Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 06:28

 

Matthieu Blais et Joël Casséus sont deux auteurs québécois. Publié en France chez Kyklos Éditions, leur roman Zippo a pour décor un futur pas si éloigné du monde actuel, mais en bien pire… (disponible dès le 19 mars 2012).

BLAIS-CASSEUS-2012C’est à Villlanueva que se réunira le sommet du Zippo, regroupant les neufs plus grandes puissances mondiales. Évènement de portée internationale, pour cette métropole nord-américaine. Mesures de sécurité maximales afin de protéger les décideurs présents. Vaste couverture médiatique, avec des journalistes aux ordres flattés d’être accrédités. Image positive qui pourrait être ternie par un météore, dont le point d’impact sur Terre semble être Villanueva. Information de second plan, qui ne trouble guère les préparatifs. Une grande part de la population de la ville ne sera pas associée à cette rencontre des puissants. Car on en a déjà placé beaucoup dans un ghetto, le quartier des Pornoputes. Derrière les barbelés et les miradors, les plus pauvres sont rassemblés ici, sans grand espoir d’en sortir.

Quelques clochards isolés ont récemment été éliminés sans pitié. Depuis peu, des autobus où l’on entasse en masse les clodos et autres pauvres circulent à travers la ville. Personne ne veut imaginer ce que l’on fait d’eux. Les filles de Mme Steinman, de l’Italien et de la Sorcière disparaissent depuis un certain temps. Sans doute est-ce le même programme de nettoyage qui vise également ces prostituées. Mme Steinman s’est retranchée dans son bordel de la rue Pouy, mais n’y est pas plus en sécurité… Dans une résidence médicale pour personnes âgées, les vieux patients sont livrés à eux-mêmes, sans le moindre confort. On compte plusieurs décès. Pour Luis et Maervick, rares survivants, il reste pourtant un ultime combat à mener…

O’Donnell, petit délinquant ayant testé toutes les combines, entre en clandestinité lorsqu’il réalise que des gens comme lui n’ont plus leur place à Villanueva. Depuis qu’il a perdu la belle A***, le journaliste Kahid n’éprouve plus aucune motivation. Couvrir le sommet du Zippo, telle est la mission que lui confie son patron. Son collègue Zadourof se serait senti plus impliqué que Kahid dans ce sujet-là. D’ailleurs, Kahid le croise plusieurs fois dans les locaux du sommet. Si l’évènement ne plait pas à tous, une manifestation tourne plutôt à la confusion. La tension ambiante fait oublier les purges contres prostituées et clochards, ainsi que l’imminence de l’impact du météore…

 

Si l’on cherche un qualificatif, il s’agirait d’un polar futuriste pré-apocalyptique. Il est vrai que cette sorte de roman sort de l’ordinaire. Il convient d’accepter une narration elliptique déstabilisante. Cette histoire pouvait se raconter avec plus de détails ? Oui, peut-être. Mais les protagonistes se trouvent dans une certaine urgence, à cause de la menace venue de l’espace. Dans un dénuement quasi-total aussi, situation de survie qui les prive de liberté, et presque de la capacité d’échanger des conversations. Économie de mots et d’actes, autour de ces personnages encore à peine vivants, pas tous résignés.

Un bref glossaire : les macoutes désignent les forces de l’ordre militarisées. Les officiels de haut rang s’appellent les cravates. Les claquedents, ce sont les clochards. Les crache-poumons, les cigarettes. Alors, bien sûr, un esprit contestataire plus direct eut été davantage percutant. Certes, la bataille contre ces acronymes qui dirigent le monde ultra-libéral n’est pas gagnée. Néanmoins, cette projection vers un avenir miséreux devrait nous alerter. Il n’est jamais trop tôt pour protester contre une société inégalitaire à tendance dictatoriale. Peut-être le message à retenir ?

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Spécial Québec - Communauté : Culture Polar
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 07:24

 

LIEGE-FESTIVAL-2012Les dix titres de la sélection du prix Plume de Cristal 2012, décerné dans le cadre du 6e Festival International du Film Policier de Liège. Le prix sera remis au vainqueur le samedi 21 avril. Pour les quatre premiers, il suffit de cliquer sur le lien afin de retrouver mes chroniques.

 

Alex de Pierre Lemaitre, Ed.Albin Michel

Code Salamandre de Samuel Delage, Ed.Belfond

Des rats et des hommes de Tito Topin, Ed.Rivages/Noir

Les Harmoniques de Marcus Malte, Ed.Gallimard

Les ronds dans l'eau de Hervé Commère, Ed.Fleuve Noir

Nymphéas Noirs de Michel Bussi, Ed.Presses de la Cité

Le chat aux yeux jaunes de Serge Brussolo, Ed.Fleuve Noir

Le banc de l'injustice de Simone Gélin, Ed.Les Nouveaux Auteurs

Le jour où tu dois mourir de Marc Charuel, Ed.Albin Michel

Souvenirs du Rif de Michel Claise, Ed. Luce Wilquin

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Infos et évènements - Communauté : Culture Polar
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 06:36

 

C’est le Lieutenant général de police Nicolas de la Reynie (1625-1709) qui créa les premiers services d’enquête, aux temps de Louis 14. La grande histoire de la police retient évidemment le nom de François Vidocq (1775-1857), forçat évadé qui devint Chef de la Sûreté. Mais c’est surtout à partir de 1871 que la police parisienne s’organise, s’installant jusqu’en 1888 au 7 Quai de l’Horloge.

CANCES-DIAZ-1Puis vient le temps du 36 Quai des Orfèvres, glorieuse adresse universellement connue. La quasi-totalité des grandes affaires criminelles passera longtemps par ces bâtiments: de l’assassinat de Jean Jaurès en 1914 jusqu’à l’attentat de la Rue Copernic en 1980 ou à celui du RER B de Saint-Michel en 1995, de l’affaire Violette Nozières en 1933 à celle de Guy Georges en 1994 ou celle de Thierry Paulin vers 1987, de l’assassinat du président Paul Doumer en 1932 à celui du PDG de Renault en 1986 par Action Directe, du cas de Lucien Léger en 1964 à celui du Japonais cannibale en 1981, et bien d’autres encore. Car l’histoire du "36" est aussi liée à la Bande à Bonnot, à l’affaire Stavisky, aux comploteurs de la Cagoule, au gang des Tractions avant, etc.

L’enquête policière, ce sont encore de grandes avancées techniques. Depuis ces inspecteurs qui se grimaient pour guetter leurs suspects, puis les classements et méthodes photographiques imaginés par Alphonse Bertillon, jusqu’à l’ADN et aux spécialistes de criminalistique actuels. Il faut également évoquer la Mondaine et l’Antigang, brigades spécifiques. Et un ouvrage sur le "36" ne peut oublier que le nom de Simenon y reste associé, grâce au commissaire Maigret.

Publiée aux Éditions Jacob-Duvernet fin 2011, cette Histoire illustrée du 36 des anciens policiers Claude Cancès et Charles Diaz est bien sûr intéressante par ses textes, mais surtout par ses illustrations. La très riche iconographie permet de suivre à travers le temps l’évolution de la police, de ses méthodes d’investigation et de la criminalité. On peut regretter, puisque les crimes politiques sont évoqués, qu’il manque des détails sur la proximité politicienne entre l’État et les hauts-fonctionnaires du "36". Et puis on a peut-être moins d’admiration que les auteurs pour des grands noms de la PJ, le commissaire Broussard n’ayant jamais fait l’unanimité dans l’opinion, par exemple. Néanmoins, le lieu par lui-même reste impressionnant et symbolique. Et les documents anciens présentés ici constituent un témoignage, une facette de l’Histoire de France encore récente.

CANCES-DIAZ-2

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Livres et auteurs - Communauté : Culture Polar
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 06:38

 

Aux Éditions Belfond, Nadine Monfils nous donne plusieurs rendez-vous en cette année 2012. Dès le mois de juin, sera rééditée la série Commissaire Léon (le flic qui tricote en cachette depuis qu’il a arrêté de fumer, incarné par Michel Blanc au cinéma dans “Madame Édouard). MONFILS-2012-1Elle comporte dix histoires et paraîtra en cinq volumes. Aujourd’hui, c’est avec La petite fêlée aux allumettes que nous pouvons déjà retrouver Nadine Monfils…

 

Pandore n’est certainement pas la plus tranquille des villes. Les morts suspectes ou carrément criminelles s’y succèdent. Geste de défense pour la jeune Nake, qui a poignardé un dragueur plouc nommé Éric Mornier. Celui-ci n’avait guère de contact avec son puant père, ce qui n’empêche pas ce Max Mornier de décréter qu’il vengera son fils. Le décès de la grand-mère de Nake, qui a élevé la jeune fille, n’est pas vraiment naturel non plus. Elle n’était sans doute pas la gentille mamie qu’imaginait Nake. En cherchant des traces de sa famille, elle s’aperçoit que quelques secrets restaient cachés. Elle trouve aussi une boite d’allumettes. Chaque fois que Nake craque une allumette, elle a la vision d’un crime en train de se produire. En effet, plusieurs fillettes sont assassinées à Pandore.

Ce sont des indices fort approximatifs que recueille l’inspecteur Cooper. Pattes de chats dans la bouche, mutilations, fillettes portant des vêtements qui ne leur appartenaient pas. Une copine de la première victime prétend qu’un loup et un fantôme rôdait autour d’elles. Quant aux parents, rien de très fiable dans leurs témoignages non plus. D’autant que Tina Dex, la mère de la deuxième gamine, a des activités plus qu’étranges. L’inspecteur Cooper ne compte guère sur ses adjoints. L’un, Capsule, aime trop la pipe. L’autre, Michou, est un homosexuel extraverti. D’ailleurs, ce dernier se transforme chaque nuit en travesti sous le nom de Betty. Ce qui, en écoulant un peu de drogue, lui donne l’occasion de croiser Max le vengeur. Ainsi que Nake, que Betty n’a pas l’intention de trahir.

MONFILS-juin2012 Mémé Cornemuse, c’est comme une tornade causant beaucoup de dégâts sur son passage depuis qu’elle a décidé de ne plus respecter aucune norme. Adepte du philosophe belge Jean-Claude Van Damme, Mémé Cornemuse ne cherche jamais d’excuses à ses actes. Entre tâter les boules des messieurs, faire exploser la maison en bord de mer de l’inspecteur Cooper, et s’occuper du ménage de celui-ci, l’emploi du temps de Mémé Cornemuse est chargé. De son côté, Nake s’interroge sur le mystérieux locataire de sa grand-mère. Fait-il partie de ces hommes aux chapeaux melons, porteurs de mort à Pandore ? L’enquête sur les meurtres des fillettes, Cooper et son équipe s’en préoccupent parfois. On peut déjà affirmer que, si l’assassin est arrêté, un dénouement festif se prépare…

 

Il était une fois, dans un monde semblable à celui des contes de fées, des gens qui ne seraient pas gentils, mais pas haïssables non plus. Dans ce moderne Pandémonium, il y aurait des flics pas spécialement consciencieux, des parents qui s’en fichent de leurs gamines, des types aux allures inquiétantes, et une mémé infernale essayant de comprendre l’esprit de Jean-Claude Van Damme.

MONFILS-MijadeSe plonger dans un roman de Nadine Monfils, c’est pénétrer dans un univers où tout repère a été gommé d’un coup de baguette magique ou maléfique. Il en faut du talent pour captiver avec de sanglants meurtres pour rire, accompagnés de mystérieuses visions issues du flash d’une allumette. Tout cela s’inspirant en partie de l’imaginaire d’enfance, et des authentiques contes bien plus cruels que ceux racontés aux mômes. En guest-star, la mémé Cornemuse de Les vacances d’un serial killer nous déride le neurone de la rigolade. Une potion à base de délire déstressant, un efficace remède contre la morosité, une médication sans effets secondaires néfastes, voici ce que nous offre Nadine Monfils pour passer un excellent moment de lecture.

 

Par ailleurs, Nickel blues de Nadine Monfils est réédité aux Éditions Mijade.

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Livres et auteurs - Communauté : Culture Polar
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 08:07

 

La collection Feux Rouges fut publiée aux Éditions Ferenczi de 1958 à 1960. Elle compte cinquante-quatre titres, aussi bien des romans d’espionnage que du suspense. Elle est injustement restée mésestimée par beaucoup d’amateurs de polars. Ça tient au fait qu’on ne trouve guère d’auteurs très célèbres dans cette série. À part quelques étrangers peu connus traduits par Jane Fillion (Milton K.Ozaki, Vernon Warren, Day Keene, Charles A.Landolf et Browning Norton, L.A.Dann), l’essentiel des auteurs sont Français.

FEUX-ROUGES-3Il est vrai qu’on ne sait trop qui se cachaient derrière les noms ou pseudos de Luc Parain, Dan Sullivan, Willy Roc et autres. Pourtant, figurent dans ce catalogue des romanciers qui feront carrière. Jacques Chabannes a connu une certaine notoriété dans les années 1950-60. Roland Piguet et Jean-Pierre Alem ont publié d’autres romans par la suite. Raymonde Borel-Rosny et son mari Robert étaient déjà des auteurs expérimentés. Georges Vidal poursuivra aux Presses de la Cité, puis deviendra un auteur du Fleuve Noir Spécial-Police.

Les deux auteurs qui confirmèrent leur talent par la suite sont Georges Murey et Roger Henri-Nova. Le premier n’est autre que Georges-J.Arnaud, qui devint un des piliers du Fleuve Noir, dans la plupart des collections de cet éditeur. Dans ses titres de cette époque, on distingue déjà sa manière d’écrire. Le second publia ensuite chez Presses de la Cité, avant de gagner une véritable notoriété sous le nom de Roger Faller. Il produisit quantité de bons romans pour les collections Spécial-Police et Espionnage du Fleuve Noir pendant une vingtaine d’années. C’est dans ces deux genres qu’il a écrit huit titres pour Feux Rouges.

Pour vérifier que cette collection était loin de la médiocrité, voici deux exemples de romans à suspense publiés chez Feux Rouges.

 

FEUX-ROUGES-1R.& R.Borel-Rosny : Ma haine pour toi (1959)

Margot et Stéphane Thadder s’installent dans une villa à la campagne, du côté d’Arpajon. En vérité, c’est une impasse cette Avenue des Tilleuls à Saint-Florent, le bout du monde. Stéphane, receleur d’objets d’arts, semble avoir besoin de se faire oublier. Margot ignore s’il craint la police ou les mafieux. Un tel isolement en cette saison morose, c’est bien déprimant. Ils n’ont qu’une voisine, la veuve Malicotte. Si Stéphane l’évite, Margot sympathise avec elle en l’absence de son mari. Jouant les cartomanciennes, Mme Malicotte voit la mort planer autour du couple. Elle n’a pas tort, car Stéphane a entraîné Margot ici pour la supprimer. Il rêve de refaire sa vie avec la jeune Brigitte, qui vit dans le Sud et l’a déjà oublié. Stéphane étrangle sa compagne et cache habilement le cadavre dans la cave. Mme Malicotte a remarqué les activités nocturnes de son voisin bizarre.

Marié à Colette, handicapée des jambes, Gilles Damette veut faire cesser le chantage de sa secrétaire Josie, enceinte de lui. Ils ont rendez-vous en soirée, au bureau de Gilles. Quelqu’un a éliminé Josie avant l’arrivée de Gilles, à l’insu du gardien de nuit Anatole. Se sachant hautement suspect, Gilles suit le conseil de son épouse. Elle lui suggère de fuir en Suisse, dans la maison de sa tante Florence. Mais, sur le trajet, un incident de voiture le retarde. Sa route croise par hasard celle de Stéphane, qui a déguerpi après avoir réglé son compte à la voisine fouineuse. Un accident de voiture vient compliquer la situation, à l’heure ou les victimes de Stéphane ont été découvertes. L’inspecteur Tiburce est chargé de démêler cette affaire. Le rescapé de l’accident est-il Gilles ou Stéphane ?

FEUX-ROUGES-2Un assassin sans scrupule et un suspect qui n’a pas tué, deux cas de figure pour un petit roman très réussi. Les personnages sont typés, sans être caricaturaux. Précise et fluide, la narration est plutôt enjouée. Une intrigue qui s’avère vite passionnante, et qui réserve quelques surprises.

 

Georges Murey : À tête coupée (1960)

Sur la côte Est du Mexique. Frank Reynolds, trafiquant de drogue américain, doit purger dix ans de prison dans un pénitencier. Il a trouvé le moyen de s’évader, grâce à sa femme Jenny Reynolds et à la complicité d’un détenu métis libérable. Un plan simple: tandis que Frank et son complice se cachent dans les alentours de la prison, Jenny et un sosie de Frank (Roy Merril) doivent faire diversion. Le couple fera croire aux policiers qui les pourchassent qu’ils vont vers le Nord, en direction de la frontière. Tous quatre ont rendez-vous quelques jours plus tard dans une maison isolée. Le lieutenant Funker, qui arrêta Frank, est alerté dès les premiers instants suivant l’évasion. Il s’interroge sur la fuite de l’Américain, se demandant pourquoi il fait un détour peu logique par les marécages.

FEUX-ROUGES-4Jenny et le sosie Roy jouent correctement leur rôle, évitant les barrages de police et les patrouilles à moto. C’est ce qui les oblige à traverser les marais dans des conditions périlleuses. À Tampico, ils changent de véhicule, mais les hommes de Funker ne tardent pas à s’en apercevoir. De leur côté, après avoir éliminé un témoin gênant, Frank et son complice poursuivent leur parcours sans être traqués. Toutefois, l’Américain a hâte de retrouver son épouse, qui pourrait bien tomber sous le charme de son sosie. Manquant de sommeil, le lieutenant Funker ne sait quelle hypothèse adopter pour retrouver les fuyards…

Une chasse à l’homme en milieu hostile, un jeu de dupes entre poursuivants et fugitifs. Un suspense qui ne manque ni de densité psychologique, ni d’action à rebondissements. Un roman où Georges-J.Arnaud maîtrise déjà son style.

 

J'ai consacré un hommage à Roger Faller, ici. L'Oncle Paul a fait le portrait de Raymonde et Roger Borel-Rosny, là.

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Suspense Story - Communauté : Culture Polar
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 06:37

 

Pour fêter la Saint-Valentin, la fête des amoureux, voici une sélection de quatre polars. Parmi les vingt règles définies par l’écrivain S.S.Van Dine (1888-1939, créateur du détective Philo Vance) concernant l’élaboration d’une intrigue policière, la n°3 est sans appel : AMOUR 1Le véritable roman policier ne doit pas comporter d'intrigue amoureuse. En introduire une reviendrait, en effet, à fausser un problème devant rester purement intellectuel. Pas d’histoire d’amour parce que c’est trop facile ? Psychologie tourmentée et sentiments exacerbés ont néanmoins servi à de nombreux romanciers, qui ont contourné cette règle avec grand talent. Je vous propose les présentations éditeurs de quelques titres mêlant dans leurs titres amour et mort.

 

Fred Vargas : Les jeux de l'amour et de la mort

(Ed.Le Masque, premier titre de F.Vargas, en 1986)

"Je suis génial." Cette fois-ci, Tom est certain d'avoir élucidé le meurtre de Saldon, l'Américain dont il s'est servi pour s'introduire auprès de Gaylor. Gaylor le magnifique, le consacré, le peintre chéri du 20e siècle... On n'approche pas facilement Gaylor, et l'invitation à cette soirée mondaine dénichée par Saldon avait été l'occasion rêvée de se glisser près de lui. Tom se l'était juré : il soumettrait ses toiles au maître. Mais voilà, une fois dans la place, Tom s'était montré au-dessous de tout : non seulement il n'avait pas adressé la parole à Gaylor, mais pire encore, en s'introduisant comme un voleur dans le bureau du grand homme, il était tombé sur le cadavre... AMOUR 2Pauvre Tom ! Il n'est quelquefois pas facile d'être génial... Surtout lorsque la police est persuadée de votre culpabilité.

 

Keith Ablow : L'amour à mort (Pocket)

Une femme a été assassinée. À ses côtés, la police trouve un homme couvert de sang, victime de troubles de la personnalité et d'hallucinations. Malgré l'horreur du crime, la procédure exige qu'un expert évalue l'état psychique du suspect. Mais le docteur Frank Clevenger, appelé en urgence, est-il en état d'intervenir ? Drogue, jeu, situation financière catastrophique, rapports professionnels exécrables, vie privée en déliquescence, l'existence de Frank part à vau-l'eau, et cette affaire pourrait bien être celle de trop. Quand on a perdu le contrôle, le moindre dérapage peut être fatal…

 

Richard Lortz : L’amour mort ou vif (Rivages/Noir)AMOUR 3

"Une maison aussi mystérieuse que monstrueusement composite, un mélange de styles Tudor et Colonial agrémenté de style "pièce montée victorienne". Une seule famille de quatre personnes pour en occuper les trente-deux pièces ! L'aile nord, battue par les vents et les tempêtes, est inhabitable, si bien qu'il ne reste qu'une dizaine de pièces salubres. Ajoutons encore les affaires personnelles de Christine : une machine à coudre dont elle ne sait pas se servir, un mannequin poussiéreux, une espèce de cadavre desséché, et surtout, une vieille malle de la dimension d'un cercueil qui ne la quitte jamais, et dont Michael s'interroge sur le contenu. Voilà qui est furieusement gothique ! Le sang ne tarde pas à couler quand, épouvantée par une nuée d'étourneaux, Christine tire sur les oiseaux avec un vieux fusil sorti de la mystérieuse malle. Bouillie sanglante : et l'on sent passer l'aile de la folie... Le ton est maintenant donné. Insidieusement, Richard Lortz nous entraîne dans la démence jusqu'à un point de non-retour. L'écriture baroque, qui ne manque pas de rappeler certains accents du grand Huysmans, AMOUR 4ne contribue pas peu au charme envoûtant et décadent de ce roman à mi-chemin entre polar et fantastique." (Jean-Pierre Deloux, Polar)

 

Alexandra Marinina : La mort et un peu d'amour (Points)

L’inspectrice Anastasia Kamenskaïa va se marier avec le très bon et très patient Liocha. C'est en pensant à cela qu'elle rentre chez elle et surprend la conversation de deux malfrats : l'alibi qui les a récemment tirés d'une sale affaire était bidon. Elle les avertit qu'elle va appeler le juge d'instruction pour faire rouvrir le dossier, et aussitôt les menaces fusent. Le lendemain, elle trouve un mot dans sa boîte : «Ne le fais pas, tu le regretteras.» Elle prévient le juge, se marie et, horreur, entend un hurlement dans le bureau de l'état civil : une jeune mariée vient de se faire tuer d'une balle en plein cœur. L'enquête commence et l'on apprend que des meurtres similaires se sont produits. Quel lien y a-t-il entre tous ces meurtres, c'est la question…

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Boulevard du Polar - Communauté : Culture Polar
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 06:31

 

SIMENON 1Georges Simenon était né le vendredi 13 février 1903 à Liège. Voici l’occasion, 109 ans plus tard, d’évoquer brièvement cet écrivain que je n’ai jamais abordé chez Action-Suspense. Pourquoi en aurais-je parlé, d’ailleurs ? Des milliers d’articles de presse, d’études biographiques, de conférences ou d’expositions lui ont été consacrés depuis bien longtemps. Quantité de lecteurs continuent à se procurer les sempiternelles rééditions de son œuvre. Préférant sans doute les éditions originales, de nombreux érudits lui vouent une vraie vénération.

 

Le commissaire Maigret restera un des héros majeurs de la littérature policière. Héros bien grand mot, puisque Simenon le définissait comme un fonctionnaire de police faisant tout simplement son métier. Jules Maigret ne rentre-t-il pas auprès de son épouse Louise, dans leur appartement du boulevard Richard-Lenoir, où ils mènent une vie de couple ordinaire ? SIMENON 2Une vie normale, y compris dans le cours de ses enquêtes. Maigret ne traque pas les criminels, se sert peu d’indices fournis par les analyses d’experts. Il observe et écoute, il jauge les situations, il essaie de comprendre les faits, il s’intéresse à la victime. Certes, il a parfois assez tôt un suspect, dont il va cerner sans précipitation le caractère et les motivations. Un flic ordinaire de son époque, face à des gens sans histoire mêlés à une affaire criminelle. Quelquefois, il va croiser d’anciens délinquants, des prostituées reconverties, mais il s’agit généralement de menu fretin, pas de malfaiteurs endurcis. Si ces romans sont peuplés d’une population peu suspecte, les intrigues ménagent une bonne part de tranquille suspense.

 

Recommander un Maigret plutôt qu’un autre serait bien hasardeux. Mon préféré reste L’écluse n°1, parce qu’il y est question de péniches et que le commissaire fait face à un adversaire de poids. C’est aussi le cas dans La tête d’un homme. Je garde un très bon souvenir de La nuit du carrefour, de Liberty-bar, de L'affaire Saint-Fiacre, de Maigret se trompe, mais bien d’autres sont intéressants. SIMENON 3

 

Georges Simenon, ce sont aussi des romans noirs. Certains lecteurs, détestant le personnage trop bourgeois de Maigret, admettent que ces titres-là sont souvent plus subtils. Il s’agit la plupart du temps de très bons suspenses psychologiques. J’éprouve une tendresse particulière pour Les fantômes du chapelier, le premier Simenon que j’ai lu, hors Maigret. Je me souviens aussi de ce roman (Les témoins, je crois) où un impitoyable président de Cour d’Assises est souffrant lors d’un procès, ce qui remet en cause sa vision des faits et de la vie. En effet, on est loin de l’univers de Maigret dans ces œuvres nettement plus sombres. Il faudrait aussi citer Lettres à mon juge, dont le principe a été repris par bien d’autres romanciers après Simenon. La liste serait longue des titres à retrouver, chacun ayant évidemment ses préférences.

SIMENON 4On a dit le plus grand bien des romans publiés sous pseudos (Georges Sim, Christian Brulls, etc.) Ceux que j’ai lus (deux ou trois) m’ont semblé terriblement anodins, copiés de cette piètre littérature mystérieuse ou exotique du début 20e siècle. La manière d’écrire, sans afféterie mais sachant dessiner une ambiance, s’améliore chez Simenon après ces ouvrages mineurs. Quitte a redécouvrir cet écrivain, autant lire ou relire des romans et nouvelles plus construits. Les rééditions, sous format Omnibus ou en titre unitaire, n’ont jamais cessé. On trouvera aisément des livres publiés à toutes époques, à tous les prix, neufs ou d’occasion.

Un blog : Les amis de Georges Simenon.

 

Quels sont les romans de Georges Simenon que vous avez appréciés ? Utilisez les commentaires ci-dessous pour m’indiquer les titres qui vous ont marqués.

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Suspense Story - Communauté : Culture Polar
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 06:26

 

En ce début 2012, les Éditions des Ragosses présentent Grosse déglingue de Jean Kergrist et Ne laisse pas la mer t’avaler d’Alain Jégou. Dégustons le polar du premier, qui garantit un excellent moment de lecture.

Les élections approchent. Chris Ratoustra vise un nouveau mandat de maire, le cinquième. Son thème de campagne, c’est la propreté urbaine. Cet ex-vidangeur ne lésine pas sur les fonds publics et européens pour promouvoir son action. KERGRIST-2012Les rues de sa ville sont-elles aussi nettes qu'il le proclame ? Pas sûr, puisqu’une dame octogénaire vient choir sur un trottoir, se cassant le fémur. À cause d’une crotte. Dommage, car Yvonne projetait un pèlerinage pédestre jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ça mérité réparation financière. L’avocat Patrick de Lergoteur se charge de faire cracher le maire, avec lequel il partage un vieux secret fâcheux. Il possède un bel atout, l’avocat: sa nièce Kat. Âgée de vingt-cinq ans, aussi ravissante que vierge, c’est une petite futée sachant tirer parti de son charme. Elle est chargée de piéger le maire, séducteur impénitent bien que marié.

Neveu de l’octogénaire Yvonne, Max Bornic exerce le métier de journaliste local. Célibataire, manquant définitivement d’ambition, il ne veut déplaire à personne. Les élucubrations préélectorales de Kat, qui figure bientôt sur les deux listes s’opposant pour les élections, lui donnent pourtant l’occasion d’offrir aux lecteurs des articles épicés. Grâce à une commande de l’Union Européenne, Max Bornic s’improvise auteur de polars. Son héros, fallait plutôt l’imaginer en Espagnol, libertaire au grand cœur, dont le père se serait exilé sous Franco. Et voilà comment on vend cent mille exemplaires de plus, se mettant dans la poche Espagnols et anars, grands consommateurs de littérature noire. Nul doute qu’il connaisse les bons ingrédients, l’avenir dira ce que ça vaut. Pour le moment, il doit mener des enquêtes journalistiques sur plusieurs cas peut-être criminels.

Le maire a été agressé au couteau en marge du carnaval local. Il est hospitalisé, tout comme Kat, tombée du char fleuri où elle trônait. Michou, l’employé municipal qui oublia de ramasser la crotte sur laquelle glissa Yvonne, est aussi à l’hosto. Le décès de Michou est, d’ailleurs, moins naturel qu’il y parait. Plus tard, ce sera la noyade du médecin de la clinique psychiatrique qui va poser question. Car, après un passage dans l’hôtellerie d’un monastère, la belle Kat a séjourné dans ladite clinique. Quelques secrets de famille touchant le maire se font jour, tandis que Kat joue la veuve putative d’un soldat tué en Afghanistan. Pour les municipales, la liste d’opposition et celle du syndicaliste Moïse Coulibali ont leurs chances de barrer la route au maire sortant. Entre son fonctionnement sexuel et son épouse Amanda, celui-ci connaît quelques tracas supplémentaires…

 

Selon le journaliste Max Bornic, pour écrire un polar inutile de s’embarrasser de psychologie ou de description de paysages à la mords-moi-le-nœud, bonnes pour dictées de certificat d’études. De l’action ! Du suspense ! Un bon polar va droit au but. Avec un pistolet à la place du cerveau. Jean Kergrist, l’auteur, est loin de se contenter de cette définition simpliste. Pour lui, il ne s’agit pas juste de raconter, mais de véritablement soigner l’écriture. Au besoin, il ne lésine pas sur le vocabulaire direct, par exemple crottes et excréments restant quand même de la merde. Paillardise et fornication ont toute leur place ici.

Situer une intrigue dans le contexte électoral d’une petite ville, fournit déjà l’opportunité de savoureuses caricatures. C’est dire que ça digresse et ça diverge (ou ça dit-graisse et ça dix-verges) sans répit, mais on ne s’écarte jamais du sujet. Ça égratigne pas mal aussi. Car il est bien connu que l’envers, c’est les autres cons-citoyens. Bel hommage grinçant aux dirigeants de notre monde, qu’ils ont rendu bordélique par leur incompétence, leur imprévoyance et leur avidité. Face à une sinistre actualité planétaire, rebondissantes péripéties et embrouilles diverses sont au rendez-vous dans cette histoire provinciale. On rit beaucoup grâce à cette noire comédie policière, délicieusement déjantée et idéalement écrite.

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Livres et auteurs - Communauté : Culture Polar
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 07:06

 

Ces derniers temps, on a beaucoup évoqué les hyménoptères. Non pas grâce à un éternel retour des dessins animés Maya l’Abeille. CALESTREME-2012bNi à cause de la star déchue de la vieille série télé "Le miel et les abeilles", Mallaury Nataf. Non, c’est bien le polar qui nous a rappelé l’importance de ces insectes pollinisateurs menacés par diverses pollutions. La population apparaît aujourd’hui sensibilisée à cette question: j’ai pu le constater le 25 janvier, lors d’une présentation par Natacha Calestrémé de son roman "Le testament des abeilles" (voir photo).

 

Trois romans publiés en 2011 se sont intéressés, sous divers angles, aux abeilles. Il suffit de cliquer sur les liens pour les retrouver:

Serge Quadruppani : La disparition soudaine des ouvrières.

Natacha Calestrémé : Le testament des abeilles.

Pascal Dessaint : Le bal des frelons.

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Infos et évènements - Communauté : Culture Polar
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 06:38

 

Dans Un escalier de sable (Éd.Seuil, 2012), Benjamin Legrand nous place aux côtés de militaires français qui s’installent dans l’Est africain, pour une mission de l’OTAN partagée avec Italiens et Allemands. Il s’agit de protéger la reconstruction d’un pont à Al-Jannah. Les Français sont stationnés au camp Oasis1, sous l’autorité du colonel Rivelain. Beaucoup des soldats sont des jeunes recrues, tels Sammy, Abdel, les deux Kevin. La lieutenante Sophie Devarrieux se veut professionnelle, face à des gradés masculins.

Dans cette zone frontalière en plein désert, Al-Jannah ressemble à une ville-fantôme, ayant subi des dégradations guerrières successives. LEGRAND-2012À part le Central Hôtel tenu par une séduisante Anglaise, pas de lieu de loisirs. Peu de population visible, non plus. Sous une chaleur tenace, la tension va vite monter. Abdel est mortellement touché par le tir d’un sniper. Tous comprennent confusément qu’il ne sera pas l’unique victime du tireur.

Sammy Amara, métis quelque peu rondouillard, est nommé caporal en devenant chauffeur du colonel Rivelain. Il possède plus de références culturelles que les deux Kevin, un Normand et un Vendéen qui n’avaient aucun but dans la vie. Le sniper abat bientôt sa deuxième cible, le Kevin du Calvados. La lieutenante va illico tenter de débusquer le tireur, vainement car elle ne trouve que sa planque vide.

Pourquoi reconstruire ce pont, sur un oued asséché depuis qu’un barrage bloque les eaux en amont ? Le colonel imagine que sa hiérarchie le sait. Ce n’est pas parmi les autorités locales, incluant des Libanais et le consul d’Afrique du Sud, qu’il obtiendra des réponses. On a bien distribué des gilets pare-balles, mais un Italien et une caporale blonde du PC français sont exécutés par l’ennemi invisible. On applique toutes les mesures de sécurité possible, tandis qu’une traque du sniper s’organise. Un probable nouveau fiasco est à craindre.

S’il se méfie du consul sud-africain, pas défavorable à la présence chinoise sur le continent, le colonel Rivelain essaie de comprendre les enjeux dans ce secteur. De son côté, au cœur de la nuit fantomatique, Sammy est attiré par le chant d’une sirène. Dans une maison, il découvre une sorte de mausolée dédié à une belle chanteuse orientale. Insolite, et probablement sans rapport avec le tueur. Le sergent Bouchard, que la lieutenante Devarrieux déteste cordialement, joue au commando solitaire. Initiative fatale, même s’il s’approche effectivement du sniper. Le colonel lance une discrète expédition destinée à explorer la région, y compris au-delà de la frontière. Il va retrouver ainsi un vieux mage qu’il a déjà croisé, peut-être aussi virtuel que les lignes frontalières de ce désert. La mission de l’OTAN à Al-Jannah reste encore et toujours meurtrière…

 

Le contexte, c’est un conflit du futur. Ou peut-être une extrapolation des guerres actuelles. Avec de gros moyens technologiques, bien sûr. Ce qui n’empêche pas que ce sont les soldats qui meurent. On suppose que, déjà durement touchées, les populations locales se terrent. Qu’est-ce qui motive une présence militaire ? En Afrique ou ailleurs, les prédateurs économiques (les vrais commanditaires) garde le flou sur ces questions. On n’a pas besoin d’une bombe atomique pour répandre une psychose et une dévastation d’enfer. Un sniper suffit. Même sans ce tireur, on réalise que c’est -comme souvent- une opération vouée à l’échec.

Outre les péripéties (tout juste survolées dans le résumé qui précède), ce sont les portraits qui font la force de cette histoire. Avant d’échouer dans ce bled, chaque personnage a eu son parcours personnel. Et chacun conserve sa propre vision des évènements, avec sa sensibilité. Si celle de Sophie Devarrieux est loin de celle de Sammy Amara, par exemple, les épreuves les rapprochent. Car seul importe l’aspect humain des drames, que la conjoncture soit militaire ou civile. L’auteur n’oublie pas d’alléger le récit, grâce à quelques moments souriants. Un noir roman d’aventure, maîtrisé et inspiré, de très belle qualité.

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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 06:30

 

À noter la sortie au cinéma du film Recherche Bad Boys désespérément (One for the Money), ce 8 février 2012. Katherine Heigl y incarne Stephanie Pum, héroïne d’une série de romans de Janet Evanovich. Fauchée, Stephanie parvient à convaincre son cousin Vinnie (Patrick Fischler) de l’engager comme chasseuse de primes dans son agence de cautionnement. PRIME1Elle n’y connaît rien, ce qui ne l’empêche pas de se lancer aux trousses de Joe Morelli (Jason O’Mara), flic suspecté de meurtre qui l’avait séduite avant de la plaquer au temps du lycée. Même si l’expérimenté Ranger (Daniel Sunjata) lui enseigne quelques trucs, sa mission sera plus compliquée que prévu. Ajoutons-y une famille envahissante, un boxeur qui pourrait bien être un tueur, des témoins qui tombent comme des mouches et son attirance pour Morelli… Avec aussi Debbie Reynolds (Mamie Mazur) et Sherri Shepherd (Lula), incarnant des personnages déjantés de cette série de romans.

 

Pour une fois, il n’est pas faux d’argumenter qu’il s’agit d’une adaptation de best-seller. Janet Evanovich créa en 1994 le personnage de Stéphanie Plum, improbable chasseuse de primes chargée de retrouver les suspects sous caution ayant oublié de se présenter au tribunal. Cette brune aux yeux bleus a la trentaine, elle mesure près d’un mètre soixante-dix, elle pèse soixante-deux kilos et demi, et fait du 85 B de poitrine. Elle vit à Trenton, New Jersey. Elle est très attachée à son quartier natal, le Bourg. C’est dans ce quartier middle class, aux maisons jumelées, qu’habite sa famille. Sa mère est une cuisinière experte, qui l’invite à dîner, et ne la laisse jamais repartir sans une part de gâteau. Elle juge trop dangereux le métier de sa fille. Elle voudrait que Stéphanie se marie avec le policier Joe Morelli. Mais la jeune femme, divorcée d’un avocat après un court mariage, n’est pas pressée de recommencer.

Le père de Stéphanie s’exprime peu, sinon par de brèves réparties ou des silences réprobateurs. Valérie, la sœur aînée de Stéphanie, apparaît comme la femme parfaite. Bientôt larguée par son mari, elle revient vivre chez leurs parents. La plus déjantée de la famille, c’est Mamie Mazur. Cette excentrique veuve âgée est prête à toutes les expériences excitantes. Elle ne s’interdit aucun fantasme, ni aucune fantaisie. PRIME2Son grand plaisir, ce sont les veillées funéraires chez Stiva, où elle met une certaine animation. Elle est mêlée aux affaires traitées par sa petite-fille. Un personnage réjouissant.

Agent de cautionnement judiciaire, Vincent Plum passe pour un obsédé sexuel, un type lâche et désagréable. Il confie à sa cousine des missions qu’il estime faciles, sans danger. Ce qui n’est pas toujours le cas, car même les suspects âgés sont pleins de vitalité, et les allumés ne manquent pas dans le secteur. Employée de Vinnie, la ronde Lula est une partenaire indispensable pour Stéphanie. Non pas qu’elle soit efficace. Mais être secondée par un bulldozer peut s’avérer utile selon les circonstances. Avec Mamie Mazur, c’est l’autre personnage attachant de ces romans.

Le seul authentique chasseur de primes, c’est Ranger “un américano-cubain. Ses traits sont américains, ses yeux latino, sa peau est couleur crème au café, et son corps est ce qu’un corps peut être de mieux. Il portait un T-shirt noir qui lui collait à la peau autant qu’un tatouage, et un pantalon de treillis noir enfoncé dans ses rangers noires”. Il vaut mieux ne pas demander à cet ancien mercenaire l’origine de ses voitures (noires), ni trop lui poser de questions en général. Sa déontologie est perso, son code moral peut s’écarter de la norme, jusqu’à être en contradiction avec la loi. La seule présence de Ranger à ses côtés excite terriblement Stéphanie. Une attirance purement sexuelle, avoue-t-elle. Envisager une expérience avec le viril Ranger est aussi effrayant qu’excitant pour elle. Dans la vie de Stephanie, il y a aussi Joe Morelli. C’est un bon flic, un pro. Comme le veulent ses origines latines, il se montre un peu macho.

Les missions de cette chasseuse de primes, tendance “miss Catastrophe”, sont extrêmement mouvementées. De la belle comédie policière, savoureuse et hilarante. On espère qu’il en est de même pour cette adaptation au cinéma, d'après le roman "La prime".

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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 06:34

 

L’édition 2012 de Lire à Limoges est annoncée pour les 30, 31 mars et 1er avril, au Champ de Juillet et dans divers lieux culturels de la ville. Chaque année, 60000 visiteurs se donnent rendez-vous sous le grand chapiteau de Lire à Limoges. Y sont rassemblés plus de 250 auteurs de littérature générale, littérature jeunesse et bande dessinée. Limoges-logoClassée parmi les dix plus grandes fêtes du livre en France, cet événement propose des séances de dédicaces, des remises de prix, des conférences et tables rondes, des expositions, des spectacles, pour tous les publics. (des infos ici ).

 

Pour les éditions Écorce (association loi 1901 dont le siège social est à Limoges), c’est un événement littéraire essentiel, un soutien qui offre une visibilité. On comprend bien que, animée avec des moyens limités, CHEVALIER-2011 une modeste maison d’édition ne peut financer déplacements et hébergements d’auteurs. Éric Maneval (Retour à la nuit) et Fred Gevart (Bois), deux auteurs de sa collection, y ont été invités en 2010 et 2011. Cette année, l’éditeur espérait une invitation pour Séverine Chevalier, auteur de Recluses. Il a reçu une lettre définitive de refus, de la part de l’organisation (municipale). Les éditions Écorce précisent qu'il était convenu avec un libraire que Séverine Chevalier dispose d'un espace sur son stand depuis novembre 2011, date de sortie de son roman. Le problème ne serait donc pas la disponibilité des places, comme le prétend la lettre de refus. Ce n’est évidemment pas un critère de qualité des romans, non plus. La (petite) production de cet éditeur est unanimement saluée.

Ce lundi 6 février, j’ai moi-même contacté la Direction de l’action culturelle de la ville de Limoges (Tél.: 05.55.45.61.60). Réponse courtoise, mais aucun élément supplémentaire sur les motivations de ce refus d’invitation officielle. On me confirme que les éditions Écorce viennent d’adresser un nouveau courrier. Si on ne peut m’en dire plus, une évolution de la décision semble peu probable.

Sans doute des célébrités du livre sont-elles plus attractives qu’un petit éditeur local. Ce qui peut entraîner un certain ostracisme, qui nuit aux moins connus. Pour autant, affirmer que les éditions Écorce sont victimes d’une censure serait idiot. Côté organisation, une réponse budgétaire serait aussi stupide. Ce genre d’évènement dispose d’un large financement, grâce à l’appui d’entreprises qui savent que l’impact culturel est aussi économique. Aider un éditeur associatif de la région, en invitant une auteure, ne parait pas un obstacle insurmontable. On ne peut que souhaiter une décision plus favorable de la part de Lire à Limoges. Il reste toujours possible de commander les livres des éditions Écorce sur leur site Internet ou via leur blog.

 

Le roman noir de Joël Nivard "Dernière sortie avant la nuit" (collection Geste Noir) se passe à Limoges. Parmi les auteurs actuels originaires de cette ville, retenons Nicolas Bouchard ("La sibylle de la Révolution", "Le traité des supllces", chez Belfond).

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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 06:37

 

Aux Éditions La Branche, voici qu’arrive en février le cinquième titre de la collection Vendredi 13, Le dernier contrat, d’Olivier Maulin.

Il se fait appeler Joseph Victor. Sa silhouette d’homme à chapeau doit lui donner une allure sérieuse. On le sent attentif, méticuleux, peu expansif. C’est un tueur à gages, de ceux qui éliminent sans mise en scène, avec efficacité. Bien que le chaos règne partout en France actuellement, ça ne semble pas le perturber. Il a rendez-vous nocturne avec un intermédiaire pour un contrat. MAULIN-2012Sur place, il trouve le cadavre de ce Luc Mornais. Il récupère l’argent destiné à l’avance sur contrat. Bientôt pourchassé, il ne tarde pas à buter les deux assassins de Mornais. Des pros rôdés au combat, pourtant. Joseph Victor n’a plus de raison de s’éterniser dans cette ville. Rentré à Paris, il fouille clandestinement l’appartement de Luc Mornais. Il repère un indice, mais doit vite prendre la fuite car la police arrive. Il se trouve brouillon sur cette affaire, s’alcoolisant aussi un peu trop.

Les émeutes s’amplifient à Paris. Le Ministre de l’Intérieur ayant été abattu, on a imposé le couvre-feu. Au volant d’une Porsche louée, Joseph Victor débarque à Barcelonnette. Florence, la réceptionniste de l’hôtel, est une ravissante jeune femme. Mais ce qui prime pour le tueur à gage, c’est d’entrer en contact avec le nommé Esposito. Cet ami de Luc Mornais, qui dirige un centre équestre, est sa seule piste pour connaître la mission qu’on attend de lui. Joseph Victor affiche à peine sa surprise quand Esposito lui présente Frère-la-Colère. Ce moine exalté est devenu le symbole des troubles secouant le pays. Grâce à ses vidéos sur Internet, il galvanise les foules, en fédérateur de l’insurrection. Dans sa planque en pleine campagne, Frère-la-Colère est parfaitement protégé par ses gardes du corps. C’est aussi là que se trouve son centre opérationnel informatique.

Quand on apprend que Paris se hérisse de barricades, l’ambiance est au beau fixe dans l’entourage de Frère-la-Colère. Pour faire définitivement basculer les choses, le moine sait qu’il n’y a qu’une solution. Il engage Joseph Victor pour abattre le Président de la République. Si l’euphorie règne, la menace n’est pas loin. Grâce à une alliée siffleuse, le tueur à gages débusque un commando de deux hommes, du même genre que les assassins de Luc Mornais. Direction Paris pour Joseph Victor, Frère-la-Colère et son équipe. Le moine fait des apparitions remarquées, tandis que le combat de rue se radicalise face à l’augmentation du nombre de militaires. Accompagné de la farouche Emmanuelle, le tueur à gages prépare l’opération qui aura lieu durant le défilé du samedi 14 juillet…

 

Le contexte de cette fiction est évidemment exagéré. La France n’est pas dirigée par une élite ploutocratique, qu’on pourrait ainsi stigmatiser: Le désordre est dans leurs mœurs. Dans cet appât du gain qui est devenu leur dernière religion. Dans ce cynisme qui est leur unique morale… Un monde où l’homme n’est plus un frère pour l’homme, mais son prédateur… Un monde bâti pour le profit exclusif d’une petite minorité de puissants. Un monde où toute vie sociale est strictement assimilée au marché… Ils nous ont asservis par le bien-être, ils nous ont lobotomisés à coup de soldes, ils nous ont rendus esclave de la matière. Ils ont voulu faire de nous des chiens… Si tel était le cas, on ne se contenterait pas de s’indigner, on se révolterait sûrement comme dans cette histoire.

Cette toile de fond est esquissée par l’auteur, sans forcer la caricature. Frère-la-Colère développe une utopie altruiste. Le rôle du tueur est d’aller froidement au bout de son ultime mission. Ses actes sont décrits avec soin, tels qu’il les vit. Pas totalement sans états d’âme, en témoigne son dépressif excès d’alcool. Sans doute sait-il être un de ces Mohicans (dixit le moine) qui devra bientôt ranger les armes. Les paisibles épisodes bucoliques alternent avec les moments de tension. Difficile de préciser ce qui en fait l’attrait, néanmoins Le dernier contrat est un suspense captivant. Mais où est donc le vendredi 13, thème de la collection ? Patience, il vient en son temps, ainsi que toutes les pièces de ce roman.

 

Les autres romans de la collection Vendredi 13 : "Freaky friday" de Brigitte Aubert - "Close-up" de Michel Quint - "Samedi 14" de Jean-Bernard Pouy - "L'arcane sans nom" de Piere Bordage.

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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 06:37

 

Le 1er février 1954, l’abbé Pierre lançait un appel à la solidarité pour les plus démunis victimes du froid. En février 2012, la Ligue de la Protection des Auteurs de Polars nous adresse à son tour un message de détresse. FROID-1La situation est nettement moins dramatique, mais soyons solidaires des auteurs de polars. Car beaucoup d’entre eux sont SDF (Sans Diffusion Fixe). Voici l’appel que lance en leur nom Jan Thirion :

 

« Les auteurs de polars souffrent du froid comme tout le monde, surtout les plus jeunes et les plus vieux: ils doivent s'hydrater davantage, manger plus et se couvrir.

Ils disparaissent vite par moins 0 Celsius. Leurs mains engourdies ne leur permettent plus d’écrire. Plus de commandes vocales avec leur gorge prise. Quant à leur cerveau gelé, il ne répond plus. De bons livres policiers sortent-ils en hiver? Non.

Par temps froid et sec, ces écrivains du domaine criminel ont tendance à se déshydrater et à brûler davantage de calories, notamment ceux qui vivent de réalisme social.

En priorité, il faut donner beaucoup d'alcool à tous les romanciers. Chambré pour éviter qu'il gèle à l’absorption, lorsque la consommation se fait à l’extérieur. FROID-2Les auteurs souffrent des variations thermiques. Pour la promenade, ils doivent porter un manteau s'ils sont jeunes et peu connus, et s'ils sont vieux, également, avec un bonnet, même ceux qui ont un nom.

Attention, plus les écrivains sont contestables, plus ils souffrent du froid! Un auteur de thriller aura plus froid qu'un auteur de whodunit. Un auteur de polar horrifique souffrira davantage qu’un auteur de roman d’enquête. Pour éviter les engelures aux doigts des plus fragiles, il leur est conseillé d’enfiler des gants.

Les quantités de nourriture doivent être triplées pour ceux qui courent les salons du livre, et sensiblement augmentées pour les autres.

Les auteurs véristes ont naturellement un épiderme endurci à force de raconter la vie sinistre de leurs contemporains; il n'est donc pas utile de les couvrir. En revanche, ils doivent avoir beaucoup de vin à leur disposition et une ration de viande et de charcuterie quotidienne plus importante. FROID-3Les auteurs scandinaves font exception à la règle: ce sont des usines à faire du chaud! Avec une température de 39 degrés en permanence par tous les temps, ils ne souffrent guère du froid.

De tous les écrivains de romans policiers, ce sont ceux publiés à faible tirage qui souffrent le plus des rigueurs de l’hiver. Ils ont le sang chaud par intermittence et bouillent de vouloir réussir; ce qui les fragilise. Dans leur logis, la température ne doit pas descendre en dessous de 22 degrés, sous peine de mort.

Lire les auteurs de polars, c’est bien, mais en période glaciale, il faut penser à les choyer, à les protéger des intempéries, à les nourrir et à étancher leur soif. Ne pas les laisser crever seul chacun dans leur coin est de la responsabilité de tous.»

 

Merci à Jan Thirion pour cette (souriante) contribution, visant à souligner la fragilité de nos z'amis z'auteurs. On peut lire ici ma chronique sur son dernier roman "Nuoc mâm Baby" ou visiter son site.

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Infos et évènements - Communauté : Culture Polar
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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 06:34

 

FIVET-2012-10Luc Fivet a collaboré à l’écriture du roman Museum, avec Véronique Roy (Fayard, 2006). Puis il a publié deux romans chez le même éditeur : Total chaos (2007) et Requiem (2008 - réédité au Livre de Poche en 2010). Il crée aujourd’hui Les Volubiles, éditions de livres numériques, où il présente ses deux nouveaux romans.

 

"Repentirs"

Boston, 1990. Une toile unique de Vermeer de Delft, "Le Concert", est dérobée dans des conditions rocambolesques à l'Isabella Gardner Museum. Une récompense de cinq millions de dollars est promise à quiconque livrera une information aux enquêteurs. En vain… Paris, 2011. Des policiers spécialisés dans la traque d’œuvres volées retrouvent le célèbre tableau dans un box crasseux des Puces de Saint-Ouen. FIVET-2012-1La découverte provoque la stupeur dans le petit monde de l'art. Aussitôt, les appétits s'aiguisent : historiens, marchands de tableaux, commissaires-priseurs et intermédiaires plus ou moins louches se bousculent autour de la toile. Tous sont ensorcelés par le pouvoir magnétique du maître de Delft, le peintre le plus énigmatique de l'histoire. Et si "Le Concert", au-delà de son apparente douceur, n'était pas une simple œuvre d'art ? Eléonore Mercoeur, la jeune conservatrice française de l'Isabella Gardner, et le redoutable expert François Regard partent sur les traces du secret de Johannes Vermeer. Quel mystère se cache derrière ces personnages au visage impassible ? Les questions s'accumulent, les meurtres aussi...

 

"L’excès de bonheur nuit gravement à la santé"

Le capitaine Michel Ancône rumine son ennui dans la brigade des Stups d’un obscur commissariat de quartier. FIVET-2012-2C’est un excellent flic en dépit d’une incapacité congénitale à respecter la voie hiérarchique doublée d’une regrettable inclination pour les solutions expéditives. Il se soigne auprès d’un thérapeute versé dans les pratiques bouddhiques, mais les révélations védiques sont solubles dans la bouteille. Plus que jamais, son espoir de réintégrer la Brigade criminelle, dont il a été viré pour insubordination, relève de l’utopie. Si la belle vendeuse du magasin de meubles orientaux daignait au moins remarquer son existence. Hélas, elle reste désespérément insensible à son charme, quand elle ne l’humilie pas en public. Tout irait donc pour le pire si la jeune femme n’avait pas l’étrange idée de se faire égorger en pleine nuit sur son lieu de travail. Pour le capitaine Michel Ancône, la rédemption est proche. Mais le chemin de l’illumination est long, escarpé et semé de cadavres…

Le site des éditions numériques Les Volubiles.

Par Claude LE NOCHER - Publié dans : Boulevard du Polar - Communauté : Culture Polar
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