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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 07:18

 

INDIC-8Le noir magazine L’Indic est publié par l’association Fondu au Noir.

Toutes les infos sont ici : http://fonduaunoir44.blogspot.com/

 

C’est aussi sous ce titre que les libraires Decitre présentent leur guide de lectures policières choisies parmi leurs coups de coeurs et ceux de leur parrain pour l’occasion, Franck Thilliez ! Plus qu’un catalogue, L’Indic version Decitre se veut un véritable guide, DECITRE-Indicobjet d’une collaboration entre acheteurs, libraires et auteur. Il retrace à la fois l’histoire du genre, met en exergue les coups de coeurs des libraires. Il invite le lecteur à découvrir des oeuvres soit directement issues de la littérature policière, soit des oeuvres musicales, cinématographiques, patrimoniales ou issues de genres littéraires non policiers. En chiffres, le catalogue Decitre L’Indic c’est : 109 livres chroniqués par les libraires et le Parrain et 315 conseils de lecture, 8 libraires spécialisés dans le Polar, 40 éditeurs représentés, 8 dossiers thématiques, une carte blanche donnée à Franck Thilliez. Ce guide est relayé sur www.decitre.fr et sur facebook via un jeu concours et une sélection de titres.

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 07:07

 

Outre Coup de foehn publié chez Krakoen en mars 2011, Franck Membribe est aussi l’auteur de Rififi pour une sacrée guitare, un roman pour ados aux Éditions Rouge Safran…

Le blond Alex et son copain noir Alioune vivent à Martigues. Les deux collégiens d’une douzaine d’années s’improvisent parfois détectives. Ils ont dû affronter l’agressif José Santiago, un jeune voyou qui se prend pour un grand rappeur. Le duo préfère la musique des Blue Frogs, le groupe de leur ami Yvan. Le festival rock de l’Étang de Berre programme en juillet des concerts sur les communes situées en bordure de ses rives. Yvan et les Blue Frogs ainsi que José Santiago tente leur chance pour le tremplin rock sélectionnant un jeune groupe. Ce qui intéresse surtout Alex et Alioune, c’est le concert de Sonny Reed. Le célèbre vieux bluesman natif du delta du Mississipi est un grand pro. Il fascine les deux collégiens, surtout Alioune, ainsi que leur belle amie Carmen.

MEMBRIBE-2011-2Grâce à Yvan, les trois jeunes ont la possibilité de faire signer des autographes au bluesman noir cajun. Impressionnés, ils sont reçus dans sa loge. Sonny Reed se montre très sympa avec eux. Le blues est la mère de toutes les musiques souligne Yvan, lui-même musicien. Même si la Camargue ne ressemble pas aux bayous de Louisiane, Sonny Reed souhaite passer quelques jours de vacances ici, afin de comparer le delta du Rhône avec celui du Mississipi. Il improvise pour les jeunes un air à l’harmonica, qu’il appelle un ruine-babines. Soudain, deux hommes blancs en costume sombre font irruption dans la loge. Ils sont armés, parlent avec l’accent texan. Ils volent la guitare de Sonny Reed dans son étui. Avant de sortir, ils prennent Carmen en otage, promettant de la libérer vite.

Le policier Coucoulis n’a guère de piste pour aider la jeune fille. D’ailleurs, le lendemain matin, Carmen reste introuvable. Quand il apprend la nouvelle, Alex contacte immédiatement Alioune. Il vont devoir à nouveau jouer aux détectives amateurs. Sur leurs VTT, ils se dirigent vers l’hôtel Le Vénitien où loge Sonny Reed. À cause d’un pépin en vélo, ils ont failli le rater, mais le duo l’intercepte à la sortie du parking. Il a un rendez-vous urgent à Port-Saint-Louis-du-Rhône avec les frères Tucson, les ravisseurs de Carmen. Le bluesman avoue aux deux collégiens que ce n’est pas la guitare authentique qu’ont volé les frères texans. Sonny raconte à ses jeunes amis l’histoire de cet instrument qu’il tient d’un aïeul qui fut un pionnier du blues. Maintenant, il faut sauver Carmen…

 

Les héros de ce roman-jeunesse ont vécu une précédente aventure dans À la poursuite du masque d’Odor. Tandis qu’une cité antique était partiellement mise à jour au sommet d’une colline de Provence, Alex et Alioune mettaient leur nez dans un drôle de trafic et s’opposaient à des voyous en scooters. Ici, c’est la musique, le blues qui constitue le fil conducteur du récit. On nous en rappelle les origines chez les Noirs pauvres. L’auteur nous offre un aperçu du vocabulaire cajun. Il égratigne aussi la prétention de Martigues à se faire appeler la Venise Provençale, et dénonce les dégâts causés à l’Étang de Berre (Au début des années soixantedix, l’écologie n’intéressait pas grand monde. Il fallait créer des emplois et des richesses à tout prix, quitte à saccager le milieu naturel sur des milliers d’hectares). Alex, Alioune, et Sonny Reed traversent des péripéties fort mouvementées pour retrouver Carmen, sans perdre la précieuse guitare. Une histoire sympathique et entraînante destinée au jeune public.

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 06:54

 

Aux Éditions Michel Lafon, c’est un suspense psychologique à l’ambiance fort particulière que nous propose Thomas Chagnaud avec L’autre

Cécile Moreau tient une échoppe de fleuriste au marché de ce quartier parisien. Âgée de trente-sept ans, c’est une jeune femme solitaire et discrète. Le jour de la Fête des Mères, on la retrouve quasi-morte dans son appartement. Cécile est défigurée, tout le bas du visage ayant été arraché. Hospitalisée, après quinze jours de coma, elle est à nouveau consciente. Un vieux policier paternel accepte sa version des faits. Elle prétend que c’est son rottweiler qui lui a massacré le visage en voulant la sauver. Cécile n’a pas l’intention de livrer la vérité, ni cette soirée orgiaque qui a mal tourné, ni aucun de ses secrets. Sa vie suivait ce terrible destin, comme s’il avait été écrit par avance. Peut-être par elle-même. Si incroyable que cela puisse paraître, elle ne se percevait pas en victime. Elle se vivait en actrice. En auteur de son existence. En responsable de sa tragédie.

CHAGNAUD-2011Pourquoi survivre, alors qu’elle a fui dix-neuf ans plus tôt une famille qui ne lui offrait aucune affection. Avec un père qui n’était pas le sien, son vrai géniteur ayant abandonné sa mère. Installée à Paris, Cécile crut trouver l’amour grâce à des rencontres via Internet. Son amant dominateur l’initia à des jeux pervers, avant de la quitter brutalement. La dérive sexuelle se poursuivit pour Cécile. Ces détails, elle finit par les confier à Michelle, sa voisine de marché qui alerta les secours. Néanmoins, ayant du temps pour penser à sa décevante vie passée, Cécile garde un esprit suicidaire. Disposant du visage d’une jeune femme de son âge décédée dans un accident, le chirurgien lui propose une greffe réparatrice. Peut-être était-ce une chimère ? Mais ce matin-là, Cécile eut envie d’y croire.

Tandis que sa mère apprend par la presse le cas de sa fille, Cécile rentre bientôt chez elle, où elle bénéficiera de rééducation orthophonique. S’adapter au visage nouveau qui est désormais le sien, retrouver une féminité, ce n’est pas si aisé. Elle pense encore à ses trois agresseurs, se demande s’ils constituent un danger pour elle. Ayant renoué relativement avec sa mère, Cécile apprend que deux autres femmes ont été tuées dans des circonstances identiques à son propre cas. Face aux gendarmes de Versailles qui l’ont convoquée, elle maintient sa version des faits. L’officier de gendarmerie n’est pas dupe mais, même en soulignant qu’elle entrave leur enquête, il ne peut la contraindre à dire la vérité. Toutefois, il existe un doute suffisant pour continuer leurs investigations. Depuis peu, un inconnu semble attiré par Cécile, rôdant autour de son échoppe. Pour la première fois sans doute, sa vie croise un homme prêt à l’aimer…

 

Ce roman tire certainement son origine de l’histoire d’Isabelle D., qui perdit une partie de son visage quand son labrador essaya de la réveiller suite à une tentative de suicide. Elle fut opérée avec succès au CHU d’Amiens en novembre 2005. Bien que l’auteur soit journaliste, il ne s’agit pas d’un reportage mais d’un suspense psychologique. C’est le mot qui convient, car l’héroïne de cette fiction est habitée par les échecs qui ont depuis toujours gâché son existence. Éternel sentiment d’abandon de la part des hommes, depuis son vrai père jusqu’à cet amant qui l’a conduite à la soumission sexuelle. Déchéance choisie, inéluctable, qui l’a menée au drame. Se reconstruire apparaît possible, malgré tout. Notons deux légers défauts : la menace du trio d’agresseurs est trop superficielle envers Cécile, et le cas médical de son frère n’a guère d’intérêt. Pour le reste, l’intrigue est bien servie par une narration juste. Le récit transmet de l’empathie pour la jeune femme, sans la rendre pitoyable. Et la dernière partie réserve diverses surprises. Un bon polar, plus gris que noir, qui ne déçoit pas.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 06:50

 

 PdC Soupe-tonkinoiseLe 5e Festival international du film policier est programmé à Liège, du 7 au 10 avril 2011. À côté du Cinéma, le festival tient également à couronner les auteurs de polars en décernant pour la 3ème année consécutive le prix "la Plume de Cristal" au meilleur roman noir édité dans l’année précédant la manifestation. Dirigé par Jean-Baptiste Baronian, le jury littéraire est composé de six personnalités du milieu professionnel, spécialisés dans le genre policier. Le prix est offert par Belgique Loisirs, à la clé 1000 € pour l’auteur, et qui s’engage à acheter 1000 tirages du roman. Ce sont soixante romans noirs qui leur sont parvenus pour ce concours. Des auteurs de tous horizons ont participé : français, belges, et québécois. Un premier comité de lecture a été chargé de sélectionner les dix meilleurs livres. Le jury littéraire composé de professionnels spécialisés en affaires policières, criminelles ou littéraires sélectionnera notre grand gagnant de la Plume de Cristal. Le Prix 2011 sera remis le samedi 9 avril à 16h.

 

Les 10 romans finalistes : Soupe tonkinoise, de Jan Thirion - La soupière chinoise, de Philippe Moureaux - Le pays oublié du temps, de Xavier-Marie Bonnot - Les disparus du laogaï, de Michel Imbert - Seul à savoir, de Patrick Bauwen - PdC De-briques-et-de-sang Le vent t’emportera, de Jean-Marc Souvira - Le syndrome [E], de Franck Thilliez - Le narcisse, de Bertina Henrichs et Philippe Vauvillé - La dernière frontière, de Philip Le Roy - A pas comptés, de Chris Costantini.

 

À noter également, le concours BD FNAC "Sang 9" dont le Prix sera remis le samedi 9 avril à 21h30. Les 10 albums présélectionnés par le comité de lecture sont : De briques et de sang, d’Hautière et François - Gil Saint-André, de Jean-Charles Kraehn - Enchaînés, de Joël Callède et Gihef - Sisco Faites le taire, de Benec et Thomas Legrain - Jazz Maynard, de Raule et Roger - Page noire, de Frank Giroud, Denis Lapière et Ralph Meyer - Braquages et bras cassés, de Benjamin Fischer et Georges Van Linthout - Les Z, de Malka et Volante - Les arcanes du Midi-Minuit, de Jean-Charles Gaudin et Cyril Trichet - La boussole, de Séverine Lambour et Benoît Springer.

 

 

Plus d'infos sur ce Festival, cliquez ici .

 

Le Prix Plume de cristal 2011 a été attribué à

"Le pays oublié du temps", de Xavier-Marie Bonnot (Actes Noirs)

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 06:49

 

Chez Fayard noir, il faut dès maintenant savourer le nouveau roman de Joseph Incardona, intitulé 220 Volts. En effet, il y a de l’électricité dans l’air au sein du couple qu’il nous présente…

Âgé de trente-sept ans, marié à Margot, père de deux enfants, Ramon Hill est l’auteur de plusieurs best-sellers, de solides romans d’action grand public. Un écrivain de talent promis à un avenir littéraire radieux. Sauf que depuis quatre mois, Ramon Hill est incapable de produire une ligne supplémentaire, bloqué au milieu du chapitre 43. Panne sèche, réservoir vide, manque total d’inspiration. Margot a organisé pour eux deux un séjour en montagne de quinze jours, dans la maison appartenant à ses parents. Elle estime qu’un provisoire changement de vie peut relancer son goût d’écrire. Ramon n’en est pas tellement convaincu. INCARDONA-2011Encore moins quand il voit que la grange dépendant de la propriété a été prêtée à leur voisin Charlot. Il y héberge une basse-cour et surtout des porcs puants.

Les relations du couple ne sont pas au beau fixe. Issue d’une famille bourgeoise, vaguement journaliste, Margot adresse de virulents reproches à son mari dès le premier jour. Certes, Ramon se laisse un peu aller, mais pense ne pas mériter la pression que lui impose son épouse. Dès le lendemain au petit-déjeuner, les chamailleries vindicatives de Margot continuent. Ayant trouvé un préservatif usagé, Ramon s’interroge. Sa femme prétend ne pas être revenue dans cette maison depuis le mois de mars. Un deuxième indice trouble bientôt Ramon. Le livre d’un confrère qu’il exècre ne devrait pas traîner ici puisqu’il est paru depuis peu, sauf si Margot y a séjourné entre-temps. Entre paranoïa et jalousie, Ramon ressasse ce drôle de pressentiment, ces questions sur la loyauté de sa femme.

Ramon est victime d’une électrocution. Le vieux docteur Kraus est appelé à domicile. Bien qu’il ne semble pas y avoir de séquelles, il met en garde l’écrivain, lui conseillant le repos. C’est l’inverse qui se produit. L’incident a réveillé la libido de Ramon. Non seulement il assouvit avec Margot sa faim de sexe, mais il se sent désormais capable de poursuivre l’écriture de son roman. Le sommeil de Ramon reste agité, des crises de somnambulisme qui inquiètent un peu le vieux médecin. La jalousie de l’écrivain ne s’est pas éteinte. Il imagine des zones d’ombre dans la vie de Margot, mais chasse les hypothèses lui venant à l’esprit. Alors qu’il vient de mettre le point final à son roman, la situation dérape. Garder son sang-froid, jouer la comédie, Ramon se sent assez fort pour ça. Ce n’est pas sur son beau-père, hostile à sa vocation d’écrivain, qu’il peut compter. Avec un peu de chance, il peut espérer passer entre les gouttes…

 

Il n’est pas indispensable de chercher des arguments pour évoquer les qualités de Joseph Incardona. Il suffit de lire ses romans. Remington et Lonely Betty ont déjà prouvé qu’il s’agit d’un auteur inspiré et subtil. Les vicissitudes d’un couple, des vacances censées ressouder leur union, un mari en proie à une jalousie peut-être injustifiée, voilà le sujet éternel qu’explore la première moitié de l’histoire. Un huis clos raconté avec fluidité, non sans quelques passages amusés (Tu sais à quoi je pensais pendant que je pédalais ?  Que t’étais Jeannie Longo ? Margot a laissé s’éteindre ma remarque sans souffler dessus). En effet, il n’y a pas de raison de dramatiser.

D’ailleurs, cette tonalité reste présente quand les circonstances se font plus sombres. Dès lors, Ramon Hill va incarner un personnage, tel le romancier jouant à être son héros. Débarrassé d’une pesante moralité, il se sent libre et fort, tant dans son écriture que dans sa vie. Si, malgré tout, quelques épreuves l’attendent, Ramon peut compter sur la solidarité des lecteurs. Un suspense noir tout en finesse, à l’écriture nuancée et précise, vraiment très agréable à lire.

On peut cliquer ici sur mon article consacré à  Lonely Betty” et Remington”, ou là pour le Portrait chinois auquel a répondu Joseph Incardona.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 06:49

 

On connaît le talent d’Elmore Leonard, romancier émérite, écrivain chevronné. Avec N’ayez crainte ! publié chez l’Archipel, on découvre Peter Leonard, son fils. Ce dernier nous a concocté une intrigue plutôt mouvementée…

L’action se passe autour de Detroit, dans le Michigan. Séduisante rousse de plus de trente-cinq ans, Karen Delaney tourne occasionnellement dans des publicités. Elle est attirée par les hommes fortunés. Ainsi, elle a vécu quelques mois avec Samir Fakir, propriétaire d’épiceries. En réalité, il s’agit d’un puissant usurier d’origine chaldéenne, entouré de sbires chargés du recouvrement des dettes. Samir n’a jamais restitué à Karen les 300.000 dollars qu’elle lui avait confiés. La jeune femme vit désormais avec le riche Lou Starr, qui possède des restaurants. L’idylle romantique a cédé la place à de la lassitude, chez Karen. Bobby est un joueur compulsif, un perdant endetté. Il vit avec Megan, employée d’un casino. Bobby s’est acoquiné avec Lloyd, un repris de justice sorti de prison depuis peu, qui vit dans un mobil home. Quand Karen rencontre ce duo de minables, elle voit le moyen de récupérer chez Samir la somme qu’il ne lui a pas rendue.

LEONARD-2011Ancien policier de Detroit ayant fait de la prison, O’Clair est un hommes de main de Samir. Nettement plus fiable que Ricky, le neveu du patron, même si tous les deux manquent cruellement d’argent. Plus sûr aussi que Johnny, autre sbire de Samir, trop occupé avec ses conquêtes féminines. Ce soir-là, O’Clair et Johnny sont absents quand trois types déguisés en policiers s’introduisent chez Samir. Ce sont Bobby, Lloyd et Wade, troisième complice recruté par Karen. Comme on pouvait le craindre, l’opération tourne mal. Un employé est abattu. Blessé, Samir va être bientôt hospitalisé, dans le coma. Karen et ses comparses ont un peu de mal à ouvrir le coffre de Samir, qu’ils ont emporté. Une fois mieux équipés, ils utilisent les grands moyens pour le forcer. Étrangement, le coffre est vide. La tension monte entre les complices, et Wade est le premier à en faire les frais. Karen échappe à Bobby et Lloyd, qui ont flairé une grosse embrouille.

O’Clair continue à mener son enquête personnelle pour retrouver Bobby, qui doit une belle somme à Samir. Pour l’ex-flic, pas difficile de comprendre que c’est Karen qui a organisé le braquage sanglant chez son patron. La jeune femme a rejoint son autre complice, amant du moment. Qu’elle ne tarde pas à abattre, car elle craint qu’il devienne trop gourmand. Bobby et Lloyd sont en maraude pas loin de l’hôtel où logeait le couple. Obligée de fuir avec précipitation, Karen emprunte la BMW de son défunt amant, ce qui lui permet de semer le duo de poursuivants. Elle se réfugie dans un hôtel de grand luxe, d’où elle prend contact avec sa sœur Virginia. Ricky a sans doute tort de se prendre pour le nouveau patron, à la place de Samir. Persévérant et bien inspiré, O’Clair a compris que Megan pouvait le mener à son petit ami Bobby. En outre, il repère l’hôtel où se trouve Karen. Celle-ci doit encore fuir, se réfugiant chez son avocat…

 

C’est d’abord un polar musclé et nerveux, une succession incessante de péripéties, où chacun traque l’autre dans un feu d’artifice d’arnaques ou de coups tordus. Pour tous les protagonistes, l’évolution de la situation est rythmée à souhaits. S’emparer du pactole en cavale, voilà un thème classique. Toute l’originalité réside dans le traitement du sujet, dans la maîtrise des rebondissements. Le résultat est ici impeccable.

En plus d’un tempo vif, il faut souligner une belle part d’humour. Un caïd chaldéen, par exemple, ce n’est pas si banal. Sourires aussi, à travers le comportement des personnages, qui sont pour la plupart des médiocres, en décalage avec la vie américaine ordinaire. On s’amuse même avec les rôles annexes : Cindy, ouais, c’était ça. D’après elle, elle travaillait pour une société d’édition spécialisée dans les communications. En réalité, elle téléphonait aux gens le soir, après leur longue et dure journée de travail, et tentait de leur vendre des abonnements pour des revues. L’appel de merde qu’on reçoit pendant le dîner. Un polar diablement percutant, dans la plus excitante des traditions.

- Disponible dès le 6 avril 2011 -

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 06:57

 

Les 16 et 17 avril 2011 à Mauves-sur-Loire (près de Nantes) salle Le Vallon, on fête les 10 ans du Festival Mauves en Noir (gratuit et ouvert à tous). Mauves en Noir, c'est d'abord une association met en place des actions atour du roman noir (rencontre d'auteur pour les scolaires, concours de nouvelles, prix) tout au long de l'année pour la sensibilisation à l'écriture et à la lecture.

MAUVES 2011Mauves en Noir, c'est un aussi un festival animé par des gens qui aiment les livres, pour les gens qui aiment lire. La SNCF est d’ailleurs depuis trois ans présente sur le festival. Les trains, les gares et les polars, c’est le même univers. Ainsi, dès le vendredi 15 avril, et grâce à l'appui de la SNCF, le festival débute avec les Trains du Polar. Trois auteurs, Christian Roux, Eric Maneval et Marin Ledun interviennent dans trois lycées de la région (Angers, La Roche-sur-Yon et Les Sables d'Olonne). Un retour en TER depuis ces trois villes d'origine jusqu'à Nantes, accompagnés des animateurs des associations O'Librius et Fondu au Noir, permettra aux auteurs intervenants d'aller à la rencontre des usagers de TER alors présents, et d'échanger avec eux autour du livre.

Pour les DIX ANS, sont organisés : Trois conférences-débats "La Chaîne du livre : de l'auteur au libraire", ainsi qu'un sujet de société (le monde du travail, par Marin Ledun) et "l'Histoire de la série noire" par Claude Mesplède. En parallèle, des ateliers "Lire et Faire lire" seront mis en place pour les enfants de 5 à 10 ans --- Une exposition ambiance polar. Le peintre Didier Lange expose ses oeuvres à la mairie de Mauves du 25 mars au 23 avril, en passant par la salle Le Vallon le temps du festival. "Hommes et femmes, bars et musiciens, visages et paysages de villes et de quais dans des ambiances qui peuvent s'apparenter à l'univers du roman policier seront la ligne conductrice des oeuvres choisies et présentées dans cette exposition".

Le "vivier du polar", 40 écrivains en dédicace, qu'ils soient de jeunes talents locaux ou des pointures nationales du genre. Pour cette édition, sont entre autres confirmés : Claude Mesplède, Jean Bernard Pouy, Marcus Malte, Jean-Christophe Tixier, Jean-Hugues Oppel, Caroline Sers, Samuel Delage, Max Obione, Stéphane Pajot, Sophie di Ricci, Hugo Buan, Hafed Benotman, Jean-Paul Jody, Jean-Marc Souvira. Et des auteurs de la sélection du Prix du Polar SNCF 2010 : Lalie Walker, Pascale Fonteneau, Philippe Georget , Patrick Bard et Christian Roux.

Cliquez ici pour la liste complète des auteurs annoncés.

Avec encore : Un espace librairie proposé par la librairie l'Odysée (de Vallet). Et des animations en tout genre, telles des "consultations littéraires" déjantées des Fondu au Noir, en passant par le "Crieur" d'O'Librius et sa boîte à humeur, pour arriver jusqu'aux Enfants du bal leur "bal littéraire" le samedi soir, et d'autres surprises qui jalonneront le week-end.

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 06:41

 

Dans la collection Grands Détectives chez 10-18, la première enquête de François-Claudius Simon est intitulée La valse des gueules cassées. Un vrai polar historique de qualité, signé Guillaume Prévost…

Printemps 1919. Blessé durant la guerre, François a suivi une formation à l’école de police. Âgé de vingt-six ans, il intègre aujourd’hui la Brigade Criminelle, Quai des Orfèvres. Il est affecté dans le service de l’inspecteur principal Robineau, une figure de la police, proche de Clemenceau et des Anciens Combattants. S’il garde quelques traumatismes, François n’en montre rien. Il est très vite plongé dans une enquête, au côté de son supérieur. Un cadavre est retrouvé dans un atelier vide de la gare Montparnasse. Robineau et François s’aperçoivent bientôt que des travaux souterrains ont été effectués sous le bâtiment en question. Grâce à une facture de quincaillier, François essaie d’identifier la victime. Une autre affaire met à l’épreuve la sagacité du jeune policier.

PREVOST-2011Un vol de diamants a été commis au domicile du couple Maupin, qui rentre d’un voyage en Afrique. Le seul suspect est leur domestique Noir. François ne tarde pas à le disculper. Il trouve le chemin emprunté par les voleurs, établissant un rapport avec le crime de Montparnasse. Un autre meurtre est commis dans un garni, rue de Montmorency. Là encore, l’homme a subi des mutilations au visage qui rappellent celles des soldats blessés, les gueules cassées. La victime était un locataire discret, sans doute un ancien prisonnier rentré d’Allemagne. Force est de constater que tout cela a été pensé [déclara François]. Fort bien pensé, même. La serrure sabotée, le vin trafiqué envoyé à un voisin porté sur la bouteille. Notre assassin est habile, et il ne manque pas de sang froid.

L’inspecteur Lefourche, autre jeune policier, est bien plus impliqué que François en politique. Alors qu’il participe à une réunion syndicale interdite en vue de la manifestation du 1er mai, Lefourche a une altercation avec François, qu’il prend pour un espion de Robineau. L’incident permet au jeune inspecteur de rencontrer la belle Elsa, peintre et pilote de side-car. Si Lefourche protège jalousement la jeune femme, celle-ci explique la situation à François. Tandis que son supérieur Robineau tente de récupérer l’affaire Landru confiée aux Brigades Mobiles, François fait le lien entre le vol des diamants du couple Maupin et les meurtres. Le cas n’est qu’à demi élucidé, mais l’enquêteur sait qu’il progresse.

Après un détour par Gambais et le défilé réprimé du 1er mai, François intervient trop tard pour empêcher un troisième assassinat, au Port-aux-Vins. Délégué général aux pensions, au Ministère de la Guerre, la victime n’a pas le même profil que les précédentes. François découvre un indice décisif, même si le monogramme VdG ne désigne pas encore le criminel…

 

On pourrait se croire dans une aventure de Fantomas ou d’Arsène Lupin, grands personnages de la littérature populaire de l’époque. D’autant qu’est évoquée la célèbre affaire Landru, ainsi que le décès vaguement suspect d’Émile Zola. Ce qui marque surtout, c’est la période choisie. Six mois après l’Armistice, ce n’est pas encore le retour à la vie normale, ni le début d’une nouvelle ère prospère. D’un côté, il y a les vainqueurs, suivant Clemenceau dans la reconstruction du pays, censurant toute opposition politique. De l’autre, on trouve les survivants, brisés par les séquelles de la guerre. Les gueules cassées, mais aussi leurs familles sans grandes ressources.

Le parcours de François, abandonné tôt par sa mère, éduqué en orphelinat, soldat blessé cauchemardant toujours, logeant désormais chez une épicière sexagénaire, le rapproche des gens du peuple. Bien qu’encore maladroit, il utilise à bon escient son intuition. Non sans se servir des analyses plus techniques, déjà disponibles en ce temps-là. Il nous apparaît donc tel un témoin humaniste, mais aussi un très bon enquêteur. L’intrigue criminelle est fort bien maîtrisée, avec ses multiples péripéties et hypothèses, ses scènes d’action et son excellent suspense. La souplesse du récit est le meilleur atout de ce polar historique parfaitement convaincant.

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