Mercredi 2 avril 2008
 

Trois romans de Max Obione

aux éditions Krakoen

« Les vieilles décences »

Raymond, magistrat retraité, et Maurice, ancien policier, forment un duo d’amis épicuriens. Des enquêtes aussi officieuses qu’agitées pimentent occasionnellement leur vie. Cette fois, dans un étang de la Beauce, ils découvrent un cadavre égorgé. Par la suite, le journal régional évoque une simple noyade. Intrigué, Maurice s’installe dans le secteur, bientôt rejoint par Raymond. L’ex-policier secoue le correspondant du journal, dont l’article fut modifié. Ce localier est victime d’un curieux accident. Les gendarmes parlent d’un suicide, comme pour le « noyé ». Le duo identifie le mort de l’étang. Ce producteur de blé avait choisi une agriculture respectueuse de la nature. Désemparée, sa veuve est soutenue par un instit écolo. On pourrait les soupçonner du meurtre du mari. Une autre piste parait plus sérieuse. Faux noble, le vicomte de Hautemanière dirige l’industrie céréalière dans la région...

« Le jeu du lézard »

Maurice et Raymond acceptent une nouvelle mission. Retiré en Corse, Toussaint Rescamone (l’ancien chef de Maurice) sent sa fin approcher. Le truand Garbaggi veut sa peau ; mais la maladie qui affaiblit Rescamone est plus forte que le gangster. Il s’inquiète pour sa petite-fille Dora, qui semble avoir disparu. Aussi appelée « Davina », la jeune femme est connue dans les milieux artistiques parisiens. Habile pour découvrir de nouveaux talents, elle s’occupe de la galerie d’art de Jack Jugan.. Maurice et Raymond entament un vrai jeu de piste pour la retrouver. Plusieurs personnes connaissant Dora sont agressées ou abattues, sans doute par des pros du crime...

« Gaufre royale »

Ex-policier, Abel Salinas est détective privé. Il vivote grâce à des affaires de cocus. Fils d’une poissonnière acerbe et d’un père alcoolique, il collectionne les ennuis. Sentant sa fin approcher, Maître Beausang engage le détective. Cet avocat renommé regrette de n’avoir pu éviter la condamnation d’un client, le letton Edo Gradine. Ce dernier fut accusé du meurtre de Beverly Poulot, qui a disparu. Abel est contraint d’étudier ce copieux dossier. Sa visite en prison à Gradine lui confirme que ce proxénète faisait un coupable idéal. Beverly fut élevée dans un petit village par Mémée Brita, qui s’occupa de plusieurs enfants de l’Assistance Publique. Elle ignore ce que sont devenus Beverly ou son frère d’adoption Fernand. Abel s’intéresse aussi à l’employeur de la jeune femme. Habitant son hôtel particulier du 16e à Paris, M. d’Archicourt est un homme puissant, et sans doute suspect. Il possède un château dans le Pays de Caux. Sans doute Abel est-il mal avisé de vouloir l’y rencontrer....

Max Obione a publié en 2007 un recueil de 21 nouvelles, « Balistique du désir », préfacé par Marc Villard, expert en la matière. Ces textes sont d'une belle noirceur. Lorsqu’on écrit noir, cynisme et fatalité, amertume et dureté, haine et mort, sont des ingrédients incontournables. Telle est la tonalité de cet excellent recueil, aux récits parfois déroutants. Citons encore deux romans du même auteur : « Calmar au sang », « Amin's blues », et des nouvelles dans les recueils : « Graines de noirs », « Stories of the Dogs », « Nouvelles de Caen ».

© Claude Le Nocher

par Claude LE NOCHER publié dans : LIVRES
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Mercredi 26 mars 2008
 

Deux romans d'Hervé Sard

aux éditions Krakoen (2007)

 

« Vice repetita »

Février 2004. La pluie tombe dru sur la Vallée de Chevreuse, ce soir-là. Le lendemain, dans le Bois Maudit, chemin du Puits, on découvre le cadavre de Sophie, étudiante aux Beaux-Arts. Elle a été violé et tuée. Le meurtrier a laissé quelques indices, que le commissaire Landier va exploiter. Il interroge des paysans à l’ancienne, des voisins dont le fils est un simple d’esprit. Bientôt, il s’intéresse à François Leyrat, habitant tout près, qui possède une galerie d’art parisienne. Ce dandy, qui n’a pas d’alibi sérieux, connaissait la victime. ’ADN du sperme et des cheveux noirs fournit une preuve accablante contre Leyrat. Il nie tout, se justifie peu, essaie de trouver une autre explication. Cette chaussure traînant sur le lieu du crime, c’est une piste non explorée. Jugé pour complicité, Leyrat est condamné à une longue peine. En mai 2008, le témoignage d'un vagabond laisse le commissaire sceptique, mais relance l'affaire– qui ne trouvera son dénouement que bien longtemps après...

Le policier-narrateur envisage beaucoup d’hypothèses crédibles, pourtant son enquête qui n’aboutit pas, le dossier restant incomplet. Il bute sur des évidences trop simples, sur les certitudes définitives de l’ADN. Un captivant roman, fluide et énigmatique.

 

« Mat à mort »

Voilà deux ans, ce policier expérimenté fut muté au cœur du terroir ardéchois. Depuis, il laisse son adjoint Sylvain, natif de la région, se charger des affaires courantes. Une série de morts suspectes se produit dans son secteur. Un quatrième quadragénaire est décédé, lui aussi, de mort naturelle. Malgré des éléments bizarres, Sylvain est d’avis de classer l’affaire. Coïncidences ? Le cinquième mort est un ami de Sylvain. Celui-ci s’inquiète. Rivaux depuis toujours, les villages de Robignon et de Calignon semblent visés par cette série criminelle, qui se poursuit durant les semaines suivantes. On compte un total de neuf victimes. Il existe un point commun entre ces personnes, une photo de 1975 : une équipe de garçons et filles posaient après un match de foot. Sylvain en faisait partie. On détermine qui prit cette photo : Maxime était un enfant attardé, considéré comme l’idiot du village. Pourtant, il révéla plus tard de curieuses capacités...

Un flic inspiré et opiniâtre, son adjoint qui prête à sourire, une galerie de portraits plutôt caustiques, une bonne énigme, une subtile “arme du crime”, des fausses pistes, et un juste tempo narratif : telles sont les qualités de cette comédie policière, très agréable roman d'enquête.

© Claude Le Nocher

par Claude LE NOCHER publié dans : LIVRES
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Mercredi 26 mars 2008
 

Emmanuel Sys : « Chaud beffroi »

(Ravet-Anceau, Polars en Nord)

Yves Frémaux rentre chez lui, ce jeudi soir. Soudain, sa voiture est visée par trois tirs. Des éclats de vitres le blessent légèrement.Emmanuel_Sys.JPG Une voisine a vu s’enfuir l’agresseur. Le policier Frédéric Preux et à sa collègue Monin sont chargés de l'enquête. Yves Frémaux étant à la fois commerçant et politicien, l'affaire s'annonce délicate. La victime postule pour devenir candidat UMP à la mairie de Lille. On écarte rapidement l’hypothèse d'une implication de son épouse Hélène. Mais la police interroge quatre suspects sérieux. Sylvie Morel, gérante du bar-club Caraïbo appartenant à Frémaux, a été sa maîtresse. Il l’a quittée, mais elle reste gérante. Plouvier, serveur employé par Frémaux, a été viré pour vol. Ce jeune repris de justice fréquente une bande de voyous fachos. Desmet, ami d’enfance de Frémaux, qui fut son associé, l’accuse d’avoir causé son échec social. Rigal s’estime le candidat légitime de leur parti aux élections à venir. Huit jours plus tard, une agression similaire à la première cause la mort d'Hélène Frémaux, qui utilisait la voiture de son mari...

Il s'agit d'un roman d’enquête dans la meilleure tradition. Le contexte lillois actuel, fort bien restitué, sert de décor à une intrigue solide, à la narration maîtrisée. Malgré leurs soucis personnels, le héros et sa collègue étudient toutes les pistes. Un bon suspense.

© Claude Le Nocher

 

par Claude LE NOCHER publié dans : LIVRES
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Vendredi 21 mars 2008
 

Nicolas Jaillet : « Sansalina»

(Editions Après La Lune, “Lunes Blafardes”)

08-JAILLET-2007.JPG

Au Mexique, en 1927, la bibliothèque de Cazcùn et sa jeune directrice, Dolores, sont visés par un carnage incendiaire. Un nommé Felipe Guzman vient en aide à Dolores, l'aidant à fuir. Chargé de la protéger et de l’amener à Sansalina, leur ville natale, Guzman exécute les ordres de Don Zorfi. Ce chef mafieux local est un ami d'enfance de Dolores, qu'il n'a jamais oubliée.

Très jeune, encore scolarisé, Pablo Zorfi s’affiche comme un futur caïd. Don Jaime Vasquez, son instituteur, ne s’y trompe pas. Avec les trois frères Martìn et Eduardo Mendes, ils créent bientôt une première bande, les Buenhombres. Pour payer ses dettes, le père de Pablo vend son fils à Don Fernando. Dans la ferme de celui-ci, le garçon supporte les sévices, avant de se révolter et de fuir avec Guzman. De retour à Sansalina, il obtient l’aide de la prostituée Raquel, et de ses amies, pour s’emparer de l’hôtel Colòn, se débarrassant de Don Sisco, le maître du quartier. Pendant les dix années suivantes, Don Pablo Zorfi domine son univers. Mais il s'attire aussi d'inévitables rancoeurs...

Dans une atmosphère âpre, violente, ces héros vivent selon leur propre loi. Leurs actes et leurs sentiments sont empreints de dureté. Malgré leurs succès, le bilan est finalement amer pour Pablo et ses amis. Décor très original, pour un excellent roman, démontrant une maturité d’écriture certaine.

© Claude Le Nocher

 

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Vendredi 21 mars 2008
 

Huit romans de Michèle Corfdir

Si Michèle Corfdir utilise de pittoresques décors de Bretagne, ils servent avant tout de toiles de fond à des intrigues très réussies. Ses romans sont animés d’un vrai suspense, dense sans être trop oppressant. La psychologie des personnages et leur passé mal éclairci sont ici des éléments-clés. Une belle souplesse narrative pour des récits fort entrainants. Publiés aux éditions Alain Bargain, voici les huit premiers livres de Michèle Corfdir.

M-CORFDIR.JPG« Il court, il court, le furet des Abers» (2006)

Eté 1998, entre Brest et la pointe de Bretagne. Marie-Louise Le Barzic est une vieille dame autoritaire et détestable. Une chute accidentelle en fauteuil roulant cause sa mort. Son fils Henri, 50 ans, est commandant dans la marine marchande. Estelle, l’épouse d’Henri, est écrivain. Ils ont une fille de onze ans et demi, Gwenola, dont ils s’occupent peu. Etudiante, le jeune Solenn a été engagée pour garder Gwenola, chez la défunte. Annaïg, la sœur quadragénaire d’Henri, a vécu en célibataire avec leur mère. Elle a cependant un amant, Yoann, marin-pêcheur désargenté. Personne ne regrette Marie-Louise, pas même sa vieille voisine Suzanne, qui avait quelques griefs contre elle. Cette mort apparaît bientôt suspecte, d’autant que des bijoux ont disparu...

« Herbes amères à Belle-Isle-en-Terre » (2005)

Elise vit depuis sept ans en Bretagne. Son mari Marc exploite la ferme familiale de Keranilis. Ils ont deux enfants. Ex-enseignante, Elise est herboriste. Ses produits se vendent bien, notamment chez son amie Léa à Tréguier. Berthe, la grand-mère de Marc, habite près d’eux. Guérisseuse expérimentée, elle transmet en partie son savoir à Elise. En ce caniculaire été 2003, plusieurs incidents se produisent à Keranilis : sabotage, léger incendie, agression contre Berthe. Nerveux, Marc pense à des jalousies de voisinage. Elise devine que ces actes sont liés à son propre passé. Sylvie, une de ses élèves, se suicida sous ses yeux à l’époque où elle était prof. La famille de cette ado instable considéra Elise comme responsable de sa mort. Ces réactions hostiles incitèrent la jeune femme à changer de vie...

« Le cycle de Grimentz » (2005)

Artiste peintre célèbre, Irène Lang vient de mourir. Ses obsèques ont lieu en Bretagne, où vivent son compagnon Yann et leurs deux enfants trentenaires. Son agent prépare une exposition hommage. Sabine s’ennuie avec un mari trop impliqué dans le social. Elle accepte d’écrire une biographie originale sur sa mère. Yann lui-même sait peut de choses sur le passé d’Irène, avant 1968. Sabine se renseigne dans le Jura, où naquit Irène. Son acte de naissance correspond à un enfant mort en bas-âge. C’est en Suisse que Sabine peut retrouver la trace de cette famille. ailleurs, elle obtient des témoignages sur les débuts artistiques d’Irène. Elle se remémore aussi des souvenirs personnels. Leurs rapports furent conflictuels. L’artiste ne fut jamais vraiment ni épouse, ni mère...

« Vent contraire à Loguivy-de-la-mer » (2004)

21 juin 2002. Un jeune couple, Ewan et Justine, bivouaque sur l’île Madec, près de Loguivy. Ils sont agressés avec violence. Ewan est blessé. Le corps de Justine disparaît dans la mer. Automne 2003. Ewan a quitté la marine marchande pour devenir pêcheur. Il a acheté le bateau de son ami retraité Jos. Pour le policier Corlay, Ewan reste suspect tant que le dossier Justine n’est pas clos. Sa sœur Laure et son mari Nathan aident moralement Ewan. Récemment, une grosse affaire de braconnage maritime a éclaté. La société qui employait Justine n’a pas été inquiétée, bien qu’étant sûrement impliquée. Depuis, la famille Talavera a remplacé Pêchemer par une autre société, Groupaqua. Ils vont installer une vaste exploitation d’aquaculture dans le secteur. Quand Ewan réalise l’impact négatif du projet, il tente d’alerter ses amis pêcheurs...

« Larmes de fond » - ou le Retour du Crabe (2002)

Une journaliste, Manon Cormier, a tiré un roman de la série d’assassinats imputés au Crabe. Pour des raisons personnelles, elle revient à St Bredan quelques années plus tard, et tombe entre les mains d’un personnage redoutable. Enlèvement, maltraitance, séquestration… Manon réalise peu à peu que son geôlier est le Crabe, revenu incognito sur les lieux de son dernier crime. Il exige de la journaliste la réécriture de son roman qu’il juge inexact et mensonger. Il l’oblige à exposer sa propre version des faits…

« Chasse à corps à Bréhat » (2000)

Bréhat, veille de Pentecôte. Le temps est magnifique, les touristes affluent, c’est le début de la saison. Louant des chambres d’hôtes chez elle, Esther Mahé ne peut que s’en réjouir. Mais le temps change vite sur ces côtes. A la nuit tombée, sous la brume, l’île devient une terre sauvage et désolée où tout peut arriver, même le pire. C’est ce que découvre Esther lorsque se referme sur elle le piège d’une vengeance savamment élaborée. Cette vengeance ne peut s’accomplir qu’à Bréhat. Un huis-clos dans l’espace (sur une île) et dans le temps, puisque l’histoire ne dure que douze heures, le temps d’une marée…

« Mortel hiver sur le Trieux » (1999)

Une adolescente a disparu, on la recherche activement. Ce qui permet de dévoiler peu à peu le vrai visage des proches de la jeune fille. En particulier celui de sa mère, dont le passé effrayant apparaît dans plusieurs flash-back. Qui a enlevé Coralie ? Et surtout pourquoi ?…

« Le Crabe » (1998)

Bouquiniste à St Bredan, Julie a décidé de démasquer l’assassin de son amie d’enfance – dont le corps vient d’être retrouvé sur une plage de la Manche. Très vite, elle comprend qu’elle a affaire à un tueur en série. Il sévit depuis plusieurs années. Ses crimes ont toujours passé pour des accidents maritimes. Julie se met en danger. Elle risque d’être la nouvelle victime du Crabe…

© Claude Le Nocher

par Claude LE NOCHER publié dans : LIVRES
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Mardi 18 mars 2008

Un héros populaire : VIC St VAL

Vic St Val fut un héros très populaire des années 1970. Il vécut une soixantaine d'aventures. Il s'agissait de romans d'action, avec tout le savoir-faire de leur auteur, G.Morris-Dumoulin. Mais de nombreux sujets de société (sectes et manipulations, en particulier) et des questions sur l'avenir de la planète y étaient aussi abordés. Sans doute le monde dans lequel nous vivons a-t-il évolué depuis, mais il n'est pas sans intérêt de relire certains de ces romans. Voici une sélection de trois romans de la série Vic St Val.


« Course au suicide »

Le C.S.P.J. – Comité de Salut Planétaire pour et par la Jeunesse – a largement et publiquement prévenu les autorités de tous les pays pratiquant le surarmement : « Mort aux marchands de morts ! » Ils ont une année pour réduire et détruire les effrayants stocks d’armes qui menacent notre planète. Ce Comité ne veut pas d’un monde en sursis, en survie. Il veut imposer la paix dans le monde, par la destruction totale des armes… Un ultimatum que tous les dirigeants des pays en causes négligent. « Bonne apathie, messieurs ! » Vic St Val et ses amis du WISP (World Institute of Statistics for Peace) ont, eux, retenu la date un an plus tard. Ils représentent un organisme pacifiste, et se doivent donc d’en savoir plus sur cette affaire et sur ce mouvement. Ils ne sont pas surpris que ce Comité se manifeste à nouveau, au jour prévu. Il ne laisse plus que quarante-huit heures aux pays concernés pour commencer à agir. Vic et le WISP sont sûrs que le C.S.P.J.ne bluffe pas : leur première « démonstration » causera deux cent morts, la seconde touchera mortellement six personnalités mondiales. La paix sur terre étant leur mission, Vic St Val et ses amis seraient plutôt d’accord avec ce Comité de Salut Planétaire. D’accord sur l’idée, pas sur les méthodes ! Beaucoup trop de morts. Ce qui donne à penser que ce n’est pas un mouvement spontané de jeunes révoltés...


« Vic St Val contre Vic St Val »

S’attaquer à Mathéus ? Mission dangereuse, voire impossible, pour Vic St Val et ses amis du WISP . Puissant, ce Mathéus ? Oui, en ce début de laVic_St_Val.JPG décennie, c’est le nouveau Maître spirituel qui influence le monde entier. Son livre « Être et devenir », sa Bible, connaît un succès planétaire. Un bouquin à la portée de tous, prétendant aider chacun à réussir sa vie. Noble cause, qui serait juste si Mathéus ne visait à créer une nouvelle religion dominatrice dont il serait le Dieu au pouvoir incontrôlable. Un homme déjà admiré, qu’il convient de combattre. Vic va essayer. Dès le début de leur enquête au Vatican, Vic et Snaky sont sous surveillance. Les sbires de leur adversaire font exploser leurs chambres d’hôtel. Heureusement, ils se trouvaient ailleurs, dans les bras de deux jolies filles. Grâce à la technique, ils vont localiser la demeure d’où on les espionnait (un lieu de rendez-vous coquin peuplé de jeunes femmes entreprenantes). La bâtisse en question ne résistera pas à leur passage. Après un détour par le siège du WISP à Genève, ils se dirigent vers le Pays basque Espagnol. Mais ce n'est qu'une (dangereuse) étape, avant de se rendre dans un ranch en Argentine...

« La tête au carré »

C’est au retour d’une mission pour le WISP que Vic St Val et son ami l’indispensable Snaky apprennent que Lore Leï, la bonde et séduisante fiancée de Vic a disparu en Allemagne depuis quelques jours. Elle voulait mener seule une enquête sur des enlèvements de puissantes personnalités du pays. Si Vic aime toutes les femmes, il tient réellement à Lore Leï, et n’admet pas qu’elle prenne des risques. C’est autant pour le retrouver que pour définir le rôle des « Enfants de la Liberté » (un groupe pacifiste, émanation du WISP) dans cette affaire qu’il se rend en Allemagne lui aussi, en compagnie de Snaky. Les deux flics de la police politique les connaissent assez pour savoir que leur enquête fera des vagues. Quant aux renseignements qu’ils donnent à Vic, ils sont imprécis. Sauf cette photo sur laquelle Lore Leï, nue, semble prête à faire l’amour avec un beau blond musclé. De quoi faire enrager Vic ! La famille Von Speer ne paraît pas outre mesure dérangée par l’enlèvement de l’industriel. La fille et la jeune épouse trouvent même Vic et Snaky à leur goût. Rudolf, le fils – encore un beau blond musclé – sait peut-être quelque chose à propos de cette histoire. Mais il n’aura pas le temps de parler. Vic pense avoir situé la région où ils ont des chances de retrouver Lore Leï...

© Claude Le Nocher

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Vendredi 14 mars 2008

Piergiorgio DI CARA

Né en 1967, Piergiorgio Di Cara est publié en France depuis 2003, avec « Île noire » (Ed. Métailié). Ses trois premiers romans ont pour héros un policier sicilien anti-mafia, ce que l'auteur est réellement dans la vie. Son personnage est confronté à la violence dès sa première aventure. « Rarement dans le roman noir le lecteur ne s'était approché aussi près du quotidien, du travail et de sa solitude d'un policier » souligne le Dictionnnaire des Littératures Policières (Ed.Joseph K) à son propos. Voici les deuxième et troisième romans de cette série remarquable Di_Cara.JPG(dont la traduction est assûrée par Serge Quadruppani).


« L’âme à l'épaule » (Métailié, 2005)

Inspecteur à la brigade criminelle de Palerme, en Sicile, Salvo Riccobono a récemment été secoué par un attentat meurtrier contre un juge anti-mafia, en plein cœur de la ville. Depuis, il loue une maison à la campagne. Il a autour de lui une solide équipe de policiers. En ce moment, ils enquêtent sur un marchand de fruits et légumes, probablement impliqué dans un racket. Il faudrait poser un micro chez lui. En attendant, son portable est sur écoute, et on le surveille. On est presque certain qu’il protège un mafieux nommé Russo. Unmembre de la mafia, arrêté il y a peu, accepte de collaborer. Quand l’inspecteur Riccobono lit les confidences du repenti, l’inquiétude le gagne. Lors du sanglant attentat, il a été repéré par Sauro, celui qui organisa l’opération. Le policier reste une cible pour ce puissant mafiosi...


« Verre froid » (Métailié Noir, 2007)

La mafia sicilienne veut abattre Salvo Riccobono. Il doit s'éloigner de son île. C’est par une journée pourrie qu’il rejoint son nouveau poste, en Calabre, à Averno sullo Jonio. Si la criminalité y est relative, il n’ignore pas que la mafieuse N’drangheta règne sur le secteur. Bienveillant, son supérieur l’affecte à la section de recherches, où Salvo apportera son expérience à ses collègues. Entre autres, concernant le “petit commerce de la drogue”, où il est partisan de viser le sommet du trafic, et non la base. Il sympathise avec Franco, jeune flic de ce service. En surveillant un simple dealer, l’équipe de Salvo repère deux types suspects. Arrêté en possession de drogue, l’un d’eux se poignarde, mais n’est que blessé. C’est un repris de justice. L’autre est le fils du patron de la société RioCarni, négoce de viandes. Que RioCarni Junior et son complice dirigent un trafic de drogue, soit. Mais Salvo n’est pas encore sûr de comprendre la logique de cette affaire – qui lui ferait faire un détour jusqu'en Toscane...

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Mardi 11 mars 2008

DIX ROMANS DE JEAN-FRANÇOIS COATMEUR

 

Est-il nécessaire de vanter la subtilité de cet écrivain, dont chaque roman est un vrai bonheur de lecture ? Ce qui prime chez lui n'est pas tant le nom du coupable, mais l'ambiance d'une forte densité. Si ses personnages sont confrontés à des situations délicates ou critiques, il sait aussi apporter un certain humour dans ses récits. Voici dix exemples de son talent...

Jean-Fran-ois-COATMEUR.JPG« BABY-FOOT » (1970, Denoël-Liv’Editions, 2002)

Août 1969. Jacques (16 ans) vit à Royan, Charente Maritime, entre sa mère Jeanne et sa tante Lucienne, toutes deux veuves. L’écrivain Serge Malvoisier est assassiné dans sa villa de Saint-Palais, tandis que son épouse Florence est au cinéma. Jacques a des raisons de penser que sa mère a tué Malvoisier : peu avant le meurtre, alors qu’il rôdait autour de la villa avec son ami Marcel, il a vu Jeanne au lit avec l’écrivain. Le commissaire Charolles soupçonne Jeanne, qu’il interroge longuement. Elle lui rappelle tant Eve, et son propre drame personnel ! Mais Jeanne ne cède pas. Nerveux, Marcel succombe à une mauvaise chute chez Jacques. L’énergique tante Lu les débarrasse du corps. Jeanne est libérée. Le policier espère un résultat de la confrontation entre elle et Jacques. Le climat est chargé entre la mère qui se dit innocente et son fils qui la croit coupable...

« LE SQUALE » (1975, Denoël-Liv’Editions, 2003)

En 1971, dans la région de Rodez, l’affaire Norge suscite la polémique. Ce notable d’Espalion est soupçonné d’avoir incendié son centre équestre «Le Ranch» afin de toucher l’assurance, causant un mort. L’incorruptible juge Maury s’occupe du dossier. Il subit des pressions de sa hiérarchie. Il considère Norge, surnommé Le Squale, comme une crapule. Jusqu’en septembre 1972, il ne cède pas. Maury est marié à Séverine, beaucoup plus jeune que lui, qu'il aime vraiment. Séverine a un amant, Serge. Sa décision est prise : elle va divorcer. Avec Serge, elle s’installe dans une maison de Gabriac. Très vite, elle hésite entre bonheur et inquiétude. C’est par hasard, grâce au camionneur Jean-Baptiste, qu’elle devine que Serge lui a menti. Il est employé par Norge pour faire chanter le juge Maury. Croyant son épouse enlevée, Maury a signé le non-lieu en faveur du Squale...

« LA VOIX DANS RAMA » (1973, Denoël-Liv’Editions, 2004)

M.Lemorvan, 48 ans, vient de mourir. Il était le principal du collège climatique de Douarnenez. La police reçoit un cahier dans lequel Lemorvan se confie à un ami. Il y évoque son quotidien dans l’enseignement, son mariage avec Marie-Paule. Surtout, il raconte ce qui a marqué sa vie, sept ans plus tôt... Stéphane Frappier était un jeune élève envoyé par le docteur Barroux de Paris, vague ami de Lemorvan. Un jour, Stéphane fit une fugue, avant de revenir au collège. Grâce à cela, le principal rencontra la mère du gamin, Rachel. Il en tomba amoureux. Il voulut aussi en savoir plus sur eux, sur cet exil de Stéphane en Bretagne. Selon Barroux, il s’agissait de protéger l’enfant. Contrairement à ce qu’elle laissait croire, Rachel n’était pas veuve...

« MORTE FONTAINE » (1982, Denoël-Liv’Editions, 2004)

En Alsace. Rolande, 26 ans, ex-miss, fut un temps chanteuse. A cause d’un nommé Bob, elle est impliquée dans un réseau de prostitution de luxe. Un client, diplomate anglais, décède de mort naturelle. L’organisation envoie un homme pour éliminer Rolande, témoin gênant. Elle se défend, et le tue. Après avoir averti son oncle Charles, elle se cache en Allemagne. Elle sait que sa fille Sylvie, 6 ans et demi, a été recueillie avec son chien Tarzan par un jeune couple. Daniel, pianiste, et la fantasque Kouka voudraient comprendre. Par téléphone, Rolande leur demande de protéger la fillette quelques jours. Kuntz est un policier aigri. Il subit des pressions au sujet du défunt diplomate. Se sachant menacé, l’oncle Charles contacte Daniel, qui arrive trop tard. «Appelez Lucifer» sont les derniers mots de Charles...JF_COATMEUR.JPG

« ALIENA » (1968, Denoël-Liv’Editions, 2005)

Anne se réveille, aveuglée, bras plâtré, souffrant d’amnésie. Elle est entourée de Marc, son mari chirurgien, et de Sigrid, cousine de Marc veillant sur elle. Ils racontent à Anne son récent passé, effacé de sa mémoire. Malgré son état dépressif et ses fugues, qui finirent par un accident, Marc préféra la soigner chez eux. Elle est en voie de guérison, affirme-t-il. Bientôt, Anne s’aperçoit que son bras est intact, que sa vue n’est pas touchée. On lui explique que sa santé psychologique reste fragile. Ses cauchemars et ses hallucinations indiquent un dédoublement de la personnalité. Anne accepte cette protection autour d’elle, mais s’interroge. Intrigué par le suicide de la jeune Françoise, le policier Bachereau continue de questionner sa sœur aînée, Mona...

« ON L’APPELAIT JOHNNY » (1979, Denoël-Liv’Editions, 2006)

Le cargo du commandant Berthier va bientôt quitter la rade d’Abidjan. Avec l’accord du second, le capitaine Marzin, il accepte un passager clandestin, Blanck. Mêlé à un complot, ce Français pas très clair doit fuir le pays. De nuit, il embarque avec trois amis : Petrovian, sa sensuelle maîtresse métisse Ina Desroze, et Charles, le frère d’Ina. Malgré cet imprévu, le commandant s’arrange pour les loger à bord. La compagnie impose un autre passager, officiel celui-là : Lagouge, comédien en tournée. Situation difficile à gérer, d’autant que Blanck donne des ordres, et qu’Ina s’exhibe sous les yeux de l’équipage. Charles sympathise avec le comédien. Pétrovian se méfie de tous. On découvre Blanck pendu dans sa cabine. L’assassin est un certain Johnny, rôdant sur le navire. Des indices laissent à penser que ce meurtre est en rapport avec une affaire datant de 1943. Près de la Pointe du Raz, un groupe de résistants fut victime des nazis. Seuls Blanck et Johnny en réchappèrent...

« LE MASCARET » (1977, Denoël-Liv’Editions, 2007)

Au Pays-Basque, milieu des années 1970. Chantal Ragon est arrêtée par la police espagnole lors d’une action du groupe anti-franquiste Alma. Elle ne peut attendre aucune clémence de la justice du général Franco. Christian Ragon, son mari dont elle vivait séparée, espère pourtant dans l’ombre du procès. Chantal est condamnée à perpétuité. Pour Ragon, c’est le Docteur Ramirez qui a causé cette situation. Il hait ce héros du militantisme basque, qui lui a pris son épouse. Chantal fut impressionnée par le livre de Ramirez, aujourd’hui best-seller. Mal dans sa vie de couple, elle quitta tout pour rencontrer cet homme qui la fascinait. Ramirez et Chantal devinrent bientôt intimes. Elle souhaitait surtout prendre part au combat basque. On lui confia un vague rôle d’agent de liaison. Elle voulait mieux, cette mission qui se termina si mal. Souffrant, assisté de son ami-employé Chico, Ramirez culpabilise. Pouvait-il la retenir ? Venu pour une prétendue consultation chez le médecin, Ragon est incapable de l’assassiner. Ramirez est tourmenté par ses souvenirs, ayant servi de base à son livre à succès...

« TOUS NOS SOLEILS SONT MORTS » (Albin Michel, 2002–Le Livre de Poche, 2004)

1998. Un groupe d’activistes utilise le nom d’Hadès. Mel, Gilou, Patrick, Camille et Pierre-Henri ont commis des attentats dans le Morbihan. Ils s’attaquent une deuxième fois au promoteur immobilier Sabatier. Gilou est tué lors de cette opération. Mel est persuadée que Sabatier l’a abattu. Ses amis pensent qu’il faut arrêter. Seul Camille accepte de seconder encore la jeune femme. Après avoir brièvement enlevé le promoteur, Camille renonce finalement. Il craint d’avoir été reconnu, devient parano. Mel trouve un moyen d’approcher la famille de Sabatier, espérant ainsi venger Gilou. La jeune épouse de Sabatier, vient d’accoucher. De santé fragile elle laisse l'infirmière Alice s'occuper de son bébé. Cyril, fils du premier mariage de Sabatier, éprouve une rancune tenace contre son père et Alice. S’il ne déteste pas Véronique, il se sert d’elle pour viser Sabatier. Il est question d'interner la jeune femme. Cyril et Mel restent ses seuls alliés. Contre l’avis de ses amis d’Hadès, Mel projette d’intervenir... Le commandant Valentin et son adjointe enquêtent sur le groupuscule...

« LA FILLE DE BAAL » (Albin Michel, 2005)

Delphine est professeur de littérature médiévale à la fac Ségalen, à Brest. Elle est mariée à Dominique, chercheur au CHU et enseignant à l’école de médecine. Delphine entretient une liaison avec l’un de ses étudiants, Reynaldo. Une nuit, il est mortellement agressé par deux hommes masqués. Présente, Delphine est violée. Avant de s’enfuir, elle prévient anonymement la police. Dès le lendemain, elle doit feindre, cacher sa profonde tristesse. Elle ne dit rien à son mari, ni à l’enquêteur qui l’interroge. Elle ne se confie qu’à Manon, sa meilleure amie. Delphine est contactée par son ancien amoureux, Jérémy, revenu vivre dans la région. Elle reçoit bientôt des courriels signés «Ariel». Ces messages deviennent vite obscènes, visant aussi Dominique. On a retrouve un SDF mort. Sans doute est-ce lui qui venait de téléphoner à Delphine. Ariel ne tarde pas à faire chanter Delphine...

« ESCROQUEMORT » (Denoël, 1992)

Quand il apprend que l’oncle Napoléon, à près de 70 ans, envisage de se marier avec une jeunette, ce roublard de Vincent renifle sans tarder le péril. L’héritage promis et tant espéré passerait sous le nez des neveux : Guillaume (dit «Ti-Lou»), Xavier et lui, Vincent. Bien la peine d’y faire tous ses caprices, à ce vieil avare de Napoléon ! Xavier, employé de banque, marié à Paulette, il a sûrement pas trop besoin du fric de leur oncle. Mais Ti-Lou, avec sa Fernande qu’est en fauteuil roulant, et qui trime pour pas lourd, les sous de Napoléon lui ferait du bien. La femme de Vincent rêve depuis toujours d’un petit appartement au centre-ville. Ils pourraient alors se l’offrir, quitter le quartier pouilleux où ils végètent. Et puis, il y a Maria. Une veuve encore jeune qui est la maîtresse de Vincent. Elle en est très amoureuse. S’il devient riche, il ne l’oubliera pas. Dans cette situation de crise, Vincent réunit ses frères pour empêcher Napoléon de convoler. Ils y parviendront. Même si le décès de Napoléon était accidentel, il y avait l’intention ! Commence alors entre les trois frères un jeu de dupes...

© Claude Le Nocher

 

par Claude LE NOCHER publié dans : LIVRES
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Samedi 8 mars 2008

Trois romans de Stéphane Jaffrézic


Dans cette famille concarnoise des Moreau, il y eut jadis Clet Moreau, gendarme à la fin du dix-neuvième siècle. De nos jours, c'est son descendant Maxime Moreau qui est policier. Ces personnages ont été créés par Stéphane Jaffrézic dans deux séries de romans. Petite présentation de trois de ces titres.


« Le rubis de Châteauneuf-du-Faou » Stephane_Jaffrezic.JPG(Editions Alain Bargain, Coll.Pol’Art, 2007)

Juin 1895. Clet Moreau, 38 ans, chef de la gendarmerie de Concarneau, a vecu une première enquête dans « Toiles de Fond à Concarneau ». Blaise Furic, cousin de sa femme, occupe le même poste à Pont-Aven. Ensemble, accompagnés du fils de Moreau, ils se rendent à Châteauneuf-du-Faou. En permission, ils vont y restaurer une bicoque dont Furic a hérité. En dix jours, ils feront de cette bâtisse une maison habitable. Le trajet en diligence n’est pas sans risque. Le trio a voyagé avec le peintre Paul Sérusier, qui loge dans le même hôtel qu’eux. L’artiste y est couvé par la serveuse, Lucette. Les deux gendarmes font la connaissance de Catherine Gestin. Riche amie du peintre, elle est amoureuse de lui. Mais Sérusier reste obsédé par une belle Polonaise qui l'abandonna. Un soir, le peintre et son amie se disputent. Le lendemain, Catherine Gestin a disparu. Sérusier s’étant enivré durant toute la soirée, on ne peut guère l’accuser d’un crime sur la jeune femme, solution qui conviendrait au lieutenant de gendarmerie Mouret. Enlèvement, meurtre, suicide, ou départ volontaire pour Paris, rien n’est exclu... L’image du Finistère d’alors est conforme à l'époque en question, vivante et quotidienne. L’intrigue criminelle n’est pas exagérément compliquée, ce qui n’était pas indispensable. Un « polar historique » fort agréable !


« Chili-Concarneau » (Ed. Alain Bargain, 2004)

Au petit matin, un noyé est découvert dans le port de Concarneau, un SDF assassiné. Son aristocratique compagnon raconte leur parcours insolite au capitaine Moreau, de la police locale. Celui-ci avait oublié combien la vie portuaire est animée la nuit. Les trois jeunes agités qu’il interroge en premier sont juste des casseurs. ’est autour de la criée que Moreau passe la nuit suivante. Il questionne les dockers, les trieurs de marée, les surveillants. Personne n’a rien remarqué. Se mettant à la place de la victime, il tente de reconstituer les faits. Le patron d’un petit bateau de pêche amarré près du lieu du crime n’a rien vu non plus. Bien qu’il ait établi quel type d’arme a été utilisée, le policier est déçu par ce début d’enquête sans grand résultat. Moreau doit aussi se charger d’autres affaires. Un médiocre truand de la région est mort dans un accident de la route près de Nantes. Des vols de tableaux et d’œuvres d’art ont été commis dans son secteur. En outre, son amie Sylvie lui signale un couple qu’elle soupçonne de pédophilie... On se doute que les divers niveaux d’intrigue ont des points communs, mais l'histoire est parfaitement maîtrisée. Très réussi, son héros prend rapidement de la consistance. Une enquête animée de nombreuses péripéties et ramifications.


« Ville bleue et beaux dégâts » (Ed.Alain Bargain, 2005)

De retour à Concarneau, Maxime Moreau est contacté par un agent de la DGSE, espion qu’il surnomme Le Calvitié. Le policier est contraint d’accepter une mission secrète. Pour venger des attaques visant des chalutiers français, il doit commettre des attentats sur des navires de pêche en Espagne. Il n’a pas le choix, et c’est très bien payé. Un ancien activiste de l'ARB, expert en explosifs, l'assistera. Moreau recrute un copain Irlandais, Keran, vivant sur un voilier. Il est aussi bon plongeur sous-marin que lui. Le trio se dirige vers le Pays Basque espagnol. Avant la frontière, ils reçoivent la somme promise et les explosifs. port de Sesnara est leur cible. Ils y remarquent un luxueux yacht et sa séduisante propriétaire Portugaise. La mission d’abord ! Après repérages, ils passent à l’action. Les explosions causent d’énormes dégâts sur la flottille de pêche, sans victimes. Mais la mission se complique ensuite... Cette deuxième aventure de Maxime Moreau est aussi mouvementée, sinon plus. Du pur roman d’action à suspense, dans la meilleure tradition.

© Claude Le Nocher

par Claude LE NOCHER publié dans : LIVRES communauté : SOIF DE LIRE...
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Vendredi 7 mars 2008

 

Les Chroniques de Dasola (N°2)

Voici deux nouvelles lectures de Dasola, qui en présente ponctuellement ici.

 

Un petit boulot” de Iain Levison, paru en édition de poche Piccolo (Ed.Liana Levi), est l'histoire d'un chômeur, Jake, à qui l'on propose de devenir un tueur. Il a perdu son boulot suite à la fermeture de l'unique usine de la ville américaine où il vit. Il est endetté et sa petite amie l'a quitté. Tout va mal. Et donc, en plus d'un travail de nuit qu'un copain lui trouve dans une station-service, il accepte assez facilement, le "petit boulot" de supprimer des gens avec un fusil. Comme en plus il est doué, il ne rate jamais sa cible, et il y prend goût sans état d'âme. Il supprime même un "gêneur" pour son propre compte. Jake est le narrateur de l'histoire, ce qui donne à ce court roman un ton très détaché pour décrire les crimes commis, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. La fin n'en n'est pas une: Jake n'est pas arrêté et la dernière ligne du roman nous fait supposer que sa carrière de tueur est loin d'être terminée. Le constat est un peu amer.

L'échelle de Dionysos” de Luca di Fulvio (Editions Albin Michel). Roman policier italien, L'échelle de Dionysos débute le 31 décembre 1899 et se termine dans les premiers mois de 1900 dans un quartier surnommé "La Mignatta" (la sangsue) mais sans que l'on sache dans quelle ville l'action se situe. La seule chose connue sur cette ville est qu'il fait froid et qu'il pleut en hiver. Milton Germinal, policier héroïnomane, enquête sur des crimes affreux perpétrés sur des femmes de riches nantis. Elles ont été massacrées avec un instrument métallique non déterminé. Des domestiques présents considérés comme des témoins gênants sont supprimés. Leurs corps servent comme objets de décoration sur les scènes de crimes successifs. Des personnes comme un médecin légiste phocomèle, Noverre (né sans bras et avec un visage difforme), ainsi que son assistant Zòla (un géant simple d'esprit), un homme Stigle (surnommé "le chimiste"), une très belle jeune femme (Inès), un directeur de cirque ancien médecin (Sciron), un nain (Tristante), croiseront le chemin de l'inspecteur. Enfin, un "Homme Mécanique" joue un rôle dans l'histoire. En ce tournant de siècle, à la Mignatta, les maisons sont lépreuses et les hommes et femmes qui y vivent travaillent pour un salaire de misère dans une grande usine de sucre implantée dans le quartier. Les conditions de travail sont épouvantables. Les morts ou blessés sont nombreux à cause des accidents du travail. Ils sont malnutris et s'enivrent souvent. La révolte gronde et on évoque même la grève. Et Dionysos, me direz-vous? A part que c'est un Dieu grec, c'est le vrai prénom du meurtrier, qui se prend pour ce dieu, et qui a préparé pendant seize ans sa vengeance. Les cent dernières pages dévoilent des faits qui ont abouti à comprendre pourquoi les crimes ont été commis et surtout le lien entre les victimes. Les 480 pages de L'échelle de Dionysos se lisent vite. Ce roman sort un peu de l'ordinaire. Cela se passe en Italie mais pourrait se passer dans n'importe quelle autre ville d'Europe ou même d'Amérique à cette époque. Les crimes et l'enquête ne sont qu'un prétexte pour brosser la mutation de cette société d'il y a un siècle en pleine révolution industrielle, avec d'un côté les riches et de l'autre les pauvres (ouvriers ou non), et la condition des femmes enceintes sans être mariées. Livre captivant.

© http://dasola.canalblog.com/ (Février 2008)

 

 

par Claude LE NOCHER publié dans : LIVRES
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