Matthieu Blais et Joël Casséus sont deux auteurs québécois. Publié en France chez Kyklos Éditions, leur roman “Zippo” a pour décor un futur pas si éloigné du monde actuel, mais en bien pire… (disponible dès le 19 mars 2012).
C’est à Villlanueva que se réunira le sommet du Zippo, regroupant les neufs plus grandes puissances mondiales. Évènement de portée internationale, pour
cette métropole nord-américaine. Mesures de sécurité maximales afin de protéger les décideurs présents. Vaste couverture médiatique, avec des journalistes aux ordres flattés d’être accrédités.
Image positive qui pourrait être ternie par un météore, dont le point d’impact sur Terre semble être Villanueva. Information de second plan, qui ne trouble guère les préparatifs. Une grande part
de la population de la ville ne sera pas associée à cette rencontre des puissants. Car on en a déjà placé beaucoup dans un ghetto, le quartier des Pornoputes. Derrière les barbelés et les
miradors, les plus pauvres sont rassemblés ici, sans grand espoir d’en sortir.
Quelques clochards isolés ont récemment été éliminés sans pitié. Depuis peu, des autobus où l’on entasse en masse les clodos et autres pauvres circulent à travers la ville. Personne ne veut imaginer ce que l’on fait d’eux. Les filles de Mme Steinman, de l’Italien et de la Sorcière disparaissent depuis un certain temps. Sans doute est-ce le même programme de nettoyage qui vise également ces prostituées. Mme Steinman s’est retranchée dans son bordel de la rue Pouy, mais n’y est pas plus en sécurité… Dans une résidence médicale pour personnes âgées, les vieux patients sont livrés à eux-mêmes, sans le moindre confort. On compte plusieurs décès. Pour Luis et Maervick, rares survivants, il reste pourtant un ultime combat à mener…
O’Donnell, petit délinquant ayant testé toutes les combines, entre en clandestinité lorsqu’il réalise que des gens comme lui n’ont plus leur place à Villanueva. Depuis qu’il a perdu la belle A***, le journaliste Kahid n’éprouve plus aucune motivation. Couvrir le sommet du Zippo, telle est la mission que lui confie son patron. Son collègue Zadourof se serait senti plus impliqué que Kahid dans ce sujet-là. D’ailleurs, Kahid le croise plusieurs fois dans les locaux du sommet. Si l’évènement ne plait pas à tous, une manifestation tourne plutôt à la confusion. La tension ambiante fait oublier les purges contres prostituées et clochards, ainsi que l’imminence de l’impact du météore…
Si l’on cherche un qualificatif, il s’agirait d’un polar futuriste pré-apocalyptique. Il est vrai que cette sorte de roman sort de l’ordinaire. Il convient d’accepter une narration elliptique déstabilisante. Cette histoire pouvait se raconter avec plus de détails ? Oui, peut-être. Mais les protagonistes se trouvent dans une certaine urgence, à cause de la menace venue de l’espace. Dans un dénuement quasi-total aussi, situation de survie qui les prive de liberté, et presque de la capacité d’échanger des conversations. Économie de mots et d’actes, autour de ces personnages encore à peine vivants, pas tous résignés.
Un bref glossaire : les macoutes désignent les forces de l’ordre militarisées. Les officiels de haut rang s’appellent les cravates. Les claquedents, ce sont les clochards. Les crache-poumons, les cigarettes. Alors, bien sûr, un esprit contestataire plus direct eut été davantage percutant. Certes, la bataille contre ces acronymes qui dirigent le monde ultra-libéral n’est pas gagnée. Néanmoins, cette projection vers un avenir miséreux devrait nous alerter. Il n’est jamais trop tôt pour protester contre une société inégalitaire à tendance dictatoriale. Peut-être le message à retenir ?
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Puis vient le temps du 36 Quai des Orfèvres, glorieuse adresse universellement connue. La quasi-totalité des grandes affaires criminelles passera longtemps par
ces bâtiments: de l’assassinat de Jean Jaurès en 1914 jusqu’à l’attentat de la Rue Copernic en 1980 ou à celui du RER B de Saint-Michel en 1995, de l’affaire Violette Nozières en 1933 à celle de
Guy Georges en 1994 ou celle de Thierry Paulin vers 1987, de l’assassinat du président Paul Doumer en 1932 à celui du PDG de Renault en 1986 par Action Directe, du cas de Lucien Léger en 1964 à
celui du Japonais cannibale en 1981, et bien d’autres encore. Car l’histoire du "36" est aussi liée à la Bande à Bonnot, à l’affaire Stavisky, aux comploteurs de la Cagoule, au gang des Tractions
avant, etc.
Se plonger dans un roman de Nadine Monfils, c’est pénétrer dans un univers où tout repère a été gommé d’un coup de baguette magique ou maléfique. Il en faut du
talent pour captiver avec de sanglants 



Georges Simenon était né le vendredi 13 février 1903 à Liège. Voici l’occasion, 109 ans plus tard, d’évoquer brièvement cet écrivain que je n’ai jamais abordé chez
Action-Suspense. Pourquoi en aurais-je parlé, d’ailleurs ? Des milliers d’articles de presse, d’études biographiques, de conférences ou d’expositions lui ont été consacrés depuis bien longtemps.
Quantité de lecteurs continuent à se procurer les sempiternelles rééditions de son œuvre. Préférant sans doute les éditions originales, de nombreux érudits lui vouent une vraie
vénération.


Elle n’y connaît rien, ce qui ne l’empêche pas de se lancer aux
trousses de Joe Morelli (Jason O’Mara), flic suspecté de meurtre qui l’avait séduite avant de la plaquer au temps du lycée. Même si l’expérimenté Ranger (Daniel Sunjata) lui enseigne quelques
trucs, sa mission sera plus compliquée que prévu. Ajoutons-y une famille envahissante, un boxeur qui pourrait bien être un tueur, des témoins qui tombent comme des mouches et son attirance pour
Morelli… Avec aussi Debbie Reynolds (Mamie Mazur) et Sherri Shepherd (Lula), incarnant des personnages déjantés de cette série de romans.
Son grand plaisir, ce sont les veillées funéraires chez Stiva, où elle met une certaine animation.
Elle est mêlée aux affaires traitées par sa petite-fille. Un personnage réjouissant.


Luc Fivet a collaboré à l’écriture du roman
C’est un excellent flic en dépit d’une incapacité
congénitale à respecter la voie hiérarchique doublée d’une regrettable inclination pour les solutions expéditives. Il se soigne auprès d’un thérapeute versé dans les pratiques bouddhiques, mais
les révélations védiques sont solubles dans la bouteille. Plus que jamais, son espoir de réintégrer la Brigade criminelle, dont il a été viré pour insubordination, relève de l’utopie. Si la belle
vendeuse du magasin de meubles orientaux daignait au moins remarquer son existence. Hélas, elle reste désespérément insensible à son charme, quand elle ne l’humilie pas en public. Tout irait donc
pour le pire si la jeune femme n’avait pas l’étrange idée de se faire égorger en pleine nuit sur son lieu de travail. Pour le capitaine Michel Ancône, la rédemption est proche. Mais le chemin de
l’illumination est long, escarpé et semé de cadavres…


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