Le nouveau roman de Christian Denis vient de paraître. “Le médecin de l’Aiguillon-sur-Mer” s’inspire d’un faits divers qui se produisit réellement dans cette région.
Juin 1939. Originaires de Dresde, Sarah Löwenstein, 28 ans, et son fils Ernst, 9 ans, ont fui l’Allemagne nazie. Juif, le père de la jeune femme a été envoyé en déportation. Sarah et Ernst se réfugient dans la région de l’Aiguillon-sur-Mer. Ils trouvent à se loger chez la brave Mme Merrien. Le début de leur séjour se passe dans une ambiance de vacances. Sarah et Ernst vont à la plage, ou visitent la région à vélo. Sarah sympathise avec des amies germanophones, filles d’un militaire français. Selon celui-ci, au sujet des menaces de guerre, l’organisation stratégique d’Hitler n’est que mascarade et esbroufe. Le régime de ce pantin va s’effondrer comme une mise en scène grotesque. Grâce à la ligne Maginot et au général Gamelin, la France est à l’abri d’un grave conflit.
Au bal du 14 juillet, Sarah fait la connaissance d’un pêcheur, André Char, et de son matelot. Mme Merrien n’ignore pas la mauvaise réputation de ces hommes alcooliques et violents.
Sarah s’enivre avec eux, et devient la maîtresse de Char. En son absence, Mme Merrien s’occupe du petit Ernst. Sarah prend l’habitude d’accompagner les deux pêcheurs lors des sorties en mer. Tous
trois abusent de l’alcool, facilitant les relations sexuelles. Un jour, un sérieux incident se produit. Sarah est victime d’un coma éthylique à bord. Les deux pêcheurs ne mesurent que trop tard
la situation, et se débarrassent du corps de la jeune femme. Découverte vivante, Sarah est hospitalisée à Luçon. Elle succombe de septicémie quelques jours plus tard. En ce début septembre, André
Char et son acolyte sont mobilisés comme les autres. Aucune vraie enquête n’est menée sur l’affaire.
Sous la protection de Mme Merrien et des amis de Sarah, le petit israélite Ernst est scolarisé tandis qu’on francise son nom. À l’issue de la guerre, il rentre en Allemagne. Bien des années plus tard, devenu adulte, Ernst revient à l’Aiguillon-sur-Mer. Il retrouve le Dr Dutilleux, qui tenta de sauver sa mère. Bien accueilli par la famille du médecin, ainsi que par le colonel Motais qui l’aida jadis, Ernst cherche à vérifier les circonstances de la mort de Sarah…
Il s’agit d’un de ces crimes inexpliqués auxquels on n’a guère donné suite, chacun préférant oublier, le temps faisant son œuvre. Sans doute, dans de nombreux endroits, les plus âgés se souviennent-ils de cas similaires, jamais éclaircis. Ici, l’enfant de la victime étant sauf malgré la guerre, l’affaire était raisonnablement close. Sans effets inutiles, Christian Denis retrace le contexte local et historique. Il développe surtout une véritable intrigue. Comme toujours chez ce narrateur émérite, la vivacité entraînante du récit le rend captivant. Ce court roman est vraiment très agréable à lire.
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Pour le Dr Mortimer, qui exerce à Grimpen, le décès de Sir Baskerville n’est probablement pas dû à un simple arrêt cardiaque. Pourtant, c’est la cause
officielle de sa mort, admise par les autorités. Mais il y a ce troublant document et, surtout, cette malédiction qui frappe les Baskerville. Mais il y a le chien légendaire qui s’attaque depuis
des siècles à cette famille, dont l’ancêtre eut un comportement odieux. Lorsque le Dr Mortimer soumet cette affaire à Sherlock Holmes, le détective peut-il croire à une explication surnaturelle ?
Il se veut logique, cartésien. Il s’intéresse à ce cas, mais sans passion excessive. Puisqu’il est retenu à Londres par des choses plus essentielles, il se contente d’envoyer le brave Dr Watson
en guise de garde du corps. Watson doit lui faire des rapports réguliers sur la situation.
La modeste Toyota de Martin avait déjà été vandalisée. On avait gravé “Trouduc” sur sa carrosserie. Cette fois, c’est son pare-choc qu’il retrouve très abîmé et ensanglanté. Il se
blesse en l’enlevant, détruit sa mallette en voulant nettoyer les traces de sang. Quand deux flics se présentent chez Super Sanitaires, Martin est subjugué par l’inspectrice An Albada. Le charme
troublant de la policière le fascine. Ce n’est pas pour le problème “Trouduc” qui les amène, ils sont de la Criminelle. Sandy, une des employées de l’entreprise, a été victime d’un meurtre. On
s’est servi de la voiture de Martin pour l’écraser à plusieurs reprises. Non seulement le comptable ne peut fournir d’alibi, mais il avait des motifs de vengeance contre Sandy. Martin est
immédiatement inculpé. Bien sûr, il nie cet horrible crime, se demandant qui a cherché à le piéger.
Patrick Claes est un trader réalisant de spectaculaires opérations financières. Son épouse Judith le croit mort quand elle le découvre peu après une agression. Le voleur a emporté sa
précieuse collection d’armes à feu. Face au commissaire Pieter Van In, assisté de son adjoint Guido Versavel, la sensuelle Judith dit tout ignorer des faits. De retour dans sa luxueuse propriété
après hospitalisation, Claes est interrogé par le duo de policiers. Sa version les laisse sceptiques, quand il affirme ne pas avoir vu l’agresseur. Le puissant Claes n’est pas de ceux qu’on
bouscule pour obtenir la vérité. Hannelore Martens, la compagne de Van In, étant la juge d’instruction chargée du dossier, on n’enterrera pas l’affaire. Si Stefaan Wille vit dans une aisance
certaine, ce n’est pas grâce à son métier de barman. Ce traficoteur accepte d’acquérir la collection d’armes volées, qu’il espère revendre à bon prix, peut-être à Claes lui-même. Il n’en aura pas
le temps, car on le retrouve assassiné peu après. Chez lui, aucune trace des armes dérobées, sauf la liste de celles-ci. On finit par les découvrir dans sa voiture, mais il manque un “coffret de
duel” avec ses deux pistolets. La police ignore que l’objet disparu contient aussi une disquette informatique compromettante.
Dan est videur dans un bar de New York depuis cinq ans. Ce métier lui convient. Il est marié à Sheila, avec laquelle il a un enfant. Il arrive à Dan de faire l’amour avec
la première fille venue, une de ces prostituées fréquentant le bar. Il estime ne pas vraiment tromper son épouse. Depuis peu, Dan éprouve quelques états d’âme. Voilà cinq ans qu’il cogne sur les
excités, quand ceux-ci se montrent trop agressifs. Il frappe des ivrognes Blancs. Bien que ça ne se remarque pas, lui-même est Noir. Plus exactement, Dan est un sang-mêlé qui a réussi à cacher
ses origines, alors qu’ils ne devrait pas se trouver chez les Blancs. Ça lui a longtemps plu de corriger des Blancs, mais ça l’amuse maintenant moins. Il ne sait dire pourquoi. Peut-être que,
trop bien intégré, il est devenu Blanc ?
Été 1908, à Giverny. L’expert japonais Hakasuko et sa fille Ophélia sont les invités de Claude Monet. Si la vue du Maître âgé faiblit, son art reste intact. Il ne reçoit plus guère,
ce que regrette le petit groupe logeant près de chez lui, à l’hôtel Baudy. Ces jeunes peintres américains admirent Monet. Stanley et son frère Linley ne manquent pas de talent. Accompagné de son
épouse Elisabeth, Donald est peu créatif. Leur amie photographe Lilian espère quelques clichés du grand peintre. Le journaliste français Robert Fresnot, proche du défunt Lautrec, habite aussi
l’hôtel. On y trouve encore un vieux théâtreux et sa compagne, ainsi que le commandant Chamançay (ami de Dreyfus) et sa femme.

