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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 11:30

Âgé de 92 ans, Jean-François Coatmeur vient de s'éteindre dans la nuit de dimanche à lundi 11 décembre 2017. Publiant depuis 1963, il a écrit plus de vingt-cinq romans, dont la plupart dans la catégorie polar. Il fut président du jury du Prix du Goéland Masqué (Penmarc’h) de 2001 à 2014. Son œuvre fut multi-récompensée : "Les sirènes de minuit" – Grand Prix de Littérature Policière 1976 ; "La bavure" – Prix Mystère de la critique 1981 ; "La danse des masques" – Prix du suspense 1990, Grand prix des écrivains de l'ouest 1990 ; "Des croix sur la mer" – Prix Bretagne 1992. Toujours impeccables, ses intrigues privilégiaient les ambiances sombres – voire assez anxiogènes, la complexité dans la psychologie des personnages, la noirceur de certaines époques. Ces livres ne sont pas à lire telles des enquêtes policières, mais comme des romans criminels noirs.

Avec le développement des salons du livre et autres festivals du polar ces vingt dernières années, quantité de lecteurs ont eu le bonheur d’approcher Jean-François Coatmeur. Tous pourront témoigner de sa vitalité et de sa gentillesse, de son plaisir d’échanger avec ceux qui connaissaient ses romans autant qu’avec ceux qui les découvraient. Il en épatait de plus jeunes que lui (même Jean-Bernard Pouy, il y a une douzaine d’années au Festival polar de Concarneau, surpris d’un tel punch). C’était une façon pour lui de garder la santé, lui qui continua longtemps à jouer au tennis avec son épouse, tous deux évoquant d’un œil pétillant le temps où ils dansaient joyeusement dans les fêtes bretonnes (pas seulement en Bretagne). Professeur sérieux, il n’en aimait pas moins les plaisirs de la vie.

Jean-François Coatmeur montrait une sincère amabilité envers ses lecteurs fidèles, une forme de bienveillance. Évoquer avec lui "Le secret d'Agnès Valière" (1996, coll.Bonne Soirée) ou "Escroquemort" (1992, Denoël) à la diffusion bâclée par l’éditeur, créait une certaine complicité autour de ces titres moins connus. Honoré dans le milieu de la littérature policière, admiré par un large lectorat, J.F.Coatmeur ne se flattait jamais de ses succès, ne se gargarisait pas de son parcours. En 2014, ayant subi de sévères ennuis de santé, il s’avouait malheureux d’avoir été désagréable vis-à-vis de son entourage durant cet épisode, car ça ne reflétait pas son caractère. Pour la suite, il se voulait optimiste. Jean-François Coatmeur nous a quitté, mais on ne l’oubliera jamais car il restera un des écrivains majeurs du roman noir français.

Jean-François Coatmeur, Penmarc'h 2014.

Jean-François Coatmeur, Penmarc'h 2014.

Retour sur quelques titres de Jean-François Coatmeur…

Aliena (Denoël, 1968)

Anne se réveille, aveuglée, bras plâtré, souffrant d’amnésie. Elle est entourée de Marc, son mari chirurgien, et de Sigrid, cousine de Marc veillant sur elle. Ils racontent à Anne son récent passé, effacé de sa mémoire. Malgré son état dépressif et ses fugues, qui finirent par un accident, Marc préféra la soigner chez eux. Elle est en voie de guérison, affirme-t-il. Bientôt, Anne s’aperçoit que son bras est intact, que sa vue n’est pas touchée. On lui explique que sa santé psychologique reste fragile. Ses cauchemars et ses hallucinations indiquent un dédoublement de la personnalité. Anne accepte cette protection autour d’elle, mais s’interroge.

Intrigué par le suicide de la jeune Françoise, le policier Bachereau continue de questionner sa sœur aînée, Mona. Leur relation trouble, l’amour idéalisé de Françoise pour le bel Hubert, les lettres de celui-ci interceptées par la possessive Mona : autant d’éléments justifiant le suicide. Pourtant, le délai entre la disparition et la mort, et l’histoire de la poupée fétiche de Françoise, sont encore mal éclaircis. Il se peut que Mona ait tué sa sœur… Bien qu’elle reconnaisse des photos d’avant sa maladie, Anne se sent «engluée dans le mensonge». Les bruits qu’elle croit entendre, une poupée qui est bien la sienne, cette Mona apparaissant dans ses cauchemars : ces faits étranges provoquent fièvres et délire… Mona a déjoué la surveillance policière. On lui a fait croire au retour de Françoise, qu’elle sait vivante…

Baby-foot (Denoël, 1970)

Août 1969. Jacques (16 ans) vit à Royan, Charente Maritime, entre sa mère Jeanne et sa tante Lucienne, toutes deux veuves. L’écrivain Serge Malvoisier est assassiné dans sa villa de Saint-Palais, tandis que son épouse Florence est au cinéma. Jacques a des raisons de penser que sa mère a tué Malvoisier : peu avant le meurtre, alors qu’il rôdait autour de la villa avec son ami Marcel, il a vu Jeanne au lit avec l’écrivain. Le commissaire Charolles soupçonne Jeanne, qu’il interroge longuement. Elle lui rappelle tant Eve, et son propre drame personnel ! Mais Jeanne ne cède pas. Nerveux, Marcel succombe à une mauvaise chute chez Jacques. L’énergique tante Lu les débarrasse du corps. Jeanne est libérée. Le policier espère un résultat de la confrontation entre elle et Jacques. Le climat est chargé entre la mère qui se dit innocente et son fils qui la croit coupable...

La voix dans Rama (Denoël, 1973)

M.Lemorvan, 48 ans, vient de mourir. Il était le principal du collège climatique de Douarnenez. La police reçoit un cahier dans lequel Lemorvan se confie à un ami. Il y évoque son quotidien dans l’enseignement, son mariage avec Marie-Paule. Surtout, il raconte ce qui a marqué sa vie, sept ans plus tôt... Stéphane Frappier était un jeune élève envoyé par le docteur Barroux de Paris, vague ami de Lemorvan. Un jour, Stéphane fit une fugue, avant de revenir au collège. Grâce à cela, le principal rencontra la mère du gamin, Rachel. Il en tomba amoureux. Il voulut aussi en savoir plus sur eux, sur cet exil de Stéphane en Bretagne. Selon Barroux, il s’agissait de protéger l’enfant. Contrairement à ce qu’elle laissait croire, Rachel n’était pas veuve...

Hommage à Jean-François Coatmeur (1925-2017)

Le Squale (Denoël, 1975)

En 1971, dans la région de Rodez, l’affaire Norge suscite la polémique. Ce notable d’Espalion est soupçonné d’avoir incendié son centre équestre «Le Ranch» afin de toucher l’assurance, causant un mort. L’incorruptible juge Maury s’occupe du dossier. Il subit des pressions de sa hiérarchie. Il considère Norge, surnommé Le Squale, comme une crapule. Jusqu’en septembre 1972, il ne cède pas. Maury est marié à Séverine, beaucoup plus jeune que lui, qu'il aime vraiment. Séverine a un amant, Serge. Sa décision est prise : elle va divorcer. Avec Serge, elle s’installe dans une maison de Gabriac. Très vite, elle hésite entre bonheur et inquiétude. C’est par hasard, grâce au camionneur Jean-Baptiste, qu’elle devine que Serge lui a menti. Il est employé par Norge pour faire chanter le juge Maury. Croyant son épouse enlevée, Maury a signé le non-lieu en faveur du Squale...

Le mascaret (Denoël, 1977)

Au Pays-Basque, Chantal Ragon est arrêtée par la police espagnole lors d’une action du groupe anti-franquiste Alma. Elle ne peut attendre aucune clémence de la justice du général Franco. Christian Ragon, son mari dont elle vivait séparée, espère pourtant dans l’ombre du procès. Chantal est condamnée à perpétuité. Pour Ragon, c’est le Docteur Ramirez qui a causé cette situation. Il hait ce héros du militantisme basque, qui lui a pris son épouse. Chantal fut impressionnée par le livre de Ramirez, aujourd’hui best-seller. Mal dans sa vie de couple, elle quitta tout pour rencontrer cet homme qui la fascinait. Ramirez et Chantal devinrent bientôt intimes. Il envisagea même de l’épouser. Elle souhaitait surtout prendre part au combat basque. On lui confia un vague rôle d’agent de liaison. Elle voulait mieux, cette mission qui se termina si mal. Souffrant, assisté de son ami-employé Chico, Ramirez culpabilise. Pouvait-il la retenir ?

Venu pour une prétendue consultation chez le Dr Ramirez, Ragon est incapable de l’assassiner. Le mari de Chantal disparaît durant plusieurs mois. Ramirez est tourmenté par ses souvenirs, ayant servi de base à son livre à succès. Certes, il a connu très tôt les persécutions franquistes. Mais qu’a-t-il subi pour devenir symbole héroïque de la cause basque ? Ayant besoin de soins, Ramirez s’installe un temps à Paris avec Chico. De retour, Ragon lui rend régulièrement visite... 

On l’appelait Johnny (Denoël, 1979)

Le cargo du commandant Berthier va bientôt quitter la rade d’Abidjan. Avec l’accord du second, le capitaine Marzin, il accepte un passager clandestin, Blanck. Mêlé à un complot, ce Français pas très clair doit fuir le pays. De nuit, il embarque avec trois amis : Petrovian, sa sensuelle maîtresse métisse Ina Desroze, et Charles, le frère d’Ina. Malgré cet imprévu, le commandant s’arrange pour les loger à bord. La compagnie impose un autre passager, officiel celui-là : Lagouge, comédien en tournée. Situation difficile à gérer, d’autant que Blanck donne des ordres, et qu’Ina s’exhibe sous les yeux de l’équipage. Charles sympathise avec le comédien. Pétrovian se méfie de tous.

On découvre Blanck pendu dans sa cabine. L’assassin est un certain Johnny, rôdant sur le navire. Des indices laissent à penser que ce meurtre est en rapport avec une affaire datant de 1943. Près de la Pointe du Raz, un groupe de résistants fut victime des nazis. Seuls Blanck et Johnny en réchappèrent.Il se peut que Petrovian ait éliminé son ami Blanck, auquel il devait une grosse somme. L’enquête de Berthier et de Marzin n’aboutit qu’à des suppositions. Lors de l’escale à Dakar, tout le monde est consigné à bord. D'autres meurtres se produisent. La fièvre monte, les passagers sont tendus, l’équipage grogne…

Morte Fontaine (Denoël, 1982)

En Alsace. Rolande, 26 ans, ex-miss, fut un temps chanteuse. A cause d’un nommé Bob, elle est impliquée dans un réseau de prostitution de luxe. Un client, diplomate anglais, décède de mort naturelle. L’organisation envoie un homme pour éliminer Rolande, témoin gênant. Elle se défend, et le tue. Après avoir averti son oncle Charles, elle se cache en Allemagne. Elle sait que sa fille Sylvie, six ans et demi, a été recueillie avec son chien Tarzan par un jeune couple. Daniel, pianiste, et la fantasque Kouka voudraient comprendre. Par téléphone, Rolande leur demande de protéger la fillette quelques jours. Kuntz est un policier aigri. Il subit des pressions au sujet du défunt diplomate. Se sachant menacé, l’oncle Charles contacte Daniel, qui arrive trop tard. «Appelez Lucifer» sont les derniers mots de Charles..

Escroquemort (Denoël, 1992)

Quand il apprend que l’oncle Napoléon, à près de 70 ans, envisage de se marier avec une jeunette, ce roublard de Vincent renifle sans tarder le péril. L’héritage promis et tant espéré passerait sous le nez des neveux : Guillaume (dit «Ti-Lou»), Xavier et lui, Vincent. Bien la peine d’y faire tous ses caprices, à ce vieil avare de Napoléon ! Xavier, employé de banque, marié à Paulette, il a sûrement pas trop besoin du fric de leur oncle. Mais Ti-Lou, avec sa Fernande qu’est en fauteuil roulant, et qui trime pour pas lourd, les sous de Napoléon lui ferait du bien. La femme de Vincent rêve depuis toujours d’un petit appartement au centre-ville. Ils pourraient alors se l’offrir, quitter le quartier pouilleux où ils végètent. Et puis, il y a Maria. Une veuve encore jeune qui est la maîtresse de Vincent. Elle en est très amoureuse. S’il devient riche, il ne l’oubliera pas. Dans cette situation de crise, Vincent réunit ses frères pour empêcher Napoléon de convoler. Ils y parviendront. Même si le décès de Napoléon était accidentel, il y avait l’intention ! Commence alors entre les trois frères un jeu de dupes...

Hommage à Jean-François Coatmeur (1925-2017)

Tous nos soleils sont morts (Albin Michel, 2002)

1998. Un groupe d’activistes utilise le nom d’Hadès. Mel, Gilou, Patrick, Camille et Pierre-Henri ont commis des attentats dans le Morbihan. Ils s’attaquent une deuxième fois au promoteur immobilier Sabatier. Gilou est tué lors de cette opération. Mel est persuadée que Sabatier l’a abattu. Ses amis pensent qu’il faut arrêter. Seul Camille accepte de seconder encore la jeune femme. Après avoir brièvement enlevé le promoteur, Camille renonce finalement. Il craint d’avoir été reconnu, devient parano. Mel trouve un moyen d’approcher la famille de Sabatier, espérant ainsi venger Gilou. La jeune épouse de Sabatier, vient d’accoucher. De santé fragile elle laisse l'infirmière Alice s'occuper de son bébé. Cyril, fils du premier mariage de Sabatier, éprouve une rancune tenace contre son père et Alice. S’il ne déteste pas Véronique, il se sert d’elle pour viser Sabatier. Il est question d'interner la jeune femme. Cyril et Mel restent ses seuls alliés. Contre l’avis de ses amis d’Hadès, Mel projette d’intervenir... Le commandant Valentin et son adjointe enquêtent sur le groupuscule...

La fille de Baal (Albin Michel, 2005)

A Brest, Delphine est professeur de littérature médiévale à la fac Ségalen. Elle est mariée à Dominique, chercheur au CHU et enseignant à l’école de médecine. Ayant perdu leur petite Cécilia en 1991, ils ont un fils de 11 ans, Morgan. Delphine entretient une liaison avec l’un de ses étudiants, Reynaldo. Une nuit, il est mortellement agressé par deux hommes masqués. Présente, Delphine se fait violer. Avant de s’enfuir, elle prévient anonymement la police. Dès le lendemain, elle doit feindre, cacher sa profonde tristesse. Elle ne dit rien à son mari, ni à l’enquêteur qui l’interroge. Elle ne se confie qu’à Manon, sa meilleure amie. Delphine est contactée par son ancien amoureux, Jérémy, revenu vivre dans la région.

Delphine reçoit bientôt des courriels signés Ariel. Ces messages deviennent vite obscènes, visant aussi Dominique. On glisse des billets insultants sous son pare-brise. On a retrouve un SDF mort. Sans doute est-ce lui qui venait de téléphoner à Delphine. Ariel ne tarde pas à faire chanter Delphine. Elle paie les 20 000 € demandés. Elle redoute que l’homme n’en reste pas là. Quand la menace se renouvelle, Delphine avoue (presque) tout à son mari. Très actif, fatigué par un début de cancer qu’il réfute, Dominique ne lui apporte qu’un soutien relatif. D’autant qu’il ne peut renoncer à un colloque sous les tropiques. Quant à ce diable de Morgan, il lui complique la vie. Delphine soupçonne Manon. Le meurtre d’un collègue, prof facho, n’est pas sans rapport avec l’affaire…

Une écharde au coeur (Albin Michel, 2010)

Disculpé par un non-lieu, le quadragénaire Gwen Malinec est libre après deux ans et demi de prison. Il reste en contact avec sa compagne Nicole, qui s’occupe de leur fille Justine. Il est préférable que Gwen ne revoit pas Antoine, 17 ans, fils adoptif de Nicole, à cause de qui il fut incarcéré. C’est dans la maison de sa défunte mère, à Pouldavid près de Douarnenez, que Gwen va s’installer avec son chien Argo. Alors qu’il approche de sa destination, une ombre fantomatique surgit dans la nuit. Ayant été agressée alors qu’elle se baignait dans une crique voisine, une jeune femme cherche du secours. Gwen accepte d’héberger Mara, 28 ans. Sa première version des faits apparaît douteuse. En effet, elle oublie volontairement de préciser qu’elle se trouvait cette nuit-là avec son amant Yvan. Gendre d’un puissant élu local, celui-ci n’est pas intervenu. Croyant que Mara s’est noyée, il laisse toutefois un ultime message sur son répondeur.

Ayant été averti qu’Antoine a fait une fugue, Gwen pousse Mara à lui confier la vraie version de sa mésaventure. Elle possède peu de renseignements sur Yvan, sauf qu’il est vaguement prof de dessin. Ce n’est pas lui qui l’a agressé dans l’eau, Mara en est certaine. Elle finit par admettre avoir été contactée par un inconnu, afin de piéger son amant. À la fois, elle fut contrainte d’accepter car on menaçait son fils hospitalisé, et elle ne pouvait refuser la jolie somme promise. Ce qui n’explique pas pourquoi c’est elle qui a été victime d’une agression. Par son ancien instituteur, Gwen envisage l’éventualité qu’Yvan soit un de ses ex-copains de classe. Mais il ne trouve aucune trace de lui dans les annuaires. Finalement, Gwen renoue avec son copain d’enfance Yvan, lui révélant tout ce qu’il sait au sujet de Mara. À l’abri chez Gwen, elle ne risque sans doute rien. Pourtant, Gwen sent une menace autour d’eux. Néanmoins, il ne se méfie pas assez quand, par un subterfuge, on l’éloigne de sa maison…

L’Ouest barbare (Albin Michel,2012)

Septembre 1938. Jérôme Le Gallès vit à Pouldavid, près de Douarnenez. Marié à Tania, employée dans une conserverie, Jérôme est un jeune menuisier ébéniste. En ces temps où les rumeurs de guerre se précisent, les clients restent prudents. Donatien Groubart, le père de Tania et de sa demi-sœur Julienne, est un ancien colonial d’Indochine, un homme fortuné. Il a prêté de l’argent à Jérôme pour aider à son installation. Croyant que le jeune couple envisage de quitter bientôt la France, Groubart réclame le remboursement anticipé de cette dette. Impossible pour les finances de Jérôme. Quand celui-ci retourne le soir même à la propriété de son beau-père, Groubart vient d’être tué accidentellement par un cambrioleur. Dans l’urgence, Tania et Jérôme se fabriquent un alibi quelque peu bancal. Une rapide enquête des gendarmes porte le soupçon sur le gendre de la victime. Malgré de nombreuses incohérences, Jérôme est condamné.

Durant la débâcle de juin 1940, lors d’un transfert vers une autre prison, Jérôme a l’opportunité de s’évader. Jean-Paul, son compagnon de cavale, est un Alsacien au casier judiciaire chargé. Si ce malfrat frustre n’a guère de points communs avec Jérôme, sa débrouillardise sera utile. Car une fuite à pieds en direction de la Bretagne ne les mènerait pas bien loin sur les routes de l’Exode. Déguisés en soldats hollandais, ils trouvent un cheval et son attelage pour avancer plus vite, avant d’être hébergés par un prêtre. Probablement pas dupe, ce dernier leur prête des vélos afin de poursuivre leur trajet. Prendre le train, alors que se multiplient les bombardements, s’avère quasiment impossible. Les fugitifs arrivent quand même dans la région de Douarnenez, où ils devront redoubler de prudence…

Les noces macabres (Albin Michel, 2016)

Habitant Ivry, Christelle est une jeune femme d'environ vingt-cinq ans, dont son petit-ami Pascal est très amoureux. Elle reste proche de sa mère, Nanou, quinquagénaire vivant à Puteaux. Toutes deux sont infirmières en hôpital, leurs opinions politiques étant marquées à gauche. En ce mois de mars 2011, l'état de santé de Nanou est fragile. Il se dégrade encore davantage quand sa fille lui parle d'un patient admis là où elle est employée, suite à un accident de voiture. Âgé de 54 ans, très gravement touché, cet Alain Vénoret est un chirurgien orthopédiste exerçant en Suisse. Il est originaire de la région brestoise, comme Nanou. Bien que la mère de Chris n'ait pas semblé se souvenir de lui, la crise qui la secoue peut être associée au nom de cet hospitalisé. Le choc sera bientôt fatal à Nanou. Elle a laissé à sa fille un curieux dossier.

Par ailleurs, trois hommes sont confrontés à des moments fort contrariants. Médecin à Mortagne-au-Perche, Loïc Mazou était intimement proche d'un de ses patients. Si la mort de ce dernier n'est pas exactement naturelle, le docteur s'arrange pour que la femme au service du défunt n'en sache rien. Dans le Finistère, la carrière politique d'Eugène Abilien paraît bien amorcée. Pourtant ce notable va renoncer à poursuivre dans cette voie, "pour raisons personnelles". À l'abbaye de Kerascoët, le père Gildas Runavot est apprécié dans sa communauté. Son suicide est en contradiction avec les principes religieux. Pourquoi la chanson "Le lac majeur" suppose-t-elle un mauvais souvenir pour Abilien, Runavot et peut-être Mazou ?

Au printemps 2012, Chris a quitté son poste à l'hôpital pour s'occuper exclusivement de la convalescence d'Alain Vénoret. Il s'est installé à Paris, car le temps de sa rééducation sera probablement long. Plutôt qu'infirmière, Chris fait figure de régisseuse des soins apportés au patient. Pascal, son petit-ami, est le grand perdant dans cette situation. Surtout quand Vénoret et elle déménagent à Brest, en juillet…

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commentaires

lawrenta 12/04/2020 09:32

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Nadine 30/03/2018 13:50

Merci Monsieur, pour le bonheur que vous nous avez donné avec chaque roman publié. Peut-être que là haut vous faites la lecture de vos romans à vos nouveaux voisins. Vous nous manquez cruellement.

Claude LE NOCHER 30/03/2018 16:18

Merci Nadine
Jean-François Coatmeut fut un "Grand Monsieur", en tant qu'homme comme en tant qu'écrivain : nous l'aimerons toujours.
Amitiés.

louvet cathie 19/12/2017 15:09

Merci beaucoup pour cet hommage complet et émouvant qui donne envie de se (re)-plonger dans les romans de J.F. Coatmeur, ce que je ne manquerais pas de faire prochainement...

Claude LE NOCHER 19/12/2017 16:30

Bonjour
Jean-François Coatmeur restera un écrivain important, qu'il faut lire et relire... ce que je suis en train de faire.
Amitiés.

Max 13/12/2017 10:16

Bonjour Claude,
Un très grand du polar français, le premier titre qui me vient à l'esprit est "La bavure", mais d'autres titres sont hautement recommandables !
Pas lu "Escroquemort" et les bouquins parus après 2010.....
Amicalement,
MB

Claude LE NOCHER 13/12/2017 11:45

Bonjour Max
Heureusement, la grande majorité de ses romans sont au Livre de Poche, y compris les plus récents. J'aime défendre "Escroquemort", justement parce que mal servi par l'édition. On lira et on relira les romans de Coatmeur !
Amitiés.

Serge 31 13/12/2017 01:14

Salut Claude.
Bel hommage, en effet, très mérité.
Même si tous ses romans sont recommandables, je veux juste mettre en exergue le grand plaisir de lecture qu'a été "Le mascaret". Sa dernière phrase est du grand art: une réplique, d'une demi ligne à peine, tout à la fois chute et fin ouverte....
Amitiés.

Claude LE NOCHER 13/12/2017 11:43

Salut Serge
C'est même ce qui est notable : on garde souvent une scène, une formule, qui laisse une belle impression d'un roman. J.F.Coatmeur évoqua quelques fois "une petite lueur" qui laissait un brin d'espoir, on s'en souvient.
Amitiés.

Pierre Seguelas 12/12/2017 20:16

Merci Claude pour ce très bel hommage que tu rends à ce grand auteur.
Amitiés, Pierre

Claude LE NOCHER 12/12/2017 20:50

Merci à toi, Pierre...
Quand je lisais les romans de Jean-François Coatmeur, je ne pensais pas le rencontrer, fut-ce une fois dans ma vie. J'ai eu la chance, le bonheur, l'honneur d'être traité avec grande sympathie par J.F.Coatmeur. Il restera dans ma mémoire et, je l'espère, dans celle de nombreux lecteurs.
Amitiés.

Philippe 12/12/2017 17:58

Bonjour M. Le Nocher,

Remarquons que Jean-François Coatmeur est né la même année que Jean d'Ormesson et donc mort au même âge. Et que l'un de ses livres s'intitule " On l'appelait Johnny " .

Cordialement

Claude LE NOCHER 12/12/2017 18:33

Bonjour Philippe
"On l'appelait Johnny" est un de mes préférés, même s'il ne fait pas référence au défunt chanteur.
Bien avant ces derniers jours, je suis souvent allé visionner cette livecam placée près de l'aéroport de St Barth :
https://www.youtube.com/watch?v=NE6qEmM9Bz0
car le ballet des avions bimoteurs y est particulier.
Amitiés.

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