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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 05:40

 

Aux Éditions Jacqueline Chambon, le détective privé Leonid McGill est de retour dans Les griffes du passé de Walter Mosley…

Âgé de cinquante-quatre ans, Leonid McGill a longtemps participé au plus sales activités combinardes de la vie new-yorkaise. Ce Noir encore athlétique, boxeur amateur, a tourné la page depuis quelques années en devenant détective privé. MOSLEY-2011Ses relations avec les flics restent diverses. À son égard, la policière Bonilla fait preuve d’empathie, mais l’honnête inspecteur Kitteridge espère toujours coincer McGill pour ses méfaits passés. Quant au capitaine Charbon, c’est l’adversaire le plus dangereux du détective. Côté familial, pas brillant non plus pour McGill. Son épouse Katrina et lui, aussi infidèles l’un que l’autre, n’ont plus rien d’un couple. McGill est toujours obsédé par la belle métis Aura Ullman. Elle l’a quitté pour le directeur financier gérant l’immeuble prestigieux où il a ses bureaux.

Sur le conseil de son fils, le détective engage la toute jeune Mardi Bitterman. Celle-ci ayant déjà connu de lourdes épreuves, elle va se montrer une secrétaire parfaitement efficace. Au sujet de ses garçons, McGill connaît des contrariétés. Twill, le fils très débrouillard de Katrina, et Dimitri, l’ombrageux fils de McGill, se sont entichés de filles de l’Est. Ils ont disparu avec elles, restant vaguement en contact avec le détective. Katrina s’inquiète, à juste titre. Pas sorcier d’imaginer que ces trop jolies filles appartiennent à un réseaux mafieux. En l’occurrence, celui d’un slave nommé Gustav. Si McGill ne craint guère les sbires de ce type retors, une explication invoquant une erreur ne suffira pas à régler la situation. Même si Twill est un malin, Dimitri et lui sont néanmoins dans le pétrin.

Alphonse Rinaldo, conseiller spécial de la ville de New York, est en réalité un caïd mafieux auquel McGill ne peut refuser aucun service. Sans s’expliquer, Rinaldo exige que le détective retrouve et protège Angélique Tara Lear. C’est d’abord sur un double meurtre que tombe McGill. Une certaine Wanda Soa, fille de riches parents brésiliens, a été assassinée avec violence. Son meurtrier, un inconnu, est également mort dans la même pièce. Les flics étant sur l’affaire, ils posent d’embarrassantes questions à McGill, qui ne peut citer Rinaldo. Outre le directeur financier (amant d’Aura Ullman) qui le harcèle, et le cas du pauvre Ron Sharkey qu’il doit sauver, McGill poursuit son enquête sur Angie Lear.

Ce n’est pas la mère de la jeune femme qui l’aidera. Pourtant, elle évoque un ami architecte d’Angie, John Prince. Dans l’agence qui emploie la disparue, McGill apprend qu’elle a été engagée sur recommandation spéciale. Parmi les voisines d’immeuble d’Angie, seule une vieille dame est troublée par son départ hâtif. Le gardien s’avère fort peu coopératif. Le gérant apprend à McGill que le logement d’Angie est, en quelque sorte, subventionné. Entrer en contact avec ce John Prince éclaircirait-il certaines questions ? Décidément, beaucoup de secrets aux nébuleuses connections entourent cette jeune femme…

 

Après Le vertige de la chute voici la deuxième aventure de Leonid McGill, aussi excitante que la première. De plus en plus foisonnante, même. Le fil conducteur étant l’enquête autour d’Angie, le détective utilise ruse et force pour progresser. Dans tout polar qui se respecte, le privé démarre son enquête vers la page six et la suit sans se laisser distraire ou interrompre par les évènements de sa vie personnelle (…) Les bons polars suivent aussi le même schéma : à la fin, l’énigme est résolue et tout le monde est content. Le méchant se fait pincer, dans le pire des cas il est découvert…

Walter_MosleyC’est ainsi que l’auteur nous prévient avec malice: l’univers de McGill est bien loin d’investigations linéaires, ponctuées de quelques effets et de révélations soudaines. Son expérience s’est construite sur des erreurs, tel le cas du couple Lavender, ou celui de Ron Sharkey (Oh, il n’était pas le seul, mais il représentait à coup sûr un des rouages les plus grinçants de mon âme). Si son existence est encore plus compliquée que pour la moyenne des new-yorkais, McGill s’en accommode : Vivre, c’est passer un examen après l’autre, avec la certitude d’être recalé à la dernière épreuve.

Il se souvient chaque jour des leçons que lui inculqua son père idéaliste. Son principal enseignement étant, sans doute, qu’il faut toujours trouver un moyen de se sortir des situations périlleuses. Justement, notre détective super-occupé va en traverser un grand nombre, zigzagant d’une affaire à l’autre, récoltant souvent plus de questions que de réponses. Dans un roman aussi riche en péripéties, des scènes plus touchantes, des réflexions personnelles, et une tonalité largement amusée du récit, sont indispensables. Un équilibre idéalement maîtrisé par cet auteur expérimenté qu’est Walter Mosley. C’est un pur bonheur de suivre les nouvelles tribulations de Leonid McGill, véritable héros humaniste de roman noir.

D'autres chroniques : sur la première aventure de Leonid McGill "Le vertige de la chute", mais aussi sur un polar plus ancien de Walter Mosley "Une mort en rouge".

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commentaires

Max 29/10/2011 17:59


Salut Claude,
Je suis aussi hors sujet avec Cook, je voulais juste dire que "les liens du sang" est pour moi le meilleur des 3 ou 4 que j'ai lus.
J'ai lu un W.Mosley il y a pas mal de temps, je ne me rappelle pas du tout lequel, j'avais aimé. Cette chronique me donne envie d'en lire d'autres...


Claude LE NOCHER 29/10/2011 18:12



Bienvenue dans l'univers de Leonid McGill ou autres romans de Mosley, cher Max !


Ah, comme quoi "Les liens du sang" a aussi ses défenseurs. Thomas H.Cook va parfois chercher très profondément dans l'âme de ses personnages, ce qui a pu dérouter
certains lecteurs. Néanmoins, nous constatons ici que cet auteur a un vrai public d'amirateurs.


Amitiés.


 



Benoit 28/10/2011 19:28


Thomas H.Cook est aussi un de mes écrivains préférés (avec Sallis et Burke) mais je n'ai pas lu Les liens du sang ayant lu des critiques assez tièdes, est-ce tout de même un bon cru ? Merci


Claude LE NOCHER 28/10/2011 20:23



"Les liens du sang" est un de ses titres que je n'ai pas (encore) lu, donc je ne me prononcerai pas. Je crois me souvenir que notre camarade Cynic63 (aussi
admirateur de Thomas H.Cook) était quelque peu sceptique au sujet de ce roman. Toutefois, cet auteur étant reconnu comme un romancier qui soigne son style, il est possible que la psychologie ait
un peu dilué la noirceur de l'intrigue (au détriment de la sociologie), ou qu'il ait semblé plus hermétique (l'exercice de style a souvent ses limites). Je lirai certainement un jour "Les
liens du sang", ainsi que ceux qui me restent à découvrir de cet écrivain - qui reste pour moi un des plus subtils.


Amitiés.



benoit 28/10/2011 16:18


Merci de ce billet, je ne connaissais pas la série Leonid McGill que j'ai ajoutée sur cette page qui ne la mentionnait pas :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Mosley
Je suis dans la série Easy Rawlins et je me régale.


Claude LE NOCHER 28/10/2011 17:47



Bonjour


Walter Mosley est, avec Thomas H.Cook, un de mes auteurs préférés de la génération actuelle. Rien que du plaisir, en particulier avec Easy Rawlins. C'est aussi
vrai avec Leonid McGill, aux intrigues peut-être encore plus foisonnantes, je l'ai dit. Je suis heureux de ce petit privilège qui m'a permis de lire cette nouvelle aventure un peu avant sa
diffusion.


Amitiés.



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