Trois romans de Max Obione
aux éditions Krakoen
« Les vieilles décences »
Raymond, magistrat retraité, et Maurice, ancien policier, forment un duo d’amis épicuriens. Des enquêtes aussi officieuses qu’agitées pimentent occasionnellement leur vie. Cette fois, dans un étang de la Beauce, ils découvrent un cadavre égorgé. Par la suite, le journal régional évoque une simple noyade. Intrigué, Maurice s’installe dans le secteur, bientôt rejoint par Raymond. L’ex-policier secoue le correspondant du journal, dont l’article fut modifié. Ce localier est victime d’un curieux accident. Les gendarmes parlent d’un suicide, comme pour le « noyé ». Le duo identifie le mort de l’étang. Ce producteur de blé avait choisi une agriculture respectueuse de la nature. Désemparée, sa veuve est soutenue par un instit écolo. On pourrait les soupçonner du meurtre du mari. Une autre piste parait plus sérieuse. Faux noble, le vicomte de Hautemanière dirige l’industrie céréalière dans la région...
« Le jeu du lézard »
Maurice et Raymond acceptent une nouvelle mission. Retiré en Corse, Toussaint Rescamone (l’ancien chef de Maurice) sent sa fin approcher. Le truand Garbaggi veut sa peau ; mais la maladie qui affaiblit Rescamone est plus forte que le gangster. Il s’inquiète pour sa petite-fille Dora, qui semble avoir disparu. Aussi appelée « Davina », la jeune femme est connue dans les milieux artistiques parisiens. Habile pour découvrir de nouveaux talents, elle s’occupe de la galerie d’art de Jack Jugan.. Maurice et Raymond entament un vrai jeu de piste pour la retrouver. Plusieurs personnes connaissant Dora sont agressées ou abattues, sans doute par des pros du crime...
« Gaufre royale »
Ex-policier, Abel Salinas est détective privé. Il vivote grâce à des affaires de cocus. Fils d’une poissonnière acerbe et d’un père alcoolique, il collectionne les ennuis. Sentant sa fin approcher, Maître Beausang engage le détective. Cet avocat renommé regrette de n’avoir pu éviter la condamnation d’un client, le letton Edo Gradine. Ce dernier fut accusé du meurtre de Beverly Poulot, qui a disparu. Abel est contraint d’étudier ce copieux dossier. Sa visite en prison à Gradine lui confirme que ce proxénète faisait un coupable idéal. Beverly fut élevée dans un petit village par Mémée Brita, qui s’occupa de plusieurs enfants de l’Assistance Publique. Elle ignore ce que sont devenus Beverly ou son frère d’adoption Fernand. Abel s’intéresse aussi à l’employeur de la jeune femme. Habitant son hôtel particulier du 16e à Paris, M. d’Archicourt est un homme puissant, et sans doute suspect. Il possède un château dans le Pays de Caux. Sans doute Abel est-il mal avisé de vouloir l’y rencontrer....
Max Obione a publié en 2007 un recueil de 21 nouvelles, « Balistique du désir », préfacé par Marc Villard, expert en la matière. Ces textes sont d'une belle noirceur. Lorsqu’on écrit noir, cynisme et fatalité, amertume et dureté, haine et mort, sont des ingrédients incontournables. Telle est la tonalité de cet excellent recueil, aux récits parfois déroutants. Citons encore deux romans du même auteur : « Calmar au sang », « Amin's blues », et des nouvelles dans les recueils : « Graines de noirs », « Stories of the Dogs », « Nouvelles de Caen ».
© Claude Le Nocher
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