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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 04:55

Issu de famille aisée, Christian Arribeau est un jeune médecin néphrologue. Sa spécialité traite des graves maladies des reins, celles qui conduisent aux dialyses ou aux greffes. Très ambitieux, il a suivi un cursus impeccablement calculé, qui lui permettra bientôt de décrocher le titre de Professeur. Car Arribeau s'intéresse fort peu aux malades, visant une carrière universitaire et dans la recherche médicale. Il a toujours su écarter les rivaux, et s'il s'est marié avec Céline, dermatologue, c'est surtout parce qu'elle est la fille du Doyen de la Faculté. Un problème lors d'une intervention chirurgicale aurait pu réduire à néant ses efforts. Mais ce fut sa collègue, la séduisante Delphine Valleur, qui endossa toute la responsabilité. Depuis, handicapée en fauteuil, elle a obtenu un poste au Ministère de la Santé. Arribeau et Delphine restent de proches amis, ce qui ne plaît guère à Céline.

Cette nuit-là, ayant fêté ensemble son nouveau succès, le médecin sort de chez Delphine un peu éméché, tandis que tombe la pluie. Quelques centaines de mètres plus loin, la voiture d'Arribeau heurte mortellement un SDF qui avait surgi pour traverser la rue. Il ne voit d'autre solution que de prendre la fuite, afin de ne pas entacher sa réputation. Au carrefour suivant, sa voiture est emboutie par un véhicule volé pourchassé par la police. Il ne tarde pas à réaliser que ce second accident masque les traces du premier. Céline ayant compris qu'il a passé la soirée chez Delphine, elle décide de retourner chez ses parents. Un problème que le médecin devra résoudre, car son puissant beau-père désapprouve la situation. Arribeau reçoit alors un courrier anonyme, une photo prise peu après l'accident avec le clochard où le médecin est reconnaissable. Il ignore qui espère ainsi le piéger.

Le jeune lieutenant de police Igor Pougnisky n'est pas dupe du double accident d'Arribeau. Il interroge le médecin, qui simule la surprise, puis rencontre Delphine, qui admet que ce SDF était bien connu dans le quartier. La voiture d'Arribeau a été détruite en fourrière, ce qui supprime une possible preuve. Toutefois, l'autopsie du clochard révèle qu'il était gavé de barbituriques et ivre, ce qui signifie qu'on l'a poussé sur la rue. Pougnisky contacte à la Brigade Criminelle le service dirigé par la policière Claude Chaudron. Avec son équipe, elle va collecter de nouveaux élément, et rapidement progresser dans l'enquête.

Les remous autour de la vie privée et de l'accident d'Arribeau créent de sérieuses tensions au sein du milieu hospitalier. Tandis que Céline évoque carrément le divorce, le médecin reçoit de nouvelles photos accablantes. C'est assurément quelqu'un de son entourage, peut-être professionnel, qui veut lui nuire définitivement : “Ce complot subtil me donnait le vertige. Quelle était la prochaine étape ? Les instigateurs de cette sombre machination n'est resteraient pas là. On allait bientôt me faire chanter. […] Mais le pire était à venir.” À la Crim', on envisage un lien avec un clan appartenant au banditisme. Toutes les pistes restent à exploiter…

Olivier Kourilsky : Le 7e péché (Éditions Glyphe, 2014)

Il est préférable que les auteurs évoquent des sujets ou des univers qu'ils connaissent. C'est le cas avec Olivier Kourilsky. S'il écrit des suspenses médicaux, c'est qu'il a exercé comme médecin chef du service de néphrologie dialyse au centre hospitalier sud francilien de 1982 à 2009. On ne le prendra certainement pas en défaut quant aux ambiances qu'il décrit, ni sur le parcours d'un praticien en néphrologie. Il a raison de nous dire ce qu'est un MCU-PH, et autres détails qui ne nous sont pas familiers. On trouve la même précision dans les décors parisiens qu'il évoque. Avec lui, même le contexte est soigné.

Voici donc le portrait d'un médecin plus arriviste que seulement ambitieux, orgueilleux au point de s'avérer quelque peu méprisant. Il est très possible que ce genre de personnages existent dans ces milieux où l'on fait de longues études, où gravir les échelons n'est pas si aisé, ce qui peut causer une fierté exagérée. Ici, l'arrogant docteur Arribeau n'est pas absolument détestable, mais on a envie de garder une certaine distance envers lui. Ses ennuis ne doivent rien au hasard, il ne le nie finalement pas. À trop vouloir conquérir une réussite sociale, toujours un peu factice, on risque inimitiés ou déconvenues, voire plus.

Avec ses péripéties, l'intrigue policière est plutôt solide. Le thème de l'innocent accusé à tort est revisité de belle manière, le héros n'étant pas irréprochable. Olivier Kourilsky sait nous captiver du début à la fin, ce qui est effectivement le résultat souhaité. Un suspense dans la bonne tradition.

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commentaires

7tfhgnwjx5 22/12/2019 04:01

Exactly why the following battle? Will this kind of connect straight into some other topics? What exactly Morrison endeavoring to declare?

Ma plume 08/09/2014 19:04

Voilà un ouvrage qui va bientôt rejoindre les rayons de ma bibliothèque...

Claude LE NOCHER 08/09/2014 20:03

C'est un roman qui se lit avec un plaisir certain. Amitiés.

Philippe 08/09/2014 13:24

Bonjour M. Le Nocher,

Voici quelques propos décousus.
Je vois que les éditions Glyphe ont leur siège à Paris 12ème, avenue Ledru-Rollin ?
Par coïncidence, je suis passé par là samedi.
Pour mémoire, Ledru-Rollin était un militaire tué pendant la Commune en 1871, je ne sais plus de quel côté il était.
Olivier Kourilsky a aussi écrit " Dernier homicide connu " ? Ce titre est bien sûr un clin d'oeil au film " Dernier domicile connu " ( 1969 ) avec Lino Ventura et Marlène Jobert, dont j'ai oublié le nom du réalisateur.
L'histoire est différente ensuite, mais je trouve que le début, avec le héros qui sort d'une fête et renverse accidentellement quelqu'un avec sa voiture, rappelle le film ( d'après peut-être Tom Wolfe ) " Le Bûcher des vanités " ?
Un médecin arriviste, cela me fait penser au film " Sept morts sur ordonnance " , vers 1977 ( André Téchiné ? Claude Chabrol ? Un autre réalisateur ? ) avec Gérard Depardieu, jeune médecin au contraire idéaliste mais qui finira par tuer sa femme et ses filles et se suicider en direct au téléphone, et Charles Vanel, vieux cacique ( terme utilisé dans une critique que j'avais lue, le sens premier c'est un chef de tribu d'Indiens d'Amérique du Sud ) de la médecine pour qui cette dernière n'est qu'un moyen d'avoir des privilèges et une grande position sociale.
Je vois que le site des éditions Glyphe cite un mot de l'auteur Arnould Galopin.
L'occasion de redire que je ne le connaîs que depuis l'année dernière pour avoir découvert et acquis sa seule biographie ( alors qu'il est mort en 1934 ) par Pierre Chevallier.
Je renvoie à mes commentaires sous votre chronique du salon d'Elven.

http://www.action-suspense.com/2013/12/le-salon-du-roman-populaire-d-elven-2013-en-images.html

Vous parliez aussi d'Arnould Galopin à propos d'un numéro de Quinzinzinzili :

http://www.action-suspense.com/article-la-guerre-des-boutons-dans-quinzinzinzili-n-16-99949525.html

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/article-arnould-galopin-docteur-omega-112944140.html

Cordialement

Claude LE NOCHER 08/09/2014 17:44

En effet, Chabrol a toujours su exploiter les ambiances, simples en apparence, tendues en réalité, au sein des familles ou des groupes. Avec un coupable qui avait la tête de l'emploi comme Jean Yanne, c'était d'autant plus réjouissant. Il a su tirer parti aussi du cynisme de Jean Poiret, alias l'inspecteur Lavardin (Poulet au vinaigre). Un peu moins convaincu par les téléfilms qui ont suivi. Chabrol utilisa généralement des romans policiers comme base de ses scénarios, et ça se sent. Amitiés.

Philippe 08/09/2014 16:48

Oui, en revoyant un épisode de " Femmes de loi " sur Direct8 avec Natacha Amal et Ingrid Chauvin il y a quelques semaines, tourné en 2002, il y avait Michel Duchaussoy dans le rôle d'un vieux chef truand. Ce qui m'a rappelé combien les rôles de Michel Duchaussoy dans ses dernières années étaient différents de ceux de sa jeunesse.
Je me souviens de lui dans " Le Retour du Grand blond " ( 1974 ) d'Yves Robert avec Pierre Richard, dans le rôle de l'agent des services secrets intègre qui coincera Jean Rochefort.
Mais surtout, il m'est revenu de l'avoir vu dans ce que j'estime être son plus beau rôle, à 31 ans en 1969, " Que la bête meure " , de Chabrol bien sûr.
L'histoire de Charles Thénier, dont le fils de retour de pêche à l'épuisette est tué sur une route de Bretagne par un chauffard qui s'enfuit. Charles entreprend de le venger, en parvenant à identifier le chauffard, interprété par Jean Yanne ( Jean Gouillé, Breton d'origine je crois ) qui avait l'habitude des rôles de salauds ordinaires.
Charles, en se présentant sous l'identité de l'écrivain Marc Andrieux, se fait accepter au sein de la famille du chauffard. Il sympathise avec le fils de ce dernier ( joué par le jeune Marc Di Napoli, né en 1953, surtout connu pour son rôle en 1974 dans le feuilleton " Deux ans de vacances " d'après Jules Verne ), malmené par son père.
Finalement, le chauffard ne sera pas tué par Charles, mais empoisonné par son propre fils qui se livrera à la police. Charles, après avoir écrit aux autorités pour atténuer la responsabilité pénale de ce fils, choisit de prendre le large à bord de son bateau.
J'ai vérifié que j'avais " Que la bête meure " en DVD dans un coffret où il y a aussi " Juste avant la nuit " , " La Femme infidèle " , " La Ligne de démarcation " , " Le Boucher " ( avec Jean Yanne et Stéphane Audran, film remarquable en ce que français et de 1970 il met en scène ce qu'on n'appelle pas encore un serial killer, un boucher de profession qui tue des femmes, ancien d'Indochine ou d'Algérie ) et " Les Noces rouges " ( avec Michel Piccoli, sur l'affaire des Amants diaboliques de Bourganeuf dans la Creuse - région d'origine de Chabrol - en 1969, qui emporta la condamnation à mort de Bernard Cousty, cassée par la Cour de cassation mais seulement pour une raison de forme, un juré ayant pris la parole, ce qui entraînera une commutation en prison à perpétuité puis une libération plus tard ).

Cordialement

Claude LE NOCHER 08/09/2014 15:49

Bonjour Philippe
Comme vous avez pu le vérifier par la photo envoyée perso ce midi, il ne faut pas croire les bulletins météos de la télé (ah, ah, ah).
Oui, je présume qu'Olivier Kourilsky, qui ne manque pas de culture polar en tous genres, s'est inspiré de "Dernier domicile connu". Je crois que c'est dans son livre "Lino" qu'Odette Ventura évoque Marlène Jobert en termes assez discourtois. Il est vrai que la petite carrière d'alors de cette actrice, malgré de beaux succès, ne justifiait pas peut-être pas qu'elle se prenne pour une star. Il me semble qu'elle n'aimait pas trop Patrick Dewaere non plus, ce qui me semble plus regrettable.
Outre le film "7 morts sur ordonnance", je vois qu'existe un thriller récent intitulé "7 morts sans ordonnance" de Thierry Dufrenne. Quand vous parliez de titres allusifs, nouvel exemple.
Le sujet de départ, accident de voiture + délit de fuite, est un grand classique du polar, exploité par bien des auteurs. Dans "Que la bête meure", roman de Nicholas Blake, c'est un enfant qui est victime. Simenon utilisa bien sûr ce thème, je crois que c'était dans "Les demoiselles de Concarneau" (et peut-être d'autres intrigues). On trouverait ça dans beaucoup de titres. L'essentiel est le développement de l'histoire, bien entendu.
Amitiés.

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