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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 07:12
 

Depuis janvier 2010, "Le bal des débris" de Thierry Jonquet est réédité dans la collection Points, ce qui nous donne l'occasion de reparler d’un des romans les plus savoureux de ce défunt écrivain. Jonquet se sert du contexte hospitalier dans lequel il vécut quand il était ergothérapeute. Si la caricature est aussi chargée que réussie, l’auteur souligne par instants la détresse de ces lieux. Avant tout, c’est un festival de rebondissements que nous offre l’auteur dans ce roman à l'intrigue délicieusement entraînante.

JONQUET-LeBalDesDébrisLe métier de Frédéric consiste à pousser des chariots dans un hôpital pour vieux, entre le service de rééducation et celui d’ergothérapie. Entre sa compagne Jeanine, ardente syndicaliste, et son boulot auprès des patients déclinants, Frédéric mène une vie tranquille. Venu se faire soigner ici, Alphonse Lepointre n’est pas un client aussi diminué que les autres. Plombier zingueur depuis la Libération, le bonhomme de 65 ans fut précédemment truand. “La belle époque du Milieu, il a connu ça. Les tractions avant, les chapeaux mous… Son faible, c’était les coffres-forts. Puis la guerre est venue, et ça a mal tourné avec ses associés qui sont devenus des habitués de la rue Lauriston…” Lepointre voudrait trouver le moyen de s’enrichir, sur un dernier coup. L’idée séduit Frédéric.

Ils sont servis par la chance, en s’apercevant que la chambre 9 du Bâtiment Nord est gardée par des vigiles. Mme veuve d’Artilan, la septuagénaire occupant cette chambre, ne serait-elle qu’une vieille cinglée paranoïaque ? Même en surveillant avec des jumelles, le duo ne remarque rien d’anormal. Un jour de grève, Frédéric a l’opportunité d’approcher Mme d’Artilan. Il constate qu’elle possède (et conserve dans sa chambre) une mallette de précieux bijoux, raison de la présence des vigiles. Armand, dit l’Archiviste, est un ami de Lepointre. Bien documenté, il confirme au duo que Marthe d’Artilan ayant claqué la fortune hérité de son mari, il lui reste ces fameux bijoux. Pour les revendre, Lepointre connaît un ami diamantaire d’Anvers, qui ne peut rien lui refuser. Lepointre et Frédéric mettent sur pied un plan de bataille méthodique. Un bal masqué et costumé est prévu le 12 décembre, organisé par la psy du service et le vieil animateur Max. Au soir du jour J, tous s’amusent dans le gymnase de l’hôpital. “La tendresse tombait sur tout ce petit monde, enveloppant les corps souffrants de sa grande aile protectrice. Hospice and love…” Le duo endosse des robes de bure, et c’est parti. Mais rien ne se passera comme prévu…

Puisque nous sommes dans la collection Points, c’est l’occasion d’évoquer deux autres romans , de Jean-Bernard Pouy, qui y sont réédités.
"Train perdu wagon mort" : Un train de nuit se dirige vers Hailwan, capitale de la Zoldavie. POUY-train perduFrançois, prof de géopolitique, se rend dans ce pays de l’Est pour y donner une conférence. Il est aussi chargé de transmettre un contrat commercial. A 4 h10 du matin, le train ralentit et s’arrête en pleine campagne. Les 18 passagers s’aperçoivent que leur wagon de queue a été décroché. Les voilà seuls sur cette immense plaine de Malbürg, au milieu des champs de fulmènes. Vladenpass, la prochaine gare, se trouve à 30 ou 40 kilomètres. François sympathise avec Violette, une jolie rousse, et avec Albert. Celui-ci s’impose vite comme le chef de ces Robinsons, auxquels nul ne porte secours.

Après le survol d’avions de chasse, cinq passagers décident de partir à pied jusqu’à Vladenpass. François préfère attendre sur place. On s’organise, on se rationne. La nuit arrive. Une lueur au loin les fait espérer, mais s’éteint. Cardiaque, un des voyageurs décède. Des chevaux fous passent au galop, inquiétant présage. Deux éclaireurs reviennent avec un gros tracteur. On va pouvoir tirer le wagon. Mais à environ un kilomètre de la gare, c’est la panne sèche. En visitant la bourgade fantôme, ils sentent le danger de plus en plus proche. Alors que deux Zoldaviens du wagon partent en voiture, le village subit un bombardement aérien. L’hypothèse d’une guerre-surprise en Zoldavie devient probable. Ayant récupéré du carburant et un second tracteur, les rescapés continuent en direction de la capitale. Mais la voie est coupée un peu plus loin. Grâce aux deux tracteurs, ils peuvent rejoindre la grande route menant à Woldanié. Il s’agit d’une ville moyenne, où ils pensent enfin trouver de l’aide.
"La récup" : Antoine est serrurier à Paris, spécialisé dans les clés et mécanismes anciens. Dans le passé, il a eu des ennuis avec la Justice, mais sest rangé. Il espère même des travaux de restauration pour les Musées nationaux. POUY-récupPour ça, il lui faut une machine coûteuse. Quand un ami fourgue lui propose une mission lucrative et illégale, Antoine accepte. Encadré par des malfrats Russes, il force sans trop de mal une serrure ancienne dans un château. Plusieurs œuvres dart sont emportées par les Russes, qui ne lui paient pas les 10 000 Euros prévus. Antoine est frappé, puis overdosé par ses commanditaires. Résultat : deux jours dhospitalisation dans le coma, et la mémoire avec plus de trous quun terrain de golf. Près de Roscoff, où il est en convalescence chez son ami Germain, Antoine visionne le film Blank Point. Cest un peu son histoire. Même sil doit jouer à David contre Goliath, il décide dêtre aussi fort que Lee Marvin, le héros du film. Récupérer le fric promis, tel est son seul but.

Retour à Paris. Consultant l’Inventaire général, il va situer le château où il a opéré, non pas près d’Étampes mais en Seine-et-Marne. Tandis que le fourgue ayant servi d’intermédiaire est abattu, Antoine retrouve son ami Mustapha, dit Focol. Délinquant devenu détective privé, il lui fournit un pistolet et des infos. Le château appartient au nommé De Randol. C’est le PDG de la SAGOM, société visée actuellement par l’OPA d’un groupe financier russe. Focol loue une planque à Antoine, qui n’est pas sûr que le patron de son ami soit vraiment fiable. Se renseignant sur le château, Antoine apprend que l’ancien propriétaire, Zerkosky, y gardait des œuvres d’art très rares. Ça n’explique pas l’embrouille, mais c’est une piste. Quant au rôle du sous-ministre Lapasset dans l’OPA contre SAGOM, ça mériterait aussi d’être éclairci. L’atelier d’Antoine est incendié, par les Russes qui le traquent. Quant un tireur le prend pour cible, Antoine l’abat avant de disparaître un mois en Corse où il espère se faire oublier. Les magouilles de Lapasset et De Randol, il s’en moque. Il veut son fric…
"Le bal des débris" a déjà été évoqué lors du décès de Thierry Jonquet, en août 2009 (cliquez ici)
"Train perdu wagon mort" figurait (avec moins de détails) dans cet article consacré aux romans de Jean-Bernard Pouy (cliquez ici)

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commentaires

Serge 31 26/02/2010 22:10


Salut Claude. N'est-on pas toujours subjectif avec nos goûts, donc nos lectures? D'accord avec toi sur "Le bal des débris", mon Jonquet favori avec "Mygale". Folio publie prochainement un omnibus
Jonquet, je crois. Amitiés.


Claude LE NOCHER 27/02/2010 07:52


La subjectivité, vaste question ! Pourtant, quand on possède quelques bonnes bases de culture polar, je pense qu'on reste globalement objectif. Evidemment, concernant
des auteurs qui nous ont marqué, c'est un peu différent.
Amitiés, Serge !

 Si des romans des Jonquet sont réédités par Gallimard, ce serait donc en "Quarto", sachant que Omnibus ® ™ est une marque déposée exploitée par un autre éditeur.


Xavier 26/02/2010 10:54


J'ai lu les deux Pouy, tous excellents, notamment le dernier. La fin de Train perdu est un déconcertante par sa rapidité et son manque de véritable chute peut-être


Claude LE NOCHER 26/02/2010 11:27


"La récup", c'est du solide, du Pouy vrai de vrai, écrit en marathonien.
Le dénouement de "Train perdu..." importe effectivement moins que l'expérience vécue par les héros de l'histoire. Une fois que la situation est "sous contrôle", pas vraiment nécessaire d'aller plus
loin dans le récit. Se réfugier dans l'oubli de l'échec, peut-être est-ce la conclusion. Je crois que JB laisse à chacun son interprétation.
Quant au Jonquet (des débuts), c'est un de mes romans préférés, je suis subjectif à son sujet.
Amitiés.


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