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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 06:08

 

Après "Tournée de campagne", "Arrête ton cinéma", et "Le secret d’Amélie", voici le quatrième épisode de la série de romans Énigmes à Bourvillec, "Le magot de Mado" (Éditions du Palémon, 2010). Cette comédie policière de Jean-Paul Birrien comporte certains aspects plus grinçants, issus de la réalité de l’époque.

BIRRIEN-2010Mars 1972. Max est un médiocre truand presque quadragénaire, vivant grâce à l’argent de sa compagne Mado, coiffeuse âgée de 21 ans, et de magouilles autour du turf. Il est engagé comme chauffeur pour le braquage d’une petite agence bancaire de Neuilly-sur-Seine. L’affaire tourne mal, car le banquier Lafond abat le complice de Max. Néanmoins, le voleur a eu le temps de jeter une valise dans le fourgon. Elle contient une somme conséquente, trois millions de francs. Pourtant, d’après les journaux qui soulignent l’héroïsme de Lafond, tout le butin du hold-up a été récupéré. Puisqu’il en est ainsi, Max décide de tout garder pour lui, sans rien dire à celui organisa le braquage. Il cache la valise chez Mado.

Hospitalisé, le banquier Lafond joue les héros, mais n’oublie pas qu’il a des comptes à rendre. Cette “valise fantôme” placée dans son coffre-fort contenait une somme destinée au financement du parti politique majoritaire, l’UNR. Maury, son trésorier, gaulliste historique, doit impérativement retrouver ce pactole. Les jeunes dirigeants du parti ne le rateront pas si le fric est perdu. Comme il est aussi un membre éminent du Service d’Action Civique (le SAC), Maury demande un coup de main à cette organisation secrète controversée. Mariani et Garcia, deux voyous marseillais au service du SAC, vont mener leur enquête parallèle. Celle de l’inspecteur de police Lavelanet n’avance guère, puisque tout l’argent est censé avoir été retrouvé. Malgré tout, il creuse davantage cette affaire.

Entre-temps, Max a été arrêté dans une affaire de paris truqués. Ne comprenant pas vraiment ce qui se passe, la jeune Mado suit les instructions de Max. Elle s’équipe de valises élégantes pour transporter l’argent, et déménage en direction de la Bretagne. En effet, elle a hérité de la maison de sa tante à Bourvillec, une bourgade endormie de 1275 âmes. C’est tout un périple pour y parvenir. Déception, la grande bâtisse de la tante Blanckart est inhabitable. Mado s’installe chez Marius, à l’Hôtel du Midi, et fait connaissance avec les figures locales. Le banquier Lafond réalise que, malgré ses ambitions, la politique risque d’être un monde trop malsain pour lui. Peut-être est-il déjà trop tard, car il en sait beaucoup. Dès que Max est libéré, les deux sbires du SAC l’interrogent avec leurs arguments. Sa tentative de fuite signe sa perte.

Le policier Lavelanet suit son idée, trouve une Miss Marple qui a noté le numéro du fourgon de Max, remonte tranquillement la piste. Le duo du SAC fait la même chose, quitte à causer des victimes supplémentaires. À Bourvillec, Mado sort ses billets de 500 Francs, comme s’il en pleuvait. Elle s’aperçoit que cette commune, où sa famille fut recueillie autrefois, aurait besoin d’une solide aide financière…

Jean-Paul Birrien nous propose une fois encore une histoire très bien construite, avec des personnages singuliers et des situations mouvementées. Mado, jeune femme un peu godiche, est une brave fille au grand cœur, assez attachante. On ne peut pas dire qu’elle faire de Bourvillec un paradis, mais elle va y contribuer comme dans un conte de fées. Villageois et autres protagonistes sont présentés avec le sourire, caricaturaux mais avec une indéniable justesse. Il s’agit donc d’une excellente comédie policière, pleine de péripéties.

Toutefois, les éléments authentiques utilisés par l’auteur vont au-delà de l’humour. En ces années 1970, les agences bancaires étaient effectivement peu sécurisées, une énorme affaire de paris truqués toucha le monde des courses hippiques, et le financement des partis politiques de façon occulte et malhonnête était florissant, les pots-de-vin et les attributions de marchés faussant les règles. Et puis, on nous rappelle le rôle obscur du SAC, officine de soutien au Général de Gaulle comptant fort peu de militants sincères, plutôt peuplée de voyous et de magouilleurs. Cette police politique gaulliste a longtemps gangrené les services policiers, en particulier les RG. Ce second niveau de lecture n’est pas moins intéressant, car il nous montre le contexte un peu oublié de ces années-là.

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