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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 06:38

 

Dans Un escalier de sable (Éd.Seuil, 2012), Benjamin Legrand nous place aux côtés de militaires français qui s’installent dans l’Est africain, pour une mission de l’OTAN partagée avec Italiens et Allemands. Il s’agit de protéger la reconstruction d’un pont à Al-Jannah. Les Français sont stationnés au camp Oasis1, sous l’autorité du colonel Rivelain. Beaucoup des soldats sont des jeunes recrues, tels Sammy, Abdel, les deux Kevin. La lieutenante Sophie Devarrieux se veut professionnelle, face à des gradés masculins.

Dans cette zone frontalière en plein désert, Al-Jannah ressemble à une ville-fantôme, ayant subi des dégradations guerrières successives. LEGRAND-2012À part le Central Hôtel tenu par une séduisante Anglaise, pas de lieu de loisirs. Peu de population visible, non plus. Sous une chaleur tenace, la tension va vite monter. Abdel est mortellement touché par le tir d’un sniper. Tous comprennent confusément qu’il ne sera pas l’unique victime du tireur.

Sammy Amara, métis quelque peu rondouillard, est nommé caporal en devenant chauffeur du colonel Rivelain. Il possède plus de références culturelles que les deux Kevin, un Normand et un Vendéen qui n’avaient aucun but dans la vie. Le sniper abat bientôt sa deuxième cible, le Kevin du Calvados. La lieutenante va illico tenter de débusquer le tireur, vainement car elle ne trouve que sa planque vide.

Pourquoi reconstruire ce pont, sur un oued asséché depuis qu’un barrage bloque les eaux en amont ? Le colonel imagine que sa hiérarchie le sait. Ce n’est pas parmi les autorités locales, incluant des Libanais et le consul d’Afrique du Sud, qu’il obtiendra des réponses. On a bien distribué des gilets pare-balles, mais un Italien et une caporale blonde du PC français sont exécutés par l’ennemi invisible. On applique toutes les mesures de sécurité possible, tandis qu’une traque du sniper s’organise. Un probable nouveau fiasco est à craindre.

S’il se méfie du consul sud-africain, pas défavorable à la présence chinoise sur le continent, le colonel Rivelain essaie de comprendre les enjeux dans ce secteur. De son côté, au cœur de la nuit fantomatique, Sammy est attiré par le chant d’une sirène. Dans une maison, il découvre une sorte de mausolée dédié à une belle chanteuse orientale. Insolite, et probablement sans rapport avec le tueur. Le sergent Bouchard, que la lieutenante Devarrieux déteste cordialement, joue au commando solitaire. Initiative fatale, même s’il s’approche effectivement du sniper. Le colonel lance une discrète expédition destinée à explorer la région, y compris au-delà de la frontière. Il va retrouver ainsi un vieux mage qu’il a déjà croisé, peut-être aussi virtuel que les lignes frontalières de ce désert. La mission de l’OTAN à Al-Jannah reste encore et toujours meurtrière…

 

Le contexte, c’est un conflit du futur. Ou peut-être une extrapolation des guerres actuelles. Avec de gros moyens technologiques, bien sûr. Ce qui n’empêche pas que ce sont les soldats qui meurent. On suppose que, déjà durement touchées, les populations locales se terrent. Qu’est-ce qui motive une présence militaire ? En Afrique ou ailleurs, les prédateurs économiques (les vrais commanditaires) garde le flou sur ces questions. On n’a pas besoin d’une bombe atomique pour répandre une psychose et une dévastation d’enfer. Un sniper suffit. Même sans ce tireur, on réalise que c’est -comme souvent- une opération vouée à l’échec.

Outre les péripéties (tout juste survolées dans le résumé qui précède), ce sont les portraits qui font la force de cette histoire. Avant d’échouer dans ce bled, chaque personnage a eu son parcours personnel. Et chacun conserve sa propre vision des évènements, avec sa sensibilité. Si celle de Sophie Devarrieux est loin de celle de Sammy Amara, par exemple, les épreuves les rapprochent. Car seul importe l’aspect humain des drames, que la conjoncture soit militaire ou civile. L’auteur n’oublie pas d’alléger le récit, grâce à quelques moments souriants. Un noir roman d’aventure, maîtrisé et inspiré, de très belle qualité.

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commentaires

auka 09/02/2012 20:26

excellent ! et heureusement pas toujours vrai ..amitiés

auka 09/02/2012 19:39

merci !il est vrai que "médecine ourdit les trames de ma vie" !!

Claude LE NOCHER 09/02/2012 20:19



Vous connaissez évidemment cet aphorisme : "Comme la prêtrise, la médecine est un sacerdoce. Sauf que, contrairement aux curés, les médecins ne pardonnent pas."



L'univers médical contrairement au polar n'est, heureusement, pas toujours mortifère.


Amitiés.


 


Amitiés.



auka 09/02/2012 07:35

merci claude , ça paraît fort original et ça donne envie !

Claude LE NOCHER 09/02/2012 16:26



Bonjour Olivier


Un décor assez peu habituel et des personnages très attachants, c'est exact.


Amitiés.


(de vote côté, belle prestation médiatique médico-polardeuse)



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