fera l’objet du devoir qu’il rendra en fin d’année. Venue elle aussi, comme la famille d’Eddie, du quartier pauvre des Ponts, Nora Ellis est une collègue pour laquelle Jack éprouve plus que de l’affection. Elle approuve cette initiative, utile à l’équilibre du garçon. La disparition de Sheila est bientôt résolue, mais la nervosité de Dirk, épaulé par son copain Wendell, reste très vive. Eddie situe la cabane où son père séquestra la pauvre Linda. Outre les documents personnels, des archives de journaux relatent cette affaire criminelle marquante. Le père de Jack a eu pour élèves les protagonistes de ce drame, y compris le fils décédé du sheriff.

Jack et Eddie rencontrent le sheriff Drummond, à propos duquel le jeune prof s’interroge. Ils sont aussi reçus par Mr Brantley, propriétaire terrien. Les témoins dressent un portrait sombre de Luther, s’apitoyant quand même sur son sort. Le duo parvient à rendre visite en prison à l’homme qui exécuta Luther Miller. Membre de mouvements racistes, il ne masque pas son cynisme. Le devoir d’Eddie Miller avance bien, donnant à penser qu’il a un talent d’écrivain. Sheila s’étant rapprochée d’Eddie, elle est agressée par Dirk. Celui-ci est publiquement humilié par le sheriff, afin de l’inciter à se calmer. Longtemps après, son copain Wendell avouera : Dirk était pourri jusqu’à la moelle. Tout à sa relation avec Nora, Jack laisse l’initiative à Eddie. Néanmoins, le prof n’a aucune confiance en Drummond. Si la situation dérape, Jack est partiellement fautif…

 

Il ne faudrait pas aborder ce roman tel un polar au tempo vif. On nous parle ici du Sud des Etats-Unis, à une époque où règne encore une certaine nonchalance. Même si, en apparence, Jack ne nous confie que des éléments disparates, ne cherchons pas à aller plus vite que le narrateur. Nous savons qu’il y eût un procès à l’issue de ces faits. Nous n’apprenons que lentement leur progression, et le sort de chaque protagoniste. Les pièces du puzzle vont s’assembler peu à peu. C’est là que réside toute la subtilité de ce suspense, dont l’action avance sans précipitation. L’ambiance feutrée n’en est pas moins sombre et criminelle. La tradition Sudiste et l’esprit des Confédérés, c’est aussi la ségrégation, raciale envers les Noirs, sociale envers d’autres populations modestes. Le contexte est dessiné avec ses fines nuances. Ce que le héros, idéaliste à cet âge-là, ne perçoit pas forcément. Encore un excellent roman de Thomas H.Cook.

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 06:52

 

"Canal Polar" : un festival noir, pour en voir de toutes les couleurs !

CANAL-Polar-1Proposé par le SIVOM Alliance Nord-Ouest et Les Voyageurs-Compagnie Pierre Faviau, "Canal Polar" est un festival pluridisciplinaire sur le thème du polar. La première édition aura lieu les 4, 5 et 6 mars 2011 dans huit communes nordistes (Lambersart, Lompret, Marquette, Pérenchies, Quesnoy-sur-Deûle, Saint-André, Verlinghem et Wambrechies).

Au programme de cette première édition : du théâtre, des lectures, de la musique, un roman-photos numérique, des expositions, des conférences et aussi pour les détectives amateurs une enquête publique à mener sur le SIVOM. "Canal Polar" c’est aussi : des «cafés noirs» à la rencontre des auteurs en toute convivialité : Sophie Boissière, François Boucq, Jean-Pierre Croquet, Patrice Dard, Christophe Debien, Bob Garcia, Fred Gevart, Maxime Gillio, Cyril Herry, Emmanuel Sys, Franck Thilliez, Gilles Warembourg…

Un festival à vivre assis dans un bistrot, marchant sur un trottoir, ballotté dans un bus BROSSEL BL 333 de 1968, haletant dans un château, swinguant dans un recoin du village des antiquaires ou encore tapi au fond d’un cinéma.

Sur le site http://www.canalpolar.fr/ on trouve toutes les informations détaillées relatives à la programmation.CANAL-Polar-2

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 06:46

 

Si Montalbano est le héros d’une grand partie des romans d’Andrea Camilleri, le Maestro sicilien est tout autant passionnant quand il raconte d’autres histoires. En voici un exemple avec Le tailleur gris désormais disponible chez Points (dès le 3 mars 2011).

En Sicile, ce banquier entame une nouvelle période de sa vie, la retraite. Ne s’y étant nullement préparé, il est quelque peu désorienté. Il ne voit guère de loisir pouvant lui convenir. Sa séduisante épouse Adele, de vingt-cinq ans sa cadette, est toujours occupée par les divers comités qu’elle préside. Veuf dix ans plus tôt, père d’un fils parti s’installer à Londres, il s’est remarié avec la jeune femme. Elle-même s’était trouvée veuve quelques mois après avoir épousé un collègue débutant du banquier. Le jeune mari était mort suite à un accident de moto. Des hommes courtisèrent certainement la belle veuve d’à peine trente ans. Mais ce fut le banquier prévenant qu’elle choisit. Côté sexuel, ce fut l’extase. Elle faisait l’amour avec une totale absence d’inhibition, avec une fougue bouleversante, sans aucune vergogne, prête à tout, sans avoir jamais envie d’arrêter. À la fin de chaque nuit, il était épuisé, elle fraîche comme une rose.

CAMILLERI-PointsToutefois, le banquier n’est plus dupe des infidélités d’Adele depuis plusieurs années. Il en fut témoin un jour, où il passait près du minable motel Regina. Son épouse y retrouvait fort discrètement un beau sportif. Aucune ambiguïté, aucun doute sur la nature de leur rendez-vous. Elle a cessé de le voir, ayant trouvé une solution à domicile. Voilà un certain temps que Daniele, le neveu d’Adele, est hébergé chez eux. Auparavant, la jeune femme avait fait réaménager la disposition des pièces de la maison, en particulier des chambres. À l’heure de la retraite, il s’interroge sur le caractère profond de l’insensible Adele. N‘était-ce pas elle-même qui le lui avait dit, quand elle s‘était comparée à un désert qu‘il était inutile d’arroser ? Bien sûr, à ce moment, elle parlait du fait qu‘elle ne pouvait avoir d’enfants. Mais la stérilité n‘était pas seulement dans son ventre. C’était elle, dans son entièreté, qui était stérile, aride.

Le banquier se voit proposer un poste de direction par un homme d’affaire dont il connaît bien le père. Son expérience peut encore servir. Sans doute est-ce Adele qui a soufflé cette idée à la famille en question. Il ne dit pas non, sachant quand même que la Mafia n’est jamais loin des groupes financiers locaux. Toutefois, il a un problème de santé à régler avant de s’engager pleinement. Suite à des analyses assez inquiétantes, son urologue l’adresse à un spécialiste. Un séjour en clinique, une intervention chirurgicale, et le convalescent sera bientôt confié aux bons soins d’Adele. Il se rend compte qu’elle fait un peu de mise en scène pour valoriser son rôle auprès de lui. Son état de santé peut les rapprocher…

 

Ce roman est bien moins linéaire que ne peut le suggérer ce résumé succinct. La construction scénaristique est d’une finesse magistrale. La tonalité s’avère plus sombre, les dialogues étant moins humoristiques qu’avec Salvo Montalbano. Néanmoins, l’ironie malicieuse est bien présente dans les circonstances décrites. On nous dessine le portrait nuancé d’un couple imparfait. Non pas à cause de l’écart d’âge, qui n’a pas empêché l’harmonie sexuelle. La jalousie étant un sentiment trop commun, ce n’est pas ce qui motive le récit. Amour et confiance ne sont pas les maîtres mots d’Adele et de son mari. C’est dans leur manière d’être, dans le caractère de chacun, que réside en grande partie la subtilité de leurs rapports. Voici ce qui crée l’ambiance délicieusement viciée de ce roman savoureux.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 06:54

 

Cette histoire ressemble à un polar. Une bande criminelle baptisée Los Zodiacos pratiquant au Mexique enlèvements et séquestrations, chantage et rançon. Un caïd chevronné nommé Israel Vallarta vivant dans un ranch. Une jeune femme, Française native de Béthune, impliquée contre son gré dans ces crimes. Scénario correct pour un bon roman à suspense. Malgré tout, je lirai pas ce livre.

F.CassezDans À l’ombre de ma vie, Florence Cassez donne sa version de l’affaire. L’argument éditeur nous dit : « En 2003, elle débarque chez son frère à Mexico. Elle va y rencontrer l’amour. Ignorant tout de ce qui peut se passer au Mexique –corruption, agressions, enlèvements-, elle se laisse porter par sa romance qui se terminera, sans heurts, quelques mois plus tard. Le 8 décembre 2005, sa belle aventure amoureuse resurgit et la justice l’accuse de complicité d’enlèvement. Son ancien fiancé ferait partie de l’un des gangs les plus importants de Mexico. Après un simulacre d’arrestation monté de toutes pièces pour les médias, la descente aux enfers commence : un procès inique dans des conditions surréalistes, les révélations de dernière minute, les témoignages inventés, un verdict insensé et l’enfermement dans la prison de Tepepan. Aujourd’hui, Florence attend toujours son rapatriement en France. Depuis plusieurs mois, l’État français – président de la République en tête – ne cesse de demander son retour, persuadé de son innocence et conscient du danger qui la guette dans les geôles mexicaines. »

 

Selon la chronologie des faits par le magazine L’Express il n’est pas question "d’ancien fiancé". Florence Cassez habitait le ranch de Vallarta, près de Mexico. Sur son site, l'association mexicaine "Alto al Sequestro" donne d’autres détails troublants. Le reçu d'un dépôt bancaire de 50.000 dollars sur le compte de la jeune femme à la Banamex a été retrouvé, alors qu'elle gagnait alors 6.000 à 8.000 dollars par mois. Elle avait officiellement établi son domicile au ranch d'Israel Vallarta, accusé d'être le chef d'un gang spécialisé dans les enlèvements et où furent retrouvés trois otages lors de leur arrestation en 2005.

Florence Cassez dit avoir tout ignoré des activités de son compagnon qu'elle connaissait depuis près d'un an et de la présence de personnes séquestrées dans une dépendance du ranch "Las Chinitas". Ce cabanon ne se trouvait qu'à 65 mètres de l'habitation principale et il fallait passer devant pour entrer ou sortir des lieux, dit "Alto al Sequestro". La jeune femme vivait depuis trois mois au ranch comme compagne de Vallarta quand le couple a été arrêté. Or, une femme et son fils y étaient séquestrés depuis 50 jours et un troisième otage depuis 65 jours, note l'ONG. De plus, Florence Cassez avait eu l'occasion de rencontrer plusieurs proches de Vallarta membres de la bande "Los Zodiacos".

L’intégralité de cet article, via ce lien.

Publié dans Ouest-France, le Point de vue d’Alain Musset (de l’École des hautes études en sciences sociales, institut des Amériques) souligne que le Mexique est « un pays qui mène une guerre difficile contre le crime organisé et contre le trafic de drogue, alimenté par la demande croissante des consommateurs nord-américains (par ailleurs premiers fournisseurs d’armes des narco trafiquants). Depuis 2006, cette guerre a fait plus de 30000 morts et les Mexicains sont particulièrement sensibles au climat d’insécurité qui a largement débordé les États de la frontière Nord pour s’étendre à toutes les grandes villes du pays, en particulier la capitale fédérale où s’affrontent quotidiennement des bandes lourdement armées. »

Alain Musset pose la question du rôle de Florence Cassez et relève les amalgames trop simplistes : « S’il est vrai que l’on peut à juste titre critiquer le fonctionnement de la justice et de la police mexicaines, il semble tout aussi nécessaire de s’interroger sur le fond de l’affaire. Je ne sais pas si Florence Cassez a trempé dans les enlèvements qu’on lui reproche, mais elle a été assez maladroite (ou assez aveugle) pour se mettre en relation très étroite avec une bande de mafieux qui vivaient de cette sale industrie sans parler des activités annexes (trafic de drogue, vols, viols, extorsions). Dans un pays où les frontières sociales sont très marquées et où la violence fait partie de la culture, il faut être bien naïve pour ne pas se rendre compte qu’on fréquente des gangsters. La naïveté n’est pas un crime, mais elle n’est pas non plus une excuse. Il ne faut donc pas tout confondre. Le Mexique n’est pas la Colombie. La justice mexicaine n’est pas le bureau politique des FARC. Et Florence Cassez n’est pas Ingrid Betancourt.» L’article complet, via ce lien.  

Il est légitime que la famille et les proches de la jeune femme la soutiennent et espèrent son rapatriement. On comprend leurs sentiments, leur combat, chacun d’entre nous agirait certainement ainsi. Lourde condamnation si Florence Cassez n’est que complice, injuste si elle n’a pas été concernée. On est moins convaincu quand "l’État français – président de la République en tête" présente Florence Cassez comme une otage du gouvernement mexicain. Qu’elle soit Française ne suffit pas à garantir pas son innocence. Nous n’avons pas à refaire le procès de Florence Cassez, jugée sur ce qui précède. Le seul point désagréable, c’est la "reconstitution" filmée le lendemain de l’arrestation du couple. En France aussi, on a convoqué les caméras de télévisions pour des opérations de police à grand spectacle. Voilà les quelques éléments de réflexion qui font que je ne lirai pas À l’ombre de ma vie de Florence Cassez. Ce n’est pas une question d’opinion sur son innocence ou sa culpabilité, juste que le contexte criminel est trop complexe pour se contenter de sa version des faits.

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 06:51

 

Paysan à la retraite, Fernand Buron est âgé de soixante-quinze ans. Il vit avec son épouse Odette à Saint-Martin-des-Besaces, dans le Calvados. Ils ont trois enfants, dont un fils au Québec, et sept petits enfants. Fernand est connu et apprécié de tous dans sa commune rurale. De tradition gaulliste, il s’est efforcé d’être un honnête homme toute sa vie, n’agressant jamais personne. Quand un grave incident l’a traumatisé, il a souhaité rester anonyme.

BURON-2011Le 23 février 2008, séjournant à Paris, Fernand flane au Salon de l’Agriculture. Des officiels approchent, qui n’intéressent guère cet esprit indépendant qu’est Fernand. L’un d’entre eux veut lui serrer la main. Touche moi pas, tu me salis répond spontanément Fernand. Dans la vraie vie, on ne serre pas la main du premier passant rencontré, c’est bien normal. L’homme hargneux lui répond d’un cinglant Casse-toi, pov’con !. La scène a été filmée par les caméras de télé, puisque l’interlocuteur involontaire de Fernand n’était autre que le Président de la République. Fâcheuse image pour ce dernier. Ne laisser dans la mémoire collective des Français que cette formule, ce serait un faible bilan pour un quinquennat présidentiel. Pourtant, c’est ce qui risque de se produire.

Fernand Buron a accepté de répondre à un long entretien dans Casse-toi, pov’con ! (Éd.Après la Lune). En préambule, Jean-Jacques Reboux analyse ce sérieux incident dans le contexte de la France actuelle. Il pense qu’un certains nombre de pov’cons se sont sentis insultés par la réaction présidentielle impolie. Il nous explique en quoi Fernand Buron est une victime, un maillon de cette multitude découragée, déprimée, mais pas résignée, tout comme des millions de compatriotes qui n’en peuvent plus de ce que ce pouvoir destructeur et ce président arrogant, indigent, infligent à leur pauvre France.

Dans l’interview qui suit, Fernand revient sur les circonstances de l’affaire, et nous donne son opinion sur l’état de notre pays. Encore choqué, on comprend que ses propos soient vifs à l’encontre du Président de la République. Fernand possède un caractère affirmé. Il confirme être d’accord avec Stéphane Hessel, l’auteur de Indignez-vous. Homme d’expérience et de bon sens, qui ne mâche pas ses mots, Fernand va plus loin. Il préconise une vingtaine de mesures pour améliorer la vie des Français. Propositions qui sembleront révolutionnaires aux plus conformistes, sans doute. Malgré tout, elles ne sont pas stupides.

Certes, le courageux Fernand est quelque peu radical dans ses propos. Citoyen paisible, il reste certainement habité par un trouble psychologique. En réalité, on n’est pas bien sûr qu’il se nomme Fernand Buron, ni qu’il habite précisément à Saint-Martin-les-Besaces en Normandie, ni même qu’existe quelque part un vrai Fernand Buron. Il est possible que ses idées assez provocatrices soient dues à quelque perturbateur. Néanmoins, l’incident d’origine s’est produit, la formule Casse-toi, pov’con ! a marqué la population. C’est pourquoi la lecture de ce petit livre peut être conseillée à nos concitoyens qui s’estiment insatisfaits.

On peut aussi consulter le site http://cassetoipovconlelivre.blogspot.com/ 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 06:40

 

Un nouvel auteur nordique nous arrive de Finlande. Découvrons dès aujourd’hui Frontière blanche, le premier roman de Matti Rönkä, publié chez l’Archipel…

Viktor Kärppä est détective privé à Helsinki. Son parcours et ses activités sont plus complexes, en réalité. Natif de Carélie russe au sein d’une famille d’origine finnoise, Viktor fut éduqué dans le pur système soviétique. Brillant élément, il fit partie des services secrets. Sa mère âgée vit toujours à Sortavala. Son frère Alexeï n’a pas quitté la Russie, contrairement à Viktor. En Finlande, il a adopté un nom local parfaitement officiel. S’il est détective, il participe aussi aux trafics et combines de caïds russes, Karpov et Ruchkov. Chacun de leur côté, les deux mafieux lui confient des missions, n’impliquant aucun trafic de drogue ou de femmes. Il y a tant d’objets de valeur à transporter clandestinement. Pour sa tranquillité, Viktor renseigne à l’occasion le policier Korhonen. Néanmoins, son activité principale est bien celle de détective privé.

RONKA-2011Homme mûr, Aarne Larsson est un libraire spécialisé dans les livres anciens et historiques. Il sollicite Viktor, afin de retrouver sa jeune femme Sirje dont il est sans nouvelles. Native de l’Estonie toute proche, c’est la sœur de Jaak Lillepuu. Ce puissant mafieux s’est bâti une solide réputation de trafiquant sans états d’âme. Son ami sportif Anatoli conseille à Viktor la plus grande prudence. Chez ce couple discret, ayant peu de liens avec le voisinage, le détective ne trouve guère d’éléments expliquant la disparition. Le caïd Karpov a quelques soucis. On lui a volé une très grosse quantité de fausses cigarettes, avant de supprimer l’employé qui dirigeait son dépôt. L’autre caïd, Ruchkov, ne se serait pas permis ce genre de méfaits. Peut-être le gang de Jaak Lillepuu est-il concerné. Par ailleurs, un agent du FSB rappelle à Viktor qu’il appartient toujours au KGB.

Lors de son enquête, le détective sympathise avec la jeune et attirante Marja. À Tallinn, en Estonie, les parents de Sirje ne comprennent pas cette disparition. Sur le ferry du retour vers la Finlande, Viktor est agressé par Jaak Lillepuu, qui prétend n’être pas impliqué. L’enquêteur interroge la première épouse d’Aarne Larsson et leur fils. Eux non plus ne savent rien. Esko Turunen, qui prenait des cours de peinture avec Sirje, semblait intime avec la jeune femme. Il s’avère fort difficile de le rencontrer. Viktor n’en oublie pas ses missions pour Ruchkov ou Karpov. Il montre à Marja comment sont importées secrètement des tableaux, des icônes russes, jusqu’en Finlande. Dans ses investigations, Viktor va bientôt découvrir quelques cadavres, et devoir alerter le flic Korhonen. Avant d’élucider l’affaire, il risque encore quelques mauvaises surprises…

 

Il serait erroné de ranger trop vite cette histoire parmi les romans d’enquête. Si les recherches de Viktor Kärrpä sur la disparue avancent lentement, le contexte autour du détective constitue l’atout essentiel de ce noir suspense. La culture de Kärrpä est double, sachant qu’il vient de Carélie. C’est une région frontalière entre la Mer Baltique et la Mer Blanche, partagée entre l’Est de la Finlande et la Russie. Les niveaux de vie sont extrêmement différents. Ainsi Kärrpä explique-t-il ses choix actuels : Le plus gros ravin se trouve à la frontière finno-russe, à Värtsilä. Dès que tu passes du côté de la commune de Ruskeala, c’est la mendicité, la saleté, la tuberculose (…) C’est quoi la morale ? Où se trouve la frontière entre le bien et le mal. Je ne tue, n’agresse, ni ne vole personne. Par contre, je veux bien donner un coup de main dans de petits délits, dont la seule conséquence négative est que la part empochée par l’État s’en trouve amoindrie, si ça me permet de subvenir à mes besoins.

Si l’on en croit l’auteur, la Finlande est le pays de tous les trafics, les importations illicites concernant toutes sortes de produits, souvent contrefaits. Ce qui suppose un univers mafieux, avec ses manipulations et ses coups bas. Sans oublier que le voisin russe reste influent, en particulier par ses réseaux secrets. Tel est le sombre univers dans lequel doit surnager Viktor Kärrpä, tout en enquêtant. C’est bien cette ambiance et ce contexte qui font tout l’intérêt de ce solide polar nordique, à l’intrigue très convaincante.

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 09:25

 

Rue des Livres, le festival de littérature tout public (roman, polar, poésie, littérature jeunesse, BD) est désormais ancré dans le paysage culturel de Rennes métropole. Il fête sa 4ème édition du 11 au 13 mars 2011.

RueDesLivresRennes2011« Rue des livres » est un festival qui met en avant place de la ville dans la littérature, et qui s'intéresse aux relations qui s'établissent entre la ville et ses habitants. Né en 2008, dans le quartier populaire de Maurepas, à Rennes, il a pour ambition d'inscrire un événement littéraire qui puisse contribuer à conforter les pratiques de lecture tout en permettant l'échange et la réflexion. L'objectif est aussi d'être un militant, gratuit pour tous. Fidèle à la tradition d'éducation populaire, ce festival intègre des actions en amont et en aval du temps fort qui se déroule courant mars, chaque année, sur trois jours. Ces actions ont pour objectif de sensibiliser les divers publics aux de lecture et de contribuer à la découverte des littératures contemporaines. De 2000 entrées en 2008, 4000 en 2009, le festival a accueilli près de visiteurs en 2010, ce qui témoigne de son succès grandissant et désormais de sa notoriété.

L'édition 2011. festival prend un nouveau départ, une nouvelle dimension. Il sera désormais porté par la nouvelle association « L'Atelier culturel de Maurepas ». La 4ème édition se déroulera sur le Guy Ropartz (trois chapiteaux, la salle de spectacles Guy Ropartz). La thématique générale est inchangée (La ville dans la littérature) avec cette année un coup de projecteur sur "Jeunesse dans la ville".

Une programmation riche et accessible à tous, en proposant des animations : ébats, tables rondes, rencontres avec des auteurs, lectures, ateliers, expositions, spectacles, cinéma. Le temps fort du festival inclut le salon du livre qui accueillera des exposants : éditeurs, libraires, associations... Le parrain, cette année, est Yann Queféllec.

90 auteurs sont par ailleurs attendus sur le festival, dont de nombreux auteurs jeunesse.

En ouverture, deux principaux événements:

Tout d'abord, spectacle de slam "ping pong verbal", le vendredi 11 mars à 17h à la salle Guy Ropartz. Il s'agit de lectures vivantes et théâtralisées, dans lesquelles les mots sont à l'honneur. Mais aussi, projection en avant-première nationale (sortie officielle prévue le 30 mars) film "Nous, princesses de Clèves" , 11 mars 2011 à 21h au ciné-TNB. A l'issue de la projection, une rencontre suivra avec le réalisateur Régis Sauder et les acteurs. Le film traite de la réappropriation du roman "La princesse de Clèves", par des élèves d'un lycée difficile de Marseille.

Dédicaces, débats tables rondes lieu tout au long du festival, ainsi que de nombreuses animations, comme des lectures publiques, des expositions, ateliers des spectacles. Entrée libre.

RueDesLivresRennes2011

Renseignements :

Samedi 12 mars : 10h-19h

Dimanche 13 mars : 10h-19h

Adresse du festival : Site Guy Ropartz

14, rue Guy Ropartz, 35700 Rennes

Lignes de bus n°9 (arrêt Le Gast) et n° 3 (arrêt Le Blizz)

Site internet : www.festival-ruedeslivres.fr  

Mail : festivalruedeslivres@orange.fr

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 06:45

 

ChâtelleraultLes initiatives autour du polar fleurissent partout en France. En mars, notons l'incontournable "Quais du Polar" à Lyon, et l'excellent "Polar'Encontre" du côté d'Agen, à Bon-Encontre. Sous-préfecture de la Vienne située à quarante kilomètres au nord de Poitiers, Châtellerault devient à son tour une des capitales du polar !

Du 1er mars au 6 avril 2011, cette ville propose une animation intitulée Châtellerault mène l’enquête.

Un programme divers et très complet s’adresse à tous.

Des expositions : "Quand le crime d’Usseau (1905) se raconte en images"; "Polar et dépression"; "Noir c’est noir".

Des conférences : "Art et crimes" (16 mars); "Les monstres dans le fait divers criminel, de Dumollard aux sœurs Papin".

Du théâtre : "Qui a tué Lily ?" (5 mars) : "Tableau d’une exposition" (22 mars) ; "Sacco et Vanzetti" (6 avril).

Du cinéma : "Coup de torchon", de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret. (17 mars)

Des dédicaces, débats, rencontres et lectures.

Des jeux sur les thèmes : Enquêtez en ville, et Enquêtez au musée.

  Plus de détails sur http://www.ville-chatellerault.fr/animations/culture

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