C'est déjà la sixième fois que ce blog reprend les très justes chroniques de Dasola ayant trait à des romans à suspense. Dans le cas présent, je me permets d'intervenir. En effet, comme elle, j'ai été impressionné par « L'affaire de Road Hill House » de Kate Summerscale. Il s'agit de la reconstitution très détaillée et passionnante d'une affaire criminelle, un ouvrage de qualité supérieure (Merci encore à Hervé Jaouen de me l'avoir conseillé). Ici, rien à voir avec un roman d'énigme à l'anglaise. Cette affaire illustre par l'exemple la société victorienne, dans son contexte historique et social. Le portrait de chacun des protagonistes de ce dossier est cerné avec soin. La psychologie joue un grand rôle dans l'enquête, autant que les capacités d'observation et d'analyse du policier détective Jonathan « Jack » Whicher, dont la sagacité est admirable. On peut lire ma chronique sur ce remarquable livre sur www.rayonpolar.com. Maintenant, je laisse Dasola présenter cet ouvrage, ainsi que deux « thrillers religieux » très intéressants. (Claude Le Nocher)
« L'affaire de Road Hill House » - Kate Summerscale
Ce livre, L'affaire de Road Hill House de Kate Summerscale (éditions Christian Bourgois 2008) est le récit d'une affaire judiciaire qui a défrayé la chronique en 1860, en Angleterre dans la région de Bath. Dans une belle demeure bourgeoise, dans la nuit du 29 au 30 juin 1860, Francis Saville Kent, garçonnet plein de vie, est étouffé et poignardé. Son corps sera retrouvé dans la fosse septique (à l'écart de la maison) le lendemain. Sur place, des policiers font les premières constatations puis un détective de Scotland Yard de Londres est mandé sur place. Jonathan Whicher, tel est son nom, est un fin limier et presque une légende. Les premiers romans "de détective" publiés à cette époque (écrits par Wilkie Collins, Charles Dickens ou Mary Elizabeth Braddon) prennent Whicher ou un de ses collègues comme modèle. D'autres livres s'inspirant de l'affaire sont parus en grand nombre. Le livre de Kate Summerscale est une reconstitution précise et très bien documentée de toute l'affaire grâce aux archives judiciaires, journaux, magazines, livres et brochures. Kate Summerscale nous présente les protagonistes principaux qui ont vécu cette tragédie. Il y a le père de la petite victime, Samuel Kent, sous-inspecteur des manufactures, et sa deuxième épouse, Mary, enceinte au moment du drame. Sa première femme, Mary-Ann, morte prématurément, avait souffert de problèmes neurologiques. Cela n'a pas empêché Samuel de lui faire au moins 10 enfants dont seulement quatre ont survécu (trois filles et un garçon), qui vivent tous ensemble dans la demeure de leur père. D'ailleurs Mary, avant de devenir la deuxième Mme Kent, a été plus ou moins la nourrice de deux d'entre eux: Constance et William. A part le petit Francis, Samuel et Mary ont eu quatre autres enfants dont deux nés après l'assassinat. Cette même demeure abrite aussi trois jeunes domestiques. D'autres vivent dans le village voisin. Après un ou deux jours d'enquête, quelques interrogatoires et grâce à une pièce à conviction d'ordre vestimentaire trouvée et disparue ensuite, Whicher a rapidement une intime conviction, comme on dit en français, sur l'identité du ou de la coupable (quelqu'un de la maisonnée) mais il n'a pas de preuves. C'est seulement 5 ans plus tard, en 1865, lorsque l'affaire sera presque oubliée, que la personne coupable fera des aveux, sera condamnée à 20 de prison, finira sa vie en Australie et mourra centenaire (Kate Summerscale laisse planer un doute sur le fait que la personne ait agi seule ou avec quelqu'un qu'elle protège). Le mobile du crime (qui est prémédité) reste un peu flou. C'est vraisemblablement la jalousie au sein de la famille. Je tiens à ne pas tout dévoiler. Je complèterais en disant que Kate Summerscale évoque bien cette époque où la notion de "classe" est essentielle. Elle explique que l'intrusion de policiers dans ces grandes familles bourgeoises était vécue comme une atteinte à leur vie privée. Les policiers n'appartenaient pas au même monde. Elle montre aussi que Samuel Kent n'était pas très aimé par les villageois et les gens des environs de par sa profession d'inspecteur des manufactures. C'était une époque où les enfants travaillaient à l'usine dans des conditions épouvantables, mais le maigre salaire qu'ils rapportaient était nécessaire, et pourtant Samuel Kent en faisait renvoyer quelques-uns pour les sauver au grand dam des familles. Ceci étant, ce meurtre va bien évidemment laisser des séquelles au sein de cette famille qui déménage peu après et part au Pays de Galles. Kate Summerscale nous fait part de ce qui arrive à tous les personnages de l'histoire, détective compris. Elle complète son récit en publiant quelques photos d'époque. La photo de la couverture du livre (prise par l'écrivain) représente, en noir et blanc, la demeure de Road Hill, aujourd'hui. Ce récit présente davantage d'intérêt qu'un roman policier classique.
Deux "thrillers" religieux
Voici un billet qui porte sur deux romans à suspense qui se lisent facilement. C'est bien fait, les intrigues sont menées habilement et tambour battant. Je me dis que certains écrivains ont une imagination débordante mais pourquoi pas? Et ces deux romans sont nettement supérieurs (selon moi) à « Da Vinci Code » de Dan Brown (que j'ai détesté).
« Le troisième secret » de Steve Berry. Il s'agit du troisième secret de Fatima au Portugal en 1917. Il a été révélé sous le pontificat de Jean-Paul II. Dans le roman, un nouveau pape Clément (beaucoup inspiré par Benoît XVI) règne sur le Vatican. Un cardinal italien, Valendrea, qui aimerait bien prendre la place de ce nouveau pape, sait que ce 3ème secret n'a pas été dévoilé dans son intégralité. Ce message avait mis par écrit par la jeune portugaise pendant les apparitions de la Vierge Marie. Ce bout du troisième secret peut ébranler les fondements du catholicisme. Valendrea fait éliminer un vieux prêtre qui avait traduit l'intégralité du message du portugais en italien. Heureusement qu'un ami du pape en place, Michener, arrivera à se mettre en travers de la route de Valendrea. Le roman se termine avec un point d'interrogation (optimiste?) sur l'avenir de l'église puisque le secret (avec un nouveau pape) peut tout chambouler, mais ceci (pour l'instant) est de la science-fiction.
Dans « Le dernier templier » de Raymond Khoury, tout commence à New York lors de l'inauguration d'une exposition d'objets rares venus du Vatican. Quatre hommes à cheval, déguisés en templiers, sèment la terreur (ils décapitent un garde) et s'emparent de divers objets de grande valeur, dont un "encodeur à rotors" (objet important pour la suite de l'histoire). Une jeune chercheuse assiste à la scène et découvre assez vite qui est l'instigateur de ce hold-up, un certain Vance. En parallèle, un envoyé du Vatican, De Angelis, suit aussi de près l'enquête. On se rend compte assez vite que c'est un homme dangereux et sans scrupule qui ne veut absolument pas qu'un secret découvert par les Templiers en 1291 et coulé au fond de l'eau au large de la Méditerranée refasse surface. Il en va de la survie de la chrétienté toute entière. La solution de l'énigme ne m'a pas choquée plus que cela. Et cela aurait été intéressant de voir la suite des événements si...
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Isabelle Amonou fut lauréate du Prix du Goéland Masqué pour son premier roman “Morts fines à Morlaix” (2005). Depuis, elle a écrit une saga à suspense, publiée aux éditions
Chemin Faisant, collection Hermine Noire. Ce roman se compose de deux parties : « Cent ans d’incertitudes » et « Cent ans de certitudes ». Voici une présentation
du contexte de ce récit : « En juin 2004, François Challeu revient, pour la première fois depuis dix ans, sur les lieux de son enfance, le manoir de Jouyville, près de Caen. Il doit assister
aux obsèques de son père. Près du sinistre manoir, le domaine de Jouyville héberge La Formunie. Cette entreprise d’uniformes militaires et civils est la propriété de la riche et puissante famille
de Glatigny depuis plusieurs générations. La Formunie fait face à une double crise, externe - due au difficultés du textile dans les années 2000, et interne - menaces de grèves, menaces de fuite
vers la concurrence. François est le fils de l’intendant. Il habitait avec ses parents dans la maison du gardien, à l’entrée de la propriété. À vingt ans, il a fui la France pour se réfugier à
Tokyo, suite à un accident qui a fait basculer sa vie. Sa maîtresse Alice de Glatigny et sa sœur jumelle Charlotte ont péri dans l’incendie de la chapelle de Jouyville, le soir du 14 juillet
1994. François a reconstruit sa vie au Japon. Il s’y est marié, a eu un enfant. De retour en Normandie, il retrouve sa mère - qui ne manifeste à son égard qu’une froide indifférence - ainsi que
tous les membres de la famille Glatigny. Leur histoire tourmentée cache de nombreuses énigmes depuis 1917. »
C’est là que Kurtz éduque depuis des années des jeunes, garçons et filles, afin qu’ils deviennent
des machines à tuer. Le moment venu, aucune pitié à attendre des “chiens” de Kurtz, qui n’hésitent pas à éliminer les plus faibles d’entre eux. Leur cible, ce seront les délinquants fichés. Mais
la population n’est pas à l’abri de leurs exactions. Officiellement vétérinaire, la jeune Shan fait partie du réseau Seven, prêt à passer à l’action en France. Bien que souffrant d’une amnésie
partielle, elle ne tarde pas à rétablir son autorité. Quelque part dans le Grand Nord où il a été fait prisonnier, le monstrueux Kurtz réussit à s’enfuir. Terrible errance, douleur du froid et de
la faim, mais il résiste. L’ancien policier français Daza vit aujourd’hui en Afrique avec Malia, sa compagne qui est enceinte. C’est là que son supérieur vient le chercher afin de traquer à
nouveau Kurtz et ses « chiens ». En effet, une série de meurtres peut leur être attribuée. Et les émeutes qui commencent en France sont manipulées par la meute entraînée par Kurtz. Dans
un entrepôt du 13e arrondissement de Paris, une brochette de policiers internationaux tentent de maîtriser la situation…

Grâce à ce
policier franc-maçon, on découvrait l'odyssée réelle des archves maçonniques volées par les SS durant la Seconde Guerre Mondiale, la persécution des obédiences par Vichy, et le rôle de la société
ésotérique Thulé dans le nazisme. Antoine Marcas revint dans “Conjuration Casanova” (Fleuve Noir 2006), où il était question du pouvoir des sectes et des mécanismes de manipulation liés au
fantasme du complot maçonnique. Etait aussi évoqué le personnage (bien réel) d'Aleister Crowley. La troisième enquête du commissaire, “Le frère de sang” (Fleuve Noir 2007) revisitait l'univers
énigmatique de l'alchimie, auteur de la figure légendaire de Nicolas Flamel. On y décrivait aussi certains circuits financiers mondiaux liés au marché de l'or, et l'évolution de la
franc-maçonnerie aux Etats-Unis. Voici aujourd'hui la quatrième affaire d'Antoine Marcas : “La croix des assassins”.
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