Les chroniques de DASOLA – n°3 (mars & avril 2008)
« La cote 512 » de Thierry Bourcy (Folio Policier) est un roman de 250 pages qui a l'originalité de se
passer dans les tranchées de la guerre 14-18. C'est le premier des quatre volets des enquêtes déjà parues du soldat Célestin Louise, inspecteur de police dans le civil. Dans
« La cote 512 », Célestin reçoit son ordre de mobilisation dès la déclaration de guerre
en septembre 1914. Au cours de ses enquêtes à Paris, il était très doué pour trouver et appréhender les cambrioleurs. Célibataire sans enfant, il rencontre peut-être l'âme soeur la veille de son
départ sur le front. Il est affecté au 134ème régiment d'infanterie où il retrouve La Guimauve, le dernier cambrioleur qu'il avait appréhendé et relâché immédiatement. Ce régiment est commandé
par le lieutenant Paul de Mérange. Au cours de la première offensive De Mérange est tué, le problème est qu'il a été atteint dans le dos par une balle tirée par un fusil français. Célestin,
persuadé que le lieutenant a été assassiné, décide de mener l'enquête. Celle-ci le conduira à connaître la famille du lieutenant, sa femme et son frère qui sont les personnages centraux de cette
affaire de crime passionnel prémédité. Thierry Bourcy évoque en arrière-plan, comme dans le film « Joyeux
Noël », la fraternisation entre les deux camps ennemis, à la Noël 1914. Il fait aussi une description de ce qui va être la guerre des tranchées
pendant 4 ans. Cela m'a rappelé les images du film de Jean-Pierre Jeunet, « Un long dimanche de
fiançailles ». Roman honnête mais sans plus car l'intrigue est un peu superficielle. J'en verrais bien une adaptation au cinéma. J'attendrai la
parution en édition de poche des 3 volets suivants dont le dernier « Les traîtres »
vient juste de paraître aux Editions Nouveau Monde.
Deux polars nordiques Asa Larsson et Arnaldur Indridason
« Horreur
boréale » de Asa Larsson aux Editions Gallimard Noire. Premier roman traduit en français de cette femme écrivain. Un crime horrible, dont la victime est
un pasteur, Viktor Strandgard, est perpétré dans la nef de l'église de la Force originelle, congrégation évangéliste au nord de la Suède, à Kiruna, en Laponie. La soeur de la victime, Sanna, qui
est suspectée, appelle à l'aide son amie Rebecka, avocate qui exerce à Stockholm. Rebecka mènera son enquête en parallèle avec la police au péril de sa vie. Parmi les inspecteurs de police, se
distingue Anna-Maria, enceinte jusqu'aux yeux. Le déroulement de l'histoire se passe sur sept jours. Chaque partie commence par ce libellé « il y eut un soir, il y eut un matin ». Se
lit sans déplaisir mais ce n'est pas le meilleur polar que j'ai lu et certains traits de caractères m'ont paru peu crédibles. Le contexte particulier lapon y est certainement pour quelque chose
et pourtant les motifs des crimes peuvent être aussi sordides que partout ailleurs: crapuleux et pédophiles.
« La voix » de Arnaldur
Indridason (Editions Metailié et Poche Seuil) est le troisième roman que je lis de cet auteur islandais après « La cité des
jarres » et « La femme en vert »(voir
mon billet du 22 octobre 2007). Là, l'intrigue se passe dans un hôtel de luxe. Un portier, Gudlaugur (Gulli), qui fait le Père Noël au moment des fêtes, a été poignardé. Gulli vivait dans
l'hôtel, on ne lui connaissait pas d'ennemi. Nous retrouvons le commissaire Erlandur qui s'installe dans une des chambres de l'établissement pour mener l'enquête. La voix du titre se
rapporte à Gulli qui était enfant quand on a découvert qu'il avait une magnifique voix de chanteur. Il avait même enregistré deux ou trois disques (qui font le bonheur des collectionneurs). Puis,
à l'adolescence, juste avant un concert qui devait lui assurer une certaine gloire, sa voix a mué. Gulli ne chante plus et sa famille (père et soeur) découvre qu'il est homosexuel. Peu avant son
assassinat, Gulli avait appris qu'il était licencié après de nombreuses années de bons et loyaux service comme portier. Après avoir exploré plusieurs pistes, Erlandur s'aperçoit que Gulli n'est
pas victime d'un crime passionnel. Je ne vous en dirai pas plus. L'histoire plus intimiste que les deux romans précédents m'a peut-être moins enthousiasmée mais c'est quand même très
bien.
« Mygale » de Thierry
Jonquet
Comme son nom l'indique, le roman est venimeux mais surtout noir, très noir et dévoilant les penchants pervers
du genre humain. J'ai découvert Thierry Jonquet avec « Moloch »,
« Les orpailleurs », « Mon
vieux » et « Ad vitam aeternam ».
Chaque fois, les intrigues sont très différentes et certaines relèvent presque du fantastique (Ad vitam
aeternam). « Mygale », en édition Folio
policier, est un court roman composé de 3 chapitres : l'araignée, le venin et la proie. Trois histoires narrées en parallèle vont se rejoindre à la fin. Dans la 1ère histoire, Richard Lafargue,
chirurgien esthétique, vit avec une belle jeune femme, Eve, qu'il semble retenir prisonnière dans une belle demeure. De temps en temps, pour assouvir ses instincts, il organise des rendez-vous
galants entre Eve et des clients. De plus il va voir une jeune femme, Viviane, internée dans un hôpital psychiatrique. Dans la 2ème histoire, imprimée en italiques, un jeune homme dont on
saura le nom plus tard (Vincent Moreau) est enlevé et séquestré par un homme qu'il surnomme "Mygale". Cette histoire se passe antérieurement à la première. Dans la 3ème histoire, Alex Barny, un
malfrat en fuite, se cache. Il est blessé. Au fur et à mesure, Thierry Jonquet révèle les liens tissés entre les personnages. Eve et Vincent, Richard et Viviane, Alex et Vincent. Qui est Eve?
Est-elle une victime consentante ou non? Quelles sont les motivations de Richard? Qui est Mygale? Ce roman est une bonne introduction pour découvrir Thierry Jonquet (même si j'en ai vraiment
préféré d'autres).
© http://dasola.canalblog.com
Derniers Commentaires